Georg-Hans Reinhardt

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Georg-Hans Reinhardt
Georg-Hans Reinhardt en juin 1941
Georg-Hans Reinhardt en juin 1941

Naissance 1er mars 1887
Bautzen, Allemagne
Décès 23 novembre 1963 (à 76 ans)
Tegernsee, Allemagne
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Generaloberst
Années de service 19071945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Croix de fer
Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes avec feuilles de chêne et épées

Georg-Hans Reinhardt (1er mars 188723 novembre 1963) est un général allemand de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Reinhardt est né à Bautzen en Saxe. Il combat durant la Première Guerre mondiale dans un régiment d'infanterie. En février 1934, il est promu Oberst (colonel) et dès 1937 Generalmajor (général de division) de l'armée allemande.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il s'illustre dans la campagne de Pologne en septembre 1939. Il commande la 4e division panzer. Il reçoit la croix de chevalier de la Croix de fer et est promu lieutenant général. Il s'illustre de nouveau lors de la campagne de France en mai et juin 1940 où ses raids à travers les Ardennes jusqu'à la Manche lui valent d'être nommé General der Panzertruppen. Il reste un temps stationné à l'Ouest dans la perspective d'une invasion de la Grande-Bretagne.

En juin 1941, il est envoyé sur le front de l'Est où il prend le commandement du 41e corps d'armée en Russie. Il mène des attaques jusqu'à Léningrad. Le 5 octobre 1941, il prend le commandement du 3e groupe de panzer, qui devint la 3e armée de panzer à partir de 1942. Le 1er janvier 1942, Reinhardt est promu au grade de Generaloberst, et, le 17 février de la même année, il est décoré des feuilles de chêne pour sa croix de chevalier en raison de ses efforts défensifs lors les contre-attaques soviétiques de l'hiver 1941-1942. Avec son armée, il forma le flanc nord du groupe d'armées centre en 1942 et 1943, dans la région située au nord de Smolensk et il y mène avec succès des combats défensifs durant l'hiver 1943-1944. Il obtint pour ces actions les glaives pour sa croix de chevalier le 26 mai 1944.

Nord de la Russie, discussion entre les généraux Georg-Hans Reinhardt (deuxième depuis la gauche) et Walter Krüger.

Au cours de 1944, il mène des opérations défensives lors du repli des forces allemandes, alors très affaiblies, de Russie jusqu'en Prusse-Orientale.

L'attentat du 20 juillet le bouleverse[1] : dans son journal, il réaffirme sa fidélité à Hitler, ainsi que sa volonté de remplir son devoir en accord avec son serment de fidélité[1].

Il combat alors défensivement en Pologne et en Prusse-Orientale. Le 16 août 1944, il devient commandant en chef du groupe d'armées Centre plus tard connu sous le nom de groupe d'armée Nord, et tente de mettre en accord son devoir, obéir à Hitler, et le sauvetage de son armée[1]. À ce titre, il repousse les Soviétiques lors de leur première incursion en Prusse Orientale à l'automne 1944[2] : En effet, après la percée soviétique de l'automne, il coordonne la bataille d'encerclement qui clôt cette offensive et libère une partie des territoires occupés au mois d'octobre[3]. Dans le même temps, il s'oppose vigoureusement à Erich Koch, Gauleiter de Prusse Orientale, adversaire de l'évacuation des civils vers l'intérieur du Reich[2], à de nombreuses reprises[4], après avoir visité les villages pillés par les Soviétiques durant leur offensive du mois d'octobre[2]. De plus, il entre aussi en opposition avec Koch : ce dernier souhaite avant tout contrôler une partie des approvisionnements en armes à destination de la Prusse Orientale, alors que Rheinhardt espère être le principal bénéficiaire, pour ses troupes, de ces approvisionnements (ces chicanes nous sont connues par les courriers adressés par Rheinhardt à Himmler, à Guderian durant le mois d'octobre 1944 et par son journal)[4].

