Marie Stuart

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Marie Ire (reine d'Écosse)

Marie Ire
Illustration.
Marie reine d'Écosse par François Clouet.
Titre
Reine d'Écosse

(24 ans, 7 mois et 10 jours)
Couronnement
Régent James Hamilton (1542-1554)
Marie de Guise (1554-1560)
Prédécesseur Jacques V
Successeur Jacques VI
Reine de France

(1 an, 4 mois et 25 jours)
Prédécesseur Catherine de Médicis
Successeur Élisabeth d’Autriche
Dauphine de France

(1 an, 2 mois et 16 jours)
Prédécesseur Catherine de Médicis
Successeur Marie-Anne de Bavière
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Nom de naissance Mary Stuart
Date de naissance
Lieu de naissance Palais de Linlithgow
Écosse
Date de décès (à 44 ans)
Lieu de décès Château de Fotheringhay
Angleterre
Nature du décès Décapitation
Sépulture Abbaye de Westminster
Père Jacques V
Mère Marie de Guise
Conjoint François II de France (1558-1560)
Lord Darnley (1565-1567)
Lord Bothwell (1567-1578)
Enfants Jacques VI Red crown.png
Religion Catholicisme
Résidence Château de Blois, château d'Amboise, palais de Holyrood, palais de Linlithgow

Signature de Marie Ire

Marie Stuart
Monarques d'Écosse

Marie Stuart ou Marie Ire d’Écosse (en anglais Mary, Queen of Scots, en gaélique écossais Màiri, Bànrigh na h-Alba), née le et morte le , exécutée sur l'ordre d'Elisabeth d'Angleterre, fille du roi d'Écosse Jacques V et de Marie de Guise, arrière-petite fille du roi d'Angleterre Henri VII, est reine d'Écosse du au et, par son mariage avec François II, reine de France du au .

Marie devient reine d'Écosse à la mort de son père, alors qu'elle n'a que six jours, sous la régence de James Hamilton, comte d'Arran. Elle est fiancée dès 1543 avec le prince Édouard d'Angleterre, mais ce rapprochement avec l'Angleterre échoue. Fiancée au dauphin François, elle est élevée en France à partir de 1548 et leur mariage a lieu en 1558. Elle devient reine de France l'année suivante, mais François II meurt prématurément en 1560 et Marie rentre en Écosse.

Reine catholique d'un pays devenu largement protestant, Marie est traitée avec défiance, même si elle mène dans un premier temps une politique modérée. Quatre ans après son retour, elle épouse en secondes noces son cousin, Henry Stuart (Lord Darnley), mariage dont nait un fils, futur roi d'Écosse (Jacques VI) et d'Angleterre (Jacques Ier). Lord Darnley étant mort assassiné en 1567, les soupçons à l'encontre de Marie Stuart et de James Hepburn, comte de Bothwell, fragilisent sa position ; Bothwell ayant été acquitté par la justice, elle se remarie avec lui, précipitant sa chute. Emprisonnée, elle doit abdiquer au profit de son fils, alors âgé d'un an.

Elle s'évade en 1568 et tente de retrouver son trône en cherchant l'appui de sa cousine Élisabeth Ire d'Angleterre. Mais celle-ci la perçoit comme une menace, car Marie est considérée comme l'héritière légitime du trône d'Angleterre par les catholiques. Elle fait donc emprisonner Marie quelques jours après son arrivée en Angleterre.

Après 18 ans de captivité, Marie Stuart est exécutée en 1587, alors que le roi d'Espagne Philippe II, veuf de la reine d'Angleterre Marie Tudor, prépare une grande expédition contre l'Angleterre. Le motif de l'exécution est un complot de meurtre contre Élisabeth Ire.

Marie Stuart est la plus connue des souverains écossais, surtout en raison de son destin tragique qui a inspiré écrivains, compositeurs et cinéastes.

Elle est une des rares reines d’un État donné (l'Écosse), à avoir été simultanément reine d’un autre État (la France), à l’instar de Marie Ire d’Angleterre qui fut juste avant elle reine d'Espagne par son mariage avec Philippe II. De plus, elle était prétendante au trône d'un troisième État, l'Angleterre.

Premières années (1542-1543)[modifier | modifier le code]

Jacques V, le père de Marie Stuart, décède lorsqu'elle a six jours. Huile, vers 1579, 41,3 × 33 cm, Édimbourg, Galerie nationale d'Écosse.

Naissance (8 décembre 1542)[modifier | modifier le code]

Marie est la troisième enfant de Jacques V et de Marie de Guise, qui ont précédemment eu deux fils morts peu après leur naissance[1]. Marie naît le 7 ou le au château de Linlithgow, dans le West Lothian : le registre officiel du Lothian donne la date du 7, mais le 8 est considéré par la suite comme date officielle de son anniversaire, peut-être en raison de sa concordance avec la date de l'Immaculée Conception[2]. Elle est baptisée presque aussitôt dans l'église de Saint-Michel (en) de Linlithgow[3].

La mort du roi Jacques V (13 décembre)[modifier | modifier le code]

Le roi, gravement malade, se trouve au château de Falkland, lorsqu'un messager lui annonce que la reine a accouché d'une fille. Selon la légende, il aurait dit : It cam wi' a lass and it will gang wi' a lass!, c'est-à-dire « Elle [la couronne] nous [les Stuart] est venue par une femme, elle s'en ira par une femme », évoquant Marjorie Bruce[note 1], et prédisant ainsi un funeste destin à sa fille. La prophétie se révèle fausse en ce qui concerne Marie Stuart, puisque son fils lui succèdera, perpétuant la dynastie, qui s'éteindra cependant à à la mort d'une autre reine, Anne, en 1714[4],[5],[note 2].

Le 13 décembre, à la mort du roi, victime du choléra[6], des rumeurs circulent à propos de la faible santé de sa fille, comme celle affirmant qu'elle est un enfant prématuré[7], ce qui est faux. Par exemple, Eustache Chappuis, ambassadeur du Saint-Empire romain germanique, écrit le 23 que Marie de Guise et sa fille sont très malades, bien que Sir George Douglas (en) ait constaté le 19 que l'enfant est bien portante[2].

Établissement de la régence du comte d'Arran[modifier | modifier le code]

La reine douairière et mère de Marie Stuart, Marie de Guise.

Le plus proche héritier après Marie est James Hamilton, comte d'Arran. Mais « Arran n'avait pas les talents qu'exigeait une aussi haute charge : il était indolent, irrésolu, et se laissait gouverner par ceux qui l'approchaient »[1]. Le cardinal David Beaton, chef du parti catholique, pense que la nomination d'Arran n'irait pas dans les intérêts du pays en une période de crise, durant laquelle un homme fort serait nécessaire. Il s'oppose donc à la désignation d'Arran, faisant valoir un testament que le roi aurait signé sur son lit de mort et confié pour exécution au révérend Henry Balfour du diocèse de Dunkeld : selon ce document, la régence doit être partagée entre Beaton, James Stuart, comte de Moray, George Gordon, comte de Huntly et Archibald Campbell, comte d'Argyll[8].

Finalement, le 3 janvier, Arran est proclamé régent tandis que Marie de Guise conserve la garde de sa fille. Le cardinal est arrêté le 28 janvier au cours du conseil, puis est conduit au palais de Dalkeith (en), puis au château de Blackness[9], à la suite de quoi « les églises furent fermées et les prêtres refusèrent d'administrer les sacrements et d'enterrer les morts »[10].

Projets d'union entre les royaumes d'Écosse et d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Dans le même temps, le roi d'Angleterre Henri VIII envisage une nouvelle façon de réunir les couronnes d'Écosse et d'Angleterre : plutôt que de s'emparer de l'Écosse par les armes comme du temps de Jacques V, il souhaite maintenant marier son fils Édouard avec Marie. Pour ce projet, il dispose de l'avantage de sa victoire à la bataille de Solway Moss : de nombreux nobles écossais restés prisonniers d'Henri sont contraints de demander publiquement que Marie soit confiée à Henri et la principale forteresse transférée sous sa garde.

Parmi ces nobles, on compte Gilbert, 3e comte de Cassilis (en), Alexander, 5e comte de Glencairn, James, 6e lord Somerville (en), Patrick, lord Gray (en), Robert, 4e lord Maxwell (en), Laurence, lord Oliphant (en) et Malcolm, 3e lord Fleming (en)[1].

