Louis II de Bavière (1845-1886)

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Louis II
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Louis II de Bavière par Ferdinand von Piloty (1865).

Titre

Roi de Bavière


(22 ans, 3 mois et 3 jours)

Prédécesseur Maximilien II de Bavière
Successeur Othon Ier de Bavière
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Nom de naissance Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach
Naissance
Château Nymphenburg à Munich (Royaume de Bavière)
Décès (à 40 ans)
Lac de Starnberg près du château de Berg (Royaume de Bavière)
Sépulture Église Saint-Michel à Munich
Père Maximilien II de Bavière
Mère Marie de Hohenzollern
Conjoint Aucun
Enfants Aucun
Résidence Palais de la Résidence, Château de Neuschwanstein, Château de Herrenchiemsee
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Monarques de Bavière

Louis II de Bavière (en allemand Ludwig II), né Louis Othon Frédéric Guillaume de Wittelsbach (Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach[1]) le 25 août 1845 à Munich et mort le au lac de Starnberg, près du château de Berg, fut le quatrième roi de Bavière, régnant de 1864 à 1886. Ses autres titres sont comte palatin du Rhin, duc de Bavière, de Franconie et de Souabe. Il est le fils aîné de Maximilien II de Bavière et de son épouse Marie de Hohenzollern.

Louis II est surtout connu comme un excentrique dont l'héritage est étroitement lié à l'histoire de l'art et de l'architecture. Il a commandé la construction de plusieurs châteaux et palais extravagants et fantastiques dont le plus célèbre est Neuschwanstein. Il fut le mécène du compositeur Richard Wagner.

Son anniversaire coïncide avec la fête du roi de France Louis IX (Saint Louis), dont le sixième fils, Robert de Clermont, a engendré la branche des Bourbons. Le parrain de son grand-père et parrain Louis Ier de Bavière, né le même jour, était Louis XVI, qui appartenait à la maison des Bourbons. Cette parenté avec la dynastie française, incarnant à partir d'Henri IV la monarchie absolue, fut, pour l'idée que le prince se faisait de lui-même, d'une importance primordiale pendant toute sa vie.

Bien qu'il fût anticlérical, l'idée d'une royauté sainte selon la volonté de Dieu le fascinait. Il se comparait à Parsifal, héros médiéval devenu le gardien du Graal grâce à sa pureté. En réalité, Louis était un monarque constitutionnel, avec des droits et des devoirs et peu de libertés, surtout à partir de 1871, lorsque la Bavière devint vassale de la Prusse. C'est pourquoi il créa son propre monde, dans lequel, loin de la vie réelle, il se sentait vraiment roi. Déclaré fou, il mourut tragiquement le lendemain de son internement au château de Berg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique simplifié de Louis II.

Naissance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Chambre natale de Louis II.

Louis II de Bavière est né le au château de Nymphenburg, près de Munich.

Il est le fils du roi Maximilien II de Bavière (1811-1864), à qui il succède, et de Marie de Hohenzollern, princesse de Prusse (1825-1889).

Deux événements marquent les premières années de Louis II. En avril 1846 (Louis a 8 mois), sa nourrice contracte la fièvre typhoïde et en meurt. Ce sevrage brutal est considéré comme un choc psychologique sérieux par des spécialistes[2]. Cette même année, son grand-père, le roi Louis Ier de Bavière, s'entiche d'une aventurière Lola Montez[3]. Cette relation tapageuse l'oblige à abdiquer le 11 mars 1848.

Maximilien II rétablit le calme en Bavière. Il encourage les arts et les sciences, se prononce contre le travail des enfants, fonde des institutions de charité, prend des mesures en faveur de l'emploi. Il veut donner à la Bavière un rôle de premier plan face à la Prusse et l'Autriche[4]. Maximilien est un homme de bibliothèque. Marie, son épouse, est une femme de plein air, qui a la passion de l'alpinisme[5].

Lorsque son père devient roi, Louis est, par conséquent, prince héritier : Maximilien lui fait alors suivre une éducation très chargée pour son âge : « Lever à 5h l’été, à 6h l’hiver, petit déjeuner rapide et frugal, puis des heures d’étude à peine ponctuées d’une ou deux heures de détente. Ajoutons à l’instruction théorique et universelle, la discipline physique, comme la danse, l’escrime, le maniement des armes, l’équitation, la natation... et la discipline artistique, comme le dessin, la musique... Tous ces savoirs ennuieront pour la plupart le jeune prince, sauf la littérature, l’histoire, les sciences naturelles, l’histoire religieuse et l’enseignement de la langue française, qu’il possédera plus tard à la perfection. Tout cet enseignement ne laisse donc que peu de place aux contacts humains, en particulier aux rapports filiaux[6]. »

« Louis aimait à se costumer …, avait plaisir à faire du théâtre, aimait la peinture et autres choses de ce genre … Il aimait faire des cadeaux, argent et objets. » Ces traits de caractère seront présents chez Louis durant toute sa vie[7].

Louis est incompris par ses parents, à cause de son caractère fantasque, solitaire et très sensible. Son père ne sait pas lui parler et évite de le faire. Et, s'il partage le goût de l'escalade et de la montagne avec sa mère, cette dernière ne le comprend guère mieux, se moquant des « envolées » de son fils, ce qui le blesse cruellement. Elle préfère son frère Otto, « plus ouvert, plus souriant, plus épanoui » et nettement moins difficile à élever. « Louis se replie donc sur lui et développera vis-à-vis des gens chargés de son éducation, des sentiments souvent bien plus vifs qu’à l’égard de ses parents qu’il craint ou qui l’ennuient »[6].

Le prince passe l'essentiel de son enfance dans le château d'Hohenschwangau, riche de symboles : le château est lié à la légende de Lohengrin et Tannhäuser, le Minnesanger de la Wartbourg y aurait séjourné. Les fresques de Moritz von Schwind illustrent la quête du Graal, le Venusberg, le mariage d'Elsa de Brabant, le combat de Telramund, bref, toute une mythologie issue des vieilles légendes germaniques. Le cygne est partout présent. Le décor de son enfance influence considérablement l'existence future de Louis[8]. Il appelle le château « le Paradis de son enfance »[9] et écrit dans une lettre à Wagner qu'il était « profané tous les ans par la prose de sa mère »[10].

