Famille de La Garde de Chambonas

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Famille de la Garde de Chambonas
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille de la Garde de Chambonas

Blasonnement d'azur au chef d'argent
Devise « Deus Rex Amici »
Branches Seigneurs de Poujols
seigneurs de Chambonas
seigneurs de Malbosc
Période XIIe siècle-XXe siècle
Pays ou province d’origine Auvergne, Gévaudan
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France France
Fiefs tenus La Garde, Chambonas (marquisat, 1683), La Sablière, comté de Saint-Thomé, La Garde- Guérin
Demeures La Garde, Chambonas, Valon
Charges ministre (1792)
Fonctions militaires Maréchal de camp,
Fonctions ecclésiastiques Évêque de Lodève (1292),de Mende (1375), de Viviés (1650), chanoine principal de Brioude (1714)
Récompenses civiles Ordre de Saint-Michel

La famille de la Garde de Chambonas est une famille noble originaire d'Auvergne et du Gévaudan éteinte en 1927 avec Charles de la Garde marquis de Chambonas.

Le nom « de la garde de Chambonas » a toutefois été relevé, par décret de 1996, par les familles Rollin et Azaïs, issues en ligne féminine de Guy de la Garde de Chambonas (1887-1918), engagé volontaire lors de la mobilisation de 1914, sous-lieutenant du 8e cuirassiers à pieds, mort pour la France le 30 mai 1918.

Origine et branches[modifier | modifier le code]

La famille de La Garde de Chambonas a eu pour berceau le château de la Garde Guérin, situé en Gévaudan, sur les confins du Vivarais. Elle possédait dès le XIVe siècle, dans l'ancien diocèse d'Uzès l'importante seigneurie de Chambonas dont elle prit le nom[1].

Sans pouvoir établir une filiation suivie, on trouve
  • Arnaud de La Garde, chevalier, qui souscrivit en 1152 avec Guillaume de Randon,, la charte d'une donation faite par Pagagne à Bernard-Aton, vicomte de Nîmes et de Béziers, son frère[2].
  • Jaules de La Garde, damoiseau seigneur de Chambonas, a ces qualités dans un acte de 1190. Il a celle de chevalier ainsi que Jourdain de la Garde son frère dans l'acte d'un hommage qu'ils firent au roi en 1239 des terres de Chambonas, de Vombes, des Sielves et de Montchamps[1],[2].
  • Bernard, Gaillard et Bertrand de La Garde rendent hommage à Raimond VI comte de Toulouse le 1o juin 1232 en présence de Bernard comte de Comminges pour la Bastide de Montsalzat[1],[2].
Filiation prouvée

Selon Gustave Chaix d'Est-Ange, la filiation suivie de cette famille remonte à Raymond de La Garde, seigneur de la Garde-Guérin, qui figure dans un acte de vente qu'il passa avec Bertrand de Molette le 18 des calendes de janvier l237[1].

Selon Henri Jougla de Morenas, cette famille était connue depuis Gilbert de La Garde vivant au XIIIe siècle, toutefois la filiation n'est établie d’une façon certaine que depuis Gousselin de La Garde, écuyer, seigneur de Chambonas, déchargé noble en 1396[3].

En 1668, cette famille bénéficia d'un jugement de maintenue de noblesse lui reconnaissant une filiation remontant à 1396[1].

La famille de La Garde forma trois branches[4],[1]:

  • Celle des seigneurs de Poujols (branche ainée), « assez obscure»[1], condamné par deux fois pour usurpation de noblesse et qui s'éteignit au XIXe siècle avec Louis-François de la Garde de Pouzols, dit le vicomte de Chambonas, colonel d'infanterie en 18S2, maire de Tarbes et conseiller général des Basses-Pyrénées en 1860[1].
  • Celle des seigneurs de Chambonas éteinte en 1927.
  • Celle des seigneurs de Malbosc, issue d'Antoine de la Garde vivant vers 152o, mais dont on ne trouve point la jonction et qui s'éteignit avec François de la Garde de Malbosc, prêtre, doyen de l'Argentière, décédé en 1775[1]. Cette branche a été maintenus dans la possession des armes de la maison de Chambonas par M. de Bezons intendant de Languedoc le 26 novembre 1668 [2].