Les deux principaux autres agents d'Henri en Écosse sont Archibald Douglas, comte d'Angus, et son frère, George. Cependant celui-ci joue un double jeu, faisant son possible pour faire obstruction à la politique de Henri en obtenant notamment, le 18 janvier, une lettre du régent pour Henri, dans laquelle Arran exprime son désir de forger de nouvelles relations avec l'Angleterre, mettant l'accent sur une approche diplomatique au moment même où Henri ordonne la prise de la forteresse et de Marie[pas clair][2].

Ascendance de Marie Stuart[modifier | modifier le code]

Les relations avec l'Angleterre (1543-1547)[modifier | modifier le code]

Le traité de Greenwich (1er juillet 1543)[modifier | modifier le code]

Le cardinal David Beaton, meneur du parti catholique en Écosse, et principal opposant à Henri VIII d'Angleterre.

Le cardinal Beaton est finalement assigné à résidence dans son château de St-Andrews (en), mais son influence politique redevient forte. Avec l'appui du parti français, il fait rentrer le comte de Lennox de France, le présentant comme héritier de la couronne face à Arran. Celui-ci se trouve dans une situation difficile : il ne peut plus continuer de soutenir le protestantisme sans dépendre entièrement du soutien de Henri VIII, dont les vues sur l'Écosse sont claires, mais il ne peut pas non plus appeler la France à son secours sans l'aide du cardinal.

Celui-ci ne s'oppose cependant pas aux négociations de mariage entre Marie Stuart et le prince Édouard, qui aboutissent le au traité de Greenwich, par lequel leurs fiançailles sont confirmées, Henri y étant invité sur les conseils de son secrétaire d'État Ralph Sadler[pas clair]. Ce traité satisfait nombre des demandes des Écossais, notamment : que Marie restera en Écosse jusqu'à son dixième anniversaire et que, par la suite, le pays conservera ses lois propres.

Cependant, Henri n'entend pas respecter ce traité, pas plus qu'il ne peut s'accommoder du cardinal.[pas clair]

Le couronnement de Marie (9 septembre)[modifier | modifier le code]

Afin de mettre les choses au point, Beaton rassemble six à sept mille de ses partisans à Stirling le 26 juillet, et marche le jour suivant sur Linlithgow où se trouve Marie. Le cardinal ne veut pas renverser le régent ni s'opposer à la ratification du traité, mais s'assurer de la sécurité de l'enfant et de sa mère en les transférant au château de Stirling, sous la protection de quatre gardiens (les lords Graham (en), Lindsay (en), Erskine et Livingstone (en)[11])[2].

La position d'Arran devient intenable face à Henri qui entend prendre l'enfant de force. Arran quitte Édimbourg et rencontre Beaton. Ils se rendent ensemble à Stirling, où Marie de Guise et sa fille sont transférées sous l'escorte de 2 500 cavaliers et d'un millier de fantassins[12]. Le 8 septembre, Arran revient au sein de l'Église catholique, recevant l'absolution du cardinal.

Le lendemain, Marie Stuart est couronnée par le cardinal Beaton dans la chapelle du château de Stirling ; Arran porte la couronne, Lennox le sceptre et le comte d'Argyll l'épée de l'État[11],[12].

La rupture avec l'Angleterre[modifier | modifier le code]

James Hamilton, comte d'Arran et régent d'Écosse, portant autour du cou la distinction de l'ordre de Saint-Michel.

Apprenant la réconciliation d'Arran avec le cardinal, Henri VIII se lance alors dans une politique de guerre connue sous le nom de Rough Wooing.

Il suggère tout d'abord à Henry Grey, duc de Suffolk un raid sur Édimbourg, mais ce projet est reporté à l'automne par George Douglas.

Le 23 septembre, le cardinal se plaignit à Sadler d'une violation du traité puisque Henri avait, quelques mois plus tôt, saisi des navires écossais naviguant vers la France. De plus, le cardinal déclare que par le refus d'Henri de ratifier le traité, celui-ci cessait de prendre effet sur l'Écosse. Ces deux raisons ne signifient pas qu'il y avait une faute exclusive de l'Angleterre dans ses engagements, puisque les Écossais n'avaient pas non plus respecté leur part en ne renvoyant pas les otages promis à Henri : cela marque une rupture volontaire du traité et un changement de politique.[pas clair]

Ce changement se traduit très vite en Écosse : le Parlement renouvelle l'alliance avec la France et le cardinal est confirmé dans sa charge de grand chancelier (Lord High Chancellor). Angus et Cassilis (en), qui soutenaient jusque là Henri, signent un document par lequel ils accordent leur soutien à Arran contre l'Angleterre et s'engagent à défendre l'Église catholique. Ces événements marquent un tournant essentiel pour Marie : elle va désormais être sous influence française et catholique, et non plus anglaise et protestante[2].

Conflits entre factions écossaises[modifier | modifier le code]

Lennox et Glencairn sont poussés par Henri à prendre les armes contre Arran, mais sont vaincus le 26 mai 1544 dans la région de Glasgow ; Glencairn se réfugie au château de Dumbarton tandis que Lennox s'enfuit en Angleterre.

Cependant, George Douglas continue de mener double jeu ; afin de calmer Henri, il est l'instigateur de la convention des nobles[réf. nécessaire] qui aboutit à retirer à Arran la charge de régent[note 3], au motif que, sur les conseils du cardinal, il a brisé la paix établie à Greenwich et le contrat de mariage de Marie, aboutissant donc à la situation délicate dans laquelle se trouve le pays. Cette convention renverse également le cardinal, qui a perdu la confiance de la reine mère. En effet, celle-ci comptait sur le cardinal pour défendre les intérêts de Marie face à Arran, mais, à la suite de la réconciliation du cardinal et du régent, ils sont désormais d'accord pour marier Marie au fils d'Arran.

Les oncles de Marie Stuart, le duc François (ici peint par François Clouet) et le cardinal Charles auront une influence décisive sur le nouveau roi de France, Henri II.

La reine mère s'engage alors dans une alliance avec Angus, qui est promu lieutenant-général au sud du Forth. Le 12 décembre, Angus et son frère George sont pardonnés pour leurs trahisons passées : Henri cesse de les considérer comme agents de l'Angleterre et accorde à Ralph Eure (en) toutes les terres qu'il pourrait conquérir sur Angus, ce qui conduit à la bataille d'Ancrum Moor le .

Par la suite, l'Écosse reçut des renforts français (3 000 fantassins et 500 cavaliers), mais les Douglas tentent de renouer avec leur double jeu et laissent Henri dévaster le sud de l'Écosse (soit 43 villages et 16 places fortes en ruine), pensant que cela effraierait les Écossais et qu'ils se montreraient plus favorables à un accord de mariage.

Relations avec la France après la mort de Henri VIII et de François Ier (1547-1548)[modifier | modifier le code]

Un renouvellement des acteurs politiques a lieu en 1546-1547 : le cardinal Beaton est assassiné le  ; Henri VIII meurt le et François Ier de France le 31 mars, laissant le trône à son fils Henri II.

La politique de Henri II[modifier | modifier le code]

Plus fortement opposé aux Anglais que son père, Henri II se trouve de plus sous l'influence des frères François et Charles de Guise, dont la nièce Marie Stuart devient un objet de mariage clair avec le dauphin de France, François[2].

Henri Cleutin, seigneur d'Oysel et de Villeparisis[note 4] est envoyé en Écosse comme ambassadeur de France afin de confirmer l'alliance entre les deux pays et, comme signe de la bonne volonté du roi de France, des galères sont envoyées pour prendre le château de Saint-Andrews, où les meurtriers du cardinal Beaton se sont retranchés.

Un résultat inattendu de la prise du château est la découverte d'un registre de Henry Balnaves, ancien secrétaire du gouvernement de Marie, qui se révèle être un agent payé par l'Angleterre. Le registre contient les noms de nombreux nobles favorables à l'Angleterre, parmi lesquels Gray, Cassilis, Lennox et Glencairn, mais aussi Patrick Hepburn, comte de Bothwell (en), père du futur troisième époux de Marie Stuart.

Poursuite des attaques anglaises sous Édouard VI[modifier | modifier le code]

Les incursions anglaises en territoire écossais ne prennent pas fin avec la mort d'Henri VIII, mais sont maintenues par le régent Edward Seymour, duc de Somerset.

