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Maurice Jaubert

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Maurice Jaubert
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 40 ans)
BaccaratVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Baccarat (d) (-), cimetière russe de Nice (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Enfant
Françoise Jaubert (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Conflit
Mouvement
Genre artistique
Distinctions
Plaque commémorative

Maurice Jaubert est un compositeur français de musique classique et de musique de films, né à Nice le et mort pour la France, à l'hôpital de Baccarat, le .

Il compose pour le concert, le théâtre, et marque de son talent musical plusieurs des films les plus mémorables du cinéma français des années 1930.

Plaque 98 rue du Cherche-Midi (6e arrondissement de Paris), où il vécut.

Maurice Jacques Joseph Eugène Jaubert naît à Nice le . Il est le deuxième fils de Jean François Honoré Jaubert (maître François Jaubert, avocat et futur président du barreau de sa ville) et d'Adélaïde Marie Anastasie (dite « Haydée ») Faraut[1]. Au lycée Masséna, il obtient en 1915 la première partie du baccalauréat, et en 1916 la seconde. Il suit parallèlement, au Conservatoire de Nice, les cours d'harmonie, de contrepoint et de piano. Il remporte un premier prix de piano en 1916.

Il quitte Nice pour Paris, où il obtient, à la Sorbonne, une licence ès lettres et un doctorat en droit. À son retour dans sa ville natale, il est le plus jeune avocat de France en 1919. Ses toutes premières compositions datent de cette époque, où il devient aussi officier spécialiste dans l'arme du génie. Démobilisé en 1922, il décide d'abandonner la pratique du droit au profit de la musique. L’année suivante, il complète sa formation musicale avec Albert Groz, à Paris.

En 1925, il écrit sa première musique de scène pour Le Magicien prodigieux, une pièce du dramaturge espagnol Calderón, et utilise le Pleyela - il travaille alors, pour la compagnie Pleyel, à l’enregistrement de rouleaux destinés à ce piano mécanique, révolutionnaire à l’époque. De fait, durant sa trop brève carrière, Jaubert s’intéressera à toutes les innovations technologiques qui peuvent servir ses aspirations artistiques. C’est à cette occasion qu’il rencontre la soprano Marthe Bréga, qui deviendra l’interprète de la plupart de ses compositions vocales. Il l'épouse en 1926, avec Maurice Ravel pour témoin. Le couple a eu une fille unique, Françoise (1927-1991)[2],[3], mère des cinéastes Dominique Roulet (1949-1999)[4] et Caroline Roulet.

A sa création, il compose l'accompagnement musical de La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux.

Ami de Jean Renoir, c'est à ses côtés qu'il fait ses premiers pas au cinéma. Il réalise notamment la sélection musicale de son film muet Nana en 1926. Il crée ensuite en 1929 sa première partition musicale pour le film de Hanns Schwartz, Le mensonge de Nina Petrovna[5].

Au cours de la décennie qui suit, il compose la musique de nombreux films : Le petit chaperon rouge, d'Alberto Cavalcanti, La vie d’un fleuve de Jean Lods, L'affaire est dans le sac des frères Prévert, Zéro de conduite et L’Atalante de Jean Vigo, Quatorze juillet et Le dernier milliardaire de René Clair, Carnet de bal et La fin du jour de Julien Duvivier, L'Île de Pâques et Regards sur la Belgique ancienne d'Henri Storck, Drôle de drame, Hôtel du Nord, Le Quai des brumes et Le Jour se lève de Marcel Carné.

Le cinéma, qu'il aime et comprend, contrairement à beaucoup de ses contemporains, ne représente pourtant qu'une des multiples facettes de l’activité créatrice de Maurice Jaubert. Chef d'orchestre très sollicité, il dirige non seulement la musique de nombreux films chez Pathé-Nathan (dont celles d’Arthur Honegger et de Darius Milhaud) mais plusieurs concerts, tant en France qu'à l'étranger. Ses écrits, ses conférences et une importante correspondance constituent un précieux témoignage de sa compréhension de l’évolution des années 1930 à 1940 et de ses prises de position, tant politiques (vis-à-vis de la Guerre d'Espagne, par exemple) que musicales. C’est ainsi qu’il défend vigoureusement Kurt Weill, alors totalement incompris.

La guerre vient détourner ce remarquable parcours artistique. Mobilisé le , le capitaine de réserve Maurice Jaubert rejoint aux premières lignes la compagnie du génie qu'il commande en « région est ». Il ne la quittera que pour deux brèves permissions à Nice, en janvier et . Les lettres à son épouse font état d’un esprit de sacrifice empreint d’un profond humanisme. C’est « aux armées » que Jaubert compose ses deux dernières œuvres (qu’il n’aura pas l’occasion d’entendre), Saisir et Trois Psaumes pour le temps de guerre. Mortellement blessé à Azerailles[6] par suite de la riposte à un mitraillage de l'aviation italienne, il meurt quelques heures plus tard à l'hôpital de Baccarat tout proche, le , après avoir prononcé ces derniers mots : « Toutes mes pensées vont à ma femme et à ma fille »[7]. Initialement inhumé dans le cimetière de Baccarat, il est transféré le dans le cimetière de Caucade, à Nice[8].

