Ligne de Carcassonne à Rivesaltes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ligne de
Carcassonne à Rivesaltes
Image illustrative de l'article Ligne de Carcassonne à Rivesaltes
TER pour Quillan à Carcassonne.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Carcassonne, Limoux, Quillan, Axat, Saint-Paul-de-Fenouillet, Rivesaltes
Historique
Mise en service 1876 – 1901
Fermeture Ligne partiellement fermée
Concessionnaires Midi (1864 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (à partir de 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 676 000
Longueur 122 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER de Carcassonne à Quillan
Fret
Schéma de la ligne

La ligne de Carcassonne à Rivesaltes est une ligne de chemin de fer française à voie unique et à écartement standard non électrifiée de la région Languedoc-Roussillon. Elle constitue la ligne 676 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Ligne de la Compagnie du Midi[modifier | modifier le code]

Carcassonne à Quillan[modifier | modifier le code]

Le chemin de fer de Carcassonne à Quillan est concédé à titre éventuel à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée entre le ministre des travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par décret impérial le [2]. Le décret impérial du , déclare ce chemin de fer d'utilité publique et rend définitive la concession accordée à la Compagnie du Midi Il est précisé que la compagnie dispose de huit années pour le réaliser. Les acquisitions d'emprise doivent être prévus pour l'établissement de deux voies, mais la ligne peut être réalisé pour une seule voie avec des terrassements et des ouvrages d'arts limités à l'accueil de cette voie unique[3].

Au début des années 1870, le conseil général de l'Aude s'inquiète à plusieurs reprises du retard pris dans la construction de la ligne. Lors de la cession du mois d' le préfet présente le rapport de l'ingénieur en chef Partiot qui reprend l'historique de la construction et l'état au [4].

Le une loi a autorisé la convention signée le même jour entre l'État et la Compagnie du Midi, pour que la ligne de Carcassonne à Quillan soit exécutée dans les conditions prévues par la loi du . L'État est chargé d'établir les terrassements, les ouvrages d'art, les maisons de garde et les barrières des passages à niveau, et de les remettre à Compagnie ; celle-ci doit faire le ballast et la pose des rails, les bâtiments des stations, les clôtures et le télégraphe destinés à l'exploitation de la voie ferrée. Les travaux mis à la charge du Trésor, par la loi de 1868, débutent à la fin de l'année 1869. Le projet du premier lot de terrassement, d'une longueur de 5 800 mètres, est approuvé le et mis en adjudication le 16 octobre suivant. Mais les événements politiques et la Guerre de 1870 créent des difficultés de toutes sortes qui ralentissent fortement la construction de la ligne. Le chantier est divisé en deux sections : de Carcassonne à Limoux et de Limoux à Quillan[4].

Sur la section de Carcassonne à Limoux, longue de 26,322 kilomètres au la partie réalisée par l'État est en voie d'achèvement. Les terrassements et les ouvrages d'art sont réalisés, on met en place les tabliers des ponts métalliques et on termine les maisons de garde et les barrières des passages à niveau[4]. Les sommes dépensées représentent un total de 2 438 684 francs qui se réparti : 126 448 fr de frais de personnel ; 78 443 fr d'études et dommages causés aux propriétés ; 789 226 fr d'acquisition de terrains et frais accessoires des expropriations ; 1 154 058 fr de travaux de terrassements et ouvrages d'art (entreprises et dépenses en régie) ; 192 148 fr pour les tabliers des ponts métalliques ; 84 075 fr pour les maisons de garde ; et 14 287 fr pour les barrières des passages à niveau. Mais depuis cette date, la Compagnie, invitée à présenter les observations qu'elle pourrait avoir à faire avant de prendre possession de cette section, a réclamé et obtenu l'exécution de divers travaux d'une certaine importance. Il s'agit, de l'exhaussement de la plate-forme du chemin de fer dans la station de Madame, aux abords du pont de Pomas et près du pont du Lauquet, le relèvement de ce dernier et la création d'une travée supplémentaire auprès de sa culée rive gauche, l'aménagement du lit du ruisseau du Rouart et divers parachèvements à exécuter sur différents points de la ligne. Elle réclame en outre la construction de trois maisons de garde. Par ailleurs il reste à, finir quelques maisons de garde entre Verzeille et Limoux, acheter des terrains complémentaires pour les jardins des chefs de gare et pour faire les exhaussements signalés. Financièrement il faut encore solder les retenues de garantie des diverses entreprises, et prévoir le paiement d'une partie des indemnités réclamées par les entrepreneurs[5].

La crue du n'a compromis sérieusement aucun ouvrage, mais elle a causé quelques dégâts qu'il faut réparer[5]. Elle a notamment endommagé le pont métallique construit sur l'Aude, auprès de la station de Madame. Le coût estimé des réparations dues à cette crue est d'environ 23 000 fr. Cette dépense ajouté aux dépenses restantes à faire au et à celles dues aux demandes complémentaires de la Compagnie représente un total d'environ 605 000 fr. Au total la charge de l'État pour la section de Carcassonne à Limoux sera d'un peu plus de trois millions ce qui se traduit par un coût au kilomètre d'un peu moins de 116 000 fr, chiffre supérieur à l'estimation d'origine[6].

Cette première section est réalisée en deux tronçons. Le premier de Carcassonne à Limoux est mis en service le 15 juillet 1876 et le second, de Limoux à Quillan, est ouvert le 1er juillet 1878[7].

Quillan à Rivesaltes[modifier | modifier le code]

La loi du 17 juillet 1879 portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en n° 165, une ligne de « Quillan à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) »[8]. La ligne de Quillan à Rivesaltes est déclarée d'utilité publique par une loi le 20 décembre 1881[9] et concédée à la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée le 9 juin 1883 entre le ministre des Travaux publics et la compagnie. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre 1883[10].

