Mehdi Nemmouche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mehdi Nemmouche
Terroriste islamiste
Information
Naissance (33 ans)
Roubaix
Nationalité Français
Allégeance Drapeau de l'État islamique État islamique
Idéologie Salafisme djihadiste
Attentats Attentat du Musée juif de Belgique
Victimes 4 morts et 1 blessé
Arrestation

Mehdi Nemmouche, né le à Roubaix en France, est un criminel et un terroriste français, s'étant radicalisé à Molenbeek-Saint-Jean[1], auteur de l'attentat du Musée juif de Belgique, intervenu le 24 mai 2014.

Il est le premier djihadiste issu des rangs de l’État islamique à avoir commis un attentat en Europe[2].

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît le 17 avril 1985 à Roubaix d'une famille d'origine algérienne. Placé, comme ses deux sœurs, dès l’âge de trois mois en foyers et familles d’accueil, à dix-sept ans, il est confié à sa grand-mère à Tourcoing, dans le quartier sensible de La Bourgogne. Il prépare ensuite un baccalauréat professionnel électrotechnique mais ne se présente pas aux épreuves en juin 2006 pour raisons de santé. En septembre 2006, il s'inscrit à la faculté pour tenter une capacité de droit[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[9],[14],[15].

Parcours judiciaire[modifier | modifier le code]

En 1999, il est l'auteur de plusieurs cambriolages, d'un vol et d'un recel. En 2002, il agresse une enseignante, « avec usage ou menace d’une arme », à Tourcoing[9]. En janvier 2004[16], il est condamné par le tribunal pour enfants de Lille à une peine de trois mois d'emprisonnement dont deux et demi avec sursis pour des faits de vols avec violence[17]. Il est emprisonné une première fois dix-sept jours à la maison d'arrêt de Loos (Nord). En 2006, il est de nouveau condamné pour conduite sans permis et, en 2007, à deux reprises, pour refus d'obtempérer[18]. Il est incarcéré un mois, puis dix-sept mois et quinze jours enfin trois mois et huit jours à la prison de Lille-Sequedin d'où il sort en novembre 2007[19],[20]. En décembre 2007, il est condamné par le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes) à quatre ans d’emprisonnement dont un an de sursis avec mise à l’épreuve pour vol aggravé commis le même mois dans la concession Yamaha de Saint-Laurent-du-Var[21], enfin en 2008 à dix-huit mois de prison pour le vol d’une voiture commis à Tourcoing. En mai 2009[22], il est de nouveau condamné à deux ans de prison pour le braquage en août 2006 d'une supérette de cette même ville[23].

Radicalisation[modifier | modifier le code]

Il est incarcéré de décembre 2007 à décembre 2012[24], d'abord à la maison d'arrêt de Grasse de décembre 2007 à juin 2008, puis au centre pénitentiaire de Salon-de-Provence de juin 2008 à décembre 2010, ensuite à celui du Pontet de décembre 2010 à mars 2011 et enfin au centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède[25] de mars 2011 à décembre 2012[9]. Il s'y radicalise[26] comme le rapporte le procureur de la République de Paris, François Molins : « Durant sa dernière détention, il s'était distingué par son prosélytisme. Il faisait des appels à la prière collective lors des promenades »[27]. En novembre 2010, l'administration avertit la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de son comportement[28]. Son extrémisme religieux et diverses provocations, comme le jet de projectiles contre les surveillants, conduisent la direction de l'établissement pénitentiaire de Toulon à le placer un mois en quartier disciplinaire[29] puis, d'octobre 2011 à décembre 2012, à le mettre à l'isolement[30].

Sorti de prison le 4 décembre 2012[31], il part pour la Turquie le 31 décembre 2012 via la Belgique, la Grande-Bretagne et le Liban[32]. De là, il est soupçonné d'avoir franchi la frontière turco-syrienne et d'avoir séjourné un an en Syrie[33] où il rejoint l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le principal groupe djihadiste participant à la guerre civile syrienne[34]. Au sein de ce groupe, il aurait été - avec un tempérament particulièrement brutal - geôlier d'otages, bien qu'il fût hiérarchiquement inférieur au Français Salim Benghalem[35]. Au nombre des otages, l'on compte notamment des journalistes français y compris Nicolas Hénin[36]. On retrouve ensuite sa trace à Istanbul d'où il gagne le 21 février 2014[37] la Malaisie[38]. De là, il se rend à Singapour et Bangkok. Inscrit au fichier Schengen dès décembre 2012[39],[40] par la DCRI[41], il est repéré à Francfort par les douaniers allemands lors de son retour en Europe le 18 mars 2014[42]. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) établit alors à son nom une fiche de surveillance S au fichier des personnes recherchées (FPR).

