Lucien Bossoutrot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lucien Bossoutrot
Image illustrative de l'article Lucien Bossoutrot
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
Gouvernement IIIe République
Groupe politique Radical-socialiste
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tulle
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Viry-Châtillon
Résidence Seine

Lucien Bossoutrot est un aviateur et un homme politique français, né le à Tulle et mort le à Viry-Châtillon.

Marié en première noce avec Ernestine Carlier, nièce d'Henri Farman, dont il aura une fille, Michèle, il épousera en deuxième noce Marie-Louise Hégoburu, allias Loulou, artiste de music-hall, actrice, chanteuse et danseuse, meneuse de revue aux "Moulin Rouge", puis en troisième noce Marguerite Fleurisson.

Il repose au cimetière des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris, auprès de sa troisième épouse Marguerite Fleurisson.

Un pionnier de l'aviation commerciale[modifier | modifier le code]

Débutant comme employé de banque, il attrape très vite le virus de l'aviation, dès 1910 quand il vole pour la première fois. Il obtient ses brevets de pilote civil et militaire lors de la Première Guerre mondiale.

Le , il obtient son brevet d'aviateur civil no 1856, et devient pilote militaire le 9 mai 1915. Brillant pilote de chasse, il côtoiera Guyemer, Rolland Garros, Mermoz. Pour se perfectionner il suivra des cours au CNAM.

Aviateur et inventeur, il imaginera et mettra au point , afin de pouvoir voler sans voir le sol, la première planche de bord ( tableau de bord), permettant ainsi, à l'aide d'instruments de bord (indicateur de vitesse, compte tour moteur, niveau vertical et horizontal:"la bille") de voler sans visibilité et ainsi échapper à l'ennemi en pénétrant dans les nuages.De ce fiat il deviendra le premier pilote d'essai et ainsi fit naître cette profession sans laquelle l'aviation n'aurait pas évoluée aussi vite et permis à la France de devenir l'un des deux premier leader de l'aviation civile au monde.

En 1917, il « est mis aux arrêts par le général Philippe Pétain pour avoir bombardé le bassin sidérurgique de Briey (Meurthe-et-Moselle) qui fournit du minerai de fer à l'Allemagne... et à la France[1] » ; puis il devient pilote réceptionnaire pour Farman avant livraison des avions de combat à l'armée françaises. Il met au point avec Henri Farman les premiers tableaux de bord, afin qu'un pilote puisse voler sans voir le sol.

Après la guerre, il est d’abord pilote d’essai chez Farman, puis chez Blériot. Le 8 février 1919, il effectue le premier vol commercial international avec passagers (12 personnes , outre le mécanicien Lhomde) de Paris à Londres, pilotant un bimoteur Farman F.60 Goliath. Le voyage durera h 40[2]. Lucien Bossoutrot poursuit ses liaisons européennes avec le 12 février 1919 un voyage de Paris à Bruxelles sur le même appareil, avec à bord 15 passagers, dont le couple Farman. Le trajet sera réalisé en 2h10[3], puis il ouvrira la ligne Paris-Dakar et sera le premier à traverser le Sahara à cette occasion, en panne d'un des deux moteur par perte de l'hélice, il se posera sans blesser personne sur une plage de Mauritanie, sera fait prisonnier et négociera la vie de son équipage et de lui-même, grâce à l'Esperento. Il seront libérés 6 jours plus tard par une caravane venue de Mederdrah le 26 août 1919.

Le , 3h à 3h35mn 36s, sur 139km150 aux commandes du Moustique, monomoteur de 45 kg, il établi le nouveau record du monde de durée et de distance avec le plus petit avion au monde.

Lucien Bossoutrot s’est également illustré au tout début du vol à voile en France : le 22 août 1922, lors du 1er congrès et concours expérimental de vol sans moteur de Combegrasse, il remporte le prix de la durée et de gain d’altitude en réalisant le premier vol ascensionnel thermique sur 5 mn18s avec un gain d'altitude de 77 mètres sur planeur Farman, le Moutique auquel il a fait retirer le moteur., ce sera la naissance du "Vol à Voile".

En janvier 1923 à bord du Moustique Farman , il prend le record du monde de vol sans moteur en passant de 3h à 3h31mn de vol pure, battant l'allemand Hentzen.

En 1925, il élève le Goliath Farman en moins de 1h et 1/4 à 3 500 m avec une charge de plus de 6 tonnes.

Il bat vingt neuf records du monde, de durée, de vitesse et de distance, notamment celui de la distance et de la durée sans escales en circuit fermé, le 1er mars 1931, avec son ami Maurice Rossi, en parcourant 8 805 km en 75 heures et 23 minutes sur monoplan Blériot 110 à moteur Hispano-Suiza de 600 chevaux [4], ou encore celui de la distance en circuit fermé toujours en compagnie de Maurice Rossi : ils effectuent alors, en 1932, un vol de 10 601 km sur le Blériot Bl-110 Joseph le Brix. Le , il établit la première liaison commerciale sur l’Atlantique Sud, Dakar-Natal au Brésil, à bord de l’hydravion Blériot 5190 le "Santos-Dumont".

