La Haute-Chapelle

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La Haute-Chapelle
Détail de la porte monumentale du manoir de la Saucerie.
Détail de la porte monumentale du manoir de la Saucerie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Alençon
Canton Domfront
Intercommunalité Le Domfrontais
Maire délégué Roger Grippon
Code postal 61700
Code commune 61201
Démographie
Population 599 hab. (2013)
Densité 31 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 18″ nord, 0° 40′ 17″ ouest
Altitude 200 m (min. : 115 m) (max. : 226 m)
Superficie 19,31 km2
Historique
Commune(s) d’intégration Domfront-en-Poiraie
Localisation

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La Haute-Chapelle est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Domfront-en-Poiraie[1].

Elle est peuplée de 599 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est en Domfrontais, en Bocage normand. Son bourg est à 3,5 km au nord-ouest de Domfront, à 20 km au sud-ouest de Flers, à 21 km au sud de Tinchebray et à 24 km à l'est de Mortain[2].

Communes limitrophes de La Haute-Chapelle[3]
Lonlay-L'Abbaye,
Rouellé
Lonlay-L'Abbaye Saint-Bômer-les-Forges
Rouellé La Haute-Chapelle[3] Domfront
Saint-Roch-sur-Egrenne Saint-Mars-d'Égrenne,
Saint-Gilles-des-Marais
Domfront

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Capella vers 1020 et Alta Capella vers 1050[4]. Cette dernière forme accrédite l'évidence conforme au sens actuel, confirmée par la topographie du bourg.

Historique[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1991[5] en cours Roger Grippon[6] SE Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[8],[Note 2].

En 2013, la commune comptait 599 habitants, en diminution de -2,44 % par rapport à 2008 (Orne : -1,55 % , France hors Mayotte : 2,49 %) La Haute-Chapelle a compté jusqu'à 1 418 habitants en 1806.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 140 1 226 1 418 1 209 1 143 1 190 1 197 1 259 1 275
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 273 1 206 1 155 1 107 1 104 1 087 1 040 1 092 1 054
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
998 988 930 816 827 805 819 727 760
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2013
744 644 553 563 574 610 613 604 599
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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L’exceptionnel gisement d’argile grésante de la Goulande[modifier | modifier le code]

L’activité potière et l’invention du grès dans le Mortainais/Domfrontais naissent à la fin du XIIIe siècle autour du village de la Goulande.  

Les fouilles archéologiques et les repérages réalisées par Bruno Fajal (CRAM) à partir des années 1990, montrent que les premiers ateliers médiévaux produisant des protogrès se situent au contact du gisement d’argile dit "de la Goulande" dans les villages de la Goulande, la Pesnières et la Picaudière, ainsi que sur Saint-Gilles-des-Marais et sur Saint-Georges-de-Rouelley (Manche).

Initialement datées du début du XIVe siècle lors des fouilles archéologiques des années 1990, des études céramologiques récentes font désormais remonter ces ateliers potiers à la deuxième moitié du XIIIe siècle.[11]

Localisée au fond de la vallée de l’Égrenne sur les communes de La Haute-Chapelle et de Saint-Gilles-des-Marais (Orne), cette seule carrière, petite loupe d’argile grésante, a alimenté tous les potiers de grès du sud de la Normandie pendant les six siècles de production des ateliers. Cuite à 1 300° C, cette argile plastique donne ce grès imperméable tant recherché pour la conservation des aliments.

Issu d’un dépôt de vases au fond d’une lagune au début de l’ère Quaternaire (Pléistocène ancien, il y a 2,5 millions d’années), cette argile est exploitée en fosses par les goulandiers équipés de grosses houes, les houettes, qui permettent d’extraire à chaque coup une motte d’une vingtaine de kilogrammes.

