Arts ménagers

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Les arts ménagers comprennent l'ensemble des techniques qui, dans le cadre du foyer familial, permettent de soutenir la vie physique et d'alimenter la vie intellectuelle. Les arts ménagers apparaissent comme un élément des sciences économiques avec l'Économie domestique ou la Production domestique et comme un élément des sciences biologiques et mentales.

Histoire[modifier | modifier le code]

En Amérique, Catharine Beecher met en lumière la nécessité de l'organisation dans la maison. Elle publie en 1869 The American Woman's House. Ce livre insiste sur l'influence des moyens de transports sur l'évolution de la technique du logement. L'aménagement des cuisines dans les navires ou dans les wagons par George Pullman. Christine Frederick théorise le taylorisme chez soi.

En Allemagne, Lina Morgenstern, Henriette Davidis, Elise Hannemann, Hedwig Heyl et Ulrike Henschke sont les écrivains et penseurs qui rédigent les théories de l'Hauswirtschaft.

Affiche pour la laveuse à linge Mignon, 1921.

En France, au XIXe siècle, la Baronne Staffe écrit les Usages du monde : règles du savoir-vivre dans la société moderne et La Maîtresse de Maison [et l'art de recevoir chez soi], V. Havard, Paris, 1892. La Première Guerre mondiale apporte une cassure définitive dans ces codes et règles, ce que l'Art nouveau avait déjà commencé.

Louise Foulon-Lefranc écrit La femme au foyer : la femme dans la famille, hygiène, enseignement ménager, conduite à tenir en cas d'accidents, puériculture, le jardin et la basse-cour, la politesse et l'éducation, les Éditions de l'École, Paris. En 1891, à Sedan, Félicie Hervieu fonde l'Œuvre pour la reconstitution de la famille qui préfigure les jardins familiaux.

À « l'art de la cuisine » chère au XIXe siècle, se substituent bientôt les Arts Ménagers. Paulette Bernège est l'une des premières à considérer que les travaux ménagers peuvent être l'objet d'une véritable science. Selon elle, « tout travail doit être préparé intellectuellement avant d'être exécuté matériellement ». Cette conception se base sur le Taylorisme. En 1924, elle fait une communication sur ce thème au Congrès de l’organisation scientifique du travail tenu à Paris organisé par Jean Coutrot et fonde le Syndicat des appareils ménagers et de l’organisation ménagère. En 1930, elle ouvre une école de haut enseignement ménager à Paris. Elle s’inspire du travail de l’américaine Christine Frederick. Paulette Bernège écrit pour Mon chez Moi et fonde différentes revues Art ménager et Éducation ménagère et fonde un institut d'organisation ménagère à Nancy puis à Paris, l'École de haut enseignement ménager. Elle crée aussi la Ligue d’organisation ménagère. Pendant le Régime de Vichy, la femme est renvoyée à la maison, dévouée à ses enfants, réduite aux tâches domestiques et son travail ne doit pas être salarié pour ne pas menacer celui des démobilisés. La Reconstruction après la Seconde guerre mondiale et les progrès de l'électroménager redonnent un nouveau souffle aux arts ménagers et à son enseignement jusqu'aux années 1970.

L'enseignement ménager[modifier | modifier le code]

Élisa Lemonnier crée en mai 1862 à Paris, la Société pour l’enseignement professionnel des femmes. Octave Doyen fonde avec son épouse, Amélie Doublié, l'École professionnelle et ménagère de jeunes filles en 1873 à Reims. Ernestine Wirth, (1853-1890) écrit La Future ménagère en 1882, Augusta Moll-Weiss (1863-1946) est fondatrice et la directrice de « l'école des mères » et Jeanne de Diesbach fonde un cours d'enseignement ménager à Paris en 1901.

Isabelle Viviani fonde une école à Épinal après la première guerre mondiale. Les écoles ménagères doivent donner des bases de comptabilité et de sténographie qui permettront aux jeunes filles le cas échéant de travailler hors de leur foyer. Les Écoles hôtelières fondées dans les années 1930 bénéficient de cette rationalisation. L'hygiène, la couture dont Georgette Schéfer fut une des grandes pédagogues, le jardinage et la puériculture sont aussi enseignés dans ces écoles. Le conseiller en économie sociale et familiale est un héritier de l’enseignement ménager. Ginette Mathiot fut professeur puis inspectrice générale de l'enseignement ménager[1].

