Lola Montez

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Lola Montez
Joseph Karl Stieler-Lola Montez1847.jpg

Portrait par Joseph Karl Stieler (1847).
Château de Nymphembourg.

Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert
Nationalité
Irlandaise
Activités
Concubin

Lola Montez, née Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert, à Grange (comté de Sligo en Irlande) le 17 février 1821 et morte à New York (USA) le 17 janvier 1861[1], est une danseuse exotique, actrice et courtisane d'origine irlandaise, célèbre pour avoir été la maîtresse du roi Louis Ier de Bavière.

Son enfance[modifier | modifier le code]

Née d'un père irlandais et d'une mère créole, la famille Gilbert émigre aux Indes en 1823. Peu de temps après leur arrivée, le père meurt du choléra. Sa mère se remarie l'année suivante et envoie Eliza vivre chez des parents de son beau-père en Grande-Bretagne.

En 1837, âgée de 16 ans, Eliza s'enfuit avec le lieutenant Thomas James. Le couple se sépare cinq ans après et elle devient danseuse exotique sous le nom de Lola Montez. Elle devient rapidement célèbre pour sa « tarentelle » et son expression : « Ce que Lola veut, Lola l'obtient » (Whatever Lola wants, Lola gets). Ses débuts à Londres en tant que « Lola Montez, la danseuse espagnole » (Lola Montez, the Spanish dancer) en juin 1843 sont perturbés quand elle est reconnue comme étant la femme de Thomas James. Cette notoriété nuisant à sa carrière, elle prend le chemin du continent. Dès cette époque, elle prêta presque certainement ses faveurs à quelques hommes riches et beaucoup la considérèrent alors comme une courtisane[2].

Sa vie de courtisane[modifier | modifier le code]

C'est durant ses dernières années d'adolescence que Lola prend conscience des gains financiers qu'elle peut engranger comme courtisane auprès d'hommes puissants et riches. Parmi ses amants et bienfaiteurs, on trouve Franz Liszt et Alexandre Dumas fils. C'est Liszt qui l'introduit dans l'entourage de George Sand, où elle côtoie les intellectuels marquants de son époque.

photo prise en 1851.

C'est lors d'un voyage en 1846 à Munich que Louis Ier de Bavière la remarque et elle devient rapidement sa maîtresse. Elle commence à user de son influence auprès du roi, ce qui la rend impopulaire auprès des Bavarois, en particulier après que des documents rendus publics montrent qu'elle espérait devenir sujette bavaroise et être anoblie. En dépit de l'opposition, le roi la fait comtesse de Landsfeld le 25 août 1847, jour de son anniversaire. Son titre s’accompagnait d’une forte rente[3],[4]. Il est très probable que cela ait largement contribué à l'impopularité du roi[5]. En 1848, sous la pression du mouvement révolutionnaire, Louis abdique et Lola s'enfuit de Bavière pour les États-Unis, mettant un point final à sa carrière de courtisane[2],[6].


En 1851, elle prit un nouveau départ en allant aux États-Unis, où elle a d'abord étonnamment réussi à réhabiliter son image[7].


Entre 1851 et 1853, elle se produit ainsi comme danseuse et actrice dans l'est des États-Unis, puis se rend à San Francisco en mai 1853. Elle épouse Patrick Hull en juillet et s'installe à Grass Valley en Californie en août. Au milieu des années 1850, son mariage capote. Lola s'installe alors en Australie dans l'État du Victoria, faisant fortune en divertissant les mineurs de la ruée vers l'or des années 1850.

C'est en 1855, selon l'historien Michael Cannon, qu'elle met en scène sa danse érotique de l'araignée (Spider Dance) au Théâtre royal de Melbourne, levant ses jupons tellement haut que l'assistance pouvait constater qu'elle ne portait aucun sous-vêtement. Le lendemain, l'Argus stigmatisait son exhibition « tout à fait subversive pour la moralité publique ». Les notables cessèrent alors de fréquenter le théâtre qui subit dès lors de lourdes pertes. Elle passe presque quatre ans dans l'État du Victoria. À Castlemaine, en avril 1856, elle est « bissée avec frénésie » après sa danse de l'araignée devant quatre cents mineurs (y compris des membres du conseil municipal qui avaient levé la séance plus tôt pour pouvoir assister à la représentation), mais elle soulève la colère des spectateurs en les insultant à cause d'un léger chahut.

Elle gagne encore en notoriété lorsqu'à Ballarat et après une mauvaise critique dans The Ballarat Times (journal local), elle poursuit avec un fouet Henry Seekamp, le rédacteur en chef. Lola Montes Polka, composée par Albert Denning, est inspirée de cet événement.


