Monastère de Drépung

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Monastère de Drépung
Image illustrative de l’article Monastère de Drépung
Présentation
Culte Bouddhisme
Type Monastère
Début de la construction 1416
Site web drepunggomang.org/about-us/71-about-drepung-gomang-monasteryVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Région Région autonome du Tibet
Ville-préfecture Lhassa
Coordonnées 29° 40′ 35″ nord, 91° 02′ 51″ est

Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet

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Monastère de Drépung

Géolocalisation sur la carte : Chine

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Monastère de Drépung

Le monastère de Drépung (tibétain : འབྲས་སྤུངས་དགོན།, Wylie : 'bras spungs dgon, THL : drépung gön) ou parfois Drepung ou Drépoung (tibétain : འབྲས་སྤུངས་, Wylie : Bras-spungs, pinyin tibétain : Zhaibung, THL : dré pung), situé au pied du mont Gephel, est une des trois grandes universités monastiques guélougpa du Tibet. Drepung signifie « tas de riz », traduction en tibétain de son équivalent sanskrit. Les deux autres sont Ganden et Séra. Drepung est le plus grand de tous les monastères tibétains, et de fait à son apogée était le plus grand monastère au monde.

Il est classé depuis le dans la seconde liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national sous le numéro de catalogue 2-27[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Drepung est situé sur la montagne de Gambo Utse, à 5 kilomètres à l’ouest de Lhassa, il domine la Kyi chu, la rivière sainte qui coule près de Lhassa. Il se trouve à proximité du monastère de Nechung, l'oracle de Nechung, oracle d'État du Tibet, médium par l’intermédiaire duquel s'exprime Dorjé Drakden, protecteur du Tibet et du gouvernement tibétain en exil, qui se trouve de nos jours à Dharamsala où un petit temple a été construit et abrite l’actuel Nechung.

Histoire du monastère de Drepung au Tibet[modifier | modifier le code]

Moines chantant au monastère en 2013

Le monastère a été fondé en 1416 par Jamyang Chojey, un disciple direct de Je Tsongkhapa, le fondateur de l'école de Gelugpa. Les IIe, IIIe et IVe dalaï-lama furent enterrés à Drepung. C’est aussi à Drepung que s'établit Lobsang Gyatso, le Ve dalaï-lama avant de s'installer au palais du Potala dont il ordonna la construction pour l'administration de la théocratie tibétaine. Tulku Dragpa Gyaltsen, contemporain de Lobsang Gyatso et son équivalent hiérarchique, jusqu'à sa mort, habitait également ce monastère, dans la demeure haute (tibétain : གཟིམས་ཁང་གོང་མ, Wylie : gzims khang gong ma, THL : zim khang gongma)[2].

À son apogée, avant 1951, le monastère logeait 15 000 moines. Divisé en sept grands collèges - Gomang, Loseling, Deyang, Shagkor, Gyelwa ou Tosamling, Dulwa, et Ngagpa, il était pourvu d'une clinique médicale dont la responsabilité fut confiée en 1912 à Khyenrab Norbu[3]. Connu pour le niveau élevé de ses études, il est appelé le « Nâlandâ » du Tibet, en référence à la grande université monastique bouddhiste de Nâlandâ, en Inde.

En 1618, le monastère est détruit par le roi du Tsang après que celui-ci eut envahi Lhassa au plus fort de sa campagne contre les guélougpa. En 1635, il est brûlé par les Mongols. Enfin, au début du XVIIIe siècle, il est dévasté par les Dzungkar de Lajan Khan[4].

Photo datant de 1993 d'une partie détruite de Drepung

Heinrich Harrer indique dans son livre documentaire, Lhassa : le Tibet disparu, que chaque année, avant 1951, se tenait à Drepung, un grand festival dénommé Shutun. Le point culminant du festival était le déploiement d'un thangka, un des plus imposants du Tibet après ceux du Potala lors du nouvel an[5].

De jeunes moines de Drepung

À la suite de la rébellion du collège de Loseling contre le XIIIe dalaï-lama en 1921, la soixantaine de moines arrêtés sur l'ordre de ce dernier furent confiés à la garde de diverses familles nobles après avoir été fouettés, entravés, mis à la cangue et exhibés dans Lhassa[6].

Selon Victor Chan, des trois grands monastères de Lhassa, Drépoung fut celui qui eut le moins à souffrir de la Révolution culturelle, les chapelles intérieures demeurant dans l'ensemble indemnes[4].

La salle de prière

Aujourd'hui la population au monastère située au Tibet est beaucoup plus restreinte avec simplement quelques centaines de moines, en raison de la restriction de la population monastique imposée par le gouvernement qui contrôle sévèrement les monastères.