Arrestation[modifier | modifier le code]

Au cours d'un contrôle de douane inopiné effectué le vendredi 30 mai 2014 à la gare routière internationale de Marseille Saint-Charles à bord d'un autocar en provenance d’Amsterdam via Bruxelles, Mehdi Nemmouche est interpellé en possession d'armes ressemblant à celles visibles sur la vidéosurveillance de la fusillade de l'attentat du Musée juif de Belgique, d'une casquette semblable à celle que portait le tueur et d'une caméra de type GoPro[43],[44]. Il est placé en garde à vue pour assassinat, tentative d'assassinat, détention et transport d'armes, en lien avec une entreprise terroriste. Dans une vidéo trouvée par les enquêteurs lors de son arrestation, une voix off qui ressemble à celle du suspect revendique l'attentat[45].

Le 31 mai 2014[46], un mandat d'arrêt européen est émis par la justice belge contre lui[47]. Présenté le 4 juin 2014 au parquet général du tribunal de Versailles (Yvelines), il annonce d'abord son intention de s'opposer à son extradition en Belgique[48], mais y renonce le 10 juillet[49].

Présomption de participation à la détention d'otages[modifier | modifier le code]

En juin 2013, quatre journalistes ; Didier François, Édouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, sont enlevés en Syrie par des groupes djihadistes. Début juillet les otages sont transférés dans « le sous-sol de l'hôpital ophtalmologique d'Alep, aménagé en prison ». Ils y rencontrent un gardien français, Abou Omar, qui « selon les différents témoignages, se distingue par sa cruauté », et qui ne cache ni son antisémitisme, ni « sa vénération pour Mohamed Merah ». En mars 2014, après un passage en Asie, le djihadiste français rejoint l'Europe. Les otages, qui sont libérés en avril de la même année, reconnaissent leur tortionnaire « Abou Omar » « sur la photo diffusée dans les médias au lendemain de l’arrestation de Mehdi Nemmouche »[2].

