Maurice Jaubert

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Maurice Jaubert
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Maurice Jaubert est un compositeur français né à Nice le et mort pour la France, à l'hôpital de Baccarat, le (à 40 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Jaubert naît à Nice, le 3 janvier 1900. Il est le deuxième fils de Maître François Jaubert, avocat et futur président du barreau de sa ville, et de Haydée Faraut. Au Lycée Masséna, il obtient un premier baccalauréat en 1915, et un second en 1916. Il suit parallèlement, au Conservatoire de sa ville, les cours d'harmonie, de contrepoint et de piano. Il remporte un premier prix de piano en 1916.

Maurice Jaubert quitte alors Nice pour Paris où il obtient, à la Sorbonne, une licence en lettres et un doctorat en droit. À son retour dans sa ville natale, il est le plus jeune avocat de France. Ses toutes premières compositions datent de cette époque où devient aussi officier spécialisé en génie. Démobilisé en 1922, il décide d'abandonner la pratique du droit au profit de la musique. L’année suivante, il complète sa formation musicale avec Albert Groz, à Paris.

Se succèdent alors de nombreuses mélodies, des pièces pour piano, des oeuvres de musique de chambre et des divertissements. En 1925, il écrit sa première musique de scène pour Le Magicien prodigieux, une pièce de Calderon, et utilise le Pleyela - iI travaille alors, pour la compagnie Pleyel, à l’enregistrements de rouleaux destinés à ce piano mécanique, révolutionnaire à l’époque. De fait, durant sa trop brève carrière, Jaubert s’intéressera à toutes les innovations technologiques qui peuvent servir ses aspirations artistiques. C’est à cette occasion qu’il rencontre la soprano Marthe Bréga, qui deviendra l’interprète de la plupart de ses compositions vocales. Il l'épouse en 1926, avec Maurice Ravel pour témoin. Elle lui donne une fille, Françoise, en 1927.

En 1929, il commence à composer et à diriger pour le cinéma tout en poursuivant son oeuvre destinée à la salle de concert et à la scène, autant pour des opéras-bouffes que pour pour des pièces de Jean Giraudoux. Au cours de la décennie qui suit, il compose ainsi pour Le Petit Chaperon Rouge, d'Alberto Cavalcanti, La Vie d’un Fleuve de Jean Lods, L'Affaire est dans le sac des frères Prévert, Zéro de conduite et L’Atalante de Jean Vigo, Quatorze Juillet et Le Dernier Milliardaire de René Clair, Carnet de bal et La Fin du Jour de Julien Duvivier, L'Île de Pâques et Regards sur la Belgique ancienne d'Henri Storck, Drôle de drame, Hôtel du Nord, Quai des brumes et Le Jour se lève de Marcel Carné.

Le cinéma, qu'il aime et comprend, contrairement à beaucoup de ses contemporains, ne représente pourtant qu'une des multiples facettes de l’activité créatrice de Maurice. Jaubert. Chef d'orchestre très sollicité, il dirige non seulement la musique de nombreux films chez Pathé-Nathan (dont celles d’Arthur Honegger et de Darius Milhaud) mais plusieurs concerts, tant en France qu'à l'étranger. Ses écrits, ses conférences et une importante correspondance constituent un précieux témoignage de sa compréhension de l’évolution des années 1930 à 1940 et de ses prises de position, tant politiques (vis à vis de la guerre d'Espagne, par exemple) que musicales. C’est ainsi qu’il défend vigoureusement Kurt Weill, alors totalement incompris.

La guerre vient détourner ce remarquable parcours artistique. Mobilisé en septembre 1939, le capitaine de réserve Maurice Jaubert rejoint aux premières lignes la compagnie du génie qu'il commande. Il ne la quittera que pour deux brèves permissions à Nice, en janvier et avril 1940. Les lettres à son épouse font état d’un esprit de sacrifice empreint d’un profond humanisme. C’est « aux armées » que Jaubert compose deux dernières oeuvres qu’il n’aura pas l’occasion d’entendre : mortellement blessé par un tir ennemi, il meurt quelques heures plus tard à l'hôpital de Baccarat, le 19 juin 1940. Initialement inhumé dans le cimetière de Baccarat, il est transféré en 1952 dans le cimetière de Caucade à Nice[1].

Texte attribué à Emmanuel Chamboredon des disques Milan.