Répression[modifier | modifier le code]

Ngawang Phulchung est un moine du monastère de Drepung, condamné en 1989 pour avoir, en particulier, diffusé la traduction en tibétain de la déclaration universelle des droits de l'homme, considérée par le gouvernement comme une « littérature subversive ». Il a été libéré en 2007 après avoir passé plus de 18 ans en prison.

L’intensification de la « campagne de rééducation patriotique », exigeant des moines tibétains qu’ils dénoncent le dalaï-lama, fut à l’origine de forte tension fin 2005. Selon le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, en octobre et novembre 2005, les responsables chinois ont mené une campagne « d’éducation patriotique » au monastère. Le 23 novembre 2005, les moines refusèrent de dénoncer le dalaï-lama comme « séparatiste ». Cinq d’entre eux furent expulsés du monastère et emprisonnés. Le 25 novembre, plus de 400 moines se sont assis dans la cour du monastère, manifestant leur solidarité. Un contingent de militaires a alors investi le monastère, sévèrement battu les moines qui résistaient, et instauré un blocus. Deux moines seraient morts, soixante-dix auraient été battus et emprisonnés[7].

Après la remise de Médaille d'or du Congrès américain à Tenzin Gyatso XIVe dalaï lama, les moines de Drepung et de Nechung ont voulu célébrer l'événement. Ils se sont heurtés à 3000 policiers de l'armée du peuple pendant 4 jours, et de nombreux moines ont été blessés et arrêtés[8],[9].

En 2006, le parlement européen adopte une résolution demandant à la Chine des explications pour différents cas de tortures concernant[10]

  • Un moine tibétain, Ngawang Jangchub, est décédé en octobre 2005 dans le monastère de Drepung durant une session "d'éducation patriotique".
  • Les cinq autres moines tibétains du monastère de Drepung eux aussi arrêtés en 2005, et incarcérés qui auraient probablement été torturés.

Troubles au Tibet en 2008[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, suite au troubles au Tibet en mars 2008, le monastère de Drepung était passé sous contrôle des moines du monastère de Tashilhunpo de Shigatse qui seraient actuellement en majorité des collaborateurs des Chinois[11]. Des séances de rééducation conduisent les moines des monastères au Tibet à lire une forme d'éducation patriotique ou réforme de la pensée[12],[13]. Selon le gouvernement tibétain en exil, des séances similaires se déroulent au monastère de Drepung, tout juste rouvert en milieu d'année 2009[14].

Réétablissment de Drepung en Inde[modifier | modifier le code]

L'établissement a continué sa tradition en exil en Inde du Sud, se relocalisant à Mundgod dans le Karnataka, dans un espace donné à la communauté tibétaine en exil par le premier ministre Nehru. Le monastère en Inde loge aujourd'hui plus de cinq mille moines, avec 3000 à Drepung Loseling et 2000 à Drepung Gomang. Des centaines de nouveaux moines sont admis tous les ans, bon nombre d'entre eux sont des réfugiés du Tibet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (zh-Hans) « 国务院关于公布第二批全国重点文物保护单位名单的通知 (2nd Batch) », Conseil d'État de Chine,‎ (consulté le 12 avril 2012)
  2. Une Grande Imposture (lire en ligne), p. 121, d'après le tibétologue japonais Zuiho Yamaguchi.
  3. Rev. Khyenrab Norbu (1883-1962 A.D.)
  4. a et b Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, Éditions Olizane, 1998, p. 158.
  5. Lhassa : le Tibet disparu, texte et photographie de Heinrich Harrer, Édition de La Martinière, 1997, page 171.
  6. (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet, 1913-1951 : The Demise of the Lamaist State, University of California Press, 18 juin 1991, 936 pages, p. 108 : « All told, about sixty monks were arrested, paraded around the city, lightly flogged, and placed in shackles with cangues on their necks (see Figure 11). They were then put under the custody of various aristocratic families. »
  7. Tibet : forte répression au monastère de Drépoung, l’Europe réagit
  8. Répression de moines au Tibet
  9. Tibetan monks beaten as police halt dissent
  10. Intervention du parlement européen concernant le Tibet
  11. Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008
  12. Education, rééducation (1)
  13. Rue 89 Aggravation de la rééducation politique au Tibet
  14. 42 monks of Tibet's Drepung monastery have been sentenced to imprisonment and many others left infirm due to severe torture
  • Dowman, Keith. 1988. The Power-places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide. Routledge & Kegan Paul, London and New York. (ISBN 0-7102-1370-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]