Le journaliste Nicolas Hénin affirme notamment avoir été « maltraité » par Mehdi Nemmouche : « Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français »[50]. Nicolas Hénin estime que la personnalité de Nemmouche est « caractérisée par un très grand ego. Il n'était probablement pas parti en Syrie pour se battre contre un quelconque idéal. [...] Nemmouche ne voulait qu'un beau procès. Faire la une, à l'image d'un Merah qu'il citait souvent en exemple »[50].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.youtube.com/watch?v=FPg-NWKtIPk
  2. a et b Matthieu Suc, « Mehdi Nemmouche, le djihadiste qui parlait trop », sur Mediapart, (consulté le 7 septembre 2016).
  3. Gilles Kepel, « De Roubaix à Marseille, la cause syrienne fédère le nouveau djihadisme », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. « Mehdi Nemmouche: un enfant des quartiers de Roubaix et Tourcoing "parti en vrille" », La Voix du Nord, 1er juin 2014
  5. « Tuerie de Bruxelles : garde à vue prolongée de 24 heures pour Mehdi Nemmouche », Le Parisien, 3 juin 2014
  6. « Fusillade de Bruxelles : l'audience de Nemmouche renvoyée au 12 juin» Le Journal du dimanche, 4 juin 2014
  7. « VIDEOS. Affaire Nemmouche : l’audience sur son extradition reportée »,Le Parisien, 5 juin 2014
  8. Tuerie de Bruxelles: Nemmouche refuse toujours d'être extradé, audience renvoyée,Le Point, 5 juin 2014
  9. a, b, c et d « Mehdi Nemmouche Le djihad made in France »,Paris Match, 6 juin 2014
  10. Mehdi Nemmouche: un enfant des quartiers de Roubaix et Tourcoing «parti en vrille» (VIDEO),Nord Éclair, 1er juin 2014
  11. Nemmouche : à 29 ans, après 7 condamnations, il bascule dans l'islam radical »,Le Figaro, 1er juin 2014
  12. « Écroué à Bois-d-Arcy Medhi Nemmouche refuse d'être extradé en Belgique » ¨Paris Match, 4 juin 2014
  13. « Les vies multiples de Mehdi Nemmouche », Le monde, 2 juin 2014
  14. « Mehdi Nemmouche, du braquage à la guerre sainte », Libération, 3 juin 2014
  15. Tuerie de Bruxelles : entre braquage et djihad, le parcours du suspect », France Info, 1er juin 2014
  16. Mehdi Nemmouche, un délinquant à l’enfance difficile, radicalisé en prison dépêche AFP publiée 1er juin 2014 dans Libération
  17. « Qui est Mehdi Nemmouche, le suspect roubaisien de la tuerie du Musée juif de Bruxelles ?» France 3 Nord Pas-de-Calais, 1er juin 2014
  18. <« Les vies multiples de Mehdi Nemmouche », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. « Suspect multirécidiviste, drapeau terroriste, "Bruxelles à feu et à sang" » rtl.be, 1er juin 2014
  20. Site lepoint.fr, 1er juin 2014
  21. Un commerçant de Saint-Laurent: "J'ai été braqué par Mehdi Nemmouche",Var-Matin 2 juin 2014
  22. « Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ? » metronews.fr 2 juin 2014
  23. « Musée juif de Bruxelles: "Les présomptions qui pèsent sur le suspect sont importantes"», 1er juin 2014 sur le site de la RTBF
  24. « Tuerie de Bruxelles: principales déclarations du procureur de Paris » nordnet.fr, 1er juin 2014
  25. « VIDEOS. Fusillade de Bruxelles : Mehdi Nemmouche, du braquage au jihad », Le Parisien, 2 juin 2014
  26. « Tuerie de Bruxelles : un suspect français a été arrêté à Marseille », Le Figaro, 1er juin 2014
  27. [1], France Info
  28. « Mehdi Nemmouche : questions autour de la radicalisation en prison » Le Monde, 3 mars 2014]
  29. « En prison, Mehdi Nemmouche n'était pas le "gentil garçon" décrit », lci.tf1.fr, 3 juin 2014
  30. « VIDEO. Un surveillant de Toulon se souvient du détenu Mehdi Nemmouche » sur France 3 Provence-Alpes, 2 juin 2014
  31. « Nemmouche : à 29 ans, après 7 condamnations, il bascule dans l'islam radical », [Le Figaro], 1er juin 2014
  32. « Mehdi Nemmouche, itinéraire d'un djihadiste français » Le Nouvel Observateur, 1er juin 2014
  33. « Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de l'homme arrêté à Marseille »Le Monde, 1er juin 2014
  34. « Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de Mehdi Nemmouche », Journal du dimanche, 1er juin 2014
  35. Le djihadiste français Salim Benghalem aurait été le geôlier des ex-otages en Syrie www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/25/le-djihadiste-francais-salim-benghalem-aurait-ete-le-geolier-des-ex-otages-en-syrie_4771104_1653578.html
  36. Romain Gubert, « VIDÉO. Nicolas Hénin : "Oui, Medhi Nemmouche m'a maltraité" », sur Le Point,
  37. « Tuerie de Bruxelles: principales déclarations du procureur de Paris », dhnet.be, 1er juin 2014
  38. « Suspect multirécidiviste, drapeau terroriste, "Bruxelles à feu et à sang" », RTL Info,‎ (lire en ligne)
  39. « Nemmouche était surveillé par la police "dès sa sortie de prison" » dépêche AFP publié par Le Point, 4 juin 2014
  40. « Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de l'homme arrêté à Marseille»Le Monde, 1er juin 2014
  41. « Tuerie du Musée juif de Bruxelles : le suspect était fiché comme "profil djihadiste" », Le Point, 1er juin 2014
  42. Nemmouche-Merah : un même profil», La Dépêche, 2 juin 2014
  43. Fusillade au Musée juif: un Français soupçonné d'être le tireur, arrêté à Marseille, La Libre Belgique,
  44. Attaque du Musée juif de Bruxelles : un suspect arrêté, Libération, 1er juin 2014
  45. Site leparisien.fr, 1er juin 2014.
  46. « Nemmouche ne s'opposera pas «en principe » à son extradition vers la Belgique  » 20 minutes, 2 juin 2014
  47. La libre Belgique, 1er juin 2014
  48. http://www.leparisien.fr/faits-divers/tuerie-de-bruxelles-nemmouche-veut-etre-juge-en-france-04-06-2014-3896457.php « Tuerie de Bruxelles : Mehdi Nemmouche veut être jugé en France » Le Parisien, 4 juin 2014
  49. Nemmouche sera bien extradé vers la Belgique, lefigaro.fr, 11 juillet 2014
  50. a et b Nicolas Hénin, ex-otage en Syrie : «Mehdi Nemmouche m'a maltraité», Le Parisien, 6 septembre 2014.

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]