Mongolie sous la tutelle des Qing

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Écriteau du temple Dazhao, à Hohhot, à gauche du gros titre, écriture han chinoise et mongole, à droite écriture mandchoue et tibétaine

La Mongolie sous la tutelle des Qing est une période pendant laquelle la dynastie Qing qui contrôlait l'empire chinois dirigeait les 4 aimags de la Mongolie-Extérieure (aujourd'hui Mongolie), y incluant le Tannu Uriankhai (aujourd'hui Touva), ainsi que les 6 ligues de la Mongolie-Intérieure (aujourd'hui région autonome de Mongolie-Intérieure). Elle a commencé en 1635 pour la Mongolie-Intérieure[réf. nécessaire] et 1690 pour la Mongolie-Extérieure (comprenant alors Tannu Uriankhai) et s'est terminé avec la chute de la dynastie Qing en 1912[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Ligden Khan, mongol tchakhar dernier khagan de la dynastie Yuan du Nord, s'allie avec la dynastie Ming avant la victoire des Jürchen et la formation de la dynastie Qing. Il mène des raids contre contre les Khorchin, les Dörvöd et les Gorlos dont les chefs se sont alliés avec les Mandchous[2].

Organisation mandchoue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régime des ligues et bannières.

Les bannières sont des unités administratives créées par les empereurs mandchous de la dynastie Qing en 1649 pour organiser les tribus mongoles. Les limites n'étant pas toujours indiquées clairement, cela provoquait différentes disputes au sujet des bornes entre les bannières[3].

Guerre Dzoungar-qing[modifier | modifier le code]

Article détaillé : guerre Dzoungar-Qing.

Le Mongol dzoungar, Galdan Boshugtu Khan, petit fils, par sa mère Galdan Amin-Dara, de Güshi Khan (khan du Khanat qoshot et roi du Tibet) envahi le Kokonor (actuel Qinghai) contrôlé par le Khanat qoshot, vers 1679, il s'y fait arrêté par les Chinois et Tibétains. Après sa libération grâce à son ami et deba (principal ministre), Sangyé Gyatso, il reçoit en dédommagement le titre de Boshugtu et le titre de Khan de la part du 5e dalaï-lama, (Lobsang Gyatso (1617 — 1682)[4].

Il part ensuite à la conquête de la Mongolie-Extérieure en 1688[4].

Au printemps 1690, tous le pays khalkha (Mongolie-Extérieure) était conquis par Galdan, il commença à avancer en Mongolie-Intérieure sur la route d'Ourga (actuelle Oulan-Bator) à Kalgan[5].

Camp de l'empereur Kangxi sur la Kerulen lors de la campagne de 1696.

En 1690, cependant, l'empereur mandchou Kangxi envoie contre Galdan une armée et de l’artillerie fournie par les jésuites et l'arrête sur son chemin, à Oulan-pout’ong, 80 lieues de Pékin. Galdan intimidé évacue le pays Khalkha. La Mongolie extérieure devient protectorat chinois à l'assemblée de Dolon-nor en mai 1691 et jusqu'en 1912 (à la chute de la dynastie Qing), lorsque le Touchétou-khan et le Setchen-khan, se reconnurent vassaux, ils payent depuis le tribut, et reçoivent en échange une pension. Ils sont désormais unis par des liens de fidélité personnelle que viennent renforcer des alliances familiales[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (Grousset 1965, p. 652) « L’empereur K’ang-hi ne pouvait laisser se constituer aux portes de la Chine ce nouvel empire mongol. Il se porta à la rencontre de Galdan et l’arrêta « à Oulan-pout’ong entre Kalgan et Ourga, à 80 lieues de Pékin ». L’artillerie créée par les Jésuites pour K’ang-hi ne permit pas à Galdan de vaincre. Le nouveau Gengis-khan, intimidé, évacua le pays khalkha (fin 1690). K’ang-hi réunit au Dolon-nor en mai 1691 une diète où les principaux chefs khalkha et, en tête, le Touchétou-khan et le Setchen-khan, se reconnurent vassaux de l’Empire sino-mandchou, lui payant désormais tribut, recevant en revanche une pension sur la cassette impériale et unis à lui par un lien de fidélité personnelle qu’allaient cimenter de temps en temps des alliances de famille. Il y a lieu de remarquer que, si ce système bénéficiait de l’expérience administrative chinoise à l’égard des « Barbares », il reposait surtout sur l’attachement, de nomade à nomade, des khans mongols pour le grand-khan mandchou. Le fait est que le jour où, en 1912, la dynastie mandchoue s’écroulera, remplacée par la République chinoise, les princes mongols, s’estimant déliés du serment de fidélité, se déclareront indépendants. »
  2. (Sanders 2010, p. 414)
  3. (Van Hecken 1960, p. 276)
  4. a et b (Courant 1912, p. 51) [lire en ligne]
  5. « Après avoir subjugué la contrée de l’Orkhon et de la Toula, Galdan descendait maintenant la vallée du Kéroulèn jusqu’aux approches de la Mandchourie (printemps de 1690). Tout le pays khalkha était conquis par les Djoungar dont l’empire s’étendait désormais de l’Ili au Bouir-nor : Galdan osa même s’avancer vers la Mongolie intérieure sur la route d’Ourga à Kalgan. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]