Marian Rejewski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Marian Rejewski
MR 1932 small.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
VarsovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière militaire de Powązki (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Domaines
Distinction
Médaille d'argent du mérite pour la défense nationale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Marian Rejewski pendant la guerre

Marian Adam Rejewski ( à Bydgoszcz, Pologne - à Varsovie) est un cryptologue polonais. Il est à l'origine de la première attaque cryptanalytique sur la machine Enigma au début des années 1930.

Biographie[modifier | modifier le code]

Biuro Szyfrów à l'État-Major général polonais, 1932

Le Biuro Szyfrów, bureau du chiffre polonais, s'attaque rapidement au nouveau chiffre allemand. En 1931, le Deuxième Bureau français fournit les plans d'Enigma. Les Polonais comprennent qu'ils n'ont pas affaire à un problème de simple substitution. Ils recrutent des mathématiciens, dont Marian Rejewski, le plus doué. Rejewski découvre les premières failles d'Enigma. Un premier engin électromécanique est fabriqué, qui simule plusieurs machines Enigma. L'engin est baptisé bomby (la bombe) parce qu'il fait tic-tac lorsqu'il fonctionne.

Fin septembre 1939, les cryptologues polonais évacuent leur bureau de Varsovie dont ils ont détruit le matériel. Passant par la Roumanie et l'Italie (neutre en 1939), ils se réfugient en France. En octobre 1939, ils sont affectés au PC Bruno, près de Paris. Le 28 décembre 1939 et le 9 janvier 1940, Alan Turing vient passer quelques jours au PC Bruno où il rencontre ses confrères polonais.

D'abord exfiltrés en Algérie le 10 juin 1940, les Polonais reviennent bientôt au Centre Cadix, avatar du PC Bruno en zone libre. Jerzy Różycki meurt noyé en Méditerranée, après un voyage en Algérie. Le 8 novembre 1942, Cadix est évacué. En janvier 1942, Rejewski et Zygalski passent en Espagne où ils sont emprisonnés, puis au Portugal et à Gibraltar d'où ils gagnent le Royaume-Uni. En mars 1943, cinq officiers, dont Gwido Langer et Maksymilian Ciężki, sont capturés dans les Pyrénées. En mars 1944, Langer et Ciężki, interrogés par l'Abwehr, confessent les décryptages d'avant-guerre, mais taisent leurs activités depuis septembre 1939.

Rejewski et Zygalski sont écartés de Bletchley Park, centre de décryptage près de Londres, GB. Sont-ils restés trop longtemps au SR français ? Leur évasion est-elle suspecte ? Tous deux sont relégués au décryptage de codes mineurs. Alan Stripp : « Les faire travailler sur le code Doppelkassetten, c'est mettre des chevaux de course à tirer des chariots. »

Le 21 novembre 1946, Rejewski, démobilisé, retourne en Pologne où il avait laissé sa femme et ses deux enfants. Jusqu'à sa retraite en 1967, il occupe différents postes sans lien avec ses qualifications et sans jamais parler de son passé de cryptologue. Même les services secrets staliniens, qui l'ont interrogé plusieurs fois en tant qu'officier de l'Armée polonaise en Occident, n'ont jamais soupçonné le rôle joué par Rejewski avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1969, il écrit sa biographie pour l'Institut historique militaire polonais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]