Fin de vie[modifier | modifier le code]

Ayant emménagé à New York, le 30 juin 1860, elle est victime d'un accident vasculaire cérébral et reste partiellement paralysée pendant un temps. À la mi-décembre, elle peut de nouveau marcher, malgré une légère claudication. Sa vie de courtisane est alors terminée et se retrouve sans argent. Lola cherche alors à se rapprocher de Dieu. Elle passe ses derniers jours auprès d'un prêtre, s'étant préalablement assurée qu'il n'était pas jésuite, car elle éprouvait de la rancune pour cet ordre religieux.

Elle contracte une pneumonie et meurt peu avant son quarantième anniversaire. Elle est inhumée au cimetière de Green-Wood, dans le district de Brooklyn à New York.

Portrait[modifier | modifier le code]

« Lola Montès était une charmeuse. Il y avait dans sa personne un je ne sais quoi de provocant et de voluptueux qui attirait. Elle avait la peau blanche, des cheveux noirs ondoyants comme des pousses de chèvrefeuille, des yeux indomptés et sauvages et une bouche qu'on aurait pu comparer alors à une grenade en bouton. Ajoutez à cela une taille lancinante, des pieds charmants et une grâce parfaite. Par malheur elle n'avait, comme danseuse, aucun talent. »

— Gustave Claudin, Mes Souvenirs. Les boulevards de 1840-1870, Paris, Calmann Lévy, 1884, p. 36.

Lola Montez dans la fiction[modifier | modifier le code]

Littérature

Cécil Saint-Laurent (Jacques Laurent), La Vie extraordinaire de Lola Montes, 1972.

Lola Montez est ostensiblement dépeinte dans le dernier volume (Spider Dance) de la série policière d'Irène Adler écrit par Carole Nelson Douglas. Elle y est prétendument montrée comme étant la mère d'Irène Adler.

Catherine Hermary-Vieille, Lola, 1994.

Cinéma

Lola Montez a été incarnée par Martine Carol en 1955 dans le film Lola Montès réalisé par Max Ophüls.

Elle apparaît dans la nouvelle Le Prisonnier de Bismarck (Royal Flash en anglais) de George MacDonald Fraser, où on lui prête une brève liaison avec Harry Paget Flashman. Elle apparaît également dans le film tiré de la nouvelle, Le Froussard héroïque, jouée par Florinda Bolkan.

Elle a encore été incarnée à l'écran par Carmen D'Antonio dans Une fille en or (Golden Girl) (1951), Sheila Darcy dans Wells Fargo (1937), Yvonne De Carlo dans Bandits de grands chemins (Black Bart) (1948), et Rita Moreno dans un épisode de la série télévisée Tales of Wells Fargo dans les années 50.

Autres /musiques

1955 sortiront les versions des chanteuses Sarah Vaughan ; Dinah Shore "Whatever Lola Wants".

L'épisode 27 de la série animée Les Nouvelles Aventures de Lucky Luke, des studios Xilam, la met en scène.

Joanna Newsom évoque Lola Montez, comtesse de Landsfeld et sa « spider dance » (danse de l'araignée) dans son titre Have one on me, de l’album homonyme de 2010. Le reste de l'album pourrait aussi être inspiré de la vie de la danseuse exotique, notamment son passage en Californie (In California) et l'achat de sa maison devenue musée.

Le groupe de metal danois Volbeat lui consacre une chanson dans l'album Outlaw Gentlemen and Shady Ladies (2013).

Note[modifier | modifier le code]

  1. Comme beaucoup d'aspects de sa vie, des informations discordantes au sujet de sa naissance ont été publiées.
  2. a et b (en) « Lola Montez », sur Ballarat History Central.
  3. Wikisource-logo.svg (en)« Montez, Lola », dans Encyclopedia Americana, .
  4. (en) « Montez, Lola », Collier’s New Encyclopedia, Francis J. Reynolds, éd., New York, P. F. Collier & Son Company, 1921.
  5. (en) Robert Greene, The 48 Laws of Power, Penguin Books, (ISBN 0-14-028019-7), p. 78.
  6. (en)« Lola Montez ». The American Cyclopædia, George Ripley ; Charles A. Dana, éds., 1879.
  7. (en) Bruce Seymour, Lola Montez, a Life, Yale University Press, , 480 p. (ISBN 978-0-30006-347-9, lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bruce Seymour, Lola Montez : a life, New Haven, Yale University Press, , 468 p. (ISBN 978-0-30007-439-0).

Liens externes[modifier | modifier le code]