Jonathan Coe

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Jonathan Coe
Jonathan Coe en 2006.
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Jonathan Coe, né le à Lickey (en)[1], une petite localité à 16 km de Birmingham, est un écrivain britannique. Il écrit sourtout des romans inspirés des réalités sociétales et politiques du Royaume-Uni des XXe et XXIe siècles, avec leurs implications sur la vie de ses conationaux, reflétées par l'analyse psychologique des personnages aussi. Ses œuvres sont en général bien reçues aussi bien par le public, que par la critique littéraire, l'écrivain étant honoré par plusieurs prix et autres distinctions britanniques et internationaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père du futur écrivain était physicien et sa mère professeure de musique. Il parle de son enfance comme d'une période heureuse, presque sans événements[2].

Jonathan Coe fait ses études secondaires à la King Edward's School, une école privé de Birmingham. Dès son enfance, il pense à devenir écrivain. À l'âge de huit ans, il écrit pour soi The Castle of Mystery (Le château du mystère[3]), ayant pour héros un détective de l'époque victorienne. Il inclura plus tard le premier chapitre de cet écrit dans son roman Testament à l'anglaise, publié en 1994. À l'âge de quinze ans, il envoie à un éditeur un roman comique [2].

Il fait des études supérieures d'abord au Trinity College de l'Université de Cambridge. Dans les années qu'il y passe, il continue ses essais littéraire, un roman et la grande partie d'un autre, dont il n'est pas content. Il continue ses études à l'Université de Warwick, où il s'intéresse entre autres au féminisme, au structuralisme, au Nouveau Roman et à Samuel Beckett, mais ses recherches se concentrent sur Henry Fielding[2]. Il obtient son doctorat en littérature anglaise avec une thèse sur le roman Tom Jones de celui-ci[4].

Le premier livre publié de Johathan Coe, le roman La Femme de hasard (1987) est d'abord refusé par 15 éditeurs. Lorsqu'il paraît, il n'a de succès ni auprès du public ni auprès de la critique. L'écrivain s'établit à Londres, où il travaille pendant quelque temps comme correcteur dans une compagnie de services juridiques dans la Cité. Il publie deux autres romans sans plus de succès que le premier. En même temps, il s'occupe de musique. Il compose, écrit des chansons et joue du piano dans un groupe éphémère, The Peer Group, puis dans Wanda and the Willy Warmers, un orchestre de cabaret féministe tout aussi éphémère[2].

Il obtient son premier succès littéraire, aussitôt international aussi, en 1994, avec le roman What a Carve Up! or The Winshaw Legacy (Testament à l'anglaise)[1].

Johathan Coe s'implique aussi dans des activités humanitaires, entre autres en soutenant celles d'Oxfam. Par exemple, en 2010, lui et de nombreux autres écrivains offrent à l'organisation des récits pour le volume Ox-tales. Elements[5]. Au début des années 2000, l'écrivain est membre du conseil d'administration de l'organisation Cleared Ground Demining qui s'occupe de déminage humanitaire et de la destruction de munitions restées non explosées après les guerres. Dans cette qualité, il observe cette action en 2007, en Guinée-Bissau[6].

L'écrivain s'est marié en 1989 et il a deux enfants[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Trilogie romanesque Les Enfants de Longbridge[modifier | modifier le code]

  • The Rotters' Club (2001)
    Bienvenue au club, traduit par Jamila et Serge Chauvin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2002 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 4071, 2004 (ISBN 2-07-031723-4)
  • The Closed Circle (2004)
    Le Cercle fermé, traduit par Jamila et Serge Chauvin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2006 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 4541, 2007 (ISBN 978-2-07-034491-8)
  • Les deux romans précédents sont réunis, avec une préface inédite de l'auteur, dans un volume intitulé Les Enfants de Longbridge, Paris, Gallimard, coll. « Folio. Série XL » no 5972, 2015 (ISBN 978-2-07-046522-4)
  • Middle England (2018)
    Le Cœur de l'Angleterre, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2019 (ISBN 978-2-07-282952-9)

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • The Accidental Woman (1987)
    La Femme de hasard, traduit par Jamila et Serge Chauvin, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 4472, 2006 (ISBN 978-2-07-030846-0)
  • A Touch of Love (1989)
    Une touche d'amour, traduit par Jean Pavans, Monaco, Éditions du Rocher, 2002 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 3975, 2003 (ISBN 2-07-042812-5)
  • The Dwarves of Death (1990)
    Les Nains de la mort, traduit par Jean-François Ménard, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2001 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 3711, 2002 (ISBN 2-07-042214-3)
  • What a Carve Up! or The Winshaw Legacy (1994)
    Testament à l'anglaise, traduit par Jean Pavans, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1995 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 2992, 1997 (ISBN 2-07-040326-2)
  • The House of Sleep (1997)
    La Maison du sommeil, traduit par Jean Pavans, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1998 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 3389, 2000 (ISBN 2-07-041257-1)
  • The Rain Before It Falls (2007)
    La Pluie avant qu'elle tombe, traduit par Jamila et Serge Chauvin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2008 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5050, 2010 (ISBN 978-2-07-041696-7)
  • The Terrible Privacy of Maxwell Sim (2010)
    La Vie très privée de Mr Sim, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2011  ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5381, 2012 (ISBN 978-2-07-044692-6)
  • Expo 58 (2013)
    Expo 58, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2014 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5961, 2015 (ISBN 978-2-07-045510-2)
  • Number 11, or Tales that Witness Madness (2015)
    Numéro 11. Quelques contes sur la folie des temps, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2016 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 6486, 2018 (ISBN 978-2-07-046985-7)
  • Mr Wilder & Me (2021)
    Billy Wilder et moi, traduit par Marguerite Capelle, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2021 (ISBN 978-2072923920)
  • Bournville (2022)
    Le royaume désuni, traduit par Marguerite Capelle, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2021 (ISBN 978-2072990878)

