Martin Provost

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Provost.
Martin Provost
Description de cette image, également commentée ci-après

Martin Provost en novembre 2013, à l'avant-première du film Violette.

Naissance (60 ans)
Brest, Finistère, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur, scénariste, écrivain
Films notables Séraphine
Violette

Martin Provost, né le à Brest[1], est un réalisateur et écrivain français[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Brest, il rêve de devenir cinéaste, mais son père, officier de marine, lui déconseille de tenter l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinematographiques) vu son niveau déplorable dans toutes les matières scientifiques, matières à l’époque exigées au concours d’entrée. Il décide de devenir acteur. Ce qui, pense-t-il, l’éloignera un moment de sa vocation mais sera très formateur.

A 18 ans il part à Paris, et entre au cours Simon.

Très vite il décroche son premier rôle dans “Néa“ de Nelly Kaplan, mais très attiré par le théâtre, il écrit sa première pièce “Le Voyage Immobile“ qu’il joue avec Yann Colette au Studio d’Ivry en 1980, mise en scène d’Antoine Campo.

Remarqué par Philippe Adrien il entre comme stagiaire au Français pour jouer Valère dans “Le médecin Volant“. Jean-Pierre Vincent l’engage comme pensionnaire. Il joue plusieurs pièces avec lui dont Macbeth, (Cour d’Honneur du Festival d’Avignon, rôle Rosse) le Suicidé de Nikolaï Erdman (Odéon, rôle du sourd muet) travaille aussi avec Jacques Lassalle, Alain Françon, etc. “Les Poupées“ sa seconde pièce est lue à la chapelle Ste Claire en Avignon par Denise Gence, puis créée au TEP  en 1992.

EN 1990, il cesse toute activité de comédien pour se consacrer à l’écriture et au cinéma.

Il écrit de nombreuses pièces radiophoniques, notamment pour les enfants, et est récompensé pour tout son travail à France Culture par le prix SACD en 2006.    

Carrière de réalisateur [modifier | modifier le code]

Martin Provost décide de passer derrière la caméra dans les années 90.

Sa passion prend naissance, dit-il, avec son grand père, passionné de cinéma et cinéaste amateur avec qui il a tourné enfant une adaptation de “Pierre et le loup“ de Prokoviev[3].

En 1988, Il écrit son premier scénario “Aime-moi vite“. Remarqué par Françoise Verny, elle lui commande le roman à partir du scénario. Cette expérience lui enlèvera toute envie de réaliser le film.

Il tourne son premier long métrage en 1997.  “Tortilla et cinéma“ raconte l’histoire d’un jeune metteur en scène aux prises avec la difficulté de faire son premier film. Carmen Maura y joue son propre rôle. Ce premier film est une ébauche qui contient tout ce qui viendra ensuite, le cinéaste s’exprimant déjà de façon très personnelle dans un univers à la fois poétique et introspectif.

En 2002, il écrit et réalise Le Ventre de Juliette, l’histoire d’une jeune fille de 20 ans, Juliette, incarnée par Julie-Marie Parmentier, qui décide un jour de faire un bébé toute seule. Le père (Stéphane Rideau) fait tout pour avoir sa juste place auprès d’elle et de l’enfant mais Juliette l’en empêche.

En 2006,  le scénario de “Séraphine“ reçoit à l’unanimité le grand prix du meilleur scénariste. Le film sera salué par la critique et le public.

Avec “Séraphine“ Martin Provost trouve et impose son style, une narration dépouillée à l’extrême, une spiritualité presque animiste, la nature étant pour lui un partenaire à part entière et non un simple décor. 

Avec ses producteurs et la complicité de Dina Vierny, ils réussissent à réunir les œuvres de Séraphine au musée Maillol, à la sortie du film. L’exposition est couronnée de succès et réhabilite aux yeux du public l’œuvre du peintre Séraphine de Senlis.

