Jean Dessès

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Jean Dessès
Jeand Dessès portrait001.jpg

Jean Dessès 1954.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
AthènesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
CouturierVoir et modifier les données sur Wikidata

Jean Dessès, né Jean Dimitre Virginie, est un couturier, né de parents grecs à Alexandrie, en Égypte, le et mort à Athènes le . Il est mondialement reconnu comme un des plus importants créateurs de mode des années 1940, 1950 et 1960. Son travail, basé sur ses voyages, est principalement inspiré des costumes traditionnels des antiquités grécque et égyptienne. Son triomphe, ce furent les robes fleurs qui dégradaient cinquante et jusqu'à soixante mètres de mousseline dans les nuances les plus subtiles et les plus tendres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Dessès poursuit des études de droit afin d'entrer dans la carrière diplomatique. Attiré par la mode, le jeune étudiant , pour se faire un peu d'argent de poche, alla un jour présenter ses dessins à des couturiers. Le nom du premier qui consenti à lui acheter des croquis est tombé dans l'oubli mais, fort de ce premier succès il décida de continuer sa prospection. Madame Jane, directrice de la maison rue de la Paix, accepta de réaliser plusieurs de ses modèles. Ils furent si applaudis que, quelques semaines plus tard, elle lui confia la direction de ses studios. rue de la Paix, à Paris. En 1925[1]. Lâchant sans hésiter ses études, Jean Dessès accepte d'enthousiasme: les jeux ont étaient faits! Ces studios , il en conserva la direction pendant dix ans et ce fut sans doute un de nos rares couturiers qui, tout au long de sa carrière, continua à faire toutes ses toiles. À l'âge de 33 ans en 1937, il ouvrit sa maison, 37 avenue George-V[2],[1].

Ouverture boutique en 1937.

Puis en 1948, comme l'hôtel du baron Eiffel construit par l'architecte Henri Parent, se trouvait vacant il y transporta ses salons avec située au rez-de-chaussée, deux boutiques baptisées « Sœurs Hortensias ». L'une toute bleue et l'autre rose, respectivement pour les accessoires et colifichets, formule reprise de Paul Poiret. Pendant son séjour à Paris, la duchesse de Kent est venue admirer la collection de la nouvelle boutique. Mais le but était d'élargir le marché en touchant une clientèle moins fortunée ne pouvant pas se permettre le sur-mesure. Après la fermeture de la Maison Lucien Lelong, la Première de l'atelier tailleur, Germaine Devaucou, rejoint Jean Dessès.

L'année suivante, la maison de couture a 12 ans d'existence. Il abandonna ces locaux lors de sa démolition pour s'installer à deux pas, au 12 rond point des Champs-Élysées. Il présente en octobre 1949[3] sa collection et apporte aussi, le message de l'élégance parisienne aux États-Unis. Jusqu'en 1956, Jean Dessès a effectué douze voyages pour diffuser ses créations exclusives dans grands magasins de luxe Bergdorf Goodman, Neiman Marcus, Saks etc. et pour vendre des patronages aux confectionneurs des séries destinées au grand public. C'est alors le début du prêt-à-porter.

Robe Mousseline pour Bergdorf Goodman NY
Voyage Transatlantique - 1954.

En 1949, il lance une mode conceptuelle avec la collection Cerfs volants, définie par la ligne « Lasso ». Dessès crée personnellement toutes ses robes avec une précision et vitesse étonnante [4] coupe, drape, épingle lui-même ses modèles. Ses créations assurent la transition entre la mode d’après guerre et les temps nouveaux des années cinquante. Collectionneur et amateur d’art, Dessès se laisse influencer par des mouvements avant-gardistes afin d'innover et lancer de nouvelles tendances. À partir de 1950, Dessès conçoit des modèles pour la fabrication en série pour le marché américain.

Jean Dessès crée la boutique Bazar en 1953, pour vendre des robes sur mesures plus abordables que les modèles de haute couture. Elle remplace les magasins Hortensia et inspire à d’autres couturiers de nouvelles voies de distribution : Mary Quant reprend le nom pour la boutique à King's Road (Londres), Christian Lacroix l'utilise pour nommer sa collection de prêt-à-porter. En 1955, influencé par Jacques Fath qui après ses expériences aux États-Unis a créé sa ligne Université, Jean Dessès aussi, lance la ligne Diffusion, basée sur un système américain de confection en séries distribuées par la société qui les produit dans un certain nombre de magasins en France et en Afrique du Nord. C'est l'une des premières lignes de prêt-à-porter en France. Il s'entoure d'assistants, le modéliste en renom Guy Laroche et le styliste Valentino qui au sein de la maison commence sa carrière de couturier. La même année s'ouvre une boutique Jean Dessès à Athènes.[réf. nécessaire]

En 1958, la maison de couture Jean Dessès, avec un chiffre d'affaires annuel de 275 000 000 francs, emploie un personnel de 200 ouvriers. Dessès refuse, jusqu'en juin, certaines commodités qui lui ont été offertes, désirant conserver une égalité d'intérêts. Néanmoins, à la suite d'une opération immobilière, l'hôtel particulier du baron Eiffel est détruit alors que la maison de couture est en pleine élaboration d'une nouvelle collection, doit déménager. La même année, Jean Dessès avec Antoine Gridel, Nicole Fournier-Baronne Le Vasseur, Marina Veselowska, Suzanne Pichard, Marie-Louise Givonnet-Robin, Andréas Embirikos[5], Robert Lang, Guy Laroche, et Marcel Nicouleau, monte la Société Nouvelle Jean Dessès, 12 Rond-point des Champs-Élysées.

