Laurence De Cock

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Laurence De Cock
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Laurence De Cock en 2018.
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Présidente
Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire
-
Laurent Colantonio (d)
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Université de Lyon (doctorat) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Laurence De Cock, née en 1972, est une essayiste et historienne française.

Impliquée depuis le milieu des années 2000 dans les débats publics concernant les utilisations médiatiques et politiques de l'histoire, elle développe depuis le début des années 2010 une recherche portant sur l'enseignement de l'histoire (et en particulier du fait colonial) en France depuis le xixe siècle. Elle est agrégée d'histoire et de géographie et docteur en sciences de l'éducation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurence De Cock[n 1] naît en 1972[1]. En 1996, elle est admise au CAPES d'histoire-géographie puis, six ans plus tard, à l'agrégation interne d'histoire-géographie[2]. Elle est depuis 2015 professeure agrégée d’histoire-géographie dans un lycée parisien[3],[4]. Elle est également chargée d'enseignement à l'université Paris-Diderot[3].

Elle s'investit à partir du milieu des années 2000 dans les débats concernant l'enseignement de l'histoire dans le secondaire et préside de 2010 à 2011 le Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH)[5], fondé par Gérard Noiriel et Nicolas Offenstadt, puis en est l'une des deux vice-présidentes à partir de 2011.

En 2011, elle cofonde, avec Emmanuelle Picard, Patricia Legris et Suzanne Citron, le site internet « Aggiornamento Histoire-géo »[4], consacré aux « réflexions et propositions pour un renouvellement de l'enseignement de l'histoire et de la géographie du Primaire à l'Université »[6],[7].

À partir du début des années 2010, elle publie régulièrement des articles sur l'enseignement de l'histoire en France[8] tout en préparant une thèse de doctorat en sciences de l'éducation, intitulée « Le fait colonial à l’école : genèse et scolarisation d’un objet de débat public, scientifique et mémoriel (des années 1980 à 2015), essai de socio-histoire du curriculum », qu'elle soutient en 2016 à l'université Lumière-Lyon-II sous la direction de Françoise Lantheaume[9]. Ses recherches portent sur l'enseignement de l'histoire et l'articulation entre l'universalisme républicain et la diversité culturelle.

Dans le même temps, elle participe à la rédaction de plusieurs manuels chez Nathan[10] et ouvrages destinés aux bacheliers[11], et est chargée de cours en didactique de l'histoire et pédagogie depuis 2005 à l'université Paris-Diderot[4].

Elle participe à une chronique avec l'historienne Mathilde Larrère sur Mediapart, intitulée « les détricoteuses », à propos des tentatives d'instrumentalisation de l'histoire. [12].

En juin 2020, elle coordonne l'adaptation de la revue L'Histoire dans un format destiné aux collégiens nommé L'Histoire Juniors[13].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Laurence De Cock se déclare « engagée à gauche » et « proche du mouvement Ensemble ![14] ».

Critique de l'usage politique de l'histoire[modifier | modifier le code]

Elle a codirigé en 2008 un ouvrage dénonçant la vision sarkozienne de l'histoire et a été médiatisée fin 2016 pour un Storify (en) avec Mathilde Larrère réfutant des propos de l'ancien président français sur les origines gauloises de la France[14].

Le , elle est invitée par L'Émission politique de France 2 pour débattre de l'histoire de France avec François Fillon, candidat des Républicains à l'élection présidentielle. Bien qu'il ait rappelé qu'elle avait été proche du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon avant le début de son intervention[15], certains détails de ses engagements passés ne sont pas explicités, ce qui suscite quelques remous[16].

Programmes scolaires[modifier | modifier le code]

Laurence De Cock intervient régulièrement dans les débats concernant l'élaboration des programmes d'histoire. Ses interventions s'appuient sur l'idée que

« l'histoire scolaire est incontestablement, dans son acte de fondation, un lieu d'usage public de l'histoire, car l'enseignement de l'histoire a d'emblée été chargé d'une finalité civique. En tant que tel, un programme peut donc se lire comme un projet mémoriel[17]. »

Dans cette perspective, l'enseignement de l'histoire, selon elle, doit d'abord accompagner l'apprentissage d'un esprit critique plus que ne servir qu'à forger un sentiment d'appartenance nationale.

En 2015, elle participe du mouvement critique lancé par Benjamin Stora à la suite de la publication des nouveaux programmes d'histoire. Stora, alors président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration dénonce « la faible place de l’immigration dans les nouveaux programmes ». Il déclare d'ailleurs :

« J’ai beau chercher la mention d’une “histoire de l’immigration” dans les programmes d’histoire de 3e, elle n’apparaît qu’une seule fois, et encore, pas comme une thématique à part entière mais comme une entrée possible, presque un exemple parmi d’autres. »

C. Lelièvre considère à son tour que la part de l'immigration est réduite, au collège, à la « portion congrue ». Via le collectif Aggiornamento, dans le cadre d'une interview au Monde, elle juge alors qu'il existe un risque d'une « mise en sourdine de l'immigration récente ». Mais elle estime cependant que l'introduction du thème sur l'histoire longue de l'humanité et des migrations est une « nouveauté intéressante »[18].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour le professeur de littérature Jean-Paul Brighelli, membre de Debout la France et soutien du projet scolaire du FN[19], contre lequel De Cock a pris position publiquement[20], le collectif Aggiornamento « ne représente rien dans le monde des profs d’histoire-géographie[21] » et « pourrit l'enseignement de l'histoire » car ses membres « se croient infaillibles : ils sont de gauche, ils sont le camp du Bien. Ils sont les idiots utiles — et parfois, peut-être, les salauds utiles »[22].