Principales personnalités[modifier | modifier le code]

  • Gaucelin de La Garde, évêque de Lodève puis de Maguelonne au XIIIe siècle (on attribue aussi ce prélat à la famille de La Garde de Saigne et de Saint-Angel)[1].
  • Pons de La Garde, évêque de Mende de 1375 à 1387[1].
  • Gaucelin de la Garde, chevalier, marié à Philippe de Molette, qui, en raison de son ancienne noblesse, fut déchargé le 20 février 1396 de l'imposition faite sur les non-nobles lors du mariage d'Elisabeth de France avec le roi d'Angleterre. C'est à cet acte de 1396 que le jugement de maintenue de noblesse de 1668 fait remonter la filiation[1],[3].
  • Henri de La Garde, seigneur de Chambonas, marié d'abord en 1577 avec louise de Borne, fille de Pierre, seigneur de Ligonès et de Chambonas, et de Louise d'Audibert de La Farelle, d'où Jacques de La Garde, auteur de la branche ainée de Poujols éteinte vers 1860 et en secondes noces en 1579 à Gabrielle de Molette, fille de Claude, seigneur de Morangiès, et de Françoise de Grimoard du Roure, d'où Antoine, auteur de la branche de Chambonas, éteinte en 1927. Henri de la Garde possédait une maison noble à Chambonas qu'il fit fortifier, et fut un adversaire impitoyable des cavinistes pendant le règne de Louis XIII qui le fit chevalier de l'Ordre de Saint-Michel.
  • Antoine de la Garde, seigneur de Chambonas et de Cornillon (fils du précédent), il achète la seigneurie de Chambonas à de la famille de Borne, pour le prix de 1156 livres et 19 sols. Il acheta aussi la seigneurie de la Sablière de Jacques du Roure le 4 mars 1632[5]. Il fut gentilhomme ordinaire de la chambre du roi en 1643 [1].
  • Louis-François de la Garde (fils du précédent), marquis de Chambonas en 1683, par lettres patentes de Louis XIV. Mort sans postérité[1],[3].
  • Charles-Antoine de La Garde, (1636-1713), (frère du précédent), évêque de Lodève et coadjuteur, puis évêque de Viviers (1692-1713)[6],[7].
  • Henri-Joseph de la Garde, dit « le comte de Chambonas », (frère des précédents), premier gentilhomme de la chambre du duc du Maine, épousa en 1895 Marie-Charlotte de Fontanges d'Auberoque, dame d'honneur de la duchesse du Maine, et acquit en 1712 la baronnie de Saint-Félix, au diocèse de Toulouse, qui lui donna entrée aux Etats du Languedoc[1]
  • Scipion de La Garde de Chambonas, marié d'abord en 1722 à Claire-Marie de Ligne, et en secondes noces en 1740 avec Marie de Grimoard de Beauvoir du Roure. Colonel de Cavalerie.
  • Scipion Charles Victor Auguste de La Garde de Chambonas[8], né à Chambonas le , mariée le Aglaé de Lespinasse-Langeac (1756-1788), dont il se sépara avec beaucoup de scandale pour divergences d'opinions politiques. Passionné de philosophisme, franc-maçon, il animait avec le Duc de Bouillon l'la Félicité, un ordre de fantaisie créé par son père, dont ils étaient alternativement grand-maîtres. Il adhéra aux idées de la Révolution, et devint ministre des affaires étrangères de Louis XVI en 1792, déclara la Patrie en danger à l'Assemblée Nationale, puis émigra à Londres où il contracta d'énormes dettes et fut mis en faillite en 1805, condamné à une amende et à une peine de prison. Il rentra en France à la Restauration après avoir lancé de Londres le un appel aux habitants des Cévennes et du Vivarais à se rallier à Louis XVIII[9]. Il obtint du roi Louis XVIII une pension de 2.000 francs. Quelques années avant la Révolution il avait vendu au marquis de Chanaleilles sa terre de Chambonas[1]. Il mourut à Paris complètement ruiné à la maison de retraite de Sainte Périne, alors à Chaillot, le . Il est inhumé au cimetière du Nord (actuel cimetière de Montmartre).
  • Auguste-Louis-Charles de la Garde de Chambonas (neveu du précédent), connu pour être l'auteur d'un témoignage sur sa participation (oisive) au Congrès de Vienne, Souvenirs du Congrès de Vienne 1814-1815[10]. Il fût un ami proche de madame de Récamier.
  • Alphonse de La Garde de Chambonas (fils du précédent), (-), contrôleur des droits réunis à Ambert en Basse-Auvergne, ancien chevalier de Malte[réf. nécessaire], baron de l'Empire[réf. nécessaire], titré marquis par Louis XVIII en 1818.[réf. nécessaire]
  • Scipion Marie Guy de La Garde de Chambonas, né à Paris le . Engagé volontaire en 1914, blessé en 1915, Croix de guerre 1914-1918 avec palmes et quatre citations, il atteint le grade de sous-lieutenant avec rang de chef de compagnie au 8e régiment de cuirassiers (à l'époque une unité d'infanterie). “Mort pour la France” le à Villers-la-Fosse (près Juvigny, Aisne) sur le champ de bataille où il fut laissé grièvement blessé puis inhumé sur place par l'ennemi. De son mariage en 1913 avec Josèphe-Yvonne Hériard, il n'avait que deux filles : Jacqueline (1914-1992), mariée en 1936 avec Xavier Rollin (1905-1981) et Bibiane (1918-1995), mariée en 1938 avec Bernard Azaïs (1914-1996).

