Lisa Fonssagrives

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Lisa Fonssagrives
Lisa Fonssagrives sur une photographie de mode prise par Toni Frissell à la Gare de Paddington en 1951 pour Harper's Bazaar.
Lisa Fonssagrives sur une photographie de mode prise par Toni Frissell à la Gare de Paddington en 1951 pour Harper's Bazaar.

Naissance
Drapeau de la Suède Suède
Nationalité Suédoise
Décès (à 80 ans)
New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Physique
Cheveux Blond[1]
Yeux Marrons
Taille 1,70 m
Mensurations 86 / 58 / 86 cm
Carrière
Formation Danse
Période active Des années 1930 aux années 1950

Lisa Fonssagrives, née Lisa Birgitta Bernstone ou Lisa Anderson, également appelée Lisa Fonssagrives-Penn après son remariage au photographe de mode américain Irving Penn, est une mannequin suédoise née le en Suède et morte le à New York. Elle est considérée comme le premier top model de l'histoire de la photographie de mode.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1911 Lisa Anderson puis Lisa Birgitta Bernstone après le changement de nom instauré par son père[2], semble-t-il à Uddevalla[n 1], elle fait des études d'arts et de danse en Allemagne à l'école de Mary Wigman[1]. Sa pratique de la danse, jeune, lui donnera ce maintien de tête si particulier[3]. Elle retourne en Suède et y ouvre une école de danse[1]. Partie en France pour participer à une compétition[1], elle y reste pour effectuer une carrière de danseuse[2]. Dans une école de danse, elle rencontre puis travaille comme professeur de danse avec le français Fernand Fonssagrives (en) dont elle prend le nom en 1935 suite à son mariage. Elle divorce en 1949 tout en conservant ce patronyme. Ils ont une fille, Mia Fonssagrives-Solow (née en 1941) connue comme sculptrice et créatrice de bijoux[4]. Abandonnant tous deux la danse, ils deviennent ces années là, lui un important photographe et elle la première[5],[6] top model[7],[8].

En 1936, le photographe Willy Maywald[n 2] découvre Lisa Fonssagrives dans un ascenseur et lui propose de poser pour des chapeaux[1]. Les tirages parviennent au Vogue français[n 3], et Horst P. Horst, qui dirige alors les studios du magazine, teste quelques photographies de Fonssagrives à la demande du magazine[1]. Peu après, son mari Fernand a un accident qui l'empêche de poursuivre sa carrière de danseur[9] : Lisa Fonssagrives lui donne un Rolleiflex et il commence à prendre des images, la photographiant tout le temps[1].

En mai 1939, elle est photographiée par Erwin Blumenfeld pour le Vogue français, parmi une vingtaine d'autres mannequins, au sommet de la tour Eiffel[10].

Rencontre avec Irving Penn[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle se rend aux États-Unis juste avant la Guerre[2], elle est déjà un top model. La Guerre est déclarée durant son voyage, et elle décide de rester à New York et y deviendra photographe jusqu'à la naissance de son enfant qu'elle aura avec Irving Penn[1].

Après la Seconde Guerre mondiale, elle est le mannequin attitré du couturier Christian Dior[11] et travaille principalement pour l'édition américaine de Vogue[1]. Lisa Fonssagrives inspire et travaille avec les plus célèbres photographes de mode : Horst, Hoyningen-Huene[2], Man Ray, Richard Avedon, Jean Moral… et bien sûr Irving Penn[n 4] avec qui elle se marie en 1950[12] et a un fils, Tom Penn. Elle devient un temps styliste[13], puis dans les années 1960, après avoir arrêté sa carrière de mannequin quelques années auparavant, elle devient sculptrice et est représentée par la galerie Marlborough Fine Art (en) de Manhattan[2].

Elle apparait fréquemment dans les pages du Vanity Fair (1913) (en) dans sa version originale, de Vogue américain et autres éditions dont elle fait environ 200 couvertures[6],[14], ou d'Harper's Bazaar, mais à la fin des années 1940, elle est le premier mannequin à faire la couverture du magazine Time[3],[8] en septembre 1949[15] dans lequel elle déclare : « C'est la robe qui importe, jamais, jamais la fille. je ne suis qu'un bon cintre[14]. » Durant cette même période, elle est payée pratiquement le double du salaire habituel des mannequins de l'époque[2],[3].