Ouvriers dans une fosse de la carrière d'argile grésante de la Goulande fin du XIXe s. (La Haute--Chapelle- Orne)

Exploitée d’avril à novembre afin d’éviter les pluies d’hiver qui rendent les chemins impraticables et les fosses d’extraction inexploitables, l’argile est transportée jusqu’au ateliers à dos de cheval du Moyen Âge jusqu’en 1860. Au milieu du XIXe siècle, ce sont jusqu’à 250 tonnes de terre qui sont extraites par an, nécessitant pour leur transport journalier plus de cent chevaux pendant les 7 mois d’extraction. Avec l’amélioration de la voirie, des charrettes sont utilisées pour parcourir les quinze kilomètres de trajet jusqu’aux ateliers potiers de Ger (Manche) sur laquelle se sont concentrés les ateliers depuis le XVIe siècle.[12]

L'histoire de la carrière de la Goulande et celle des ateliers potiers sont présentées au musée de la poterie normande implanté dans l'ancien village potier du Placître à Ger (Manche).

Les manoirs[modifier | modifier le code]

Trois manoirs, édifiés sur le territoire de la commune de La Haute Chapelle, sont protégés au titre de la législation sur les monuments historiques. Les matériaux principaux, en cette extrémité du Massif armoricain, en sont le grès schisteux et l'ardoise.

Le manoir de la Chaslerie[modifier | modifier le code]

Le manoir de la chaslerie
Le manoir de la Chaslerie.
Article détaillé : Manoir de la Chaslerie.

Le manoir de la Chaslerie se compose, sur une pente dominant un petit ruisseau, le Beaudouët (affluent de l'Égrenne), d'un ensemble pittoresque de bâtiments construits sur un site ancien (près d'une voie romaine), du XVIe au XVIIIe siècle, et de formes très diverses, notamment au niveau des toitures. Il est situé à cinq kilomètres environ au nord de Domfront, sur la route de Lonlay-l'Abbaye.

Inscrit, avec l'ensemble de ses dépendances, au titre des monuments historiques par arrêté ministériel de 1926 (pris à l'initiative d'Édouard Herriot), le manoir a été classé monument historique en 1995. L'ancienne allée est inscrite en 1993[13].

Le manoir de la Saucerie[modifier | modifier le code]

La porte du manoir de la Saucerie.

Bâti dans une sorte de bout-du-monde marécageux, le manoir de la Saucerie, classé parmi les monuments historiques en 1955[14], est aussi remarquable par son histoire que par les vestiges qui en demeurent.

Le fief de la Saucerie fut donné, à la fin du XIIe siècle, à Robert Le Saucier, l'un de ses fidèles serviteurs, par la reine Aliénor d'Aquitaine, veuve d'Henri II Plantagenêt, mère de Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, et grand-mère de Louis IX, roi de France (saint Louis). Ce serviteur était le saucier de la reine, c'est-à-dire l'officier de cuisine chargé de préparer ou de surveiller la salaison, les saumures et les sauces, une mission de confiance à l'époque ; il exerçait également la fonction de bailli de Domfront, avec des attributions comptables et fiscales. Le château de Domfront appartenait alors au douaire de la reine d'Angleterre et duchesse de Normandie ; la reine y faisait de fréquents séjours.

Après avoir été détenu au XIVe siècle par la famille de Villaines, alliée par mariages à la famille Le Saucier, le fief entra au XVe siècle dans la famille Doynel dont un représentant. Élyette Saint-Léger (née Doynel de La Saucerie) possède toujours le manoir au début du XXIe siècle. A la Révolution, la Saucerie fut vendue comme bien national et en grande partie démantelée mais la famille Doynel put en récupérer la propriété au cours du XIXe siècle.

Malgré l'extraordinaire conservation de la porte monumentale, le site seigneurial de la Saucerie a été profondément bouleversé au fil des siècles et reste mal connu. Les vestiges actuels sont surprenants mais ne donnent qu'une vision très partielle de l'ensemble fortifié, encore en place au milieu du XIXe siècle.