Après leur victoire à la bataille de Pinkie Cleugh le , les Anglais avancent jusqu'à Leith sur le Firth of Forth : la reine mère et Marie quittent discrètement[note 5] le château de Stirling pour se réfugier dans le monastère de l'île d'Inchmahome, puis rentrèrent à Stirling après le retrait des Anglais. Devant la poursuite des invasions anglaises, Marie est transférée en 1548 au château de Dumbarton.

Le traité franco-écossais (7 juillet 1548)[modifier | modifier le code]

Le , des envoyés français et écossais signent au couvent d'Haddington un traité promettant de marier Marie Stuart au dauphin de France et plaçant l'Écosse sous la protection du roi de France[13].

Deux éléments permirent de lever les objections initiales à l'envoi de Marie en France. D'une part, l'aide de la France était devenue nécessaire à l'Écosse lorsque Haddington, importante ville écossaise, fut occupée par les Anglais. D'autre part, des titres français furent offerts à plusieurs nobles écossais : Arran reçut le titre et les bénéfices du duché de Châtellerault, tandis que les comtes de Huntly, Argyll et Angus furent faits chevaliers de Saint-Michel.

Départ de Marie pour la France[modifier | modifier le code]

En , Marie embarque à Dumbarton sur un navire de la flotte envoyée par Henri II de France, comprenant le navire royal d'Henri, sous le commandement de Nicolas Durand de Villegagnon. Marie de Guise ne s'embarque pas avec sa fille. Elle reste en Écosse pour représenter le parti pro-français et jouissait de la faveur politique, utilisant ses propres finances pour la guerre et se montrant plus impartiale qu'Arran[pas clair][13].

Naviguant le long des côtes d'Irlande pour éviter la flotte anglaise, Marie Stuart accoste en France à Roscoff[note 6], puis à Morlaix[pas clair].

Elle rend ensuite visite à sa grand-mère maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendôme, duchesse douairière de Guise, sur ses terres de Joinville, en Champagne, puis arrive à Carrières-sur-Seine le 16 octobre[3].

Lieux de résidence de Marie avant son départ pour la France

Jeunesse en France (1548-1560)[modifier | modifier le code]

La famille royale de France, avec, en haut à gauche, Marie Stuart et François II.
Marie Stuart en 1555, âgée de treize ans, par François Clouet.

Entourage et éducation (1548-1557)[modifier | modifier le code]

La maison de Marie Stuart[modifier | modifier le code]

L'intendance de l'éducation des enfants royaux, c'est-à-dire la gestion des gouvernantes et le choix des précepteurs, revient à Diane de Poitiers.

La gestion du personnel au service de Marie est d'abord dévolue à Jean de Humières puis, après sa mort en juillet 1550, à Claude d'Urfé jusqu'en 1553.

À la cour de France, Marie Stuart partage sa chambre avec Élisabeth, fille du roi Henri II[note 7]. Les nombreux Écossais qui ont accompagné Marie sont renvoyés, excepté, à la demande de Marie de Guise, sa gouvernante, Jane Stuart, et sa nurse, Jean Sinclair. Henri préfère en effet l'entourer de Français pour lui faciliter l'apprentissage de la langue ; par ailleurs, la cour trouve que « les compatriotes de Marie étaient assez laids, frustes et mal lavés et, ainsi, des compagnons inadaptés pour la future femme du Dauphin »[12]. Les quatre Marie sont envoyées dans un couvent dominicain.

Henri II ne payant que pour l'éducation de Marie, les fonds destinés aux domestiques et à l'intendance viennent de sa mère et sont limités. La grand-mère de Marie s'alarma ainsi du faible nombre de domestiques, qui quittaient fréquemment leur poste pour des emplois mieux rémunérés. Le cardinal suggéra des économies sur le train de vie, mais Marie refusa, afin de ne pas se couper de la mode.

Lady Fleming étant devenue la maîtresse du roi lui donne un fils, Henri d'Angoulême, et est renvoyée en Écosse. Marie devenant une jeune femme, ses oncles décident de lui donner pour gouvernante une catholique fervente, Françoise d'Estamville.

L'opposition à Françoise d'Estamville est le seul acte d'autorité dont Marie ait fait preuve dans sa jeunesse[12]. À la fin de 1555, Marie ayant décidé de donner des robes qui n'étaient plus à sa taille à ses tantes abbesses, qui souhaitaient utiliser le tissu pour leurs autels, Françoise d'Estamville s'y oppose, demandant les robes pour elle-même. Devant la querelle, elle retourna à Paris avant de démissionner, ou d'être renvoyée, en 1557.

Humanités[modifier | modifier le code]

Marie reçoit des cours de littérature, de géographie et d'histoire ; elle apprend plusieurs langues vivantes (espagnol, anglais, italien) outre ses langues maternelles, le scots et le français[14].

Parmi ses précepteurs, on trouve Mademoiselle de Curel[15], Claude Millet (ou Millot)[16], Antoine Fouquelin et Ronsard.

Fouquelin lui enseigne la rhétorique, tandis que Ronsard la forme à la poésie. Selon Michel de Castelnau Mauvissière, Marie apprécie particulièrement les œuvres de Ronsard, mais aussi de Joachim Du Bellay et d'Étienne de Maisonfleur.

Elle lit Plutarque, Plaute et Cicéron en latin, ainsi qu'Érasme, notamment ses Colloques, et des extraits de La République de Platon en français ; bien qu'elle possède ses œuvres complètes en grec, sa maîtrise de cette langue est insuffisante pour lui en permettre la lecture.

En mai 1555, elle fait un discours en latin devant la cour dans la grande salle du Louvre, dans lequel elle affirme qu'une éducation aux lettres est adéquate pour une femme (de haut rang).

Éducation religieuse[modifier | modifier le code]

Selon Joseph Stevenson[17], l'éducation religieuse de Marie aurait été assurée par sa grand-mère maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendôme[note 8] ; l'étude plus récente de Henderson[14] conclut cependant que, quel qu'ait été le personnage prodiguant l'éducation religieuse, elle était en arrière-plan de son oncle, le cardinal de Guise.

Divertissements de cour[modifier | modifier le code]

Marie est aussi initiée aux divertissements en vogue à la cour de France, comme la fauconnerie et l'équitation (elle apprend à monter à califourchon[réf. nécessaire] plutôt qu'en amazone, contrairement aux usages de l'époque en Écosse). Elle est également formée à la broderie, enseignée par le brodeur personnel du roi[réf. nécessaire], et à la musique (l'écrivain Brantôme rapporte qu'elle chantait en s'accompagnant du luth ; d'autres auteurs ont écrit qu'elle jouait également de la cithare, de la harpe et du virginal).

Henri II démontre son habileté de danseuse à la fin de 1548 en la faisant évoluer devant l'ambassadeur d'Angleterre lors des fêtes du mariage de François de Guise avec Anne d'Este. Pour de telles occasions, Marie dispose d'une garde-robe conséquente, contenant des « robes damassées dorées et satin vénitien pourpre sur de la soie pourpre et un riche taffetas noir, tandis que les coiffes sont brodées minutieusement, ses gants faits du meilleur cuir » et ses trois coffres en cuivre pouvaient à peine contenir tous ses bijoux[12].

Séjour de Marie de Guise en France (1550-1551)[modifier | modifier le code]

En septembre 1550, la reine douairière d'Écosse, Marie de Guise, vient en France, accompagnée d'une escorte de nobles, dont certains soutiennent la cause écossaise, alors que d'autres sont inféodés au roi d'Angleterre. Elle retrouve sa fille vers le 25 septembre, après deux ans de séparation. Elles assistent ensemble à l'entrée royale d'Henri II à Rouen en octobre.

Le but du voyage de Marie de Guise est essentiellement d'impressionner la noblesse écossaise ; la mise en scène du pouvoir politique lors de l'entrée à Rouen est probablement l'événement le plus coûteux organisé en France en 1550 et les nobles de l'escorte reçoivent des comtés et d'autres présents[note 9],[3]. L'ambassadeur vénitien écrit alors que « le roi acheta [les nobles] complètement, de sorte qu'il n'y avait en France pas un duc, lord ou prélat écossais […] qui ne soit pas manifestement soudoyé »[14]. À Rouen, le roi se pose également en sauveur de l'Écosse, avec dans le défilé un groupe portant des bannières qui représentaient les lieux où l'armée française était intervenue en Écosse[13] :

Spectacle nautique lors de l'entrée royale de Henri II à Rouen.

