Marie Stuart (film, 1936)

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Marie Stuart
Description de cette image, également commentée ci-après

Katharine Hepburn

Titre original Mary of Scotland
Réalisation John Ford
Scénario Dudley Nichols
Acteurs principaux
Sociétés de production RKO Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film historique
Durée 123 min (2 h 03)
Sortie 1936

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Marie Stuart (Titre original : Mary of Scotland) est un film américain réalisé par John Ford, sorti en 1936.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film présente l'histoire de Marie Stuart à partir de son retour en Écosse.

La première scène montre Elisabeth furieuse du débarquement imminent de sa cousine en Écosse. Elle ne lui a pas accordé de sauf conduit. Aussi ordonne-t-elle, afin d'éviter que Marie ne se serve du tremplin de l'Écosse pour lui ravir son sceptre, qu'un capitaine hisse le pavillon noir en cette occasion. Lorsqu'elle a débarqué à Leith en Écosse, Marie Stuart se rend au château Holyrood sur une vieille rosse : les pirates ont arraisonné le navire qui transportait ses chevaux. Les lords écossais annoncent à Moray, le demi-frère de Marie, que son règne touche à sa fin. Lors de la première entrevue avec les seigneurs d'Écosse, Marie, heureuse de revenir après treize ans d'absence, affirme hautement son appartenance à la religion catholique. Elle permet à son secrétaire Rizzio de rester, alors que Ruthven voulait que l'étranger se retire. La question d'un remariage est abordée. Les lords proposent lord Darnley, qui présente l'avantage d'être un Stuart, troisième héritier de la couronne d'Angleterre. On lui rapporte un propos malveillant du comte de Bothwell : Marie et Elisabeth réunies n'équivalent pas à la moitié d'une honnête femme. Elle leur dit alors qu'elle veut devenir elle-même et qu'elle ne se mariera que lorsqu'elle aimera quelqu'un.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Le dramaturge Maxwell Anderson avait mis en scène avec succès la version théâtrale de Mary of Scotland en 1933[1]. Helen Hayes interprétait la reine Marie Stuart et Fredric March était déjà le comte de Bothwell. Après avoir vu la pièce, Katharine Hepburn fut convaincue de pouvoir incarner Marie Stuart à l’écran[1]. L’actrice souhaite que George Cukor réalise Marie Stuart mais le producteur Pandro S. Berman, échaudé par le « désastre » de Sylvia Scarlett dirigé par Cukor et interprété par Hepburn, refuse de les faire retravailler ensemble[2]. Berman engage John Ford, réalisateur réputé pour « diriger les femmes sans fioriture »[3].

Ford et Hepburn s’étaient déjà rencontrés en 1932 quand une version filmée de la pièce de théâtre The Warrior’s Husband avait été envisagée. Katharine Hepburn avait joué dans cette pièce à Broadway et Ford dirigea un bout d’essai avec elle mais le film ne se fit pas[3].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Le réalisateur déclara : « Quand on m’a donné Marie Stuart à tourner, j’ai immédiatement pensé à Katharine Hepburn. Elle était déjà pressentie pour le rôle et ce n’était pas comme si elle était une quelconque jeune actrice jolie et talentueuse qu’on peut habiller comme on veut et photographier à la légère[4]... » Sa fascination pour l’actrice va s’amplifier pendant le tournage du film[4]. Ford et son équipe préparent le film en visionnant dans un premier temps tous les films d’Hepburn afin d’étudier la physionomie de l’actrice. Ils étudient tout ce qui se rapporte à Marie Stuart : portraits, gravures, costumes, photos de son château… Ils adaptent les esquisses des costumiers en fonction de la personnalité d’Hepburn. Il détermine les éclairages et la photographie, le maquillage afin d’apporter une authentique majesté à la future Marie Stuart[4].

