Jabberwocky (poème)

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Jabberwocky
Twas brillig.jpg
Format
Partie de
Langue
Auteur
Genre
Nonsense verse (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Personnages
Bandersnatch (en)
Jaseroque (d)
Jubjub bird (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Date de parution
Œuvre dérivée
fichier audio
Illustration du Jabberwock par John Tenniel.

Le Jabberwocky (ou Jabberwock ou Jaseroque dans certaines traductions françaises) est un des poèmes les plus connus de Lewis Carroll, qui apparaît à l'origine dans De l'autre côté du miroir (Through the Looking-Glass, and What Alice Found There, 1871).

En triturant la langue et les mots, en inventant le mot-valise (qu'il appelle « portmanteau » en référence au mot français « porte-manteau »), Lewis Carroll ouvre une voie nouvelle pour les poètes et la poésie, qu'empruntent ensuite, en France, aussi bien Roussel et Artaud que Leiris, puis Queneau et les oulipiens comme Roubaud, Salon, Fournel ou encore Le Tellier.

Texte original[modifier | modifier le code]

Le poème est inséré dans le premier chapitre de De l'autre côté du miroir, où une glace est nécessaire à Alice pour parvenir à le lire, car il est imprimé à l'envers :

’Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

“Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!”

He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought—
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

“And hast thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!”
He chortled in his joy.

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

Lewis Carroll a lancé à ses traducteurs un vrai défi. Se frotter à la traduction de Jabberwocky, c'est à la fois pénétrer dans les profondeurs d’une langue et de son imaginaire, mais aussi se plier à une impérieuse et unique exigence de rythme, de musique et de sens.

La traduction souvent citée est la première des deux réalisées par Henri Parisot (1946), en voici un extrait pour la première strophe :

« Il était grilheure ; les slictueux toves
Sur l’alloinde gyraient et vriblaient ;
Tout flivoreux étaient les borogoves
Les vergons fourgus bourniflaient. »

Dans le long-métrage d'animation Alice au pays des merveilles de Walt Disney, le Chat du Cheshire chante ce refrain comme une rengaine. En français, elle a été traduite par :

« Fleurpageons
Les rhododendroves
Gyraient et gygemblaient dans les vabes
On frimait vers les pétunioves
et les momeraths engrabes »
.

Il existe plus de dix autres traductions. Un ouvrage a été consacré à cette question épineuse par Bernard Cerquiglini, linguiste et spécialiste de la langue française. Dans À travers le Jabberwocky de Lewis Carroll (paru aux éditions Le Castor astral), il se concentre sur cette première strophe, incontestablement la plus originale, et analyse onze de ces mots-valises, dans huit traductions, de celle, classique, de Parisot, à celle, « anti-grammaticale », d’Antonin Artaud. La préface de cet ouvrage est d'Hervé Le Tellier.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Musique et danse[modifier | modifier le code]

  • Tom Waits et Kathleen Brennan ont écrit une chanson nommée Jabberwocky.
  • Une chanson nommée Jabberwocky se trouve dans l'album Wolf Love du groupe de néofolk Omnia sorti en 2010. Ensuite, dans leur album Reflexions (2018), la chanson JabberMoonreprend exactement le poème de Lewis Carroll en répétant le premier couplet (strophe) à la fin.
  • Le groupe de danseurs hip-hop JabbaWockeeZ tient son nom du titre de ce poème.
  • Jabberwocky est aussi le nom d'un groupe français d'électro-pop, formé en 2013.
  • Marianne Faithfull interprète le poème dans son album Come my way enregistré en 1965.
  • Le Jabberwock est le titre d'une chanson de Steve Waring, dans laquelle il chante une des traductions françaises du poème.
  • The Jabberwocky est la piste d'introduction de l'album Sorrow Within These Walls... du groupe de black metal Born An Abomination.
  • Jabberwocky est une chanson de Colette Magny.
  • En 2018, la chanteuse médiévale et Youtubeuse Erutan a utilisé le texte d'origine et composé la mélodie pour créer une chanson et un clip titré "Jabberwocky" visible sur sa chaîne Youtube[1]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Jan Švankmajer crée un court métrage en 1973 nommé Jabberwocky.
  • Jabberwocky, film de Terry Gilliam de 1977, est également inspiré de ce poème.
  • Tim Burton, dans son film Alice au pays des merveilles (2010) met en scène le Jabberwock dans le rôle du « champion » de la Reine rouge s'opposant à Alice, « champion » de sa sœur, la Reine blanche. Il a l'apparence d'un dragon gigantesque et démoniaque, pourvu de moustache à l'instar d'un dragon oriental. Lors de l'affrontement entre Alice et lui, il parle un court instant, jusqu'à ce qu'Alice lui coupe la langue, puis pousse à nouveau les cris habituels d'un dragon. Dans la scène qui précède le retour d'Alice à la réalité, Mirana prélève du sang du Jabberwocky censé aider Alice à rentrer chez elle ; celui-ci est de couleur violette.

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Dans la série Better Off Ted (saison 1, épisode 12), un malentendu de communication est à l'origine d'immenses spéculations sur un pseudo-projet nommé Jabberwocky.
  • Dans la série Once Upon a Time in Wonderland, le Jabberwocky apparaît comme une créature emprisonnée au pays des merveilles. Il apparaît à Jafar (qui le libère) sous la forme d'une femme, capable de sonder les esprits pour découvrir les plus grandes peurs des gens et les utiliser pour les torturer.
  • Dans la mini-série Alice au pays des merveilles, le Chapelier et Alice sont pris en chasse par un Jabberwocky mais sont sauvés grâce à un piège du Chevalier blanc (qui a pour but d'attraper le dragon).
  • Dans la série Fargo (saison 2, épisode 6), Mike Milligan se met à réciter le poème de Lewis Caroll alors que lui et son équipe s'apprêtent à passer à l'action.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Jeux de rôle[modifier | modifier le code]

  • Le Jabberwock est un monstre chaotique particulièrement puissant dans la première édition du jeu de rôle Warhammer.
  • Le troisième bestiaire du jeu de rôle Pathfinder introduit le jabberwock parmi les créatures les plus puissantes du jeu, dragon féerique et destructeur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erutan, « Jabberwocky - performed by Erutan », (consulté le 4 avril 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]