En 1857, Louis II lit pour la première fois un ouvrage de Richard Wagner : L'Œuvre d'Art de l'Avenir. Le 18 février de l'année suivante a lieu la première représentation de Lohengrin à Munich, mais il n'est pas permis à Louis d'y assister. Le 3 juin de la même année, Louis commence son journal intime[11].

Pour la première fois, en 1846, Louis visite avec son père la « maisonnette royale » dans la vallée du Graswang. C'est à cet endroit que Louis construira le château de Linderhof. En septembre, il lit un autre ouvrage de Wagner : La Musique de l'Avenir. Le 2 février 1861, il entend pour la première fois un opéra du compositeur, en l'occurrence Lohengrin[11]. Il est tellement subjugué qu'il fait une crise d'épilepsie[9].

L'automne de l'année suivante, il passe son diplôme de fin d'études. Le 25 août, il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Hubert par son père. Il va plus souvent au théâtre et adopte une coiffure frisée. À la fin de l'année, il commence à suivre quelques cours universitaires, notamment de français, de philosophie, de science militaire et de physique-chimie. En 1863, Bismarck et Louis II se rencontrent pour la première fois, au château de Nymphenburg[11].

Son règne politique[modifier | modifier le code]

Louis II accède au trône à l'âge de 18 ans. Les Bavarois accueillent avec liesse ce jeune roi remarquable par sa haute taille (1,90 m) et sa beauté angélique.

Dès le début de son règne, il a la tâche de faire face à la politique audacieuse du chancelier de Prusse, Otto von Bismarck. Son chancelier Ludwig von der Pfordten place la Bavière aux côtés de l'Autriche en 1866. Mais la bataille de Sadowa en 1866 expulse l'Autriche de la sphère proprement allemande et met fin à la Confédération germanique. Il appelle alors à la chancellerie, Chlodwig de Hohenlohe-Schillingsfürst, qui range la Bavière aux côtés de la Prusse pendant la guerre de 1870 contre la France.

La défaite française de 1870 va achever l'intégration du royaume de Bavière à l'Empire allemand naissant.

Profondément francophile, Louis II était un admirateur de la monarchie absolue du XVIIIe siècle, de Louis XIV et de Marie-Antoinette. Le Roi était plus que réticent à ce que son royaume se joigne au nouvel Empire allemand, sous la direction des Prussiens qu'il haïssait. Mais il était par ailleurs acquis aux idées libérales et souhaitait l'Union allemande (cf. Jacques Bainville).

Promenade nocturne en traîneau de Louis II de Bavière.

Le chancelier Otto von Bismarck rédige pour lui la Kaiserbrief du 30 novembre 1870, par laquelle, le Roi Louis proposerait au nom de la Bavière la couronne impériale au Roi de Prusse. Des compensations financières sont prévues pour Louis II, à travers l'héritage des Guelfes, somme réunie à la suite de l'annexion du Hanovre par la Prusse en 1866. Il se résout à la signer. Il fut le seul souverain allemand absent à la cérémonie de l'unification de l'Allemagne dans la galerie des Glaces du Château de Versailles le . Son frère Othon (Otto) l'y représenta.

À la suite de cet échec signant la fin de la Bavière indépendante, négligeant les devoirs de sa fonction pour s'adonner à ses rêves (il parle des « fadaises d'état ») et vivant de plus en plus reclus, le roi dépense sans compter dans la construction de châteaux en Bavière. Confrontés aux dépenses exorbitantes du souverain, les différents gouvernements bavarois soutenus par la famille royale cherchèrent alors à l'évincer du pouvoir...

À partir de 1875, il vit la nuit, faisant souvent des promenades avec des chaises ou des traîneaux à la pointe de la technique, parfois vêtu de costumes historiques, ainsi que les valets qui l'accompagnaient[7].

Déposé par un coup d'État du gouvernement en 1886, il est déclaré fou et son oncle Léopold de Wittelsbach est nommé régent le , le roi nominal étant le frère de Louis, Othon (Otto) interné depuis 1874.

Les fiançailles rompues[modifier | modifier le code]

Photo officielle des fiançailles de Louis et Sophie (Joseph Albert).

Il se fiance avec sa cousine, la duchesse Sophie-Charlotte en Bavière (1847-1897), fille du duc Maximilien en Bavière, chef de la branche cadette de la Maison royale de Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière, fille du roi de Bavière Maximilien Ier, arrière-grand-père de Louis. Sophie-Charlotte est également la sœur de Charles-Théodore en Bavière, ami d'enfance du solitaire Louis et d'Élisabeth, dite Sissi, impératrice consort d'Autriche et reine consort de Hongrie et de Bohême, qu'il admire.

Une dispense papale est nécessaire à cause des liens étroits de parenté. Pie IX la leur accorde. Les fiançailles sont officialisées le , mais le mariage, d'abord fixé au 14 mars, est reporté à plusieurs reprises : d'abord le 25 août, ensuite le 12 octobre et enfin le 12 novembre 1867. Le roi appelle sa fiancée Elsa du nom de l'héroïne de l'opéra Lohengrin du Maître, le compositeur Richard Wagner, à qui il voue un véritable culte, voire Élisabeth, de Tannhaüser. Il se présente chez les parents de la jeune fille en pleine nuit pour faire une cour trop platonique[12].

Un jour, Sophie-Charlotte lance devant sa famille : « Vous ne voyez donc pas qu'il ne m'aime pas ! »[13]. En octobre 1867, le duc Max, abandonnant sa bonhomie proverbiale[14], exige que le mariage soit célébré avant la fin de l'année. Louis se déclarant offensé par l'attitude de son futur beau-père et sujet, en profite pour rompre ses fiançailles. Il écrit dans son journal : « Me suis débarrassé de Sophie (abgeschrieben). La sombre image s'efface. Je désirais ardemment la liberté ; j'ai soif de liberté ! Enfin, je revis, après ce cauchemar épouvantable. » Un peu plus tard : « Grâce à Dieu, le terrible événement ne s'est pas réalisé[15]. »

Victime du scandale, sa cousine Sophie-Charlotte se marie l'année suivante avec Ferdinand-Philippe-Marie d'Orléans, duc d'Alençon (1844-1910), fils de Louis-Charles-Philippe-Raphaël d'Orléans, duc de Nemours, et petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier. Sophie-Charlotte, âme fragile et tourmentée, trouvera finalement la paix dans une foi profonde et charitable avant de mourir en 1897 dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris. On ne retrouva d'elle que quelques parcelles de son corps calciné identifiées par son dentiste.