En janvier 1945, appuyé par les troupes de Harpe, son groupe d'armée doit affronter le premier front de Biélorussie, dans un contexte plus que défavorable, avec un rapport de force de un à deux pour les soldats et de un à trois pour les chars[5], déséquilibre encore accentué par le retrait, sur ordre de Hitler, de la division blindée Grossdeutschland, détachée pour aller renforcer les défenses de Varsovie[6].

Lors du déclenchement de l'offensive d'hiver soviétique, il doit non seulement affronter les troupes soviétiques, mais aussi Hitler et ses proches, qui lui communiquent des ordres impossibles à exécuter, s'opposent au moindre mouvement de troupes pour obtenir un front plus facile à tenir[7]. Plongé dans des abîmes de perplexité, il tente de joindre directement Hitler pour donner son point de vue, mais, il se heurte à chaque fois à un refus (voir : encerclement d'Heiligenbeil) ; quand il obtient l'accord, le 20 janvier, c'est pour se voir ordonner d'occuper une position déjà occupée par les Soviétiques[8]. Légèrement blessé à la tête le 25 janvier, il tente à nouveau d'obtenir de Hitler une nouvelle autorisation de replier ses unités vers l'Ouest, puis passe outre les ordres reçus (tenir une position intenable) et se replie vers l'Ouest[9] ; à cette nouvelle, Hitler, dans un accès de rage, le limoge dans la nuit du 25 au 26 janvier 1945[9].

Durant ces jours dramatiques, il semble avant tout préoccupé par le sort des soldats placés sous ses ordres : le 22 janvier, il ordonne aux réfugiés, qui fuient en direction de l'Ouest l'avance de l'Armée rouge, de ne pas se déplacer sur les axes principaux, car ils gênent les mouvements de troupes, essentiels à ses yeux[10].

Limogé le 25 janvier, il passe les derniers mois du conflit dans la région Würtzburg. Dans cette retraite, il doute de plus en plus de la possibilité d'une victoire du Reich, mais continue à s'accrocher à des perspectives de victoire au début du mois d'avril, puis, pour la dernière fois, lorsque la mort de Roosevelt est connue dans le Reich, il entrevoit une « lueur d'espoir » ; en cela, il ne fait que rejoindre Hitler et Goebbels, pour qui cette mort se rapproche de celle d'Élisabeth[11].

C'est à Würzburg qu'il apprend la disparition de Hitler, même si, pour lui, ce dénouement était attendu (comme l'atteste l'entrée de son journal à la date du 1er mai[12]), il n'en éprouve pas moins un choc, même s'il est néanmoins soulagé par cette issue[13].

Après 1945[modifier | modifier le code]

Arrêté par l'armée américaine en juin 1945, il est jugé lors du procès du Haut Commandement militaire à Nuremberg pour crimes de guerre (meurtres et mauvais traitement des prisonniers de guerre) et crimes contre l'humanité (meurtres, déportations et prises d'otage de populations civiles) où il plaide non coupable. Il est condamné à 15 ans de prison mais est relâché dès 1952.

Il est décoré de la grande croix du mérite de la République fédérale d'Allemagne en 1962.

Décorations[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 61.
  2. a, b et c Ian Kershaw, La Fin, p. 156.
  3. Ian Kershaw, La Fin, p. 155.
  4. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 535, note 54.
  5. Ian Kershaw, La Fin, p. 226.
  6. Ian Kershaw, La Fin, p. 229.
  7. Ian Kershaw, La Fin, p. 261-262.
  8. Ian Kershaw, La Fin, p. 263.
  9. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 265.
  10. Ian Kershaw, La Fin, p. 267.
  11. Ian Kershaw, La Fin, p. 399.
  12. Ian Kershaw, La Fin, p. 604, note 5.
  13. Ian Kershaw, La Fin, p. 446.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

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