« Voici Dundee, Haddington, Broughty Craig,
Thermes, avec Essé, reçu l'honneur
De devenir chevalier de ton ordre.
Tout le pays où la nation anglaise
Avait osé occuper le territoire écossais
A été rendu par la force française[note 10]. »

Durant sa visite, Marie de Guise découvre un complot mené par Robert Stuart (en), visant à éliminer Marie Stuart en soudoyant un cuisinier pour empoisonner son mets favori, les beignets aux poires[12].

Le , avant son voyage de retour en Écosse[13], Marie de Guise perd son fils, demi-frère de Marie Stuart, François III d'Orléans, duc de Longueville.

L'accession de Marie de Guise à la régence d'Écosse (1551-1554)[modifier | modifier le code]

Dans les mois qui suivent, la question de la régence du royaume d'Écosse est débattue. La fonction de régent paraît appelée à devenir permanente puisque Marie doit vivre en France auprès de son époux. Une certaine inquiétude est apparue face à l'attitude instable d'Arran, qui semble disposé à abandonner l'alliance française, et qu'il faudrait écarter du pouvoir. Le parlement de Paris est d'avis que la majorité de Marie datera du commencement et non de la fin de l'année de sa majorité, c'est-à-dire le .[pas clair]

Face à Arran, Marie de Guise a l'appui des Écossais[pas clair] et de ses frères Guise, ce qui lui permet d'obtenir la régence. Arran se résigne compte tenu des offres que lui fait Henri II, notamment la jouissance du duché de Châtellerault ; il se laisse convaincre par des lettres que lui adressent des nobles, comme le comte de Huntly.

Marie de Guise est officiellement investie dans ses fonctions le .

Préparatifs et cérémonie de mariage (1557-1558)[modifier | modifier le code]

Procuration des prélats, des grands et des communautés d’Écosse à l’archevêque de Glasgow pour négocier les termes du mariage de Marie avec le dauphin, . Archives nationales de France.

Le , Henri invita les Écossais à envoyer des représentants afin de discuter des termes du mariage. Le 14 décembre, le Parlement écossais dépêcha neuf députés, demandant des conditions avantageuses pour son indépendance nationale : si Marie Stuart venait à décéder sans descendance, la France devrait aider à la succession du trône d'Écosse par l'héritier le plus proche par le sang. Henri accepta les conditions, et le Parlement de Paris naturalisa tous les sujets écossais comme Français le . En réponse, les Écossais naturalisèrent tous les sujets français. Les conditions furent ensuite changées en secret entre Marie Stuart et Henri II le  : si elle venait à mourir sans descendance, tous les droits de Marie à la couronne d'Angleterre seraient transférés à la France sans contrepartie, et la France se rembourserait par les revenus écossais de ses investissements dans la défense de l'Écosse. Elle scella également le contrat en renonçant à tout autre arrangement qui ne respectât pas ces conditions. Selon Susan Doran, historienne à Christ Church (université d'Oxford), il n'est pas certain que Marie ait lu ces documents puisqu'elle signait déjà des documents vierges transmis à sa mère pour des actes officiels.

François II et Marie Stuart, Livre d'heures de Catherine de Médicis.
Médaille commémorative du mariage.

Le , la cérémonie du handfasting entre Marie et François eut lieu au Louvre. Le mariage fut célébré le 24 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. L'événement revêtait une importance particulière pour la ville, car c'était en deux cents ans la première fois que le dauphin se mariait à Paris. Les époux furent reçus à la porte ouest par le cardinal de Bourbon, puis l'évêque de Paris prononça un discours sous une voûte en fleurs de lys et célébra la messe à l'intérieur. Plusieurs observateurs notèrent une grande différence dans le physique des deux époux, considérant parfois que cela conférait un côté « grotesque » à la cérémonie. En effet, Marie fit forte impression aux côtés de François, de santé fragile et de stature plus légère que son épouse, dont la tenue était particulièrement riche[12] :

« [Sa] robe blanche était couverte de bijoux et décorée avec des broderies blanches, tandis que sa longue traîne de velours gris était tenue par deux jeunes filles. À son cou se trouvait un pendant étincelant orné de bijoux, un cadeau de son beau-père, et sur sa tête une couronne en or spécialement commissionnée, émaillée de rubis, saphirs et perles ; la rumeur disait que la pierre imposante au centre avait coûté la somme énorme de plus d'un demi-million de couronnes. »

Après la cérémonie, la procession traversa les rues de Paris jusqu'au palais de justice, où eut lieu un grand banquet. Celui-ci se termina avec six galions parés de draps d'or qui traversèrent la salle de bal : chacun avait un prince masqué à son bord, et ils embarquèrent les six femmes de plus haut rang[14].

Le problème de la succession de Marie Tudor (1558-1559)[modifier | modifier le code]

Henri II sur son lit de mort. De profil, à côté du barreau du lit, Marie Stuart et son époux, François II.

Après la mort de Henri VIII (1547), son successeur Édouard VI d'Angleterre qui meurt en 1553. C'est alors sa demi-sœur Marie Tudor, fille de la princesse espagnole Catherine d'Aragon, qui lui succède.

Pour les catholiques, Marie Tudor est la dernière héritière légitime de Henri VIII : le divorce entre Henri et Catherine d'Aragon n'ayant jamais été reconnu par le pape, son remariage avec Anne Boleyn, mère de la princesse Élisabeth, est considéré comme illégitime. La succession de Marie Tudor revient selon eux à Marie Stuart, descendante de la sœur aînée d'Henri VIII, Marguerite Tudor, morte en 1541.

Lorsque Marie Tudor meurt le , Marie Stuart peut donc prétendre à la couronne d'Angleterre. Le roi de France Henri II la reconnaît d'ailleurs comme reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse ; elle-même prend, avec son mari, les armes d'Angleterre. Cette proclamation prend place dans la rivalité entre la France et l'Espagne, pour qui l'Angleterre et l'Écosse ne sont que deux pions dans leurs visées impérialistes. Le pape, bien que sollicité par les agents français, refuse de prendre le parti de Marie, car il ne veut pas offenser Philippe II d'Espagne, déterminé à ne pas laisser l'Angleterre tomber sous le contrôle de la France.

En pratique, c'est Élisabeth qui monte sur le trône d'Angleterre, soutenue par la majorité protestante du royaume.

La situation entre la France et l'Espagne change ensuite rapidement, leurs finances ne permettant plus de soutenir des politiques impérialistes. La paix du Cateau-Cambrésis entre l'Espagne et la France est signée au début du mois d', et Philippe II épouse en troisième noces Élisabeth de France.

Un tournoi donné le 30 juin en l'honneur de ce mariage (et du mariage entre Marguerite de France et le duc de Savoie) est marqué par l'accident subi par Henri II lors d'une joute par Gabriel Ier de Montgommery, qui aboutit à sa mort le 10 juillet, ce qui a pour conséquence, entre autres, de bouleverser le projet français vers les îles Britanniques[18].

Reine de France (1559-1560)[modifier | modifier le code]

Moulage du sceau de François II et Marie Stuart, roi et reine de France. Archives nationales, SC/D100.
Marie Stuart représentée en reine blanche (tenue de deuil blanc).
Portrait commandé par la reine à la mort d'Henri II en 1559[19].

Après le mariage, Marie et son époux habitèrent aux appartements royaux de Saint-Germain. Conformément à la coutume, Marie demanda à Diane de Poitiers un inventaire des bijoux que cette dernière avait reçus de Henri II et les récupéra.

Le tempérament du roi et sa santé ne lui permettant pas de faire face aux nécessités de la vie quotidienne, il pouvait encore moins gouverner. Ainsi, son couronnement, initialement prévu le dimanche , dut être exceptionnellement reporté d'un jour en raison de sa maladie. De ce fait, François II fut le premier roi à n'être couronné ni un dimanche, ni un jour saint. Écoutant les conseils de son épouse, il confia le pouvoir à ses oncles de Guise. François indiqua au parlement qu'il donnait au duc de Guise le contrôle de l'armée tandis que le cardinal prenait en charge l'administration et les finances. En théorie, sa mère, Catherine de Médicis, devait toujours être consultée, mais l'autorité réelle revenait aux frères de Guise, devenus les dirigeants du royaume.

