Langue d'Auvergne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Langue d'Auvergne, avec celles de Provence, de France, d'Italie, d'Angleterre (comprenant la Bavière et la Russie), de Castille (et Portugal), d'Allemagne, puis d'Aragon (en 1462), est l'une des huit premières « langues » (ou « provinces ») de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Hospitaliers).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grand prieuré d'Auvergne.

La Langue d'Auvergne ne comporte qu'un prieuré, créé en 1233, et regroupe jusqu'à 51 commanderies. Le siège du prieur est d'abord à Olloix, puis à Lureuil en 1475 et à Bourganeuf en 1530 dans l'ancienne Marche (département de la Creuse), avant d'être déplacé à Lyon en 1787[1]. En dépendait tout le centre et l'est de la France : l'Auvergne et le Velay, le Limousin, la Marche, le Berry, le sud de l'Orléanais, le Bourbonnais, le sud du duché de Bourgogne et le Bugey, la Franche-Comté, le Lyonnais et le Forez, le nord du Dauphiné, le nord de la Savoie et la partie ouest de la Suisse.

Le pilier de la « langue d'Auvergne », qui était un chevalier de la langue élu par tous les autres chevaliers de cette langue avait la responsabilité de la tenue de l'auberge au siège de l'Ordre à Rhodes puis à Malte. Il portait dans l'organisation hiérarchique de l'Ordre la dignité de bailli et était automatiquement investi de la responsabilité de « grand maréchal » de l'Ordre, ce qui faisait de lui le commandant militaire des frères chevaliers et servants d'armes.

Les prieurs[modifier | modifier le code]

Parmi les prieurs de la Langue d'Auvergne, quelques-uns devinrent grands maîtres de l'Ordre[2]. Parmi eux, du XIVe au début du XVIe siècle[3] :

Liste des prieurs[modifier | modifier le code]

La liste ci-dessous correspond à celle publiée par le chanoine Parinet en 1931[4]. Les noms auxquels sont adjoints une référence supplémentaire ne figuraient pas dans cette publication ou ont fait l'objet de publications ultérieures.

Prieuré d'Olloix[modifier | modifier le code]

  • Bertrand de Barres (c.1243-1245)[5] ; Prieur de Saint-Gilles (1239-1242)[6]
  • Atenulfus (1245-1248)[7]
  • Chatard de La Forest dit de Bulhon (?-1260)[8]
  • Robert de Montrognon (1260/61-1277)[9]
  • Étienne du Broc (1277/78-1282)[10]
  • Chatard de Bulhon (1281-1282)
  • Hugues/Robert de Salhens (1284)[11]
  • Guillaume Audebert (1288)
  • Maurice d’Ornon (1293-1297)
  • Pons de Faÿ / Pons du Fay (1301-1309)[12] ; Commandeur de Devesset (1294, 1298, 1300)
  • Eudes de Montaigut / Odon de Montaigu (1312-1344)[12] ; Assistant et conseiller du Grand Maître Foulques de Villaret au moment où celui-ci octroya les premières franchises de Bourganeuf (19-04-1308)
  • Renaud de Faÿ (1347-1351)
  • Robert de Chaslus (1353-1360)
  • Astorg de Dienne (1365)
  • Guy de La Tour (1367-1369) : le premier à cumuler la dignité de prieur d’Auvergne et celle de commandeur de Bourganeuf.
  • Robert de Châteauneuf (1373-1391)
  • Renaud de Faÿ (1391)
  • Philibert de Naillac (1391-1396)
  • Jean de Pennevere (1401-1402)
  • Jacques Ttirel (1402-1426)
  • Jean de Lastic (1427-1437). Il fit construire la tour qui porte son nom. Commandeur de Carlat.
  • Louis de Saint-Sébastien (1440)
  • Jacques Corelly (avant 1445)
  • Jacques de Milly (1445-1454). C’est lui qui octroya à Bourganeuf sa charte de franchise (1449) et permit l’organisation de la commune.
  • Aymard du Puy (1457-1466)[13]
  • Jean Cotet (1466/67-jan. 1475)[14]

