Prieuré hospitalier de Bourganeuf

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Prieuré hospitalier de Bourganeuf
Château de Bourganeuf
Bourganeuf - Château.JPG
Le château de Bourganeuf, derrière la Tour Zizim au premier plan
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Mairie, cinéma
Propriétaire
Bien public
Patrimonialité
Localisation
Région
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Commune
Coordonnées
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Le prieuré hospitalier de Bourganeuf, aussi appelé château de Bourganeuf est un prieuré de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. C'est le prieuré de la langue d'Auvergne qui prend la suite de celui de Lureuil. Il est prieuré vers 1530 jusqu'en 1787 avant que celui-ci soit transféré à Lyon par le prieur Amable de Villelume de Thianges.

Le prieuré hospitalier de Bourganeuf est situé au cœur de la ville de Bourganeuf, dans le département de la Creuse, région Nouvelle-Aquitaine.

Bourganeuf conserve pourtant d'importants vestiges de ce prieuré : les bâtiments conventuels (devenus l'actuel hôtel de ville), une tour construite par Jean de Lastic en 1530, l'église Saint-Jean (XIIe – XVe siècle), mais surtout la célèbre Tour Zizim.

Historique[modifier | modifier le code]

L'origine hospitalière et l'existence de Bourganeuf, qui n'a jamais fait partie des anciens biens de l'ordre du Temple dévolus aux Hospitaliers, sont attestées depuis au moins 1310. Frère Aimery Marchès (ou Marchais) apparaît dans une charte datée du 13 octobre 1310 avec le titre de commandeur de Bourganeuf et de Breuilaufa. On voit encore ce même commandeur en 1317 qui est présent avec cinq autres frères du prieuré d'Auvergne lorsque le pape Jean XXII décide de réorganiser la langue de France en créant le grand prieuré d'Aquitaine et celui de Champagne[1]. Bourganeuf fut, pendant plusieurs siècles, chef-lieu de la langue d'Auvergne, l'une des huit langues ou « nations » qui composaient l'Ordre[2]. Le bailli de la langue d'Auvergne avait le statut de grand maréchal, commandant de la puissante armée qui constitue l'Ordre.

La commanderie[modifier | modifier le code]

Ce château et l'église attenante sont les restes du prieuré construit dans cette région par les Hospitaliers. Du prieuré subsistent trois tours et une partie du mur d'enceinte reliant entre elles deux des trois tours. La tour du Presbytère, ou tour de Lastic porte le nom de l'un des grands maîtres de l'Ordre[3].

Le château avait pour principal vocation d'héberger les voyageurs, les pèlerins et permettaient d'hospitaliser les malades selon la vocation des chevaliers et moines hospitaliers[4].

Le prieuré[modifier | modifier le code]

En 1367[réf. nécessaire], la résidence devient le siège du grand prieuré d'Auvergne.

La tour Zizim fait partie de cet ensemble défensif, bien que sa construction ait eu lieu plus de 300 ans après l'édification du corps principal du château. Cette tour se compose d'un rez-de-chaussée, de quatre étages en maçonnerie et d'un étage de combles où se trouvent les mâchicoulis. Son appellation provient du prince Osmanli Djem que les historiens occidentaux ont appelé Zizim. En mai 1481, à la mort de l'empereur ottoman Mehmed II, le conquérant de Constantinople (1453), ses deux fils, Djem (turc : Cem) et Bajazet II, se disputent le pouvoir. Défait à deux reprises, Djem se met sous la protection des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes. Il est reçu par le grand maître Pierre d'Aubusson le 30 juillet 1482. Traité avec déférence, mais en otage, il est conduit, sous la garde de Guy de Blanchefort, devenu grand maître de la Langue d'Auvergne depuis 1476, dans le comté de Nice, dans le Dauphiné, et enfin à Bourganeuf où il restera en captivité de 1486 à 1488 dans la tour construite à son intention. Djem quitte Bourganeuf le 10 novembre 1488 pour être remis au pape Innocent VIII[5].

L'église[modifier | modifier le code]

L'église est reliée aux constructions du prieuré. Elle se composait primitivement d'un seul vaisseau comprenant quatre travées dont les deux premières formaient la nef, et la dernière constituait le chœur. Sur l'entrée s'élève un clocher avec une tourelle d'escalier. La première travée, celle portant le clocher, est couverte par une coupole. Les trois autres travées sont voûtées en ogive sur nervures. Tout cet ensemble date du XIIe siècle. À la fin du XVe siècle, des chapelles furent construite sur les côtés de la nef. À la même période, fut construit sur le côté nord du chœur deux étages servant de sacristie.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les éléments protégés sont les restes du château (classement par arrêté du 2 juin 1911).

À présent, le château abrite la mairie de Bourganeuf ainsi que le cinéma Le Régent[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Roger, « La réforme de l'Hôpital par Jean XXII : Le démembrement des prieurés de Saint-Gilles et de France (21 juillet 1317) », dans Helen Nicholson, On the Margins of Crusading : The Military Orders, the Papacy and the christian world, Ashgate, , 4e éd., 224 p. (ISBN 978-1-4094-3217-3, présentation en ligne), p. 109 (note 51)
    1310: Frère Aimery Marchès ou Marchais, commandeur des maisons de l'Hôpital ancien de Bourganeuf et de Breuilaufa ⇒ « religioso viro, fratre Aymerico March. preceptore domorum Hospitalis Sancti Johannis Jherosolimitani de Burgo novo et Brolhio Ffagi ».
  2. « Château de Bourganeuf », sur structurae.info.
  3. « Château de Bourganeuf », sur chateau-fort-manoir-chateau.eu.
  4. « La Tour Zizim et la cité médiévale », sur www.tourisme-creuse.com.
  5. « La Tour Zizim et l'ensemble médiéval de Bourganeuf », sur ot-bourganeuf.com.
  6. « Le Régent », sur www.qwant.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Parinet, « Les origines de Bourganeuf », Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, t. XXI,‎ 1919-21, p. 555-566, lire en ligne sur Gallica
  • Louis-Augustin Vayssière, « L’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin et dans l’ancien diocèse de Limoges », Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze,‎ , p. 21-48, lire en ligne sur Gallica
    L'auteur indique à tort une origine templière, cf. Parinet 1919-21.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Pages externes[modifier | modifier le code]