Elle meurt à New York début 1992[2] en ayant été, d'après Alexander Liberman des Éditions Condé Nast, le sujet des plus grandes photographies d'Irving Penn[3],[2] et dont il précise qu'« il est difficile d'imaginer l'histoire de la photographie de mode sans penser à Lisa Fonssagrives-Penn »[3] ce que confirme David Seidner (en), auteur d'un ouvrage à son sujet, en des termes équivalents[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Martin Harrison et David Seidner, Lisa Fonssagrives : Trente ans de classiques de la photo de mode, Schirmer Mosel, (1re éd. 1996), 150 p. (ISBN 978-3888146497, présentation en ligne)
  • Marlborough Gallery, Lisa Fonssagrives-Penn, sculptures, 1986, 7 pages (catalogue d'exposition)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est parfois indiqué qu'elle est née à Göteborg et qu'elle a passé son enfance à Uddevalla.
  2. Willy Maywald est un photographe de mode pour les maisons Dior, Fath, Griffe, ou Jacques Heim. Il a également travaillé pour Harper’s Bazaar. Willy Maywald est l'auteur de la célèbre photo, utilisée de multiples fois dans les ouvrages, du Tailleur Bar prise sur les quais de Seine en 1947. Dans les années 1950, il photographie tous les plus grands mannequins, telle Bettina.
  3. Il est à noter que les chapeaux sont un des éléments incontournables de la mode de l'époque, et que les différentes éditions internationales de Vogue plus particulièrement ont toujours apporté une considération importante à ceux-ci, ne serait-ce que par le nombre élevé de couvertures consacrées à cet accessoire.
  4. En 1947, Vogue demande à Irving Penn de réaliser une photo de groupe des douze mannequins les plus photographiés de la décennie ; il rencontre Lisa Fonssagrives lors de cette séance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j (en) David Sidner, « Lisa Fonssagrives-Penn by David Seidner », sur bombmagazine.org, (consulté le 20 avril 2013)
  2. a b c d e f g et h (en) « Lisa Fonssagrives-Penn, 80, Artist Who Gave Up Career as a Model », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 20 avril 2013) : « She was born in Uddevalla, Sweden. Her father, a dentist who also painted, changed the family name from Anderson, which he considered too commonplace, to Bernstone. »
  3. a b c d et e (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1950s, Londres, Conran Octopus, , 112 p. (ISBN 978 1 84091 603 4), « Lisa Fonssagrives-Penn 1950 », p. 14
  4. Joshua Levine, « Une discrète à l'ombre d'un géant », Vanity Fair n°48, juillet 2017, pages 80-89.
  5. (en) Rosemary Rank, « The First Supermodel », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 20 avril 2013)
  6. a et b (en) « An enduring model », Fashion, sur scotsman.com, Johnston Publishing Ltd, (consulté le 20 avril 2013) : « she was "the world's first supermodel", within the fashion industry Swedish-born Lisa Fonssagrives-Penn is generally considered to be the first beauty to be given the illustrious title »
  7. (en) Anita Singh, « Photographs of Angelina Jolie, Kate Moss and Britney Spears for sale at Christie's », Celebritynews, sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph, (consulté le 20 avril 2013) : « a portrait of Lisa Fonssagrives-Penn, photographed by her husband […] She has been described as the original supermodel, gracing the pages of Vogue in the 1940s and 1950s »
  8. a et b (en) Geoffrey Johnson, « On the life and work of photographer Beatrice Tonnesen », sur chicagomag.com, Chicago (magazine), (consulté le 20 avril 2013) : « Lisa Fonssagrives, recognized today as the original supermodel, appeared on the cover of Time magazine »
  9. (en) « Fernand Fonssagrives, 93, Photographer Of Fashion Models and Female Nudes », Arts, sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 20 avril 2013) : « He and Lisa married in 1935 and both became dancers, but he said he had to give that up after he was injured in a diving accident.  »
  10. Nathalie Herschdorfer (préf. Todd Brandow), Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast [« Coming into fashion »], Paris, Thames & Hudson, , 296 p. (ISBN 978-2-87811-393-8, présentation en ligne), « De nouvelles explorations », p. 70
  11. (en) « What the Critics Said and What They Really Meant About Dior Couture », The Cut, sur nymag.com, NYM, (consulté le 9 mars 2013) : « […] inspired by M. Christian Dior’s original “New Look” of 1947 and his curvaceous “Bar” jacket, and the iconic first super-model, Lisa Fonssagrives, wife of the fashion photographer, Irving Penn. »
  12. Martha Represa, « Laissez vous hypnotiser par Irving Penn », Styles, sur l'express.fr, L'Express, (consulté le 1er avril 2013) : « Cette connexion émotionnelle était spécialement intense avec le mannequin Lisa Fonssagrives, qu'il a épousé en 1950. La même année, il la photographiait portant une robe à carreaux noirs et blancs »
  13. (en) « Noted Model Designs Late Late Wear », Life, vol. 43, no 21,‎ , p. 98 à 101 (lire en ligne)
  14. a et b Harriet Worsley, 100 idées qui ont transformé la mode [« 100 ideas that changed fashion »], Paris, Seuil, , 215 p. (ISBN 9782021044133), « Les mannequins deviennent des stars : les top-modèles », p. 106
  15. [image] (en) « Lisa Fonssagrives Sep. 19, 1949 », Covers, sur time.com, Time (magazine) (consulté le 20 avril 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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