Prieuré de Lureuil[modifier | modifier le code]

Prieuré de Bourganeuf[modifier | modifier le code]

  • Gabriel du Chier (1531-1540)
  • Aymery des Réaulx (1542-1547). À l’origine du terrier de 1543.
  • Humbert de Murinais (1547-1555)
  • Jean L’évesque La Cassière (avant 1572)
  • Louis de Lastic (1572-1576)
  • Louis de La Chambre (1577-1590)
  • Etienne de Fraignes (1579)
  • Antoine de Villars (1580)
  • Baron de Bellegarde (1594)
  • Claude de Montmorillon (1582-1609) À l’origine du terrier de 1609, rédigé par les notaires royaux Joseph Chastenet et Jean Ladrac.
  • Pierre de Sacconay (1610-1619)
  • Louis de Saulzet d'Estignières (1622-1639)
  • Just de Fay-Gerlande (1627-1631)
  • François de Cremeaux (1640-1642)
  • Philippe des Gouttes (1644-1649)
  • César de Grolée de Viriville (1649-1663)
  • Jean de Forsac (1663-1674)
  • Jacques de Villelume (1681-1683)
  • Jean de Saint-Maur de Lourdoueix (1683-1687)
  • Paul de Félines de La Renaudie (1698-1710)
  • Pierre la Chapelle de Jumillac (1717)
  • Léonard-François de Chevriers de Saint-Maurice (1723-1727)
  • Charles-Joseph de La Renaudie (1727-1728)
  • Claude-François, comte de Lescheraine (1728-1748)
  • Amable de Villelume de Thianges (1748-1757).
  • Georges de Salles 1758-1759)
  • Pierre-Joseph-Guy de Bosredon de Vatanges (1759-1770)
  • Pie de Passion de Sainte-Jay (1771-1775)
  • Gabriel de Montaignac de Chauvance (1775-1779)
  • Jacques de Soudeilles (1780-1783)
  • Claude-Marie de Sainte-Colombe-L'Aubespin (1783-1787)

Prieuré de Lyon[modifier | modifier le code]

  • Claude-Marie de Sainte-Colombe-L'Aubespin (1787-1789)
  • François-Nicolas Le Prunier de Lemps (1789-1791)

Les possessions de l'ordre en Auvergne[modifier | modifier le code]

Allier (Auvergne)[modifier | modifier le code]

Cantal (Haute-Auvergne)[modifier | modifier le code]

Charente[modifier | modifier le code]

Les possessions de l'ordre dans ce département faisaient partie de l'Angoumois donc du grand prieuré d'Aquitaine sauf deux commanderies qui se trouvaient dans et à la limite du comté de la Marche, à savoir :

Cher[modifier | modifier le code]

  • Commanderie du Lieu-Dieu du Fresne alias l'Hôpital, commune de Blancafort[16]

Creuse[modifier | modifier le code]

Haute-Loire (Auvergne)[modifier | modifier le code]

  • Temple de Vichy
  • Chambot : Le Chambon, lieu détruit, sur les bords de l'Allier, commune de Cohade.
  • Temple de Brioude
  • Commanderie de Langeac

Isère[modifier | modifier le code]

Indre[modifier | modifier le code]

Nièvre[modifier | modifier le code]

Deux commanderies de ce département et du diocèse de Nevers faisaient partie du prieuré d'Auvergne[18]:

Ce n'est pas le cas de la commanderie de Biches d'origine templière (commune de Biches) qui faisait partie du prieuré de France ainsi que son membre de Mourgues (Parigny-les-Vaux).