Cette indécision de Louis II vis-à-vis du mariage peut s'expliquer par son homosexualité[16].

La mort du roi[modifier | modifier le code]

Exposition du corps de Louis II à Munich avant les funérailles.
Tombeau de Louis II de Bavière.

Déclaré aliéné mental[17], Louis II est interné le 12 juin 1886 au château de Berg, au sud de Munich, où il meurt le lendemain, ainsi que son psychiatre Bernhard von Gudden, au cours d'une promenade après dîner au bord du lac situé à l'orée de la forêt, dans le parc du château. Leurs corps sont retrouvés dans le lac de Starnberg, à proximité de la berge. Bien des hypothèses ont été soulevées.

Un certain nombre de faits sont incontestables[18], corroborés par les témoins de la découverte et l'autopsie pratiquée le 15 juin par les docteurs Rüdinger et Rückert devant un collège d'experts[19]. Les deux hommes se seraient battus. Le roi aurait noyé le médecin et se serait dirigé vers le large. Le roi ne porte aucune plaie ni trace de coups, ce qui exclut l'assassinat. Il n'est pas mort noyé, ses poumons ne contenant pas d'eau, mais probablement d'une hydrocution due à la température de l'eau et au repas du soir pris juste avant la promenade. Le Dr Müller, assistant de Von Gudden, écrit, lui : « Le roi a eu une crise cardiaque ». Trois thèses sont en présence : la tentative d'évasion, l'accident ou le suicide.

Certains ont imaginé que des catholiques avaient tenté de faire évader le roi pour instaurer un gouvernement de droite. Pour d'autres[20], il aurait tenté de s'enfuir pour rejoindre sa cousine Élisabeth, présente de l'autre côté du lac ce 13 juin, à Feldafing[21]. Selon les partisans de l'accident, Louis tue Von Gudden et se précipite vers les eaux profondes dans un accès de folie. Mais le roi avait déjà manifesté son intention de se suicider, notamment lors de son arrestation à Neuschwanstein. Il comprend qu'il risque d'être interné à vie, comme son frère Othon devenu fou. Lors de la promenade, il se serait précipité vers le lac. Le médecin l'aurait retenu. Une brève lutte aurait eu lieu. Von Gudden serait mort noyé. Le roi aurait alors tenté de mettre son projet de fuite à exécution. L'eau glaciale l'aurait terrassé. Louis II serait donc mort de mort naturelle, lui qui songeait au suicide.

Le défunt roi fut inhumé dans l'église Saint-Michel à Munich. Son cœur est prélevé pour être inhumé dans un monument situé dans la Chapelle de la Grâce à Altötting.

Une cérémonie se tient chaque année le 13 juin dans la petite chapelle votive bâtie près de l'endroit où son corps fut retrouvé.

Son successeur est officiellement son frère Othon Ier de Bavière, déclaré fou et interné depuis quatorze ans dans un palais de Munich. Leur oncle Léopold de Wittelsbach assure la régence.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa vie, Louis II eut une succession d'amitiés étroites avec des hommes. Dès 1858, âgé de 13 ans, il a commencé à tenir un journal dans lequel il a enregistré ses pensées intimes et ses tentatives pour réprimer ses désirs sexuels et rester fidèle à sa foi catholique. Ce journal[22] ainsi que des lettres et des documents personnels montrent clairement qu'il a continuellement essayé de lutter contre son homosexualité. Parmi ses amants, on peut citer notamment son officier d'ordonnance, le prince Paul von Thurn und Taxis,le ténor Albert Niemann, les comédiens Emil Rohde, Josef Kainz, le baron de Varicourt et surtout son écuyer Richard Hornig.

Incapacité à régner[modifier | modifier le code]

À l'instigation du gouvernement, une commission d'experts psychiatres composée des médecins Bernhard von Gudden, Friedrich Wilhelm Hagen, Hubert von Grashey et Max Hubrich, rédige le 8 juin 1886 un rapport, basé sur des témoignages et sans examen personnel du patient, qui déclare Louis II incapable de régner et incurable. Le médecin personnel du roi, Max Joseph Schleiß von Löwenfeld, n'a pas été consulté.

Dès avant la rédaction de l'expertise, von Gudden est convaincu que le roi souffre de « originäre Verrücktheit » (folie originaire) et son document se lit comme un réquisitoire où il s'agit de prouver une vérité formulée a priori. Il reprend donc un par un les différents signes censés définir la paranoïa.
Von Gudden rappelle l'hérédité chargée du patient du côté des Wittelsbach mais surtout du côté maternel, ce qui lui permet de citer de nombreux cas de folie chez les Hohenzollern.
Von Gudden décrit ensuite la personnalité prémorbide du roi. L'auteur relève une série de symptômes qui tiennent plutôt des stigmates psychiques de la dégénérescence : nature craintive et émotive, troubles de l'humeur passagers, brutalités, accès d'angoisse et crainte d'autrui, voire repli sur soi, enfin troubles de la motricité.
Ensuite c'est la maladie proprement dite avec le délire. Si l'expert décrit effectivement des hallucinations, il ne les tient pas pour indispensables au diagnostic. Le délire de grandeur prend naissance dans le caractère même du patient, dans son imagination débordante. Accessoirement interviennent les mécanismes de l'illusion et aussi les hallucinations. C'est parce que les intérêts du patient sont entravés que naissent les idées de persécution et l'on aboutit finalement au tableau du persécuteur persécuté avec le cortège des sévices infligés aux domestiques et aux dignitaires.
Les troubles fonctionnels et somatiques viennent compléter le tableau : obésité, hypocondrie, céphalées, insomnies, mauvaise dentition et troubles des conduites alimentaires avec alcoolisme.
Mais c'est l'évolution de la paranoïa qui pose quelques problèmes aux experts. Les traités insistent en général sur la fixité de la maladie, admettant tout au plus un léger déclin des facultés intellectuelles, mais en aucun cas la démence. Or, selon la Constitution bavaroise, la déposition du roi demande justement une évolution inéluctable vers l'affaiblissement mental, ce que von Gudden prévoit effectivement dans sa conclusion.
Le rapport est truffé de maladresses, de libertés déontologiques et d'incohérences méthodologiques. Mais il convient parfaitement, dans ses trois conclusions, au gouvernement du royaume qui désire mettre fin au règne de Louis II.