L'année suivante, le capital social est fortement augmenté et les fonds versés sont portés sur le compte courant de Jean Dessès. La nouvelle maison de couture comporte, en dehors du rayon robes, tailleurs et manteaux (prêt-à porter et sur mesure), dix nouveaux rayons qui, tout en s'incorporant dans l'ensemble de l'affaire, bénéficient d'une certaine autonomie : fourrure de luxe et boutique, chapeaux sur mesure et boutique, plage et sports d'hiver, sweaters et jersey coupés, chaussures de luxe sur mesure et prêt-à-porter, sacs, gants, lingerie et corps de maison, bijoux vrais et faux, objets, cadeaux et gadgets. Le département de robes, tailleurs et manteaux comporte plusieurs rayons très distincts, dont le rayon de prêt-à-porter Maria Carine, qui vend à des prix assez bas et présente des collections de prêt-à-porter avec du stock dans plusieurs tailles.

Robe de mariage pour la Princesse Margaret 1960.

Jean Dessès sait parfaitement nouer des liens durables avec ses clientes fortunées : la reine Frederika de Hanovre[6]ses filles Irène et Sophie de Grèce, la Duchesse de Kent, Farah Diba, Princesse Margaret, Tina Onassis, Maria Callas, Marlène Dietrich[7], Rita Hayworth, Marika Rökk, Maria Felix, Michèle Morgan, Martine Carol[8], Jacqueline Delubac etc.[9].

Marlene Dietrich habillée par JD pour Martin Roumagnac en 1946.

Dessès bénéficie alors de la confiance de ses amis, associés et financiers : Andréas Embiríkos, Aristote Onassis, Paul Boniface, René Burrus, et Christiane Leconte Meyer, marquise de Sourdis d'Escoubleau. Une succursale ouvre à Athènes en 1960, en collaboration avec les fourreurs Sistovaris. Lors d'un cocktail de gala sous patronage de la reine Frederika en 1961, Jean Dessès a présenté sa première collection de Haute Couture spécialement étudiée pour la vie méditerranéenne[10].


En 1963, les rédacteurs de mode ont reçu une circulaire qui les informait que Jean Dessès - le couturier de la cour de Grèce - abandonnait la haute couture, fermait sa maison du rond-point des Champs-Élysées et désirait se consacrer au prêt-à-porter et à la grande distribution. "Je capitule avec l'optimisme " dis le couturier. Jusqu'au cette année chaque saison, on annonçait que la haute couture était morte, que les acheteurs ne venait plus à Paris, mais les maisons de couture continuaient à présenter leur collections dans le plus grand secret et ne semblaient pas faire la faillite. Plein d'espoir Jean Dessès est le premier à passer la main. Il est pourtant l'un des plus anciens couturiers. Il a débuté en 1925 et dès ses débuts, il a participé aux grandes heures de la mode parisienne. Il est un des rares couturiers capable de dessiner, couper et réaliser un modèle.

La boutique prend le devant. La haute couture se retire, le luxe se déplace et la clientèle est triée sur le volet. Jean Dessès publie un communiqué annonçant l'arrêt d'exploitation du rayon « Fait sur mesure-Haute Couture » afin de moderniser les bases et les principes de la haute couture et ainsi pouvoir contrôler les prix de vente actuels. La maison d'Athènes subit une réduction de personnel et poursuit la vente de parfums, sweaters, cravates, foulards et prêt-à-porter. En 1968, alors que Jean Dessès est âgé de 64 ans, la société est placée en liquidation judiciaire. Le 17 octobre paraît un article dans le journal grec Apoyevmatini (en grec moderne Απογευματινή), présentant les collections de prêt-à-porter de Dessès-Sistovaris.

Mme Dessès, Elégance ultime

Les robes du soirs griffées Jean Dessès, uniques au monde appréciés de nos jours par les stars : Renee Zellweger en 2011 et Jennifer Lopez en 2006 lors de la cérémonie des Oscars s'inscrivant haut dans la liste des « must » vintage chic.[Quoi ?][11]

Dessès Yellow Glow
Robe verte, bijoux Roger Schémama
Collier de Roger Schémama pour Jean Dessès

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gaborit, p. 84.
  2. L’Officiel de la mode no 192 de 1937, p. 4 et 5. Publication de l'annonce par la directrice Madame P. de Wardner pour l'inauguration des salons de couture
  3. L’Officiel de la mode no 333-334 de 1949, p. 84 et 85.
  4. L’Art et la mode no 2730 de 1949, p. 94 et 95
  5. "L'Art et la mode" de 1950 No 2736, p. 52/53 Photo publié durant son séjour à New York, au cours du bal Knickerboker le prix du Gown of the year fut attribué à la robe qu'il avait créée pour Madame Embiricos
  6. L’Officiel de la mode no 411-412 de 1956, p. 182 et 183.
  7. Martin Roumagnac Fiche du film, robes créées par Jean Dessès
  8. L’Art et la mode no 2731 de 1949, p. 126 et 127
  9. L’Art et la mode no 2730 de 1949, p. 96 et 97 Photo de Jacqueline Delubac avec son couturier préfère
  10. L’Art et la mode no 3 de 1961, p. 138 et 139
  11. "Digs Frocks & Books" Renee Zellweger en 2011 et Jennifer Lopez en 2006 lors de la cérémonie des Oscars.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Gaborit, Parfums : Prestige et haute couture, Office du Livre, , 174 p. (ISBN 2826400258)