Œuvres pour le concert[modifier | modifier le code]

  • Impromptu (?) : pour piano ;
  • 6 Inventions (?) : pour piano ;
  • Suite en la (?) : pour violoncelle et piano ;
  • 4 Romances (1924) : pour voix et piano ;
  • Cinq chants sahariens (1924) : pour voix et petit ensemble ;
  • Les Pêcheurs (1925) : ballet
  • Chants de la Côte (1925) « Chansons populaires de la Provence et du comté de Nice » harmonisées pour 1 voix et piano ;
  • Contrebande (1927) : opéra de chambre sur un texte de Georges Neveux ;
  • Le mensonge de Nina Petrovna (1929) : suite pour piano tirée de sa partition cinématographique ;
  • Intermezzo (1929) : pour piano et orchestre, tirée de sa partition cinématographique Le mensonge de Nina Petrovna ;
  • Cinq danses de l'Amazonie (1930) : pour orchestre ;
  • Le jour (1931) : poème chorégraphique pour orchestre symphonique ;
  • Suite française (1932) : pour orchestre ;
  • Quatorze Juillet (1933) : suite de danses pour piano tirées de la partition cinématographique ;
  • Ode à la Montagne (1933) : pour orchestre ;
  • Deus Abraham (1934) : motet ;
  • Ballade (1934) : «Symphonie de Lewis» pour orchestre, tirée de Tessa ;
  • Le Petit Chaperon Rouge (1935) : suite pour piano, suite burlesque pour 12 instruments
  • Nativité (1935) : cantate pour soli, chœurs et orchestre ;
  • Cantate pour le temps pascal (1935) : pour soli, choeur et orchestre ;
  • Trio italien (1935) : pour violon, alto et violoncelle ;
  • Sonate a due (1936) : pour violon, violoncelle et orchestre à cordes ;
  • Concert flamand (1936) : pour orchestre ;
  • Intermèdes (1936) pour orchestre à cordes ;
  • Normandie (1937) : ballet pour orchestre ;
  • Géographies (1937) : pour chœurs et orchestre ;
  • Jeanne d'Arc (1937) : symphonie concertante pour soli, choeur et orchestre ;
  • Proses (1938) : pour choeur mixte et orchestre ;
  • L'Eau vive (1938) : « 5 chants de métier de la Haute-provence» sur des textes de Jean Giono ;
  • Caprice italien (1938) : concerto pour orchestre à cordes ;
  • Saisir (1939) : cinq mélodies pour soprano et petit orchestre ;
  • Trois Psaumes pour le temps de guerre (1940) : pour chœur de femmes, harpe et piano.

Musiques de scène[modifier | modifier le code]

Musiques de films[modifier | modifier le code]

Maurice Jaubert a joué un petit rôle de chef d'orchestre dans La Nuit de décembre de Kurt Bernhardt, réalisé en 1939.

Musiques de films (posthumes)[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Delerue dirige en concert la musique de film de Maurice Jaubert : Le Jour se lève, L'Atalante, Le petit chaperon rouge, Un carnet de bal, Le Quai des brumes, Orchestre symphonique de Madrid, Disques Cinémusique DCM 110 (enregistré en 1986, P 2003). Voir la présentation en ligne.
  • Maurice Jaubert - L'Atalante, Quai des brumes et autres musiques de films : comprend également des extraits de Zéro de conduite, 14 juillet et L'île de Pâques. Orchestres dirigés par Patrice Mestral et Serge Baudo. Milan CD CH 274.
  • Suite Française, Intermèdes et autres œuvres orchestrales par l'orchestre de chambre de Nice dirigé par Jacques-Francis Manzone, et pièces pour piano par Yoko Sawai, Disques Cinémusique (enregistré en 1989, P 2009). Voir la présentation en ligne.
  • 25 ans de musique de cinéma français, orchestre dirigé par Serge Baudo : Extraits de partitions, chansons de cinéma et quelques pièces pour piano par Yoko Sawai, Disques Cinémusique DCM 122, (enregistré en 1956, P 2009). Le tiers du programme est consacré à Maurice Jaubert. Voir la présentation en ligne.
  • Concert Maurice Jaubert (2 CD) : Ballade, Trois psaumes pour le temps de guerre, Jeanne d'Arc, Géographies, Cantate pour le temps pascal. Choeur et orchestre national de la RTF dirigés par Jean Martinon. Jacqueline Brumaire, soprano. Restauration et édition d'un enregistrement public de 1952, Disques Cinémusique Classique (P 2017). Voir présentation en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maryline Desbiolles, Le Beau Temps, Éditions du Seuil, coll. « Fiction & Cie », , 240 p. (ISBN 2021241521, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]