« 1. Sa Majesté souffre de façon très avancée de troubles mentaux; le roi est en effet atteint de cette forme de maladie mentale que les aliénistes connaissent bien de par leur expérience sous le nom de paranoïa - (Verrilcktheit);
2. Cette forme de maladie, avec son développement insidieux et progressif et sa très longue durée, s'étendant déjà sur un nombre considérable d'années, nous amène à déclarer Sa Majesté incurable et à prévoir avec certitude une nouvelle détérioration des capacités mentales;
3. La maladie ayant complètement détruit le libre arbitre de Sa Majesté, nous devons la considérer comme incapable d'assumer les fonctions souveraines et cette incapacité ne durera pas seulement plus d'une année, mais tout le restant de sa vie.  »

Le 9 juin 1886, Louis II est frappé d'incapacité par le gouvernement. Dans la nuit du 10 juin, une commission se rend à Neuschwanstein pour l'arrêter. Son médecin personnel, Max Joseph Schleiss de Lowenfeld, qui connait le roi depuis son enfance, envoie un démenti dans un télégramme à l'Allgemeine Zeitung précisant que l'existence de graves souffrances empêchant l'exercice du gouvernement de façon permanente, n'est pas du tout avérée.

La « folie » du roi[modifier | modifier le code]

Le rapport rédigé par von Gudden et signé par les quatre membres de la commission est mis en doute par un certain nombre de médecins dès sa publication.

La critique la plus sérieuse est émise, en 2008, par le Pr Heinz Häfner, de l'Institut central de santé mentale de Mannheim, dans son ouvrage Ein König wird beseitigt: Ludwig II. von Bayern (Un roi est éliminé : Louis II de Bavière). Häfner envisage les faits d'un point de vue moderne, prenant en compte les capacités et les réalisations exceptionnelles du roi. Pour échapper à ses conflits intérieurs, Louis II a développé une sorte d'addiction semblable à celle d'un joueur. À la fin de sa vie, toutes ses actions n'ont pour but que de lever de nouveaux fonds. Depuis l'enfance, il souffrait d'une phobie sociale, qui au fil des ans sous l'influence de la culpabilité et de la honte, s'est considérablement aggravée en raison de ses penchants homosexuels et qui le conduit de plus en plus à se retirer de la société et de la politique.

Autisme[modifier | modifier le code]

L'altération mentale dont a souffert Louis II serait caractérisée par une forme d'autisme [23], son mode d'existence étant perturbé par une altération du réel et un délire mêlant sentiment de persécution et désir de grandeur. Son enfance est solitaire et marquée par une passion pour le monde symbolique des légendes allemandes. Dès les premières années de son règne, Louis II se désintéresse de la politique et méprise profondément Munich et les Munichois. Au fur et à mesure que les années passent, il s'isole de plus en plus dans les décors qu'il a voulus, ses châteaux, le jardin d'hiver de la résidence de Munich, les grottes et divers pavillons de Linderhof ou Schachen. Il crée son propre monde dans lequel il peut s'imaginer être Lohengrin, Tannhaüser, Louis XIV, sultan, émir, cheik ou commandeur des croyants. Jacques Bainville écrit : « Il conçut la vie comme un spectacle dont il prétendit régler les détails à son gré, devant être l'unique spectateur[24]. »

Louis II et les arts[modifier | modifier le code]

Le roi en 1886, photo de Joseph Albert.

Afin de comprendre le roi, il faut nous replacer dans l'atmosphère de l'époque. En effet, alors qu'au cours du XIXe siècle les choses évoluent vite et que l'industrialisation vient bouleverser les valeurs anciennes, le courant romantique va prendre tout son essor et sa portée véritable. Ce romantisme, très spécifique en Allemagne, met en valeur les éléments traditionnels, ceux de la culture, du sang, du sol et de la race du peuple allemand. Le courant romantique assiste à la naissance, ou la renaissance, d'un monde sensible, en rapport avec l'Histoire, les émotions, la Nature, et lutte contre la modernité industrielle. Le romantisme tend à toucher à sa fin avec la déception du Printemps des peuples, dès 1848. Cependant, le roi y adhérera pleinement et fera partie des romantiques tardifs.

Le poète français Paul Verlaine le considère comme le « seul vrai roi de ce siècle »[25].

Richard Wagner[modifier | modifier le code]

Il admire Richard Wagner et devient son mécène. Le journal du roi[22] ainsi que des lettres[26] montrent son homosexualité et son adoration passionnée de Wagner dont il est probablement amoureux[27], sans que l'on puisse conclure s'il existe une liaison entre les deux hommes[28]. Profitant de l'amour du roi pour son œuvre, Wagner le conduira à dépenser à son profit des sommes considérables. Louis II a par exemple financé la construction du Palais des festivals de Bayreuth (Festspielhaus) voulu et conçu par le musicien pour y présenter ses opéras. Le développement de la culture germanique et la promotion d'un idéal culturel faisaient partie des objectifs de grandeur du roi, à l'instar du roi Louis XIV, son modèle absolu. Le Conseil des ministres poussera le roi à arrêter son mécénat envers le compositeur.

Influencé par Wagner et inspiré par les travaux de Viollet-le-Duc en France (il visita notamment le Château de Pierrefonds le 24 juillet 1867[29]) , Louis II fait construire des châteaux de style gothico-romantique, dont le plus célèbre est le château de Neuschwanstein, qui ne fut jamais achevé.

Louis II et le théâtre[modifier | modifier le code]

L'intérêt de Louis II pour le théâtre n'est pas limité à Wagner. En 1864, il pose la première pierre d'un nouveau théâtre de Cour. En 1867, il nomme Karl von Perfall directeur du nouveau théâtre. Le but de Louis est de faire venir à Munich le meilleur des drames européens. Perfall, sous la supervision de Louis, présente au public des œuvres de Shakespeare, Calderon, Mozart, Gluck, Ibsen, Weber et bien d'autres, comme Schiller, Molière et Corneille.