Jeanne d'Arc, symphonie concertante, fut jouée salle Pleyel, le 9 mai 1942, par l'orchestre Marius-François Gaillard au cours de l'Hommage à Jeanne d'Arc[9]. L'orchestre donna également la Suite Française, Ballade et Le Jour. Un autre hommage fut rendu à Jaubert par Gaillard lors d'un Festival Jaubert en juin 1942[10].

Œuvres pour le concert

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(Numérotation d'opus établie par François Porcile : voir biographie de 2019 ci-après référencée)

  • 1923 : Mort, ta servante…, mélodie sur un poème de Rabindranath Tagore pour voix et piano op. 1 ;
  • 1923 : Feuillet d'album sur un poème de Stéphane Mallarmé pour voix et piano op. 2 ;
  • 1923 : Offertoire pour la fête de l'Assomption pour chœurs a cappella op. 3[11] ;
  • 1923 : À l'Alcazar neuf, poème de Paul-Jean Toulet pour voix et piano op. 4 ;
  • 1924 : Suite en la pour violoncelle et piano op. 5 ;
  • 1924 : Quatre Romances de Toulet pour voix et piano op. 6 ;
  • 1924 : Deux Marines pour violon et piano op. 7 ;
  • 1924 : Chants sahariens ou Cinq poèmes touareg pour voix et petit ensemble op. 8 ;
  • 1925 : Fantaisie pour piano et orchestre op. 10 ;
  • 1925 : Les Pêcheurs, divertissement chanté et dansé pour soprano, mezzo-soprano, ténor, chœurs et orchestre op. 11 ;
  • 1925 : Impromptu pour piano, op. 12 ;
  • 1925 : Le Tombeau de l'amour, quatre poèmes de C. A. Demoustier pour pour voix et piano op. 13 ;
  • 1925 : Nocturne, Interlude et Pastorale pour orchestre op. 14a (transcription de trois numéros de la musique de scène pour Le Magicien prodigieux)
  • 1925 : Chants de la Côte, « chansons populaires de la Provence et du comté de Nice » harmonisées pour voix et piano ;
  • 1926 : Deux Poèmes de Malherbe pour voix et piano op. 15 ;
  • 1927 : Elpénor, deux poèmes de Jean Giraudoux pour voix, trio à cordes et harpe chromatique op. 16 ;
  • 1927 : Guitares, deux pièces pour piano op. 17 (Sicilienne et Napolitaine) ;
  • 1927 : Six Inventions pour piano op. 18 ;
  • 1927 : Contrebande, « chanson en 2 actes et 5 tableaux », opéra de chambre sur un livret de Georges Neveux op. 19 ;
  • 1928 : Tambourin pour quatuor de harpes chromatiques op. 20 ;
  • 1928 : Trois Sérénades pour voix et petit ensemble op. 21 ;
  • 1929 : Le Mensonge de Nina Petrovna, suite pour piano ; Intermezzo pour piano et orchestre (suite et intermezzo tirés de sa partition cinématographique Le Mensonge de Nina Petrovna) ;
  • 1930 : Juliette ou la Clé des songes, chanson pour la pièce de Georges Neveux op. 25 ;
  • 1931 : Danses de l'Amazone, cinq pièces pour orchestre op. 28a (tirées de sa partition cinématographique Au pays du scalp) ;
  • 1931 : Le Jour, poème chorégraphique pour cinq voix solistes et orchestre op. 30 ;
  • 1931 : Le Petit Chaperon rouge, suite burlesque pour douze instruments (ou piano) op. 32a
  • 1932 : Complaintes, cinq poèmes de Georges Neveux pour baryton et piano op. 33 ;
  • 1933 : Suite Française pour orchestre op. 36a ;
  • 1933 : Quatorze Juillet, suite de danses pour piano (tirée de sa partition cinématographique éponyme) ;
  • 1933 : Ode à la Montagne pour chœur d'hommes et orchestre op. 38a ;
  • 1934 : Quatre garçons de mon pays, mélodie sur un poème de Jamblan pour voix et piano op. 39 ;
  • 1934 : Deus Abraham ou Motet pour une messe de mariage pour chœurs et orgue op. 42 ;
  • 1934 : Chanson de Tessa pour voix et piano op. 44a (extraite de la musique de scène pour Tessa, la nymphe au cœur fidèle de Jean Giraudoux)
  • 1934 : Ballade pour orchestre op. 44b (initialement, Symphonie en trois tons, extraite de la musique de scène précitée pour Tessa) ;
  • 1935 : Nativité, cantate pour soli, chœurs et orchestre op. 46 ;
  • 1935 : Cantate pour le temps pascal pour soprano, ténor, baryton-basse, chœurs et orchestre op. 47 ;
  • 1935 : Trois chansons de bord sur des poèmes de Charles Dorat-Goldblatt pour voix et piano op. 51a (tirées de sa partition cinématographique Trois-mâts Mercator) ;
  • 1936 : Trio italien pour violon, alto et violoncelle op. 54 ;
  • 1936 : Intermèdes pour orchestre à cordes op. 55 ;
  • 1936 : Sonata a due, concerto grosso pour violon, violoncelle et orchestre à cordes op. 56 ;
  • 1936 : Quartier nègre, deux chansons pour la pièce de Georges Simenon op. 57 ;
  • 1936 : Concert Flamand pour orchestre op. 58a ;
  • 1936 : S.S. Normandie, ballet pour orchestre op. 59 ;
  • 1937 : Jeanne d'Arc, symphonie concertante pour soprano et orchestre op. 61 ;
  • 1937 : L'Ombre, ballet d'après le conte d'Andersen op. 62 ;
  • 1937 : Géographies, suite pour orchestre op. 66, avec chœurs en partie finale (tirée des partitions cinématographiques Au pays du scalp, En Crête sans les dieux et L'Île de Pâques) ;
  • 1938 : Proses pour chœurs et orgue op. 68 ;
  • 1938 : L'Eau vive, « cinq chants de métier de la Haute-Provence » sur des textes de Jean Giono pour voix et piano op. 69 ;
  • 1938 : Caprice italien pour orchestre à cordes op. 73, transcription du Trio italien précité (excepté le 2e mouvement Sarabande) ;
  • 1938 : Deux Ballades de Charles d'Orléans pour chœurs a cappella op. 76 ;
  • 1938 : Ô mes frères perdus, cantate sur deux poèmes de Paul Éluard pour chœur d'hommes et piano à quatre mains op. 79 (orchestrée en 1990 par Raymond Alessandrini) ;
  • 1939 : Deux Chansons de Victor Hugo pour voix et piano op. 80 ;
  • 1939 : The Voice of Paris pour orchestre op. 82 (commande de la BBC à l'occasion du voyage officiel du président Albert Lebrun en Grande-Bretagne) ;
  • 1939 : Le Bon Mari, mélodie sur un poème de Gaultier-Garguille pour voix et piano op. 86 ;
  • 1940 : Saisir, cinq mélodies pour soprano, harpe, piano et ensemble de cordes op. 88 ;
  • 1940 : Trois Psaumes pour le temps de guerre, pour neuf voix de femmes, harpe et piano op. 89.