La situation était donc excellente pour les Guise, mais ils savaient qu'elle était fragile : la mauvaise santé de François ne devant pas lui permettre de vivre longtemps, tous leurs espoirs étaient qu'il ait un enfant avec Marie. Toutefois la santé de Marie était altérée en raison de l'anxiété que lui causait la situation délicate de sa mère en Écosse. Cependant les dames d'honneur de la cour mirent les symptômes de Marie sur le compte d'une grossesse. Les Guise ne souhaitant que trop qu'elle soit enceinte, ils répandirent ces rumeurs, et Marie finit par y adhérer en adoptant les vêtements flottants portés par les dames enceintes.

Elle comprit toutefois à la fin qu'il n'en était rien. Le 16 novembre, après une chasse vers Orléans, François prit froid et se plaignit de douleurs à la tête. La santé déclinante du roi ne pouvait être trop publique pour les Guise, en raison du conflit intérieur avec les huguenots, et ils la dissimulèrent à la cour et aux ambassadeurs. Cependant, la maladie de François, localisée dans l'oreille gauche, commença à s'étendre au cerveau et lui causa de fréquentes crises de délire. Les Guise firent tout leur possible pour sauver le roi, leur succès étant lié à son éventuelle descendance avec Marie. Sous l'influence du cardinal, des processions partirent de toutes les églises de la ville tandis que la cour entière priait. Mais François décéda le .

À la mort de François II, son jeune frère Charles IX devint roi et sa mère, Catherine de Médicis, prit le pouvoir en tant que régente et demanda l'inventaire des bijoux. Marie se retira ensuite pour mener le deuil, en suivant la tradition de rester dans une chambre noire pour quarante jours. Elle choisit pour cela l’abbaye Saint-Pierre-les-Dames[note 11] dont sa tante, Renée de Lorraine, était abbesse. C'est aussi dans cette région, la Champagne-Ardenne, qu'elle reçut en douaire la ville et seigneurie d’Épernay. L'ensemble de ses propriétés figurant au contrat de mariage lui rapportait 60 000 livres tournois par an, ce qui permettait de vivre confortablement, mais Marie et ses oncles poursuivirent leurs ambitions[14].

L'Écosse était divisée sur la question religieuse. Du fait des troubles religieux en France, il devenait plus difficile pour les Guise de secourir les partisans écossais de Marie. Selon les termes du traité d'Édimbourg signé par les représentants de Marie le , suivant la mort de Marie de Guise, la France décida de retirer ses troupes d'Écosse et de reconnaître les droits d'Élisabeth sur le royaume d'Angleterre. Marie refusa de ratifier ce traité.

Elle portait alors les deuils successifs de son mari et de sa mère, dont les restes venaient d’être apportés d’Édimbourg à Reims. C’est de là, enfin, qu’elle partit pour s’embarquer à Calais et quitter définitivement la France, le .

Le retour en Écosse[modifier | modifier le code]

Évolution de la politique intérieure (1557-1561)[modifier | modifier le code]

John Knox, figure importante de la réforme écossaise.

Bien que des nobles protestants fissent partie du gouvernement écossais formé par Marie de Guise, un petit nombre d'entre eux ne lui faisaient pas confiance et se rassemblèrent comme Lords de la Congrégation (en) en décembre 1557. En 1559, John Knox, figure de la Réforme écossaise, rentra en Écosse, recherchant le soutien des nobles pour promouvoir sa cause, et entreprit donc un tour du pays. Chez James Sandilands (en), il arriva à rallier deux personnages importants : Archibald Campbell et James Stuart, le demi-frère de Marie Stuart. Il continua son tour, gagnant d'autres nobles comme John Erskine, et séjourna à Édimbourg, Ochiltree (en) (demeure de lord Ochiltree (en)) et chez le comte de Glencairn. Galvanisés, les Lords de la Congrégation émirent des revendications pour un changement religieux ; Marie de Guise dut faire appel à l'aide militaire de la France, recevant à la fin août 1 800 soldats[18],[22].

Dans le même temps, Marie de Guise enregistra des défections dans son gouvernement. William Maitland de Lethington, son secrétaire d'État, se rendit compte qu'elle œuvrait pour l'annexion de l'Écosse à la France, menaçant ainsi la souveraineté nationale. Alors que les Lords de la Congrégation occupaient Édimbourg à la fin octobre, il y vit l'occasion idéale pour déserter de Leith (port d'Édimbourg où la reine douairière était réfugiée) : quelques jours plus tard, apprenant que Marie de Guise désirait l'annexion de l'Écosse, les Lords la déposèrent.

Marie de Guise parvint à revenir brièvement à Édimbourg, mais Élisabeth Ire s'impliqua dans le conflit : pensant que la présence de l'armée française et la défaite des protestants pouvait être un plan pour installer Marie Stuart sur le trône d'Angleterre, elle décida d'envoyer des fonds aux Lords et demanda à l'amiral Winter (en) de bloquer Leith[22]. Fin février, Maitland fut envoyé en émissaire auprès d'Élisabeth, et ils signèrent le traité de Berwick par lequel Élisabeth envoyait des troupes pour soutenir les protestants. L'armée conduite par lord Grey assiégea Leith en mars. La situation en France ne permettait plus l'envoi de renforts.

Les efforts diplomatiques de Maitland conduisirent à la ratification, par un grand nombre de nobles, d'un document signant l'expulsion des troupes françaises et la défense de la réforme religieuse. Parmi les signataires figuraient Huntly, Morton, Borthwick, et les Kerr (en).

Marie de Guise mourut le .

Vie en Écosse[modifier | modifier le code]

Henry Stuart, roi consort d'Écosse.
Jacques, le fils de Marie et lord Darnley.

La jeune veuve retourna en Écosse l'année suivante. Malgré son éducation, elle n'était pas préparée aux intrigues de la cour d'Écosse de cette époque. La religion divisait le peuple et le frère illégitime de Marie, James Stuart, comte de Moray, était le meneur de la faction protestante. Marie, en catholique fervente, était vue avec soupçon par une grande partie de ses sujets. Son goût pour la danse et les robes sophistiquées était dénoncé par des réformateurs protestants comme John Knox.

Marie ne prit pas la tête du parti catholique, ce qui en déçut les partisans. Au contraire, tolérant les protestants, elle avait gardé James Stuart, son demi-frère protestant, comme plus proche conseiller et prenait acte de son manque de forces militaires face aux seigneurs protestants. Elle réduisit encore sa marge de manœuvre en se joignant à James Stuart dans l'anéantissement du chef catholique lord Huntly en 1562. En 1561, Marie invita Élisabeth Ire en Écosse afin de réchauffer leurs relations diplomatiques ; Élisabeth refusa et le désaccord se creusa encore entre elles.

Le , Marie épousa sans préavis Henry Stuart, lord Darnley, petit-neveu du roi Henri VIII et cousin germain. Ce mariage avec un meneur catholique précipita son demi-frère James dans le parti protestant en rébellion. Les rebelles furent mis en déroute lors du raid de Chaseabout (en).

Avant longtemps, Marie tomba enceinte, mais Darnley devint arrogant, insistant sur ce que son titre de roi lui donnait du pouvoir. Il était jaloux de l'amitié de Marie avec son secrétaire particulier David Rizzio et, en mars 1566, Darnley entra dans une conspiration secrète avec les nobles qui s'étaient rebellés précédemment. Le 9 mars, un groupe de seigneurs accompagné par Darnley assassina Rizzio pendant qu'il était en conférence avec la reine dans le palais de Holyrood. Cette action précipita la fin de leur mariage. Darnley changea d'allégeance et peu après attaqua Marie et tenta sans succès de provoquer un avortement.