Extinction et reprise du nom en ligne féminine[modifier | modifier le code]

La famille de La Garde de Chambonas s'est éteinte en 1927 en ligne masculine avec Charles, cinquième et dernier marquis de Chambonas.

Par décret du Premier ministre pris en 1996, en référence à la loi du 2 juillet 1923 pour le relèvement des noms des Morts pour la France[11]. Le nom de La Garde de Chambonas a été relevé par les familles Rollin (issue de Xavier Rollin, marié à Jacqueline de La Garde de Chambonas) et Azaïs (issue Bernard Azaïs, marié à Bibiane de La Garde de Chambonas).

Armes[modifier | modifier le code]

d'Azur au chef d'argent

Devise : « Deus Rex Amici » (« Dieu, le Roi, les Amis »)

Titres[modifier | modifier le code]

  • Marquis de Chambonas en 1683, par lettres patente, éteint avec le bénéficiaire décédé sans postérité[1] [3].


Alliances[modifier | modifier le code]

Ses principales alliances sont avec les familles de Balathier, de La Baume, de Bérard de Montalet, de Borne, de Castrevieille, du Champ de Plantade, de Chauméjan, de Dienne, de Fontanges, de Grimoard de Beauvoir du Roure, Hérail de Brisis, de Larcher, de Lastic-Fournel, de Lespinasse, Liégeard, Hériard, de Ligne, de Molette de Morangiès, de Montmorillon, de Nicolaï, du Puy de Dienne de Frayssinet, de Rochefort d'Ally, Rochereau, de La Rodde, de Vachier, Rollin, Azaïs, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome XX, 1929 pages 133-136.
  2. a, b, c et d Jean-Baptiste-Pierre Jullien de CourcellesHistoire généalogique et héraldique des pairs de France, volume 12, 1833 page 32.
  3. a, b, c et d Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, 1939, tome 4, page 102
  4. P. Louis Lainé, Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles ou anoblies du Royaume de France,volume 2, 1819, page 65.
  5. Jacques Schetzel, cité par Michel Riou, Ardèche, terre de châteaux
  6. Catholic hierarchy : Mgr Charles-Antoine de La Garde de Chambonas
  7. Charles-Antoine de La Garde de Chambonas, évêque et comte de Viviers, de 1692 à 1713, « prince de Donzère et de Châteauneuf du Rosne, baron de Largentière, seigneur des villes de Bourg (aujourd'hui Bourg-Saint-Andéol) et Villeneuve de Berg, abbé commendataire de l'abbaye de Mazan, conseiller du roy en ses conseils  » (Sandret, Revue nobiliaire, héraldique et biographique, VI, p. 35-36). Le 18 septembre 1694, c’est lui qui ordonne prêtre dans la chapelle du palais épiscopal de Bourg-Saint-Andéol, l’ardéchois Pierre Vigne (béatifié à Rome le 3 octobre 2004). En 1700, il se porte acquéreur d'une charge de maire1700 : Mémoire d'Ardèche)
  8. Gerhard Wolf, « Le marquis Scipion de Chambonas, ministre des Affaires étrangères de Louis XVI », Annales historiques de la Révolution française, vol. 259, no 259,‎ , p. 25-45 (lire en ligne)
  9. le document original conservé aux archives du ministère des affaires étrangères s'intitule "un seul Dieu! Un Roi, un Bourbon" et surtitré "adresse aux habitants des Cevennes et du Vivarais, en Languedoc"
  10. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39643p/f9.image
  11. http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1656.xhtml#titreN10038

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]