Jacques Cathelineau

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Jacques Cathelineau
Jacques Cathelineau par Girodet.
Jacques Cathelineau par Girodet.

Surnom Le Saint de l'Anjou
Naissance
Le Pin-en-Mauges
Décès (à 34 ans)
Saint-Florent-le-Vieil
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Grade Généralissime
Années de service 17931793
Conflits Guerre de Vendée
Faits d'armes Bataille de Thouars
Première Bataille de Fontenay-le-Comte
Bataille de Saumur
Bataille de Nantes
Famille Famille de Cathelineau

Jacques Cathelineau, né le 5 janvier 1759 au Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire) et mort le 14 juillet 1793 à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), fut, au cours de la guerre de Vendée, pendant la Révolution française, le premier généralissime de l'Armée catholique et royale. Il est surnommé « le Saint de l'Anjou ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jacques Cathelineau naît au Pin-en-Mauges, dans l'ancienne province d'Anjou. Son père, Jean Cathelineau, cumulait deux métiers, travaillant comme maçon l'été et tisserand l'hiver. Il a épousé Perrine Hudon en 1756 qui lui a donné quatre garçons et une fille : Jean (né en 1756, mort à Savenay le 23 décembre 1793), Marie Jeanne (née en 1761, surnommée « Jeannic »), Pierre Joseph (né en 1767, mortellement blessé à Cholet en mars 1794), Joseph (né en 1772, guillotiné le 27 mars 1793). Jacques, né en 1759, était le troisième enfant du couple. La Révolution décimera la famille Cathelineau, prenant à « Jeannic » ses quatre frères[1].

Enfant, Jacques est placé chez l’abbé Yves Michel Marchais, curé de La Chapelle-du-Genêt, dont l'influence était grande dans les Mauges. Cathelineau va recevoir l'enseignement spirituel de l'abbé Marchais pendant cinq ans, ce qui lui permettra d'obtenir une éducation plus approfondie que beaucoup de jeunes hommes de sa condition.

le 4 février 1777, Jacques Cathelineau épouse Louise Godin, de neuf ans son aînée. Ils auront onze enfants dont cinq décéderont dans leur première année. Il acquiert deux chevaux et exerçe la profession de colporteur et de voiturier[2], lors du déclenchement de la révolte en Vendée.

Cathelineau pendant la Révolution française[modifier | modifier le code]

Les Vendéens demandent à Cathelineau de prendre la tête de l'insurrection, peinture de Jules Gabriel Hubert-Sauzeau. , 1900.

Dans les premiers mois de la Révolution française, Jacques Cathelineau semble assez indifférent à la situation politique du pays. Il entre peu à peu en résistance à l'annonce des mesures antireligieuses. Il se montre ainsi hostile à l'installation des prêtres jureurs et aux persécutions contre les réfractaires. Au cours de l'été 1791, il conduit lui-même des processions clandestines à Notre-Dame de la Charité (dans le quartier de la Doutre à Angers) et au sanctuaire marial de Bellefontaine à Bégrolles-en-Mauges. Les autorités voient ces réunions d’un mauvais œil et ordonnent la destruction des sanctuaires.

L’étincelle de l’insurrection vient de la levée de 300.000 hommes décrétée le 24 février 1793. La colère qui couve depuis plus de deux ans fait place au soulèvement. Le , des jeunes gens du district de Saint-Florent-le-Vieil rassemblés pour tirer au sort, se soulèvent contre l'autorité, battent et dispersent la force armée, puis retournent tranquillement chez eux. Cathelineau, instruit de ces événements, abandonne sa chaumière, rassemble ses voisins et les persuade que le seul moyen de se soustraire au châtiment qui les attend est de prendre ouvertement les armes et de chasser les républicains. Le 12 mars, il prend l'initiative de réunir tous les hommes valides de son village pour affronter les républicains. Vingt-sept jeunes gens le suivent, s'arment à la hâte de tous les instruments qui leur tombent sous la main, et marchent sur Jallais, en sonnant le tocsin et en recrutant une foule de paysans qu'entraîne la voix de Cathelineau. Son autorité et son charisme le place naturellement à la tête des insurgés du Pin-en-Mauges qui écrivent ainsi le premier chapitre de la Guerre de Vendée.

Arrivé devant Jallais le 13 mars, défendu par 80 républicains et une pièce de canon, il s'empare du poste et enlève la pièce. Bientôt Chemillé, le 14 mars, est aussi emporté après une vive résistance : cet exploit exalte toutes les têtes, de nombreux renforts viennent encore accroître la troupe de Cathelineau.

Dès le 14 mars, il compte déjà 3 000 hommes sous les armes, et avec l'aide de Stofflet il se présente devant Cholet où il est encore vainqueur. C'est alors que l'importance toujours croissante de la révolte décide les Vendéens à choisir pour chefs Bonchamps et d'Elbée.

Cathelineau conserve sous ces chefs un rang important et une immense influence sur les paysans, et il combat avec sa bravoure ordinaire à Vihiers, Chalonnes. La campagne est alors interrompue, les insurgés rentrant chez eux pour célébrer les fêtes de Pâques.