En juin 1566, Marie s'engagea dans une liaison avec Jacques Hepburn, 4e comte de Bothwell, un aventurier qui devint son troisième époux. Un complot fut mis en place pour éliminer Darnley, déjà malade (peut-être de la syphilis), mais à qui Marie rendait régulièrement visite, ce qui pouvait laisser penser qu’une réconciliation était possible. En , les troubles nerveux et les crises douloureuses abdominales dont elle souffrait depuis l'adolescence empirèrent (les historiens ont suspecté le stress mental, des hémorragies d'un ulcère gastrique ou la porphyrie[23]) au point qu'elle perdit la vue et la parole. Considérée comme mourante, elle recouvra la santé grâce à la compétence de ses médecins français[24]. En février 1567, alors qu'il était en convalescence à Kirk o' Field dans une maison d'Édimbourg, une explosion survint dans la maison et Darnley fut retrouvé mort dans le jardin, apparemment étranglé. Cet événement qui aurait dû sauver Marie ne fit que salir sa réputation. Bothwell fut généralement considéré comme coupable, mais un tribunal de complaisance l'acquitta. Le , il fit enlever la reine et abusa peut-être d'elle, la forçant à l'épouser pour éviter le déshonneur[25]. Il semble cependant que Marie était amoureuse de Bothwell et que le mythe du viol ait été inventé dans l'ouvrage Rhime in Defence of the Queen of Scots de l'évêque de Ross, John Lesley[26]. Quoi qu'il en fût, la nouvelle qu’elle l'avait épousé scella son destin.

Arrêtée par une confédération de nobles écossais, Marie fut emprisonnée au château de Loch Leven, situé sur une île au milieu du loch, en . Entre les 18 et , Marie fit une fausse couche. Selon Zweig[note 12] et Muhlstein, elle perdit des jumeaux[27],[28] ; selon Mary, il n'y avait qu'un seul enfant[29]. Le 24 juillet, elle abdiqua le trône d’Écosse en faveur de son fils Jacques, alors âgé d'un an[30].

Évasion et emprisonnement en Angleterre[modifier | modifier le code]

Marie Stuart d'après Nicholas Hilliard.

Le , Marie Stuart s'évada et leva une petite armée. Trois jours après sa défaite à la bataille de Langside le , elle s'enfuit en Angleterre, où elle fut emprisonnée par les officiers d'Élisabeth à Carlisle le . Elle prononça alors cette phrase célèbre « En ma fin gît mon commencement », qu'elle broda sur sa robe.

Après quelques hésitations sur l'accusation du meurtre de Darnley, Élisabeth Ire ordonna une enquête plutôt qu'un procès. Marie fut détenue à Bolton d'octobre 1568 à janvier 1569 tandis qu'une commission d'enquête, chargée d'évaluer les preuves de sa culpabilité, siégea à York[31],[32]. L'enquête était sous influence politique — Élisabeth ne souhaitait pas la condamner pour meurtre et Marie refusait de reconnaître l'autorité de quelque cour que ce soit. Il suffisait de la garder hors d'Écosse et de contrôler ses partisans.

Chambre à coucher de Marie au château de Bolton où elle fut détenue.

Le cas tenait dans les huit lettres du coffret qui auraient été écrites par Marie à Bothwell et découvertes par le comte de Morton. Marie ne fut pas autorisée à les voir ni à parler pour sa défense. Elle refusa d'offrir une défense écrite à moins qu'un verdict de non-culpabilité ne lui soit assuré, ce que refusa Élisabeth. Bien qu'une analyse graphologique attribuât ces lettres à Marie, le tribunal ne put conclure à la culpabilité. Les lettres originales furent perdues en 1584 et les copies ne sont pas complètes.

Élisabeth considérait les prétentions de Marie au trône comme un complot : elle l'assigna à résidence pendant dix-huit ans sous la garde de George Talbot, 6e comte de Shrewsbury et sa redoutable épouse Bess de Hardwick, dont la fille épousa le frère du deuxième époux de Marie et eut un enfant, Arbella Stuart. Bothwell fut emprisonné au Danemark, devint fou et mourut en 1578 en prison.

Charles Bailly (1540 – 1596), son secrétaire, après avoir été enfermé à la tour de Londres[33], fut libéré et rejoignit Bruxelles. Il fut enterré au Sablon à Bruxelles avant de rejoindre l'église Saint-Nicolas de La Hulpe. Une partie du monument funéraire se trouve encore dans l'église de ce village[34].

Exécution[modifier | modifier le code]

Après tant de chrétiens dont les tourments affreux
Ont ému votre cœur et fait pleurer vos yeux,
La fille des Stuarts voici paraître en scène,
Épouse, mère et sœur des plus illustres rois.
Contre une royauté plus heureuse cent fois,
Elle échange en mourant, sa couronne de reine.

— Richard Verstegen, Théâtre des cruautés des Hérétiques, de France, d'Angleterre et des Pays-Bas.

Exécution de Marie Stuart (Jane Kennedy bandant les yeux de la reine)
par Abel de Pujol.
Tombeau de Marie Stuart à Westminster.

Marie devint finalement une charge qu'Élisabeth Ire ne pouvait plus tolérer en raison de nombreux rapports de complots projetant de la tuer ; certains historiens suspectent qu'ils étaient fomentés par les ennemis de Marie.

Marie Stuart était experte dans l'art du chiffre. En France, ses intérêts avaient été défendus dès 1565 par le mathématicien et cryptologue François Viète avec qui elle partageait ce talent. Les lettres codées qu'elle échangeait avec ses partisans dans sa prison furent interceptées puis déchiffrées et probablement truquées par les services d'Élisabeth ; elles servirent de prétexte à sa condamnation.

Elle envoie une lettre d'adieu à Henri III.

Marie Stuart fut exécutée au château de Fotheringhay le à dix heures du matin, comme suspecte d'avoir participé au complot d'Anthony Babington. Elle choisit de porter une tenue rouge sous sa robe d'apparat, se déclarant elle-même martyre catholique. Son crucifix fut écrasé au sol. Les témoignages confirment que son bourreau était saoul le jour de son exécution, et qu'il eut besoin de trois coups de hache (le glaive, symbole de la justice divine, commun en France, lui avait été refusé) pour exécuter la sentence. Lorsque ses servantes s'avancèrent pour la déshabiller, les bourreaux se précipitèrent, car la coutume voulait qu'ils récupèrent pour eux les vêtements des condamnés. Marie s'offusqua, disant qu'elle ne s'était jamais déshabillée devant autant d'hommes. Mais elle finit par se résigner sans se dénuder totalement. Voyant alors sa détresse de se trouver nue, une de ses servantes s'avança et lui noua un foulard sur les yeux. Elle se mit alors en place, et le premier coup lui fit juste une entaille sur l'os occipital. Puis le deuxième tomba sur la nuque sans complètement couper le cou, et ce ne fut qu'au troisième que la tête se décolla. Le bourreau la ramassa pour la présenter au peuple, mais il ne s'était pas rendu compte que la perruque était encore sur le crâne. Elle lui resta dans les mains, la tête tombant sur le sol. Le bourreau la mit en exposition sur un balcon proche où elle resta une journée.

Marie Stuart, victime des passions religieuses qui divisèrent l’Écosse, souhaitait être inhumée à Reims, à côté de sa mère, de son oncle le cardinal, et de sa tante l'abbesse. Elle fut toutefois initialement enterrée à la cathédrale de Peterborough (par Scarlett Robert) ; son corps fut exhumé en 1612 lorsque son fils Jacques VI d'Écosse ordonna qu'il fût placé à l'abbaye de Westminster où il repose depuis, à dix mètres du tombeau de sa cousine Élisabeth. Marie Stuart est l'ancêtre de tous les rois qui succédèrent à Élisabeth Ire.

L'exécution de Marie Stuart est dénoncée par les pamphlétaires catholiques, tel Richard Verstegen, pensionné par le roi d'Espagne, comme une violation du droit divin : « Cette pauvre Princesse s'asseurant à la foi d'une Royne, prêt port en Angleterre, où on la met prisonnière, & y est vingt ans entiers ou peu s'en faut, la changeant de lieu diversement & souvent, à fin de la molester d'avantage ; & combien qu'elle ne fust subjette qu'à Dieu, auquel elle avoit à rendre compte de ses actions, ce néantmoins cette perfide hérétique, ayant violé le droit divin de nature & des gens, luy fait trancher la teste au Chasteau de Fodrinhaye 1587, le jour des Cendres non pour autre occasion qu'elle estoit ferme & constante Catholique, et pour laisser son Royaume au comte de l'Ecestre un de ses rufians, faisant mourir les héritiers légitimes[35] ».

Une reine poétesse[modifier | modifier le code]

Marie Stuart a laissé à la postérité une création poétique, notamment rédigée en français[36],[37].