Puy de Dôme (Auvergne)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. J. A. Sire (1994) p. 126-130.
  2. Philibert de Naillac, grand maître de 1396 à 1421, avait appartenu à la Langue d'Auvergne avant de rejoindre la Langue de France
  3. Les dates entre parenthèses sont celles de leur magistère.
  4. Parinet 1931
  5. de Vaivre 1997, p. 970-971, 987-988
  6. de Vaivre 1997, p. 969
  7. de Vaivre 1997, p. 973-976, 987
  8. de Vaivre 1997, p. 976, 987
  9. de Vaivre 1997, p. 976-982, 987
    Attesté en janvier 1161.
  10. de Vaivre 1997, p. 982-987
    Attesté le 22 décembre 1278.
  11. de Vaivre 1997, p. 987
  12. a, b et c Jean-Bernard de Vaivre, « Odon de Montaigu, prieur d'Auvergne de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem au XIVe siècle », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, vol. 136, no 3,‎ , p. 577-614 (lire en ligne)
    p. 586-587, 607-608 en particulier
  13. Jean-Bernard de Vaivre, « Contributions de trois commandeurs de la langue d’Auvergne aux fortifications du Lango et du Château Saint-Pierre (note d'information) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 152, no 4,‎ , p. 1589 (lire en ligne)
  14. de Vaivre 2008, p. 1593-1605, lire en ligne sur www.persee.fr
  15. de Vaivre 2008, p. 1606-1611, lire en ligne sur www.persee.fr
  16. Georges Guigue et Claude Faure, Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 - Rhône : H 703 à 48 H 2400 : Ordre de Malte, Langue d'Auvergne, Henri Georg,‎ (présentation en ligne), p. 264
    Visite par frère Bernard de La Liègue, procureur de frère Gaspard de Maisonseule, receveur de l'Ordre de Malte au grand-prieuré d'Auvergne, de la commanderie du Lieu-Dieu, vacante par la mort de frère Jean Jacquet.
  17. Commanderie de Lureuil
  18. (fr+la) Anne-Marie Legras, L'enquête pontificale de 1373 sur les biens de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : L'enquête dans le prieuré de France, vol. 1, Editions du Centre National de la Recherche Scientifique,‎ , 524 p. (ISBN 978-2-2220-3404-9, présentation en ligne), p. 85 (note 2)
  19. Archives nationales K. 49. 6. n° 4. 16e peau, Lettre de M. Augustin Chassaing du 10 janvier 1883.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léopold Niepce, Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, 1883, Lyon, Genève, Bâle, Librairie Générale Henri Geors.
  • Hippolyte Bouffet, Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean en Haute-Auvergne.
  • Éric Thiou, Dictionnaire biographique et généalogique des chevaliers de Malte de la langue d'Auvergne sous l’Ancien Régime, préface du bailli de Pierredon, Éditions Mémoire et Documents, Versailles, 2002, 344 p.
  • Georges Guigue, Inventaire-Sommaire des archives départementales antérieures à 1790 : Rhône - Archives Ecclésiastiques - Série H - H1 à H 702 - Ordre de Malte -- Langue d'Auvergne, t. I,‎ (lire en ligne), p. 197 (H. 244.)
    En particulier p. 197 (H. 244) qui contient le nom latin de toutes les commanderies d'Auvergne en 1374-1375 (comptes du receveur dans le grand prieuré d'Auvergne).
  • Georges Guigue et Claude Faure, Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 - Rhône : 48 H 703 à 48 H 2400 : Ordre de Malte, Langue d'Auvergne, Henri Georg,‎ (présentation en ligne)
  • Georges Guigue et Claude Faure, Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 - Rhône : 48 H. 2401 à 48 H. 3422 : Ordre de Malte, Langue d'Auvergne, Henri Georg,‎ (présentation en ligne)
  • E. Parinet, « Le Grand prieuré et les Grands prieurs d'auvergne », Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, t. XXV,‎ , p. 1-40, disponible sur Gallica
  • Jean-Bernard de Vaivre, « Les six premiers prieurs d'Auvergne de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, vol. 141, no 4,‎ , p. 965-996 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]