Le 9 avril, ses bandes sont de nouveau sous les armes, mais il doit évacuer Chemillé et se retirer jusqu'à Tiffauges. Avec trois mille hommes, il se joint à Nicolas Stofflet, prend avec lui Cholet, Vihiers et Chalonnes. Il s'empare de Beaupréau le 23 avril et de Thouars le 5 mai.

Ayant repoussé à La Châtaigneraie, le 14 mai, le général Alexis Chalbos, il est battu à Fontenay-le-Comte le 16 mai ; il prend sa revanche en occupant Montreuil-Bellay et Saumur le .

Après la prise de cette dernière ville, l'insurrection a pris un tel degré d'importance que les chefs royalistes choisissent, pour assurer l'accord dans leurs opérations, de confier le commandement à un seul. Très aimé des troupes, il est proclamé par Louis Marie de Lescure et Maurice-Louis-Joseph Gigot d'Elbée généralissime de l'Armée catholique et royale par l'assemblée des chefs vendéens le , peut-être pour flatter les paysans constituant l'essentiel des troupes en mettant un des leurs au commandement de l'armée[3].

Mort[modifier | modifier le code]

Gravure représentant Jacques Cathelineau

Après avoir pris Angers sans difficulté le 23 juin, l'Armée catholique et royale est menée à l'attaque de Nantes, le 29 juin. Le nouveau généralissime se présente devant la ville de Nantes à la tête de 40 000 hommes, tandis que Charette doit le seconder avec 10 000 insurgés du Pays de Retz et du bas-Poitou. Mais cette expédition est mal combinée, elle vient échouer contre les efforts des habitants et d'une garnison de 12 000 hommes. Le 29, Jacques Cathelineau, qui attaque la porte de Rennes, pénètre jusqu'à la place Viarme où un coup de feu, tiré d'une fenêtre, le blesse. Voyant leur chef grièvement frappé, les Vendéens reculent et sont défaits.

Au soir du 29 juin, alors que retentissent les derniers coups de feu, Cathelineau est transporté sur une civière en direction de Saint-Florent-le-Vieil. Ses proches accourent, bien que l’on juge son état sans gravité. Le 13 juillet, une fièvre violente empire son mal. Il meurt le . Sa dépouille git en la chapelle Cathelineau à Saint-Florent-Le-Vieil (Maine-et-Loire)[4].

Son fils, Jacques-Joseph de Cathelineau sera anobli à la Restauration. Son petit-fils, Henri de Cathelineau, sera un officier pendant la Guerre franco-prussienne de (1870).

Depuis 1896, les dépouilles des trois hommes reposent au sein du même tombeau dans la Chapelle Saint-Charles à Saint-Florent-le-Vieil.

Regards contemporains[modifier | modifier le code]

« Cathelineau commandait les gens du Pin-en-Mauge et des environs. C'était, comme je l'ai dit, un simple paysan qui avait fait quelque temps le métier de colporteur pour le commerce des laines. Jamais on a vu un homme plus doux, plus modeste et meilleur. On avait pour lui d'autant plus d'égards, qu'il se mettait toujours à la dernière place. Il avait une intelligence extraordinaire, une éloquence entraînante, des talents naturels pour faire la guerre et diriger les soldats: il était âgé de trente-quatre ans. Les paysans l'adoraient, et lui portaient le plus grand respect. Il avait depuis longtemps une grande réputation de piété et de régularité ; tellement que les soldats l'appelaient le Saint de l'Anjou, et se plaçaient quand il le pouvaient auprès de lui dans les combats, pensant qu'on ne pouvait être blessé à côté d'un si saint homme[5]. »

— Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

En 1816, le roi Louis XVIII commande une série de tableaux représentant les grands chefs de la révolte vendéenne de 1793. Le tableau de Jacques Cathelineau est confié à Anne-Louis Girodet. En l'observant en 1824, le peintre et historien de l'art Charles-Paul Landon soulignera « l'énergie du pinceau, la vivacité de l'expression et ce beau fini qui distingue toutes les œuvres de Girodet. »

Le tableau va d'abord être envoyé au château de Saint-Cloud avant de rejoindre le château de Versailles en 1914 et finalement le Musée d'art et d'histoire de Cholet où il est possible de l'observer aujourd'hui.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Dupuy et Denoël, Cathelineau, Artège, 2013[6]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.vendee-chouannerie.com/Petite-histoire-de-Cathelineau-1--une-famille-vendeenne_a187.html
  2. Il est voiturier-transporteur (dans la verrerie royale d'Ingrandes dirigée par François Le Beuf). C. Mullié indique qu'il était un pauvre marchand de laine, selon d'autres un tisserand, et vivant tranquillement au sein de sa famille où il se faisait remarquer par sa dévotion.
  3. « Cathelineau (Jacques) » dans Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Paris, Robert Laffont, 1987, p. 627-628.
  4. « Chapelle Cathelineau », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, sixième édition, 1848. p.151.
  6. Analyse sur PlaneteBD.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]