Le rôle d’Elizabeth Ire fut convoité par Bette Davis qui a également postulé pour le rôle d’Elizabeth et a même passé des tests[5] mais la Warner Bros., avec laquelle Davis est sous contrat, refuse de la prêter à la RKO. Ginger Rogers a aussi souhaité incarner ce rôle[6]. John Ford souhaite avoir Tallulah Bankhead mais finit par choisir l’épouse de Fredric March, Florence Eldridge[7].

Tournage[modifier | modifier le code]

Mary Stuart face à celui qu'elle finit par épouser, Lord Darnley, avec à l'arrière plan le comte de Bothwell.

D’après l’actrice, Ford « se désintéressa de Marie Stuart quand il découvrit la faiblesse de l’histoire »[8]. Un jour, John Ford va jusqu’à quitter le plateau et confier la caméra à Katharine Hepburn pour une scène avec Fredric March se passant dans une tour de château[9]. Ford conseilla même l’actrice à faire de la réalisation mais elle ne renouvellera pas l’expérience[10]. Elle-même, après son engouement pour le rôle, s’en détache : « Je n’ai jamais eu de sympathie particulière pour Mary Stuart. Je la tenais pour une belle idiote. J’aurais préféré faire un film sur Elizabeth.(…) Le scénario était quelconque. Je n’ai jamais compris pourquoi John Ford avait accepté la réalisation. »[11]

Accueil du film[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Mais malgré une production à grands moyens[2] le film ne tiendra pas ses promesses. Selon Andrew Sarris, critique au Village Voice, la force et la ferveur de Marie Stuart ou de Katharine Hepburn ne ressortent pas à l’écran et l’héroïne devient à l’inverse « une vague madone de la lande écossaise, injustement calomniée »[2].

En 2002, le critique Patrick Brion explique qu'il trouve le film faible car le personnage de Marie n'est pas assez ambigu : dans la réalité, elle a revendiqué le trône d'Angleterre et le fait de la présenter systématiquement comme une victime « limite sans doute le contexte dramatique[6]. » Il trouve aussi que si Fredric March et Katharine Hepburn sont d'excellents acteurs, leur couple à l'écran ne fonctionne pas[6]. Il apprécie néanmoins la scène où Marie, après la mort de Bothwell, est réveillée par une tempête ainsi que la scène « ironique » où Bothwell se réchauffe devant la cheminée en soulevant son kilt[6]. Il trouve aussi que les séquences du procès de Marie, son face à face avec Elisabeth et son exécution constituent une fin au film « très émouvante[6]. »

Accueil public[modifier | modifier le code]

Le film totalise 1 000 000 dollars de recettes.

Analyse[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Katharine Hepburn est une descendante du comte de Bothwell[6].
  • Katharine Hepburn et John Ford commencèrent une brève liaison amoureuse sur le film.[réf. nécessaire]
  • Le face à face entre Elizabeth Ire et Marie Stuart n'a jamais eu lieu dans la réalité[6].

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Katharine Hepburn - Anne Edwards - Collection Terre des Femmes – Perrin (ISBN 2-262-00437-4), p.118.
  2. a, b et c Katharine Hepburn – Une femme indépendante – Ronald Bergan - GREMESE (ISBN 88-7301-060-1), p. 60.
  3. a et b À la recherche de John Ford - Joseph McBride - Institut lumière/Actes Sud (ISBN 978-2-7427-6830-1) (notice BnF no FRBNF41173715), p.322.
  4. a, b et c À la recherche de John Ford, p.320.
  5. Imdb
  6. a, b, c, d, e, f et g Patrick Brion, John Ford : Biographie, filmographie illustre, analyse critique, Paris, La Martinière, , 624 p., p. 498-499.
  7. Bette Davis – Magnifique et exaspérante – Ed Sikov – Hors Collection (ISBN 978-2-258-07735-5), p.110.
  8. À la recherche de John Ford, p.321.
  9. Moi, histoires de ma vie – Katharine Hepburn – Presses de la Renaissance, 1991 (ISBN 2-85616-608-3), p. 197.
  10. À la recherche de John Ford, p.323.
  11. Moi, histoires de ma vie p. 195.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]