La Bibliothèque nationale de France recense 52 documents[38] dont La Harangue de… Marie d'Estvart, Reine d'Écosse, Douairière de France, faite en l'assemblée des États de son Royaume, tenus au mois de Mai dernier passé. Avec le Sermon Funebre fait à Nancy, aux obsèques & funérailles de… François de Lorraine, Duc de Guyse, en l'église des Cordeliers… Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinité…[39] ; ainsi que Adieu France ![40], mis en musique par Edmond de Polignac. La Société Marie Stuart (anglaise) donne ces deux poèmes : Mary Stuart: The Poet[41]. Le Queen Mary's book propose ses Œuvres complètes[42].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Marie Stuart a fait l'objet de très nombreux ouvrages, dans une perspective historique ou romanesque[43]. Le docteur Jenny Wormald (en), membre honoraire d'histoire écossaise à l'université d'Édimbourg, déclara — non sans humour — que la seule Marie ayant fait l'objet de davantage de publications que Marie Stuart était la Vierge Marie :

« Comme sujet d'études historiques, et héroïne romantique d'œuvres de fiction, Marie, reine d'Écosse, prédomine sur toutes les Marie qui l'ont précédée, seule la Vierge faisant mieux. [Dans le catalogue de 1962 des livres à la British Library], la Vierge Marie a 150 pages qui lui sont dévolues, Marie reine d'Écosse 455 livres, et la reine anglaise Marie Tudor dite « la sanglante» 73[44]. »

Théâtre[modifier | modifier le code]

La majorité des œuvres retraçant la vie d’Élisabeth Ire d’Angleterre font également référence à Marie Stuart et/ou la mettent en scène.

Musique[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac la met en scène dans Sur Catherine de Médicis (18301842), en rappelant les liens de parenté des deux reines[46].
  • Joseph Brodsky, 20 sonnets à Marie Stuart (20 sonetov k Marii Stuart), 1972. Ce cycle de 20 sonnets est dédié à Marie Stuart, qui rappelle au poète une femme qu'il a aimée. Il a ceci de remarquable que le schéma de rime varie avec chaque sonnet.
  • Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678. Marie Stuart, alors dauphine, est l'un des personnages principaux du roman.
  • Alexandre Dumas, Les crimes célèbres, Marie Stuart, 1839.
  • Jean Plaidy, Marie Stuart, Femme & Reine 1956.
  • Danny Saunders, Marie Stuart, la reine captive, 2010. Ce roman historique raconte — de manière plutôt romancée — la vie de la reine des Écossais. (ISBN 978-2895850748)
  • Christian Soleil, La Longue nuit de Marie Stuart, éditions Edilivre, 2015. La dernière nuit précédant l'exécution est l'occasion de faire défiler l'ensemble de son existence. (ISBN 9782332871176)
  • Walter Scott, dans son roman L'Abbé, évoque la période à  : la captivité de Marie Stuart à Loch Leven, son évasion, la défaite de Langside, la fuite en Angleterre.
  • Marcelle Vioux, Marie Stuart, grand roman historique Fasquelle, 1946.
  • Stefan Zweig, Marie Stuart, . Zweig retrace la vie romanesque de la reine d'Écosse et dépeint les tréfonds de son âme tels qu'il les a lus.
  • La Vierge et la putain (2015), de Nicolas Juncker, diptyque en bande dessinée mettant en scène les destins croisés des deux reines Marie Stuart et Élisabeth Tudor.
  • Ken Follett, Une colonne de feu 2017, roman d’espionnage qui mêle personnages de fictions et personnages historiques, dont Marie Stuart de sa jeunesse en France jusqu'à son exécution en Angleterre.
  • Jodi Taylor, Les chroniques de St Mary, Tome 2 D'écho en échos, 2013, roman de fantasy historique dans lequel un groupe de personnages rencontre Marie Stuart avant son mariage avec Bothwell.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Botanique[modifier | modifier le code]

Viticole[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dont le mariage avec Walter Stuart avait permis à la maison Stuart d'accéder au trône d'Écosse.
  2. Une certaine dose de sensationnel entoure d'une part les circonstances du décès de Jacques V, et d'autre part la phrase qu'il aurait prononcée sur la couronne. Pour le premier cas, dans l'émission Secrets d'histoires, Hortense Dufour déclare que « quand Jacques V d’Écosse a su qu’il avait une fille, il s’est tourné contre un mur et il est mort ; mort de désespoir, et de mélancolie ». La voix off ajoute que « [le père de Marie Stuart] se suicide à l’annonce de sa naissance […] et c’est Marie de Guise, sa mère, qui exercera le pouvoir en son nom », deux assertions erronées. Pour le second point, cette citation est probablement apocryphe. Elle apparaît pour la première fois sous la plume de John Knox, adversaire de Marie, dans les années 1560.
  3. La marge de manœuvre d'Arran était très faible, mais il conserva cependant son rôle de régent jusqu'en 1550, quand Marie de Guise devint officiellement régente. L'issue de la convention des nobles est donc plus faible que ce dont se vantait George Douglas, et consiste plutôt en un renforcement de la gestion de Marie Stuart par sa mère.
  4. Différentes orthographes cohabitent quant au nom de l'ambassadeur. Il est parfois écrit Cleutin au lieu de Clutin, ou Oisel à la place de Oysel. Certaines de ses lettres dans les archives de France furent publiées par Teulet (1807-1866) dans le 7e volume de Papiers d'État, pièces et documents inédits ou peu connus relatifs à l'histoire de l'Écosse au XVIe siècle.
  5. Il est connu que Marie a été retirée de Stirling, mais l'endroit où elle est emmenée est gardé secret. Odet de Selve, ambassadeur de France en Angleterre, écrira ainsi qu'elle fut envoyée au « pays des sauvages », ce qui était la dénomination pour les Highlands.
  6. Il existe une discussion quant à l'endroit où Marie débarqua en premier lieu. Un de ses biographies, l'évêque John Lesley, a proposé Brest. Cependant, Henri II parle de Roscoff dans sa correspondance. De Brézé, qui fut envoyé par Henri II pour aller chercher Marie avec la flotte, pourrait éclaircir la situation et il envoya en effet deux lettres : le 18 août 1548, il envoya une lettre à Marie de Guise, et une autre à François de Guise. Au premier abord, ces lettres pourraient sembler incohérentes puisque celle destinée à Marie de Guise indique un débarquement à Saint-Pol-de-Léon tandis que celle adressée à François parle de Roscoff, et serait ainsi la source reprise par Henri II. Cependant, Roscoff était un petit village de pêche et le port qui desservait la ville de Saint-Pol : Marie aurait donc débarqué à Roscoff, puis se serait reposée à Saint-Pol. Voir sur le sujet : (en) Lord Guthrie, « Mary Stuart and Roscoff », Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland, volume 42 (1907-08).
  7. Dans ce contexte, « cour de France » ne désigne pas un endroit précis mais une des résidences du roi de France. Parmi les résidences qui eurent le plus d'importance pour Marie se trouvent le château de Saint-Germain-en-Laye et le château d'Anet, commandé par Henri II pour Diane de Poitiers.
  8. Stevenson semble avoir apprécié la morale d'Antoinette, et en brosse un portrait hagiographique qui permet de comprendre clairement que son rôle puisse avoir été exagéré :

    « [A la mort de son mari], Antoinette dévoua le reste de sa vie au soin des pauvres, des veuves et des orphelins, auxquels elle prodiguait elle-même les soins. Dans sa biographie, Jean Gontery la tient en estime comme un miroir de la perfection, une princesse d'une vertu rare, une femme admirable pour sa charité, sa patience chrétienne et son entière dévotion à son mari. Elle tient sa maison avec une économie mesurée, et gouverne ses nombreux domestiques avec un mélange d'autorité et de douceur. […] Après un veuvage de presque 33 ans, passé surtout en dévotion à Dieu, et en charité pour les pauvres et les nécessiteux, cette excellente dame décéda le 20 janvier 1583. »