Entre 1872 et 1885, le roi commande 209 représentations privées (Separatvorstellungen) données pour lui seul ou avec un invité, dans les deux théâtres de cour, comprenant 44 opéras (28 de Wagner, dont 8 de Parsifal), 11 ballets et 154 pièces de théâtre dont le thème principal est la France des Bourbons). Il dépense 97 300 marks pour ces représentation. Cette attitude s'explique moins par la misanthropie que par une certaine vision esthétique. Louis écrit à Ernst von Possart, alors directeur principal au Théâtre de Cour à Munich :

« Je ne peux obtenir aucun sens de l'illusion dans le théâtre aussi longtemps que les gens continuent à me regarder, et suivre mon chaque expression à travers leurs lorgnettes. Je tiens à voir et ne pas être un spectacle pour les masses. »

Le roi aura l'occasion d'entendre le chanteur Franz Nachbaur dans tous les rôles de ténors wagnérien.

Mark Twain, dans son récit de voyage, A tramp abroad, décrit avec humour une de ces représentations privées [30].

Les châteaux[modifier | modifier le code]

L'ensemble des fameux châteaux du roi appartient pleinement au style et au courant romantiques. Apparu en Allemagne dès le début du XIXe siècle, notamment en réaction à la suppression du Saint Empire en 1806 et à l'écrasement de la Prusse par la France en 1807, le courant romantique se poursuit tardivement dans les dernières œuvres de Richard Wagner, par exemple. Le roi fait partie de ces romantiques tardifs. Il essayera toujours de rappeler et de mettre en valeur la mémoire du passé, notamment par ses châteaux.

Jardin d'hiver de la Résidence de Munich[modifier | modifier le code]

En 1867, Louis fait appel à l'architecte Georg von Dollmann pour construite un jardin d'hiver sur le toit de la Résidence de Munich, sur le modèle de la « Galerie des machines » de la première exposition universelle à Paris de 1855 (sur l'emplacement actuel du Grand Palais). Il s'agit de réaliser un grand vaisseau de verre et d'acier qui ouvrirait la terrasse surmontant l'aile de la Résidence qui s'étend entre le Jardin de Cour (Hofgarten) et les cours de l'Empereur et de l'Apothicairerie. Dollmann prend comme collaborateur Carl von Effner (futur paysagiste des parcs de Linderhof et de Herrenchiemsee). En 1867, le projet du Wintergarten était encore relativement modeste.En 1869, le roi décide de l'agrandir pour en faire une sorte de jungle sauvage avec des pavillons de fantaisie cachés entre les palmiers et les fleurs exotiques. Il y ajoute une « tente royale », une « hutte indienne », un « kiosque mauresque », et une grotte artificielle avec de faux stalactites et une petite cascade. Le kiosque mauresque sera remplacé par un pavillon oriental plus vaste.

Neuschwanstein[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Neuschwanstein.

Château de Neuschwanstein (inachevé), construit près de celui de son père, le château de Hohenschwangau, de 1869 et terminé après la mort du roi en 1891.

Linderhof[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Linderhof.

Le Château de Linderhof fut construit de 1869 à 1879. Dans les jardins, on éleva le pavillon mauresque acquis par le roi après l’Exposition universelle de Paris de 1867 et une grotte de Vénus qui évoque Tannhäuser, l'opéra de Richard Wagner, on peut également y voir la Hutte de Hunding avec l'épée Notung dans le tronc de l'arbre dans le centre de la cabane inspirée de l'opéra La Walkyrie. Les troncs d'arbre utilisés pour construire cette cabane ne sont pas en bois mais en béton, Louis II n'ayant jamais été opposé aux progrès techniques.

Herrenchiemsee[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Herrenchiemsee.

Le Château de Herrenchiemsee fut commencé en 1878. Inachevé, il s'agit d'une copie plus ou moins conforme du Château de Versailles, érigé sur une île au milieu du lac de Chiem (Chiemsee) entre Munich et Salzbourg, à l'emplacement d'un ancien monastère. Louis II le fit ériger comme un monument à la gloire de Louis XIV, qu'il admirait, et à l'absolutisme royal. Ce château fut inauguré en 1886, et le roi n'y séjourna pas plus d'une semaine.

Schachen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison royale de Schachen.

Pavillon de chasse à Schachen (1871), au-dessus de Garmisch-Partenkirchen.

Projets[modifier | modifier le code]

Louis laissa de nombreux plans et de dessins pour d'autres châteaux dont la construction était envisagée. Il projetait notamment l'édification d'un palais byzantin dans le Graswangtal, (près de Linderhof), d'un palais chinois dans le Tyrol, ainsi que la reconstruction du château de Falkenstein, près de Pfronten dans l'Allgäu. En 1885, on entama la démolition de l'ancien château de Falkenstein et aménagea la route qui y menait, puis les travaux furent abandonnés.

Postérité[modifier | modifier le code]

Louis II avait demandé qu'à sa mort, ses châteaux soient détruits. Cependant, six semaines après son décès, le gouvernement bavarois décidait de les ouvrir au public afin de démontrer que le roi était fou et de permettre de payer les dettes royales en demandant un droit d'entrée.

Dès 1920, les dettes étaient payées.

L'ouverture des châteaux a eu pour effet, au contraire, d'entretenir la popularité du roi, qui est devenu un personnage de légende, véritable mythe dans les Alpes bavaroises, d'autant plus que les paysans employés sur les chantiers royaux étaient bien payés et que le roi, généreux et poli malgré ses lubies, avait toujours un mot pour chacun de ses sujets.

Tous les ans, au pavillon de chasse du Schachen, les gens de la région fêtent l'anniversaire du roi et la Saint-Louis, célébrée le même jour, par un feu illuminant la nuit, le König-Ludwig-Feuer.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Généalogie du roi Louis II de Bavière.
Arrière-arrière-grands-parents

Duc
Frédéric de Deux-Ponts-Birkenfeld
(1724–1767)
∞ 1746
Françoise de Palatinat-Soulzbach
(1724–1794)

Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt
(1722–1782)
∞ 1748
Maria Louise de Leiningen-Dagsbourg-Falkenbourg
(1729–1818)

Duc
Ernest-Frédéric III de Saxe-Hildburghausen
(1727–1780)
∞ 1758
Ernestine von Sachsen-Weimar Eisenach
(1740–1786)

Grand duc
Charles II de Mecklembourg-Strelitz
(1741–1816)
∞ 1768
Friederike de Hesse-Darmstadt
(1752–1782)