Le film est couronné par 7 césars dont celui du meilleur film. Yolande Moreau est récompensée par le césar de la meilleure actrice, Martin Provost reçoit deux césars: celui du meilleur scénario et celui du meilleur film. Néanmoins, les producteurs du film et le réalisateur sont assignés en justice par les Editions Albin Michel, et l'écrivaient biographe Alain Vircondelet, auteur de l'ouvrage Séraphine, paru en 1987 aux mêmes éditions, pour plagiat. A l'issue de la procédure, ils sont condamnés pour contrefaçon par la 3ème Chambre de Paris en 2010.

C’est pour Yolande Moreau qu’il acceptera la proposition de Julie Salvador d’écrire et de tourner l’adaptation du roman de Keith Ridgway en 2011, “The long Falling“, paru en France sous le titre “ Mauvaise Pente“. Le film relate la soudaine révolte d’une femme simple, battue par son mari, qu’elle décide d’assassiner. Maquillant son crime, elle pense trouver ainsi la liberté. Elle se heurte alors à son fils qui condamne son acte. En tuant son mari, elle n’a pas pensé qu’elle tuait aussi un père.

René de Ceccatty, son éditeur, au moment de la publication de son roman “Léger, humain, pardonnable“ lui donne à lire un texte que Violette Leduc avait écrit sur Séraphine qu’elle adorait. C’est un choc. Le désir d’un film “Violette“, naît de cette découverte.

Pour Martin Provost, “Séraphine“ et “Violette“ forment un diptyque, les films se répondant l’un l’autre. Violette et Séraphine sont sœurs, autodidactes, d’origine modeste, ce sont des femmes inspirées, traversées. Grâce à leur ténacité, elles réussissent à dépasser leur condition modeste et à transcender leurs existences.

“Violette“ est incarnée par Emmanuelle Devos. Il rencontre la comédienne avant d’écrire le scénario comme il avait rencontré Yolande Moreau avant d’écrire Séraphine. Il veut être certain qu’elle accepte le rôle. Dès le tournage, Emmanuelle Devos se transforme au point de finir par ressembler à Violette Leduc. Entre elle et moi, dit-il, c’était un pas de deux. Nous nous comprenions sans avoir besoin de nous parler. Parfois par un regard, un simple contact. Sandrine Kiberlain, dans le rôle de Simone de Beauvoir, s’avère surprenante.

Si le film, salué par la critique et sélectionné au festival de Toronto, ne remporte pas un grand succès en France, il fait le tour du monde.

Son dernier film, “Sage-Femme“, écrit pour Catherine Deneuve, Catherine Frot et Olivier Gourmet est tourné au printemps 2016 à Mantes-La-Jolie. C'est l’histoire d’une sage-femme, Claire, (Catherine Frot) qui voit avec inquiétude son métier céder le pas au rendement, au détriment de l’humain. La petite maternité dans laquelle elle exerce depuis toujours doit fermer ses portes et toutes ses collègues, par peur du chômage, acceptent de travailler dans une énorme usine à bébés, ce dont Claire ne se sent pas capable.

Resurgit du passé Béatrice, (Catherine Deneuve) ancienne maîtresse de son père disparu, l’exact opposé de Claire, frivole et égoïste, qui a toujours prôné la liberté avant l’engagement. Malade, elle cherche à retrouver l’homme qui a été le grand amour de sa vie. Elle ne retrouve que sa fille.

Parabole de la fable “La cigale et la fourmi“ le film raconte l’histoire d’une transmission.

Il est sorti en France le 22 mars 2017 après avoir été présenté, le 14 février 2017, en sélection officielle de la Berlinale de Berlin.    

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste et réalisateur[modifier | modifier le code]

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Martin Provost 2016

Ouvrage de littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Séraphine a remporté sept Césars du cinéma en 2009 :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Provost, Première.
  2. Lisa Vignoli, « Martin Provost, séraphique », Next Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Martin Provost, Léger, humain, pardonnable, Seuil, , 240 p. (EAN 9782020943437)

Liens externes[modifier | modifier le code]