  9. L'ensemble a été qualifié par l'historien Gordon Donaldson (en), professeur à l'université d'Édimbourg, comme une sorte de « lavage de cerveau ». Jane Dawson écrit que, « bien qu'il ne s'agît pas d'un lavage de cerveau, le roi de France ne perdit aucune occasion d'éblouir les Écossais avec son pouvoir et son prestige, leur montrant qu'il était le protecteur généreux et soucieux [de leur] royaume du Nord ».
  10. Le poème fut réalisé en français. La version donnée ici, s'aidant d'une traduction en anglais moderne, ne cherche pas à conserver la poésie mais à rendre le sens explicite.[pas clair]
  11. Avant la démolition, en 1919, des bâtiments qui bordaient la rue dont le nom évoque aujourd’hui la fastueuse abbaye, on montrait encore, dans les ruines, la fenêtre de la chambre qu’aurait occupée Marie Stuart pendant son séjour à Reims.
  12. L'auteur puise ses sources dans le récit de son secrétaire particulier Claude Nau.
  13. Cf. note 2 pour les déclarations erronées lors de cette émission.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (fr) Jules Gauthier, Histoire de Marie Stuart, E. Thorin, seconde édition, 1875.
  2. a b c d e et f (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 1 : Childhood in Scotland, pages 1 - 68.
  3. a b et c (en) Marcus Merriman, The rough wooings: Mary Queen of Scots 1542-1551, Tuckwell Press, 2000, (ISBN 186232090X).
  4. Stefan Zweig, Marie Stuart, Leipzig, , 411 p. (ISBN 978-2-253-15079-4).
  5. Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, Londres, Weidenfeld and Nicolson, (ISBN 978-0-297-17773-9), p. 12.
  6. (en) Richard Oram, The Kings and Queens of Scotland, Stroud, 2004, (ISBN 0-7524-2971-X).
  7. (en) Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, Weidenfeld and Nicolson, , p. 13.
  8. (en) H. F. Morland Simpson, « Cardinal Beaton and the Will of James V », The English Historical Review, volume 21, numéro 81, pages 112-118, 1906, Oxford University Press.
  9. (fr) Jean-Henri Merle d'Aubigné, Histoire de la Réformation en Europe au temps de Calvin, Calmann Lévy, 1875.
  10. (fr) Léon Galibert et Clément Pellé, L'Univers, livre 6 : Période des Tudors, Firmin Didot Frères éditeurs, Paris, 1842.
  11. a et b (en) Charles Mackie, The Castles, Palaces, and Prisons of Mary of Scotland, C. Cox, 1850.
  12. a b c d e f et g (en) Susan Doran, Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre I : Early life in Scotland and France 1542-1558, pages 12-39.
  13. a b c et d (en) Jane E. A. Dawson, Scotland re-formed 1488-1587, Edinburgh University Press, 2007, (ISBN 0-7486-1455-9). Chapitre 8 : Franco-Scotland (1550-1560), pages 176-199.
  14. a b c d et e (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 2 : The favourite of France, pages 69-114.
  15. Cf. [1] et [2].
  16. Cf. [3]
  17. (en) Joseph Stevenson, Mary Stuart: a narrative of the first eighteen years of her life: a narrative of the first eighteen years of her life, Paterson, 1886.
  18. a et b (en) Susan Doran, Mary Queen of Scots, British Library, 2007, (ISBN 978-0-7123-4916-1). Chapitre II : Queen-Dauphine and Queen of France 1558-1660, pages 40-59.
  19. Alexandra Zvereva, « La beauté triomphante de la reine endeuillée : les portraits de Marie Stuart », dans Thierry Crépin-Leblond (dir), Marie Stuart, Le destin français d'une reine d'Écosse, RMN, 2008, p. 80.
  20. (fr) Pierre René Anguis, Les Poètes françois, depuis le XIIe siècle jusqu'à Malherbe, Impr. de Crapelet, 1824.
  21. http://www.geocities.com/les_valois/sources_primaires_mariestuart1561.htm.
  22. a et b (en) T. F. Henderson, Mary Queen of Scots: Her Environment and Tragedy, volume 1, Haskell House Publishers, New York, 1969. Chapitre 3 : The widowed queen, pages 115-170.
  23. Jean Bernard, Marcel Bessis et Jacques-Louis Binet, Histoire illustrée de l'hématologie : de l'Antiquité à nos jours, Editions R. Dacosta, , p. 158.
  24. Antonia Fraser, p. 275–276.
  25. Antonia Fraser, p. 317.
  26. Jayne Lewis, Mary Queen of Scots. Romance and Nation, Routledge, , p. 25-26.
  27. Zweig 1936.
  28. Muhlstein 2004.
  29. Mary 2009.
  30. (en) « Mary Queen of Scots compelled to sign her abdication in the Castle of Lochleven », sur grosvenorprints.com (consulté le ).
  31. Antonia Fraser, Mary Queen of Scots, London: Weidenfeld and Nicolson, 1994 (première édition : 1969), p. 385-390.
  32. Julian Goodare, « Mary (1542–1587) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; édition en ligne, mai 2007.
  33. Cercle d'Histoire de La Hulpe, La Hulpe, Moissons d'Histoire, La Hulpe, 2001
  34. Cercle d'Histoire de La Hulpe, La Hulpe, Origine du nom des rues, La Hulpe, 2010
  35. Richard Verstegen, Theatre des cruautez des hereticques de nostre temps, Adrien Hubert, , 94 p. (lire en ligne), p. 84
  36. Irène Fasel, Les écrits en vers de Marie Stuart : Edition critique des autographes, augmentée de la transmission de l'oeuvre poétique et de la réception littéraire de la figure de Marie Stuart (thèse de doctorat), Fribourg, , 207 p. (lire en ligne).
  37. Queen of Scots Mary et A. J. Arbuthnot, Queen Mary's book; a collection of poems and essays. Edited by Mrs. P. Stewart-Mackenzie Arbuthnot, London G. Bell, (lire en ligne).
  38. 52 documents.
  39. La Harangue de… Marie d'Estvart, Royne d’Écosse, Douairière de France, faite en l'assemblée des États de son Royaume, tenuz au moys de May dernier passé. Avec le Sermon Funebre fait à Nancy, aux obseques & funerailles de… François de Lorraine, Duc de Guyse, en l'église des Cordeliers… Par Bernard Dominici, de l'ordre de la saincte Trinité….
  40. Adieu France !.
  41. Mary Stuart: The Poet.
  42. Œuvres complètes.
  43. [Monique Weis] a consacré un cycle d'exposés à ce sujet « Marie Stuart : héroïne romantique entre haine et vénération » (2009).
  44. (en) Jenny Wormald, Mary, Queen of Scots, Tauris Parke Paperbacks, London, 2001, (ISBN 1-86064-588-7). Première édition George Philip en 1988.
  45. Hélène Cao et Hélène Boisson, Anthologie du lied, Paris, Buchet-Chastel, 2010, p. 187.
  46. Sur Catherine de Médicis, première partie, éditions Furne, 1845, vol. 15, p. 485.
  47. Antoine de Baecque, « Marie, reine d'Écosse », L'Histoire no 405, novembre 2014, p. 30.
  48. « Secrets d'Histoire : Marie Stuart, reine de France et d'Écosse », sur Le Figaro (consulté le ).
  49. (en) La rose Marie Stuart, obtenteur Guérin ou Laffay.
  50. (en) « Champagne Marie Stuart | » (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stefan Zweig (trad. de l'allemand), Marie Stuart, Livre de poche, (1re éd. 1958) (ISBN 978-2-253-15079-4)
    éd. originale Insel Verlag, Leipzig, 1935
    .
  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « Mary queen of Scotland and France » p. 571-575.
  • Thierry Crépin-Leblond (dir.), Marie Stuart, Le destin français d'une reine d'Écosse, RMN, 2008 (ISBN 978-2711854707).
  • Michel Duchein, Marie Stuart. La femme et le mythe, Paris, Fayard, 1987. (ISBN 978-2213019611).
  • Irène Fasel, Les écrits en vers de Marie Stuart : Edition critique des autographes, augmentée de la transmission de l'oeuvre poétique et de la réception littéraire de la figure de Marie Stuart (thèse de doctorat), Fribourg, , 207 p. (lire en ligne).
  • Antonia Fraser, Marie Stuart, reine de France et d'Écosse, Laffont, 1973.
  • Jean de Marlès, Marie Stuart, Mame éditeur 1896.
  • (en) John Guy, Queen of Scots: The True Life of Mary Stuart, Mariner Books, , 640 p.
  • Luc Mary, Mary Stuart, la reine aux trois couronnes, Editions de l'Archipel, .
  • Anka Muhlstein, Elisabeth d'Angleterre et Marie Stuart : ou Les périls du mariage, Albin Michel, , 322 p. (lire en ligne)
  • Alexandre Notario, La légende de Marie Stuart dans la littérature et le cinéma, Éducation, 2019.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]