Ligne de la SNCF[modifier | modifier le code]

Construite de 1876 à 1904 par la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, la ligne Carcassonne-Rivesaltes est aujourd'hui divisée en deux sections distinctes, à la suite du démantèlement de la traversée du défilé de Pierre-Lys entre Quillan et Axat (la plateforme existe encore, mais la voie a été complètement déposée vers 1990). Il en reste une succession d'ouvrages d'art exceptionnels, (tunnels, viaducs de fer ou de pierre toujours en état). Aujourd'hui interdit d'accès par une signalisation du Conseil Général de l'Aude pour raisons de "sécurité", le tronçon entre Belvianes et Axat semble n'attendre que de revivre. A hauteur de Cepie, la voie fut déplacée pour permettre la construction d'une déviation routière de 100m de son emplacement d'origine et ce sur 1 500 mètres environ. D'importants travaux de rénovation (mise en place de LRS, remplacement des traverses, rénovation de la voie) ont été réalisés entre Limoux et Carcassonne entre 2016 et 2017.

Dates de déclassement[modifier | modifier le code]

Section de Quillan à Saint-Martin-Lys (PK 402,000 à 409,400) : 16 décembre 1991[11].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Entre Carcassonne et Quillan, la ligne est encore desservie par des TER Languedoc-Roussillon. Ce tronçon est exploité en navette ; un seul train à la fois peut circuler entre Carcassonne et Quillan. Sur la section Rivesaltes/Axat, aux belles échappées alentours, la ligne est encore parcourue, de nos jours, par des trains de mineraux (feldspath-dolomie) jusqu'à St-Paul-de-Fenouillet. Depuis 2002, ce parcours voit aussi rouler, de Rivesaltes à l'ancienne gare de St-Martin-Lys (11),les trains touristiques, à deux couleurs, du Train du pays Cathare et du Fenouillèdes (TPCF)[12].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

À l'heure actuelle, ce sont des autorails X 73500 qui assurent le service voyageur sur la portion de ligne Carcassonne-Quillan.

Au cours des années 1970, la ligne a vu passer des automotrices EAD (X 4500) et à partir de 1982, ces derniers ont laissé place aux X 2100, X 2200 et X 2800.

Il est arrivé que lors de leur service, ces autorails aient tracté des remorques mais plus depuis les années 1990 (sauf convois exceptionnels). Les X 2100 et X 2200 assuraient le service sans remorques ou couplage avec un autre autorail. Il en est de même aujourd'hui pour les X 73500.

Sur la ligne touristique Rivesaltes-Axat, le parc touristique dispose d'un autorail Picasso, d'une automotrice caravelle EAD, de voitures à ciel ouvert et d'une motrice diesel.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Fréquences de circulation sur la ligne Carcassonne-Limoux-Quillan (références datant de janvier 2011)[modifier | modifier le code]

En semaine (du lundi au samedi), huit liaisons quotidiennes Carcassonne-Limoux sont assurées (deux par car et six par autorail). Toutes les gares de la ligne (Coufoulens-Leuc - Verzeille - Pomas - Limoux-Flassian) sont desservies. Quatre de ces mêmes liaisons (deux par autorails et deux par car) vont jusqu'à Quillan en desservant toutes les gares se trouvant entre Limoux et Quillan (Alet-les-Bains - Couiza-Montazels - Esperaza - Campagne-sur-Aude).

Dans le sens inverse, ce sont sept liaisons quotidiennes Limoux-Carcassonne et 3 Quillan-Carcassonne en semaine, toujours en desservant toutes les gares de la ligne.

Le dimanche, quatre aller-retours quotidiens Carcassonne-Quillan assurés par car, desservant toutes les gares de la ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, (ISBN 978-2-918758-44-0), volume 2, page 59.
  2. « N° 11553 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 1er mai 1863, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer du Midi et du canal latéral à la Garonne : 11 juin 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1141,‎ , p. 153 - 158 (lire en ligne).
  3. « 9 mars - 8 avril 1864 = Décret impérial qui déclare d'utilité publique l'établissement du chemin de fer de Carcassonne à Quillan et rend définitive la concession du dit chemin accordé à titre éventuel à la compagnie du Midi. (XI, Bull. 1190, no 12,136.) », Bulletin annoté des lois et décrets,‎ , p. 108 (lire en ligne).
  4. a, b et c Partiot (ingénieur en chef), juin 1875, p. 311.
  5. a et b Partiot (ingénieur en chef), juin 1875, p. 312.
  6. Partiot (ingénieur en chef), juin 1875, p. 313.
  7. Guillaume Pourageaux, article Rail Passion no 97, 2005,p. 76
  8. « N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ , p. 6 - 12 (lire en ligne).
  9. « N° 11438 - Loi qui déclare d'utilité publique le chemin de fer de Quillan à Rivesaltes : 20 décembre 1881 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 24, no 678,‎ , p. 50 - 51 (lire en ligne).
  10. « N° 14215 - Loi qui approuve la convention passée, le 9 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer du Midi : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 340 - 345 (lire en ligne).
  11. Journal Officiel de la République Française du 20 décembre 1991, page 16 843.
  12. Site du train touristique du pays Cathare et du Fenouillèdes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Partiot (ingénieur en chef), « Chemin de fer de Carcassonne à Quillan », Rapports et délibérations / Conseil général du département de l'Aude,‎ , p. 311-316 (lire en ligne).
  • Guillaume Pourageaux, « Carcassonne - Quillan - Riversaltes : la double destinée d'une ligne à voie unique », Rail Passion, no 97,‎ , p. 76-77 et 80-82 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :