Josef Harpe

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Josef Harpe
Josef Harpe
Josef Harpe

Naissance 21 septembre 1887
Buer
Décès 14 mars 1968 (à 80 ans)
Nuremberg
Allégeance Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand (en 1918)
Drapeau de l'Allemagne République de Weimar (en 1933)
Drapeau de l'Allemagne nazie Troisième Reich
Arme Balkenkreuz.svg Heer
Grade Generaloberst
Années de service 1909 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement 9. Armee
12. Panzer-Division
XXXXI. Panzerkorps
Distinctions Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives

Josef Harpe ( à Buer, près de Recklinghausen (Ruhr) en Westphalie — à Nuremberg) est un général allemand de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harpe rejoint l'armée prussienne le 28 septembre 1909 comme Fahnenjunker et est transféré au 56e régiment d'infanterie en 1911. Il est alors promu lieutenant le 20 mars et participe avec son régiment à la Première Guerre mondiale. À la fin de la guerre, il est commandant d'une compagnie.

Durant la république de Weimar et le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Il reste dans l'armée au sein de la nouvelle Reichswehr. En 1931, sous le pseudonyme de Direktor Hacker, il est l'un des responsables de l'école secrète de blindés germano-soviétique (organisation Kama) à Kazan, en Union soviétique. Il est promu lieutenant-colonel (Oberstleutnant) le 1er août 1934 et devient commandant du 3e régiment de panzer le 15 octobre 1935. De nouveau promu en janvier 1937, il prend le commandement de la 1e brigade panzer avec le rang de colonel ('Oberst).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Harpe constitue un exemple des généraux ayant servi sur le front de l'Est depuis le déclenchement des opérations en 1941[1].

En 1944, commandant du groupe d'armées Nord-Ukraine, sous la tutelle de Model, il affronte l'offensive lancée par Koniev en direction de Sandomierz, organisant une défense solide, aspirant à limiter, réduire, voire anéantir les incursions soviétiques dans son secteur[2]. À ce titre, il coordonne la défense face aux unités de Koniev, qu'il parvient à contenir plusieurs jours, en ordonnant des retraits nocturnes de faible envergure[2]. Une fois la percée soviétique obtenue, il tente de couvrir Lvov, sans succès[3].

Au cours du mois de janvier 1945, son groupe d'armées est balayé devant la puissance de l'offensive d'hiver soviétique : il tente ainsi de contenir les avancées soviétiques, mais ses unités sont rapidement débordées, et ses projets offensifs apparaissent irréalistes, en raison de la rapidité de l'avance soviétique et de la désorganisation des unités allemandes qui en découle[4], en raison de la proximité de la réserve blindée, positionnée trop près du front, selon les directives d'Hitler, et de la rapidité de la mise en œuvre de la phase d'exploitation par les Soviétiques[5].

Après avoir servi sur le front de l'Est, il est rendu responsable par Hitler de la percée russe sur la Vistule et démis de son commandement le 17 janvier 1945. Il reprend du service, commandant ce qui reste de la 5e armée panzer, sur le front de l'Ouest, avec le rang de Generaloberst (Général-colonel). Il fait alors partie des unités encerclées dans la poche de la Ruhr un mois plus tard et se rend le 17 avril 1945 aux troupes américaines. Il sera détenu comme prisonnier de guerre par les États-Unis jusqu'en 1948.

Réflexions tactiques et stratégiques[modifier | modifier le code]

Durant l'automne 1944, comme de nombreux officiers commandant sur le front de l'Est, il participe à la réflexion stratégique allemande centrée autour de la prochaine offensive soviétique.

Ses préconisations[modifier | modifier le code]

Il propose donc un étalement de la défense dans la profondeur, sur une quinzaine de kilomètres : la ligne de combat principale, d'une profondeur de 2 kilomètres, la Hauptkampflinie, fortifiée, doublée d'un fossé antichar, puis la ligne de grande bataille, Grosskampflinie, située à 20 kilomètres de l'avant, fortifiée, aux abords minés. À quelques centaines de mètres en arrière sont concentrés l'artillerie de campagne et la réserve tactique, destinée à stopper les pointes blindées, puis plus loin, la réserve opérative, les divisions panzer, destinées à être engagées après qu'aient été déterminés les axes principaux de l'offensive[6].