Musiques de scène

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  • 1925 : Le Magicien prodigieux, musique pour trois voix de femmes, Pleyela et batterie op. 14, pour la pièce de Pedro Calderon ;
  • 1928 : Terminus op. 22, pour la pièce d'Henry Soumagne ;
  • 1928 : Attractions op. 23, pour le spectacle de Renée Falconetti ;
  • 1934 : Tessa, la nymphe au cœur fidèle op. 44, pour la pièce de Jean Giraudoux, d'après le roman The Constant Nymph (La Nymphe au cœur fidèle) de Margaret Kennedy (1924) ;
  • 1935 : La guerre de Troie n'aura pas lieu op. 52, pour la pièce de Jean Giraudoux ;
  • 1937 : Serment du 14 juillet 1935 et Final du spectacle collectif Liberté ! pour chœurs et orchestre op. 63, sur des textes de Maurice Rostand et Jacques Chabanne.

Musiques de films

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Musiques de films (posthumes)

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Maurice Jaubert tient des petits rôles dans les films suivants :

Postérité

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Discographie

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Bibliographie

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Notes et références

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  1. Acte de décès de Maurice Jaubert, registre des décès (02/11/39-26/12/41) de Paris 6e, consulté le 22 janvier 2026 (mis en ligne par Geneanet.org).
  2. Françoise Jaubert sur Décès en France.
  3. Notice nécrologique de Françoise Jaubert sur Persée (mentionnant par erreur 1928 comme année de naissance).
  4. Dominique Roulet sur Gens du cinéma.
  5. « Maurice Jaubert - Cinémathèque française », sur cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr (consulté le )
  6. D'où la mention erronée « mort à Azerailles » apparaissant parfois.
  7. François Porcile, 2019, op. cit., p. 132.
  8. « Émouvante cérémonie, ce matin à la mémoire de Maurice Jaubert », sur musee.sacem.fr, L'Espoir, Nice, (consulté le ).
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4649485m/f2.item.r="Maurice%20Jaubert".zoom, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4735936k/f2.item.r="Maurice%20Jaubert".zoom
  10. voir Comœdia, 20 juin 1942 et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k977507n/f27.image.r="Maurice%20Jaubert"?rk=64378;0
  11. Notice Bnf [1]
  12. François Porcile, 2019, op. cit., p. 157 (photo de tournage).

Liens externes

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