Zaka Toto, fondateur de la revue intellectuelle antillaise Zist, accuse Laurence De Cock de l'avoir plagié[23],[24],[25],[26]. Sur son site Internet, Zaka Toto affirme avoir été « pompé honteusement, je suis invisible, inexistant ».

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Directions et co-directions[modifier | modifier le code]

  • Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France (co-direction), Marseille, Agone, 2008 (ISBN 9782748900934)
  • Paniques identitaires (co-direction avec Régis Meyran), Le Croquant, 2017
  • La Fabrique scolaire de l’histoire (co-direction avec Emmanuelle Picard), Marseille, Agone, 2009 (ISBN 9782748901061), 2e édition (direction), Marseille, Agone, 2017 (ISBN 9782748903355).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle a également fait usage du nom « Laurence De Cock-Pierrepont ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « De Cock, Laurence (1972-) », sur Persée (consulté le 29 novembre 2019).
  2. « Laurence De Cock - Academia.edu », sur independent.academia.edu (consulté le 14 novembre 2019)
  3. a et b (en) « Laurence De Cock - Academia.edu », sur independent.academia.edu (consulté le 24 mars 2018)
  4. a b et c « Qui sommes nous ? », sur Aggiornamento hist-geo (consulté le 2 août 2017).
  5. Voir sur approches.fr.
  6. « Réflexions et propositions pour un renouvellement de l'enseignement de l'histoire et de la géographie du Primaire à l'Université », sur aggiornamento.hypotheses.org (consulté le 19 octobre 2017).
  7. Jean-François Mondot, « Laurence De Cock : l'histoire n'est pas un roman », L'Histoire,‎ , p. 28-29 (lire en ligne)
  8. « Publications de Laurence De Cock », sur cairn.info, (consulté le 2 août 2017).
  9. « Le Fait colonial à l’école : genèse et scolarisation d’un objet de débat public, scientifique et mémoriel (des années 1980 à 2015) », (consulté le 2 août 2017).
  10. Histoire Term L-ES en 2012 (ISBN 9782091728179), Histoire 2nde (ISBN 9782091728254) et Histoire-géographie Term S (ISBN 9782091728247) en 2014, Histoire-géographie 4e en 2016 (ISBN 9782091717647).
  11. Bac : Objectif mention (ISBN 9782817600918) et Les Citations pour gagner des points au bac (ISBN 9782817600901) publiés en 2011 et régulièrement réédités depuis.
  12. Émilie Brouze, « Colonisation : « Les gars, faites de l'histoire ou lisez des historiens » », sur L'Obs, (consulté le 23 février 2021).
  13. « L'Histoire prend un coup de jeune », sur Libération (consulté le 23 février 2021).
  14. a et b Violaine Morin, « Deux profs d’histoire détricotent les propos de Nicolas Sarkozy sur les « Gaulois » », sur Big Browser, .
  15. L'Emission politique, « L'Emission Politique 23/03/17 », sur youtube.com,
  16. Frantz Durupt, « Citoyens invités dans L'Émission politique de France 2 : le problème va au-delà de leur parcours politique », Liberation.fr,‎ (lire en ligne).
  17. « La fabrique scolaire de l’histoire : Illusions et désillusions du roman national. », sur www.cahiers-pedagogiques.com (consulté le 20 octobre 2017).
  18. Mattea Battaglia, « L’histoire de l’immigration, grande oubliée des nouveaux programmes du collège ? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  19. « Jean-Paul Brighelli « adhère à 80 % » au programme du FN sur l'école », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le 25 avril 2018)
  20. « Le crétin, sa fabrique et ses racines », sur Blog Aggiornemento Histoire-Géo, .
  21. Jean-Paul Brighelli, « T’es méraire, mais pas trop ! », sur Bonnet d'âne, .
  22. Jean-Paul Brighelli, « Le collège 0.0 est arrivé ! », sur Bonnet d'âne, .
  23. Inédits, « Le Pillage », sur ZIST, (consulté le 8 avril 2021)
  24. Inédits, « Le Discours et La Pratique », sur ZIST, (consulté le 8 avril 2021)
  25. « Martinique : une chronique de Politis accusée de "pillage" - Par Loris Guémart », sur Arrêt sur images (consulté le 6 juillet 2020).
  26. valeursactuelles.com, « L'indigéniste Laurence de Cock accusée de plagiat et d'“invisibilisation” par un auteur antillais », sur Valeurs actuelles (consulté le 6 juillet 2020).
  27. [compte rendu] Ismail Ferhat, « Laurence de Cock. Dans la classe de l’homme blanc. L’enseignement du fait colonial des années 1980 à nos jours. Lyon : PUL, 2018 », Carrefours de l'éducation, no 49,‎ , p. 267-268 (lire en ligne, consulté le 20 octobre 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]