L'architecture[modifier | modifier le code]

La cuisine de Francfort (vue depuis l'entrée), une des premières cuisines équipées.

La question du confort est réglée dans les années 1950 après la Reconstruction par la question de l'aménagement. Le plan du foyer, les matériaux choisis, le climat intérieur : éclairage, calme, chauffage et climatisation sont étudiés dans les habitations, et des innovations techniques accompagnent ces intentions. Le confort des habitants est recherché dans les logements. La cité-jardin, où peuvent être réunis les avantages de la campagne et de la ville, apparaît comme la formule d'avenir.

L'électroménager[modifier | modifier le code]

Publicité pour des aspirateurs, 1940.

Dans les années 1930, L'électroménager révolutionne la vie de la femme au foyer et de la famille dans la cuisine, pour le ménage, la toilette et le bain, le blanchissage et le repassage. Les cuisines équipées font leur apparition. Le Salon des arts ménagers est créé en 1923. Une revue Revue Arts Ménagers est publiée. Le livre « 300 recettes » SEB de Françoise Bernard participe au succès de la cocotte-minute.

Le mobilier[modifier | modifier le code]

Pour la Reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, Marcel Gascoin s'associe aux travaux de Paulette Bernège pour concevoir ses meubles ou agencer ses cuisines. Margarete Schütte-Lihotzky est à l'origine de la conception de la Frankfurt Kitchen, la première cuisine moderne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cours d'enseignement ménager, science et morale : cours moyen / publié, sous la direction de A. Leune, ... par Mme A. Demailly, C. Delagrave (Paris), 1902
  • Enseignement ménager par Leblanc, éd. René Larousse, 1918
  • Le Taylorisme chez soi- Practique de la Direction de la Maison de Christine Frederick, Paris [Vangirard, H.L. Motti] 1920
  • Paulette Bernège, De la méthode ménagère, Orléans, Tessier, 1928, 168 p.
  • Louise Foulon-Lefranc, La femme au foyer : la femme dans la famille, hygiène, enseignement ménager, conduite à tenir en cas d'accidents, puériculture, le jardin et la basse-cour, la politesse et l'éducation, les Éditions de l'École, Paris
  • Hygiène féminine populaire, par le docteur René Martial et Mme Léontine Doresse, professeur de l'enseignement technique, avec 18 figures, 1923
  • La Ménagère, par Mme L. Doresse, L. Eyrolles, 1927
  • Promotion de la femme, Lucien Romier, Librairie Hachette, 1930.
  • La cuisine simple, Paul Carton, 1931.
  • Je sais cuisiner, Ginette Mathiot, Albin Michel, 1932.
  • Le repassage pratique par Melle Lemonnier et Mme Lebois, Librairie de l’enseignement familial et ménager
  • La mère de Pearl Buck est publié aux éditions Librairie de l'enseignement familial et menager, Paris, 1948.
  • Sciences appliquees. écoles de filles urbaines et rurales. classe de fin d'études, de L. Pastouriaux V. Regnier Mme Lassalle 1948

Le Musée social conserve une documentation importante et la Médiathèque Voyelles d'Ardenne Métropole conserve les livres de la Ligue d'organisation ménagère de Charleville et des Ardennes donnés par Marcelle Lassalle-Mercier.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les Arts Ménagers par Jean Fourastié et Françoise Fourastié, QSJ, PUF, 1950
  • 60 ans d'arts ménagers. 1, 1923-1939, le confort, Jacques Rouaud.- Paris : Alternatives, 1989.- 280 p.
  • 60 ans d'arts ménagers, tome II : 1948-1983, la consommation, Jacques Rouaud.- Paris
  • Odile Henry, « Femmes et taylorisme : la rationalisation du travail domestique », revue Agone, 28, 2003
  • L'organisation ménagère comme pédagogie, Paulette Bernège et la formation d'une nouvelle classe moyenne dans les années 1930 et 1940, Jackie Clarke, in Travail, genre et sociétés, n°13 – Avril 2005
  • sur le site Mémoire vive patrimoine numérisé de Besançon : A la loupe : Les écoles ménagères

Références[modifier | modifier le code]