Bien qu'aujourd'hui tous les bâtiments seigneuriaux soient inclus à l'intérieur d'un même site fossoyé, l'examen des façades de la porte monumentale montre qu'à l'origine, deux enclos existaient, correspondant à une cour et à une basse-cour.

La porte monumentale constitue à elle seule une unité d'habitation et de défense, un véritable manoir. Sans doute bâtie au XVIe siècle, elle comporte, sur chacune de ses deux principales façades, une porte charretière et une porte piétonne, équipées chacune, à l'origine, d'un pont-levis. L'habitation se développe sur quatre niveaux et trois étages, avec un grand nombre de postes de tir intérieurs pour arbalètes ou armes à feu. L'impression qui s'en dégage est une impression de force, avec quatre échauguettes (à l'origine) et un hourois placé en couronnement au sommet des tours et qui rappelle d'anciens hourds de défense. Les couvertures en bardeaux de châtaigner, en forme de carène de navire renversé surmontées d'un élégant clocheton, sont en cours de restauration. Elles confèrent à l'ensemble une personnalité et un pittoresque incontestables.

Un second manoir, aujourd'hui disparu, fut construit au début du XVIIe siècle à l'arrière de cette porte-châtelet. Il était certainement plus confortable. Certaines de ses pierres, sculptées dans le goût de la Renaissance, ont été réemployées dans le bâtiment d'habitation actuel devant lequel fut creusé l'ancien puits à margelle ouvragée.

Il demeure en outre un colombier en colombages, de forme octogonale.

Le manoir de la Guyardière[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal du manoir de la Guyardière, d'aspect simple, se compose d'un gros corps de logis rectangulaire à fronton central classique réalisé au XVIe siècle et remanié en 1631 et au XIXe, cantonné à l'arrière par deux pavillons carrés qui ont alors remplacé deux tours rondes. Il est entièrement entouré de belles douves en eaux et protégé par une tour cylindrique du XVIe siècle dans un angle de sa cour d'honneur. Son avant-cour est introduite par deux tourelles circulaires, également du XVIe siècle, qui délimitent une porte voûtée en plein cintre surbaissé.

Le blason qui orne cette porte voûtée présente les armes jumelées de deux familles qui ont successivement possédé ce manoir :

  • à gauche, les Cormier, « de gueules au chevron d'or et aux trois croissants posés deux en chef, un en pointe »,
  • à droite, les Le Herissey, « d'argent aux trois hérissons de sable posés 2 et 1 ».

Une majestueuse allée d'arbres de haute tige, marquée par la tempête de 1999, relie le manoir à la route voisine. Le site de la citadelle et du donjon de Domfront est visible du manoir.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les officiers affectés à la Kommandantur de Domfront avaient établi leur résidence à la Guyardière. Lors des combats de la Libération, l'hôpital de Domfront y fut transféré pendant quelques mois par les autorités sanitaires civiles.

De nos jours, une fête horticole annuelle, organisée au manoir le deuxième dimanche d'octobre, connaît un succès croissant auprès du public.

Le manoir a été inscrit en 1992 au titre des monuments historiques[15].

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame, du XIXe.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2013.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « recueil des actes administratifs de l'Orne »
  2. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  3. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  5. « Roger Grippon candidat à sa succession », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 13 mai 2014)
  6. a et b Réélection 2014 : « La Haute-Chapelle (61700) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 13 mai 2014)
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .
  11. S. Dervin et E. Lecler-Huby, « Typochronologie de la céramique médiévale et moderne en Normandie du Xe au XVIe siècle. Production, diffusion. », Rapport de projet collectif de recherche,‎ , p 42 à 53
  12. Benoit Canu, Alain Talon, François Toumit, Potiers de Ger - L’aventure d’une industrie rurale du Moyen Âge au XXe siècle, OREP Éditions, , 80 p.
  13. « Ancien manoir de la Chaslerie », notice no PA00110820, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. « Manoir de la Sausserie », notice no PA00110821, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. « Manoir de la Guyardière », notice no PA00111000, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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