Les romans significatifs de l'auteur ont pour cadre les réalités sociétales et politiques de la Grande Bretagne contemporaine de l'écrivain. Ses personnages sont des caractères divers comprenant des éléments autobiographiques aussi, avec des psychologies et des évolutions influencées par ces réalités également. La plupart de ces romans se caractérisent pas l'humour, parfois noir, et par une démarche satirique à l'adresse des réalités reflétées.

Testament à l'anglaise (1995) est une virulente satire de la société britannique des années du thatchérisme, avec ses personnages appartenant à un clan sans aucun scrupule pour s'enrichir dans cette société[7].

La maison du sommeil (1998) est un thriller dans lequel évoluent quatre personnages complexes liés par la présence au même endroit mais dans deux périodes distantes de 10 ans l'une de l'autre : la première lorsque c'était une université, la seconde quand c'était devenu une clinique en principe destinée a guérir les troubles du sommeil[8].

Bienvenue au club (2002) commence la trilogie Les enfants de Longbridge. Dans ce premier roman, les personnages principaux sont des lycéens dans les années 1970, avec leurs occupations et problèmes d'adolescents, à Birmingham, ville industrielle qui commence à décliner[9].

Le Cercle fermé (2006) continue la trilogie en reprenant les mêmes personnages après vingt ans d'évolution divergente, sur le fond de la société des années 1990. La satire y est tout aussi acerbe que celle du thatchérisme[10].

La Pluie avant qu'elle tombe se distingue des autres romans de l'auteur par sa gravité. Il suit, à commencer par les années 1940, l'existence tragique de trois générations de femmes[11].

La Vie très privée de Mr Sim (2011) a dans son centre un homme en pleine crise existentielle, affecté aussi bien dans sa carrière que dans sa vie privée, solitaire malgré ses relations sur les réseaux sociaux. Un long trajet en voiture est l'occasion pour lui de réanalyser son passé[12].

Expo 58 (2013) est une parodie de roman d'espionnage située au moment de l'Exposition universelle de 1958, en Belgique. Son personnage principal, un fonctionnaire subalterne du ministère de l'Information reflète au-delà de ses péripéties relatées avec humour, le tiraillement de la société anglaise entre l'attirance pour la modernité et l'attachement aux convenances traditionnelles[13].

Le Cœur de l'Angleterre (2019) clôt la trilogie Les enfants de Longbridge. Les mêmes personnages sont arrivés à l'époque avant et pendant le Brexit, marqués par des nostalgies, des désillusions et des déchirements, y compris au sein des familles[14]. C'est par ailleurs l'une des premières œuvres de fiction qui abordent le Brexit[15].

Le Royaume désuni (2022) est l'histoire d'une famille originaire d'un village près de Birmingham, sur le fond de tous les événements qui ont marqué la Grande Bretagne depuis 1945 et jusqu'à la période de la pandémie de Covid-19[16].

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 9th and 13th (2005)
    Désaccords imparfaits, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, 2012 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 5645, 2015 (ISBN 978-2-07-045351-1)

Littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

Ces deux livres ne sont pas parus en anglais mais en italien :

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Humphrey Bogart: Take It and Like It (1991)
    Humphrey Bogart, traduit par Rémy Lambrechts, Paris, éditions des Plume/Calmann-Lévy, 1992 (ISBN 2-7021-2105-5) ; réédition, Paris, éditions Cahiers du cinéma, 2005 (ISBN 2-86642-425-5)
  • James Stewart: Leading Man (1994)
    James Stewart, une biographie de l'Amérique, traduit par Béatrice Pley, Rome, Gremese, 1996 ; réédition, Paris, éditions des Cahiers du Cinéma, 2004 (ISBN 2-86642-388-7)
  • Like a Fiery Elephant: The Story of B. S. Johnson (2004)
    B.S. Johnson, histoire d'un éléphant fougueux, traduit par Vanessa Guignery, Meudon, Quidam éditeur, coll. « Made in Europe », 2009 (ISBN 978-2-915018-40-0)

Autre[modifier | modifier le code]

  • Marginal Notes, Doubtful Statements (2013)
    Notes marginales et bénéfices du doute, traduit par Josée Kamoun, Paris, Gallimard, Hors série Littérature, 2015 (ISBN 978-2-07-014799-1)

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Réception de l'œuvre[modifier | modifier le code]

À commencer par son roman Testament à l'anglaise, Johathan Coe connaît le succès auprès du public et jouit d'appréciations en général positives de la critique littéraire[4]. La motivation de l'octroi du prix Bauer-Ca' Foscari de l'Université Ca' Foscari de Venise affirme : « Grâce à son vif intérêt pour les sujets les plus cruciaux de la civilisation contemporaine, Jonathan Coe peut être considéré comme un romancier total et un classique de notre temps. »[22].

