Le Suicidé

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Le Suicidé
Edouard Manet - Le Suicidé.jpg
Artiste
Date
Type
peinture
Technique
Dimensions (H × L)
38 × 46 cm
Localisation

Le Suicidé est un tableau peint par Édouard Manet entre 1877 et 1881. Il fait partie de la collection Emil G. Bührle, à Zurich, en Suisse.

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau représente un homme en tenue de soirée, gisant sur le bord d'un lit, qui vient de se suicider par balle : il tient un revolver de la main droite, et du sang s'écoule d'une blessure à son abdomen.

Inspiration[modifier | modifier le code]

Ce qui a inspiré Manet pour ce tableau n'est pas clair. Il pourrait s'agir du suicide par pendaison de son jeune assistant Alexandre, en 1859 ou 1860, ou bien d'un article d'Émile Zola à propos du suicide par balle de Jules Holzapffel (de) en 1866[1]. Bien que Manet ait abordé occasionnellement le thème de la mort dans son œuvre, la manière dont il le fait ici est assez atypique[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Manet a fait don du tableau en 1881 pour une vente aux enchères organisée par le peintre Pierre Franc-Lamy au profit du compositeur Ernest Cabaner, alors au sanatorium[3].

Le tableau a appartenu à Paul Durand-Ruel, à Auguste Pellerin, et au baron Hatvany[4], avant d'entrer en 1948 dans la collection E.G. Bührle.

Critiques[modifier | modifier le code]

Adolphe Tabarant décrit ce tableau comme un « incident de palette »[5]. Pour d'autres, il met en évidence que Manet, dans son œuvre tardive (il est mort deux ans après avoir achevé la toile), « vit dans la figure de l'artiste un symbole moderne de la passion, transformant l'artiste en une figure du Christ »[6]. Selon Georges Bataille, le tableau « manifeste [...] clairement un désir de nier — ou de surmonter — l'horreur et de la réduire à la naïveté de la lumière »[7].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ulrike Ilg, « Painted Theory of Art: "Le suicidé" (1877) by Édouard Manet and the Disappearance of Narration », Artibus et Historiae, Institute for Art Historical Research, vol. 23, no 45,‎ , p. 179–190 (DOI 10.2307/1483687).
  2. (en) Holly Paradis, « “Le Suicidé:” Édouard Manet’s Modern Crucifixion », sur PsyArt, .
  3. Sophie Monneret, L'impressionnisme et son époque : Dictionnaire international illustré, vol. 1, Paris, Denoël, , p. 100.
  4. Fiche du tableau, sur le site de la fondation E.G. Bührle.
  5. Adolphe Tabarant, Manet et ses œuvres, Paris, Gallimard, , p. 411.
  6. Triomphe et mort du héros : La peinture d'histoire en Europe de Rubens à Manet (exposition au Musée des beaux-arts de Lyon, 19 mai-17 juillet 1988, conçue et réalisée par Ekkehard Mai et Anke Repp-Eckert, présentée à Lyon par Guy Cogeval et Philippe Durey, organisée en collab. avec le Wallraf-Richartz Museum de Cologne et le Kunsthaus de Zurich), Milan, Electa, et Lyon, Musée des beaux-arts, 1988, 456 p., p. 140.
  7. Georges Bataille, Manet : Étude biographique et critique, Genève et Paris, Skira, coll. « Le Goût de notre temps » (no 14), , 136 p..

Lien externe[modifier | modifier le code]