Lacida

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La Lacida (ou LCD) est une machine à chiffrer munies de rotors. Conçue et fabriquée avant la Seconde Guerre mondiale pour le compte du Biuro Szyfrów polonais, elle devait servir aux communications de l'état-major polonais si la guerre venait à être déclarée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contrairement au rotor d'une machine Enigma montré ici, les rotors du Lacida avaient des contacts à ressort sur leur face gauche...
... et des contacts fixes sur la face droite, mais étaient par ailleurs — à l'exception du nombre de contacts — structurés de manière similaire.

Le nom de la machine, Lacida ou LCD, dérive des initiales des noms de famille de Gwido Langer, Maksymilian Ciężki et Ludomir Danilewicz (ou de son frère Leonard Danilewicz), propriétaires de la Société Radio AVA[1], qui construit l'appareil selon les spécifications du Biuro Szyfrów[2].

Anticipant la future Seconde Guerre mondiale, le Biuro Szyfrów expédie deux LCD en France avant l'invasion de la Pologne le . Dès le printemps 1941, le Team Z polonais de la coopération des agences de cryptologie polonaises, françaises et britanniques opère un service de communications chiffrées à partie de la cellule Cadix à Uzès, en zone libre française[3].

Avant sa fabrication, Lacida n'avait jamais été soumise à une analyse cryptographique rigoureuse. Les gens de la cellule Cadix envisagent de la mettre à l'épreuve. Au début juillet 1941, les cryptologues polonais Marian Rejewski et Henryk Zygalski reçoivent une copie d'un message chiffré envoyé au personnel du commandant en chef polonais stationné à Londres. Le 3 juillet, les deux ne prennent que quelques heures pour obtenir le message en clair. D'autres tests confirment le faiblesse de l'appareil[4]. Le colonel Gwido Langer suspend dès lors l'usage de la LCD à Cadix.

Trente ans plus tard, en 1974, Rejewski rapporte que la LCD présentait deux failles importantes. Elle n'était pas dotée d'un commutateur, l'un des aspects forts de l'Enigma militaire allemand. L'autre faille était causée par l'usage du réflecteur et du câblage. Ces deux failles ne permettent pas de conclure que la LCD, plus compliquée que l'Enigma, était plus facile à déchiffrer (par exemple, la LCD comportait un interrupteur pour remettre à zéro le chiffrement). Les chances que le service E-Dienst allemand puisse le faire étaient minimes, mais théoriquement possibles[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Lacida » (voir la liste des auteurs).

  1. Kozaczuk 1984, p. 134.
  2. Kozaczuk 1984, p. 212.
  3. Kozaczuk 1984, p. 119.
  4. Kozaczuk 1984, p. 134–135.
  5. Kozaczuk 1984, p. 135.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Władysław Kozaczuk, Enigma : How the German Machine Cipher Was Broken, and How It Was Read by the Allies in World War Two, Frederick, University Publications of America, (ISBN 978-0-89093-547-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Enigma, machine à chiffrer munie de rotors
  • SIGABA, machine à chiffrer munie de rotors