Auguste-Guillaume de Prusse, Prince de Prusse
(1722–1758)
∞ 1742
Luise Amalie von Braunschweig- Wolfenbüttel
(1722–1780)

Landgrave
Louis IX de Hesse-Darmstadt
(1719–1790)
∞ 1741
Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld
(1721–1774)

Landgrave Frédéric IV de Hesse-Hombourg
(1724–1751)
∞ 1746
Ulrike Luise zu Solms-Braunfels
(1731–1792)

Landgrave
Louis IX de Hesse-Darmstadt
(1719–1790)
∞ 1741
Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld
(1721–1774)

Arrière-grands-parents

Bayerische Königskrone
Roi
Maximilien Ier de Bavière (1756–1825)
∞ 1785
Wilhelmine de Hesse-Darmstadt (1765–1796)

Duc
Frédéric Ier de Saxe-Hildburghausen
(1763–1834)
∞ 1785
Charlotte de Mecklembourg-Strelitz (1769–1818)

Roi
Frédéric-Guillaume II de Prusse (1744–1797)
∞ 1769
Frédérique de Hesse-Darmstadt (1751–1805)

Landgrave Frédéric V de Hesse-Hombourg
(1748–1820)
∞ 1768
Karoline von Hessen-Darmstadt (1746–1821)

Grands-parents

Bayerische Königskrone
Roi Louis Ier de Bavière (1786–1868)
∞ 1810
Thérèse de Saxe-Hildburghausen (1792–1854)

Guillaume de Prusse (1783–1851)
∞ 1804
Marie-Anne-Amélie de Hesse-Hombourg (1785–1846)

Parents

Bayerische Königskrone
Roi Maximilien II de Bavière (1811–1864)
∞ 1842
Marie de Prusse (1825–1889)

Bayerische Königskrone
Roi Louis II de Bavière (1845–1886)

Surnoms[modifier | modifier le code]

Louis II a été affublé, post mortem, d’une série de surnoms attribués par divers auteurs se référant à des aspects de sa personnalité ou de sa vie :

  • Le roi de contes de fées, Der Märchenkönig, the Fairy Tale King, est le surnom le plus utilisé. Il provient sans doute de l’image du château de Neuschwanstein, au milieu des Alpes bavaroises, rappelant les légendes médiévales, qui a inspiré Walt Disney pour son film La Belle au bois dormant.
  • Le roi fou, El rey loco est aussi couramment employé du fait qu’il voulait vivre dans un monde imaginaire et chercher refuge dans ses châteaux exubérants.
  • Le Roi cygne, the Swan King rappelle la passion de Louis II pour la légende de Lohengrin, le Chevalier au cygne, immortalisée par l’opéra de Richard Wagner.
  • Le roi-lune, le roi des lunes sont les titres d’œuvres littéraires de Guillaume Apollinaire, Thierry Debroux ou Christine Mondon.
  • Hamlet-Roi est le sous-titre d’une biographie de Louis II par Guy de Pourtalès.

Popularité[modifier | modifier le code]

Pourquoi Louis II de Bavière est-il si populaire ?

Dès la mort du roi, le mythe du roi de contes de fées est né. On a identifié Louis à la Bavière. Il est issu d'une des familles souveraines les plus anciennes et prestigieuses d' Europe, mais à proprement parler, il ne règne pas. Son comportement parfois excentrique, à la limite de la démence, enfin sa mort, tout cela concourt à le rendre émouvant et populaire, non seulement en Bavière mais dans le monde entier. De tous les coins de la planète affluent, année après année, des millions de personnes dans les lieux où il a vécu, souffert et a agi de manière créative. Malgré les prix élevés, les temps d'attente très longs en été, la durée de la visite (20 minutes), chacun veut suivre les traces du roi. Les célèbres châteaux de Neuschwanstein, Linderhof et Herrenchiemsee sont les plus fréquentés. Mais certains n'hésitent pas à effectuer la promenade très difficile qui conduit à la « maison royale » de Schachen. Comment était-il, où était-il, comment vivait-il ? Telles sont les questions que de nombreuses personnes se posent. La magnificence de ses palais ne reflète qu'une partie de sa personnalité. Neuschwanstein est un des monuments les plus célèbres du monde avec la tour Eiffel et les pyramides de Gizeh.

Chaque année, vers le 13 juin, des milliers de personnes se retrouvent sur les rives du lac de Starnberg, près de la croix dans le lac qui marque le lieu on l'on a retrouvé le cadavre du roi. Un office a lieu dans la chapelle votive construite pour lui rendre hommage de 1896-1900. Le nombre de « sosies » du roi augmente chaque année, venant d'Allemagne mais aussi du monde entier. La carrière de Richard Wagner n'aurait jamais été sans le soutien de Louis II. Les mélomanes qui montent chaque année vers le Festpielhaus de Bayreuth le savent très bien et lui en sont reconnaissants.

L'image de l'Allemagne à l'étranger est le châyeau de Neuschwanstein. Aucune campagne de publicité pour la bière de Bavière sans une photo du château de Neuschwanstein, aucune inauguration d'un événement sans pantalons en cuir, « Schuhplattln » (danse tyrolienne) et « Gamsbart » (ornement du chapeau en poils de chamois). Les offices du tourisme d'Allemagne à l'étranger ne cessent de montrer l'image de la Bavière et de ses châteaux, œuvres de Louis II.

En 1954, le magazine américain Life consacre une édition spéciale sur le début du miracle économique allemand. Sur la couverture, ce n'est pas le ministre de l'économie Ludwig Erhard qui apparaît mais le château de Neuschwanstein.