Il mettra au point 125 prototypes allant du planeur de 45 kilos à l’hydravion de 25 tonnes, le Santos-Dumont. Dans toute sa carrière il n'aura aucun accident d'aviation et n'aura jamais blessé personne dans ses aventure de pilote, il imposera à tous ses mécaniciens et co-pilotes de pouvoir poser tout avion qu'il pilotera pour ne pas être responsable de la perte d'une vie.

Ami de Mermoz, avec qui il ne partage pas ses idées politiques diamétralement opposées, il sera cofondateur de l'aviation civil pour que les jeunes français puissent apprendre à voler.

Bossoutrot votera le 15 07 1937 la nationalisation de la plupart des entreprises aéronautiques, dont les usines Farman, une dizaine d’années après qu’ils se soient quittés, et par la favorisera la naissance d'Air France, dont il sera le premier commandant de Bord.

Le militant radical-socialiste[modifier | modifier le code]

Il est également membre du Parti radical-socialiste ; sous cette étiquette, il est élu député de la Seine en 1936, lors du scrutin général qui voit la large victoire de la coalition de Rassemblement populaire.Il s’implique énormément en commissions afin que les avancées sociales du Front Populaire profitent rapidement aux ouvriers français. Grâce à ces lois, chacun a droit aux premières semaines de congés payés, etc.

Il devient alors président de la Commission de l'aéronautique et la commission du commerce et de l'industrie à la Chambre des députés. Il s'investit également dans le développement de l'aéronautique populaire en soutenant la création d'aéro-clubs.

Ses fonctions de Président de deux commissions à la Chambre lui permettent de se rendre fréquemment partout en Europe ainsi que très souvent en Union Soviétique. Il mesure pleinement toutes les forces économiques et militaires de ces pays et les compare à celles de la France. La montée de la puissance de feu de l’aviation allemande l’impressionne à tel point qu’il intervient maintes fois à la tribune pour expliquer avec force précisions ce qui se trame outre-Rhin. Réclamant une aviation française plus conséquente et plus performante, une majorité de députés qui le considèrent excessif n’attachent que peu d’attention aux rapports pourtant fort précis qu'il apporte en tant que député et militaire aviateur particulièrement au fait du sujet. Il ne sera malheureusement pas entendu....

La Résistance contre Vichy[modifier | modifier le code]

Il vote, le , en faveur de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Mais il rentre très vite dans l'opposition au nouveau régime, ce qui lui vaut d'être interné par les autorités de Vichy au centre d'Evaux. Quinze mois plus tard, en juin 1944, il parvient toutefois à s'enfuir et rejoint la Résistance dans le Sud-Ouest de la France. Cet engagement lui vaut d'être rétabli dans ses droits par le jury d'honneur quand, à la Libération, il est frappé d'une peine d'inéligibilité en raison de son vote du 10 juillet 1940. Le Jury d’Honneur le relève de son inéligibilité le 24 avril 1945 pour services rendus personnellement à la cause de la Résistance. En dépit de son remarquable engagement, il ne retrouve pourtant pas de mandat parlementaire.

Homme de culture et de Liberté[modifier | modifier le code]

Il fréquente les intellectuels de gauche, artistes peintre et amis des arts, Bédu, Anselmo Bucci, et des écrivains comme André Malraux . Ami de Charles Trenet, Marguerite Moreno, Jean Moulin, Maryse Bastié, amie du couple, qu'il financera pour son retour du Brésil après son record de la traversée.

Il créera la première assurance pour l’aviation et les transports terrestres, c'est avec ces fonds qu'il financera les mercenaires pour " l'Escadrille Espana" pour venir en aide aux espagnoles contre Franco qui permet aux aviateurs allemands de se faire la mains en mitraillant et bombardant avec leurs avions les civils espagnols.

En 1923, Il participera comme acteur à un film de Henri Diamant-Berger, "le roi de la vitesse", film sur l'aviation, avec Albert Préjean, Joseph Sadi-Lecointe (l'aviateur dans son propre rôle) et lui (dans son propre rôle).

Il restera jusqu'à la fin de sa vie un défenseur de la Liberté.... et des Libertés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Centen'Air de l'aviation: Lucien Jean-Baptiste Bossoutrot », Calaméo
  2. Stéphanie Meyniel, « Le 8 février 1919 dans le ciel : 1er vol officiel de l’aérobus Paris – Londres », Air Journal,‎
  3. Stéphanie Meyniel, « Le 12 février 1919 dans le ciel : Le Goliath vole de Paris à Bruxelles », Air Journal,‎
  4. Le 1er mars 1931 dans le ciel : Bossoutrot et Rossi s’offrent 2 nouveaux records Air-journal.fr 1er mars 2013

5.Publication de l'AIRAC Tome III, Légend'AIR, et "Lucien Bossoutrot de Tulle à la Grande Guerre" 1re partie, auteur Richard Michaud, modifications de Bruno Fleurisson.