Livres primés[modifier | modifier le code]

prix du Meilleur livre étranger 1996[24] ;
prix Médicis étranger 1998[26] ;
– prix Arcebispo Juan de San Clemente 2004 (Espagne)[28] ;
prix Costa 2019 pour le meilleur roman[31].

Autres distinctions[modifier | modifier le code]

– doctorat honoris causa de la Birmingham City University[34] ;

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Biography », sur jonathancoewriter.com (consulté le ).
  2. a b c d et e Laity 2010.
  3. En parenthèse, avec des caractères normaux, la traduction des titres des œuvres non parus en français.
  4. a et b (en) « Jonathan 1961- », sur encyclopedia.com (consulté le ).
  5. (en) « Ox-tales. Elements », sur onlineshop.oxfam.org.uk (consulté le ).
  6. Coe 2007.
  7. « Testament à l'anglaise », sur babelio.com (consulté le ).
  8. « La maison du sommeil », sur babelio.com (consulté le ).
  9. « Bienvenue au club », sur babelio.com (consulté le ).
  10. « Le cercle fermé », sur babelio.com (consulté le ).
  11. « La Pluie avant qu'elle tombe », sur babelio.com (consulté le ).
  12. « La Vie très privée de Mr Sim », sur babelio.com (consulté le ).
  13. « Expo 58 », sur babelio.com (consulté le ).
  14. « Le Cœur de l'Angleterre », sur babelio.com (consulté le ).
  15. Leith 2018.
  16. « Le royaume désuni », sur babelio.com (consulté le ).
  17. (it) « La storia di Gulliver raccontata da Jonathan Coe », sur ibs.it (consulté le ).
  18. « Five Seconds to Spare », sur imdb.com (consulté le ).
  19. « La Vie très privée de Monsieur Sim », sur imdb.com (consulté le ).
  20. « What a Carve Up! », sur imdb.com (consulté le ).
  21. « The Rotter's Club », sur imdb.com (consulté le ).
  22. Cité par (en) « Biography », sur jonathancoewriter.com (consulté le ).
  23. Drabble 2011.
  24. « Palmarès du prix du Meilleur Livre Etranger », sur lalettredulibraire.com (consulté le ).
  25. (en) « WRITERS’ GUILD AWARDS 1996 », sur writersguild.org.uk (consulté le ).
  26. « Prix : Médicis Etranger », sur babelio.com (consulté le ).
  27. (en) « Bollinger Everyman Wodehouse Prize Winners », sur goodreads.com (consulté le ).
  28. (es) « Ganadores », sur premiosanclemente.es (consulté le ).
  29. Ezard 2005.
  30. Marques da Silva 2019.
  31. (en) « Costa Book Awards 2019: Category Winners Announced », sur costanewsroom.vuelio.co.uk, (consulté le ).
  32. (en) « Jonathan Coe », sur birmingham.ac.uk (consulté le ).
  33. (en) « Honorary Graduates of the University of Birmingham since 2000 », sur birmingham.ac.uk (consulté le ).
  34. (en) « Full list of honorary graduates », sur bcu.ac.uk (consulté le ).
  35. (en) « Jonathan Coe », sur rsliterature.org (consulté le ).
  36. Cowdrey 2016.
  37. (en) « JONATHAN COE WINS BAUER AWARD 2019 IN ITALY », sur felicitybryan.com, (consulté le ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Coe, Jonathan, « Deadly legacy » [« Héritage mortel »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • (en) Cowdrey, Katherine, « Jonathan Coe honoured by France » [« Jonathan Coe honoré par la France »], sur thebookseller.com, The Bookseller, (consulté le )
  • (en) Crown, Sarah, « Samuel Johnson Prize goes to Jonathan Coe » [« Le prix Samuel Johnson reçu par Jonathan Coe »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • (en) Drabble, Margaret, « We can't afford to lose the John Llewellyn Rhys prize » [« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le prix John Llewellyn Rhys »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • (en) Ezard, John, « Top prize for biography of writer who won no glory » [« Prix important pour la biographie d'un écrivain qui n'a pas atteint la gloire »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • (en) Laity, Paul, « A life in writing: Jonathan Coe » [« Vie d'écrivain : Jonathan Coe »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • (en) Leith, Sam, « Middle England by Jonathan Coe review – a bittersweet Brexit novel » [« Critique de Le Cœur de l'Angleterre de Jonathan Coe – un roman doux-amer sur le Brexit »], sur theguardian.com, The Guardian, (consulté le )
  • Marques da Silva, Isabel, « Une récompense littéraire pour le Brexit », sur fr.euronews.com, EURONEWS, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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