Œuvres artistiques traitant de Louis II[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Das Schweigen am Starnbergersee, film muet de Rolf Raffé, 1920
  • Ludwig II, film muet du cinéaste autrichien Otto Kreisler, 1922
  • Ludwig II, König von Bayern de Wilhelm Dieterle, 1930
  • Louis II de Bavière (Ludwig II: Glanz und Ende eines Königs), film allemand réalisé par Helmut Käutner en 1955.
  • Ludwig, le crépuscule des dieux (Ludwig), film franco-germano-italien réalisé par Luchino Visconti en 1972.
  • Ludwig, Requiem für einen jungfraulichen König (Ludwig, requiem pour un roi vierge), Hans-Jürgen Syberberg, 1972
  • Mémoires d’un cuisinier du roi, Théodore Hirneis de Hans Jürgen Syberberg, 1973
  • Im Ozean der Sehnsucht, documentaire de Christian Rischert, 1986
  • Ludwig 1881 de Fosco et Donatello Dubini, avec Helmut Berger, 1993.
  • Louis II de Bavière, la mort du roi, téléfilm de et avec Matthias Vinterburg, 2006
  • Ludwig II., film allemand réalisé par Peter Sehr et Marie Noelle, avec Sabin Tambrea, 2012

Théâtre[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Le livre de raison d'un roi fou, d'André Fraigneau.
  • Le Roi Lune, de Guillaume Apollinaire, 1916
  • Ludwig - nouvelle sur la mort du roi Louis II de Bavière, de Klaus Mann, 1937
  • Requiem pour le roi. Mémoires de Louis II de Bavière, roman de Véronique Bergen, Le Bord de l'eau/La Muette, 2011.

Manga[modifier | modifier le code]

  • Ludwig II (Ludwig II de Bavière, le roi fou à l'ombre de la lune blême), manga yaoi japonais en 3 volumes, scénarisé et dessiné par You Higuri, datant de 1996. Il est publié au Japon par Kadokawa Shoten Publishing, et en France par Génération Comics.

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de comédies musicales basées sur la vie de Ludwig II ont été mises en scène. « Ludwig II. – Sehnsucht nach dem Paradies », musique de Franz Hummel et paroles de Stephen Barbarino a été vue par plus d'un million de spectateurs dans un théâtre construit expressément sur les rives du lac, à Fussen, non loin des châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau.

Le duo électronique Matmos a enregistré une chanson intitulée « Banquet for King Ludwig II of Bavaria » sur leur album de 2006 The Rose Has Teeth in the Mouth of a Beast.

Le compositeur de musique électronique Klaus Schulze a publié le morceau Ludwig II von Bayern sur son album « X. » (1978).

Le groupe de rock progressif Wapassou a enregistré un album 33 tours en 1979 - Ludwig (Un Roi Pour L'Éternité)[31].

Les That Fucking Tank se sont formés en 2004 à Leeds à la suite d'une fête de lycée. Ce groupe de heavy metal est constitué d'Andy Abbott à la guitare baritone et de James Islip à la batterie minimaliste. L'avant-dernier titre de leur album Tanknology (2009) s'intitule Ludwig II of Bavaria.