Cette organisation reçoit l'assentiment de Guderian, mais suscite les réserves d'Hitler, qui estime que la retraite des troupes de première ligne se ferait au milieu des points blindées soviétiques[7].

Mise en application[modifier | modifier le code]

Fort de ces conceptions, il organise, à son PC de Cracovie, une réunion de l'ensemble des officiers généraux en poste dans son groupe d'armée, afin de participer à un Kriegsspiel sur carte. À cette occasion, sont analysées toutes les données à disposition de son groupe d'armées, afin d'estimer les possibilités de succès de la défense allemande. Avec ses subordonnés, partant du postulat que la Vistule ne constitue plus un obstacle avec l'arrivée du gel, il aboutit à la conclusion qu'une retraite sur des positions situées hors d'atteinte de l'artillerie soviétique doit être organisée ; il fait préparer des plans de retraite, nommés par la suite opération Schlittenfahrt[N 1] : à la faveur de l'obscurité, l'infanterie doit reculer sur une position préparée à l'avance pour la ligne Hubertus[8].

Cette proposition est accueillie avec scepticisme par les officiers de l'OKH, mais Hitler se montre hostile ; il tente alors de s'appuyer sur Hans Frank, qui ne donne pas suite. Cependant, Reinhardt et Lüttwitz se montrent séduits et font préparer des directives similaires[9].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "promenade en traîneau"

Références[modifier | modifier le code]

  1. Opération Bagration, p. 293
  2. a et b Opération Bagration, p. 296
  3. Opération Bagration, p. 298
  4. Berlin, p. 185
  5. Berlin, p. 179
  6. Berlin, p. 55
  7. Berlin, p. 56
  8. Berlin, p. 57
  9. Berlin, p. 58
  10. Die Ritterkreuzträger, p. 214.
  11. Die Ritterkreuzträger, p. 57.
  12. Die Ritterkreuzträger, p. 41.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Berger, Florian (2000). Mit Eichenlaub und Schwertern. Die höchstdekorierten Soldaten des Zweiten Weltkrieges. Wien, Autriche: Selbstverlag Florian Berger. ISBN 3-9501307-0-5.
  • Fellgiebel, Walther-Peer (2000). Die Träger des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939-1945. Friedburg, Allemagne: Podzun-Pallas. ISBN 3-7909-0284-5.
  • Jean Lopez, Opération Bagration : La revanche de Staline (1944), Paris, Economica, , 409 p. (ISBN 978-2-7178-6675-9)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • (de) Patzwall, Klaus D. and Scherzer, Veit (2001). Das Deutsche Kreuz 1941 - 1945 Geschichte und Inhaber Band II. Norderstedt, Allemagne: Verlag Klaus D. Patzwall. ISBN 3-931533-45-X.
  • (de) Schaulen, Fritjof (2003). Eichenlaubträger 1940 - 1945 Zeitgeschichte in Farbe I Abraham - Huppertz. Selent, Allemagne : Pour le Mérite. ISBN 3-932381-20-3.
  • (de) Veit Scherzer, Die Ritterkreuzträger : die Inhaber des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939-1945 von Heer, Luftwaffe, Kriegsmarine, Waffen-SS, Volkssturm sowie mit Deutschland verbündeter Streitkräfte nach den Unterlagen des Bundesarchivs, Ranis/Jena, Scherzers Militaer-Verlag, (réimpr. 2005, 2006), 846 p. (ISBN 3-938-84517-1 et 978-3-938-84517-2, OCLC 891773959).
  • (de) Helden der Wehrmacht III - Unsterbliche deutsche Soldaten. München, Allemagne: FZ-Verlag GmbH, 2007. ISBN 978-3-924309-82-4.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]