En 2010, un groupe de metal allemand, Freedom Call, produit un album-concept basé sur la vie de Louis II : Legend of the Shadowking[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chapelle votive construite au bord du lac de Starnberg en mémoire de la mort de Louis II, près du lieu où son corps fut retrouvé
Les participants à la commémoration annuelle à la Croix du Souvenir à l'endroit où le corps de Ludwig II a été trouvé dans le lac de Starnberg, Allemagne
  • Carnets secrets, 1869-1886, préface par Dominique Fernandez, commentaires de Siegfried Obermeier, Grasset, 1987, (ISBN 978-2-246-38301-7)
  • Jacques Bainville, Louis II de Bavière, Librairie Académique Perrin, 1900. Réédition Bartillat, 2009, (ISBN 978-2841004492)
  • Desmond Chapman-Huston, Tragédie fantastique. La Vie de Louis II de Bavière, Hachette, 1957, traduction par Anne-Marie Soulac de : (en) Desmond Chapman-Huston, Bavarian Fantasy. The Story of Ludwig II. 1955.
  • Jean des Cars, Louis II de Bavière, éd. Perrin, 1995, (ISBN 2-262-01305-5)
  • Philippe Collas, Louis II de Bavière et Elisabeth d'Autriche, âmes sœurs, Éditions du Rocher, 2001, (ISBN 978-2-268-03884-1)
  • Julius Desing, Roi Louis II. Sa vie - Sa fin, Ed. Kienberger, 1967, trad. L. Imbert.
  • François Fosca, Louis II de Bavière Inconnu, Maurice d'Hartoy éditeur, 1944.
  • Hugues Krafft, Voyage aux Châteaux du Roi Louis II de Bavière, in Le Tour du Monde, no 53, 1er semestre 1887, p. 209–225.
  • Pierre Lefebvre et Jean-Pierre Merlin, Louis II de Bavière. : Splendeurs et blessures d'un règne, Mediqualis, 2008, (ISBN 978-2-84059-068-2)
  • Philippe Le Guillou, Le Songe royal : Louis II de Bavière, Gallimard, 1996, (ISBN 978-2-07-019245-8)
  • Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2007, (ISBN 978-2-7587-0013-5)
  • Aldo Oberdorfer, Louis II de Bavière, Payot, 1986, (ISBN 978-2-228-13110-0)
  • Alain de Queyriaux, Lumières sur Louis II de Bavière ou Siegfried et les Nibelungen, AAP éditions, 2004, (ISBN 978-2-9520672-0-1)
  • Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière : Hamlet-Roi, L'Âge d'Homme, 1994, (ISBN 978-2-8251-0547-4)
  • Paul Rauchs, Louis II de Bavière et ses psychiatres. Les garde-fous du roi, préf. Georges Lanteri Laura. Ed.L'Harmattan, 2000, (ISBN 978-2-7384-6602-0)
  • Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, Geigy, 1984, (ISBN 978-2-902474-28-8)
  • Gilbert Robin, Louis II de Bavière vu par un psychiatre, Wesmael-Charlier, 1960.
  • Kishin Shinoyama, Châteaux en Bavière : Le rêve de Louis II, Imprimerie Nationale, 2004, (ISBN 978-2-7433-0528-4)
  • (de) Christof Botzenhart, Die Regierungstätigkeit König Ludwig II. von Bayern – „ein Schattenkönig ohne Macht will ich nicht sein“, Verlag C.H. Beck, München 2004, (ISBN 3-406-10737-0)
  • (de) Julius Desing, Wahnsinn oder Verrat – war König Ludwig II. von Bayern geisteskrank?, Verlag Kienberger, Lechbruck 1996
  • (de) Nikolaus Dominik, Der Märchenkönig - ein Sittenstrolch? Königstreue sind empört über die jüngste Ehrverletzung von Ludwig II. In neuem Buch wird über angeblichen Missbrauch berichtet, in: Augsburger Allgemeine, 21. November 2008, Nr. 271, S. 3
  • (de) Heinz Häfner, Ein König wird beseitigt - Ludwig II. von Bayern, München 2008. (ISBN 978-3-406-56888-6). Rezension bei "sehepunkte"
  • (de) Brigitte Hamann, Elisabeth. Kaiserin wider Willen, München/Wien 1982
  • (de) Hubert Glaser], Ludwig II. und Ludwig III. - Kontraste und Kontinuitäten, in: Zeitschrift für bayerische Landesgeschichte 59 (1996), S. 1–14.
  • (de) Dirk Heißerer, Ludwig II., Rowohlt Verlag, Reinbek 2003, (ISBN 3-499-50647-5)
  • (de) Hans F. Nöhbauer, Auf den Spuren Ludwigs II., Prestel Verlag, München 1986, (ISBN 3-7913-1470-X)
  • (de) Klaus Reichold, König Ludwig II. von Bayern – zwischen Mythos und Wirklichkeit, Märchen und Alptraum. Stationen eines schlaflosen Lebens, München, Süddeutscher Verlag, München 1996
  • (de) Arndt Richter, Die Geisteskrankheit der bayerischen Könige Ludwig II. und Otto. Eine interdisziplinäre Studie mittels Genealogie, Genetik und Statistik, Degener & Co., Neustadt an der Aisch 1997, (ISBN 3-7686-5111-8)
  • (de) Werner Richter, Ludwig II., König von Bayern, München, Stiebner Verlag, München 2001 (14. Auflage), (ISBN 3-8307-1021-6)
  • (de) Anita Schäffler, Sandra Borkowsky, Erich Adami, König Ludwig II. von Bayern und seine Reisen in die Schweiz – 20. Oktober–2. November 1865, 22. Mai–24. Mai 1866, 27. Juni–14. Juli 1881. Eine Dokumentation, Füssen 2005
  • (de) Marcus Spangenberg, Der Thronsaal von Schloss Neuschwanstein. Ludwig II. und sein Verständnis vom Gottesgnadentum, Schnell und Steiner Verlag, Regensburg 1999, (ISBN 3-7954-1225-0) (englische Ausgabe 3-7954-1233-1).
  • (en) Christopher McIntosh, The Swan King: Ludwig II of Bavaria, 2012 (ISBN 1-84885-847-7)
  • (en) Wilfred Blunt, Michael Petzet, The Dream King: Ludwig II of Bavaria. 1970. (ISBN 0-241-11293-1 et 0-14-003606-7).
  • (en) Katerina von Burg, Ludwig II of Bavaria. 1989. (ISBN 1-870417-02-X).
  • (en) Paola Calore, Past and Present Castles of Bavaria. 1998. (ISBN 1-84056-019-3).
  • (en) Greg King, The Mad King: The Life and Times of Ludwig II of Bavaria. 1996. (ISBN 1-55972-362-9).
  • (en) Hans Nohbauer, Ludwig II. 1998. (ISBN 3-8228-7430-2).
  • (en) Werner Richter, The Mad Monarch: The Life and Times of Ludwig II of Bavaria. 1954.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il fut d'abord appelé Othon Louis Frédéric Guillaume, mais le 8 septembre 1845, sous la pression de son grand-père, Louis Ier, qui était né le même jour (le jour de Saint Louis), on inversa les deux premiers prénoms. Voir par exemple Chapman-Huston, 1955, p. 4.
  2. Gilbert Robin, Louis II de Bavière vu par un psychiatre, Wesmael-Charlier, 1960.
  3. Cécil Saint Laurent, Lola Montez, Presse de la Cité.
  4. Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, p. 21.
  5. Jean des Cars, Louis II de Bavière p. 18.
  6. a et b http://www.louis2debaviere.com/fr/vie/CH_01_naissance.
  7. a et b Bayerische Schlösserverwaltung | Château de Neuschwanstein | Roi Louis II de Bavière | Biographie.
  8. Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, p. 52-53.
  9. a et b Louis II De Bavière Est-Il Mort Assassiné ? 1 - Vidéo Dailymotion.
  10. Bayerische Schlösserverwaltung Château de Neuschwanstein, Idée et genèse.
  11. a, b et c Louis 2 de Bavière - Chronologie.
  12. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 180.
  13. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 187.
  14. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 189.
  15. Desmond Chapman-Huston, Tragédie fantastique. La Vie de Louis II de Bavière, p. 134-135.
  16. Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, p. 107.
  17. Julius Desing, Le Château royal de Neuschwanstein p. 83.
  18. Jean des Cars, Louis II de Bavière p. 304 et suiv.
  19. Autopsie publiée par Paul Rauchs, Louis II de Bavière et ses psychiatres. Les garde-fous du roi, p. 79 à 82.
  20. Philippe Collas, Louis II de Bavière et Élisabeth d'Autriche, Âmes Sœurs, Éditions du Rocher,
  21. Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, p. 169-170.
  22. a et b L' éclat du jour no 5 : journal de Louis II, Collectif, 1987.
  23. Lire à ce sujet l'étude du psychiâtre Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, Geigy, 1984 et celle de Gilbert Robin, Louis II de Bavière vu par un psychiatre, Wesmael-Charlier, 1960.
  24. Jacques Bainville, Louis II de Bavière, Librairie Académique Perrin, 1900.
  25. « À Louis II de Bavière, poème de Verlaine »
  26. Louis II de Bavière, Carnets secrets : 1869 - 1886, Grasset, , 190 p.
  27. (en) Martin Gregor-Dellin, Richard Wagner : His Life, His Work, His Century, Harcourt Brace Jovanovich, (ISBN 978-0-15-177151-6), p. 337–338
  28. Sophie Herfort, Louis II de Bavière et Wagner : Une passion interdite ?, France Empire, , 254 p.
  29. Archives départementales de l'Oise, fonds du château de Pierrefonds, journal des travaux tenu par Wyganowski. La visite s'effectue en compagnie de Napoléon III et du roi du Portugal.
  30. A Tramp Abroad, disponible dans le Projet Gutenberg.
  31. Ludwig (Un Roi Pour L'Éternité). 33 tours, Crypto, 1979 ; CD, Musea, 1994 ; CD, Belle Antique (Japon), 2009.
  32. Site de l'album : Freedom Call Legend of the Shadowking (CD Album)- Spirit of Metal Webzine (fr)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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