Isabel Marant

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Isabel Marant, née le à Boulogne-Billancourt, est une créatrice de mode.

En 2014 elle a été récompensée aux Globes de Cristal dans la catégorie Meilleur créateur de mode.

Biographie[modifier | modifier le code]

Isabel Marant est née en 1967 d'un père français directeur d'une société d'audiovisuel et d'une mère allemande d'abord mannequin puis directrice de l'agence de mannequin Elite. Lorsqu'ils divorcent, Isabel se retrouve avec une belle-mère antillaise ce qui lui vaut son éducation cosmopolite.

C'est à l'âge de onze ans que celle-ci commence à se bricoler des tenues car les vêtements que lui proposaient ses parents ne lui plaisaient pas ; ainsi elle préférait chiper les vêtements de son père. À seize ans son père lui offre sa première machine à coudre et développe ainsi une passion pour les tissus : les techniques de tissages, les ennoblissements, les broderies... Isabel était loin d'être prédestinée à faire carrière dans la mode et se voyait à l'époque à l'école HEC, mais elle changea vite d'avis face à la bonne fortune de la marque Aller Simple (fait en tissus d'ameublement, torchons et serpillières) qu'elle et Christophe Lemaire, jeune étudiant en filière littéraire (plus tard directeur artistique de la griffe Lacoste et Hermès), ont créé en 1984 et qui leur faisait gagner déjà à l'époque l'équivalent du SMIC ; elle s'inscrit donc au cours Berçot en 1985.

En 1988 elle trouve sa voie au cours d'un stage chez Michel Klein, puis crée avec Bridget Yorke deux collections pour la marque York & Cole et assiste Marc Ascoli pour la direction artistique de marques comme Yohji Yamamoto ou Chloé. Isabel dit ne pas avoir de rêve de joaillerie. Elle dit détester les bijoux mais adorer le travail du métal et les "grigris". Elle se familiarise donc avec les bijoux au Côté d'Hervé van der Straeten, puis lance en 1989 une collection de ceintures et de bagues, puis une ligne de ceintures pour Claude Montana, une ligne de boutons et de colliers pour Étienne Brunel et une ligne de boucle de chaussures pour Michel Perry.

Elle lance en duo avec sa mère en 1990 une ligne de maille et de jersey qui s'intitule « Twen par Isabel Marant ». Quatre ans plus tard, 1994 la marque Isabel Marant est née. Elle effectue en 1994 son premier défilé Printemps-été 1995. Durant l'été 1997 elle fait une collection capsule pour Monoprix-Prisunic, puis en 1998 une collection pour La Redoute. En 1998 elle ouvre une première boutique a Paris dans le 11e arrondissement et reçoit en décembre l'award de la meilleure créatrice[précision nécessaire] et le « trophée Whirlpool de femme en or de l'année » dans le domaine de la mode. Elle ouvre en 1999 sa deuxième boutique à Paris dans le 6e arrondissement. En 2002 sort sa deuxième ligne « Étoile ». et une collection de lingerie pour Dim. En 2003 nait de son couple avec Jérôme Dreyfus (créateur de sac) un garçon. En 2004 elle lance une ligne enfant inspiré par son fils. En 2007 elle ouvre sa troisième boutique à Paris. Elle a aussi ouvert des boutiques à l'étranger. En 2013 elle lance une collection capsule pour H&M[1]. Révélée au grand public en novembre 2013, la collection est composée de vêtements aux imprimés aztèques, de franges dans un style simple et décontracté[2],[3]. Cette opération a connu un fort succès auprès du public[4].

Controverses[modifier | modifier le code]

La « petite robe noire » d'Isabel Marant[modifier | modifier le code]

Le , la marque de prêt-à-porter NAF NAF a été condamnée par le Tribunal de Grande Instance de Paris à payer à la styliste la somme de 75 000 euros pour copie d'une de ses robes chasubles noires à manches ballon fabriquées par Paris Paris et commercialisées par NAF NAF dans le cadre de la collection hiver 2006/2007 et qui constituaient bien une imitation de la robe présentée par Isabel Marant lors d'un défilé en février 2006[5].

Les « Stan Smith » d’Adidas[modifier | modifier le code]

Le , alors que les Stan Smith d'Adidas connaissent une véritable renaissance (avec plus de 25 millions d'exemplaires écoulés en 2015), la styliste Isabel Marant est accusée d'imitation[6] avec la création de la paire de chaussures Bart qui ressemblent particulièrement au modèle de chaussure de tennis Stan Smith produit par Adidas et sorti en 1964. Cependant, la copie doit être suffisamment probante pour que la marque Adidas engage une procédure[7].

La « Blouse de Tlahuitoltepec » de la communauté Santa Maria Tlahuitoltepec Mixe[modifier | modifier le code]

Le , la communauté d'Indiens Mixe, située dans la municipalité de Santa María Tlahuitoltepec de l'Oaxaca au Mexique, accuse la créatrice Isabel Marant d'utiliser à des fins commerciales[8] et de copier les motifs d'un habit traditionnel des femmes Tlahuitoltepec[9],[10].

Il s'agit de la « Blouse de Tlahuitoltepec »[n 1] dont « les éléments et patrons graphiques »[12] figurent sur la robe nommée Viola par Isabel Marant, dans sa collection "Étoile" été 2015. La designer est accusée de plagier les motifs du vêtement qui représente la culture et l'identité de la communauté de Tlahuitoltepec[n 2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En langue Ayuujk qui signifie « les gens de la parole fleurie »[11], dans la population Mixe de l'état d'Oaxaca, la blouse est dénommée Xaamïxuy.
  2. Erasmo Hernández González[13], représentant et président de la municipalité de Tlahuitoltepec, lors d'une conférence de presse en juin 2015[14], défend l'identité de la « Blouse de Tlahuitoltepec » (Xaamïxuy) considérée comme le patrimoine culturel de sa communauté : « reflétant la cosmogonie, l'histoire, la cuisine, la musique et l'art…. La « Blouse de Tlahuitoltepec » déploient des figures imaginaires qui se réfèrent à l'équilibre de la langue Ayuujk. C'est une carte, une forme de relation au monde. Elle recrée le quotidien. Elle préside au collectif. Elle introduit la communauté. La blouse est identité. »[8],[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Isabel Marant pour H&M », sur tendances-de-mode.com,‎ (consulté le 1er décembre 2013)
  2. « La collection Isabel Marant pour H&M est dévoilée ! », sur marieclaire.fr,‎ (consulté le 27 décembre 2013)
  3. « La collection Isabel Marant pour H&M », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 27 décembre 2013)
  4. « Isabel Marant pour H&M : files d'attente et petites combines des heureuses élues sur Ebay », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 27 décembre 2013)
  5. « Naf Naf condamné pour avoir copié une «petite robe noire» d'Isabel Marant », sur 20minutes.fr,‎ (consulté le 27 décembre 2013)
  6. (en) Kelsey Drain, « Isabel Marant Accused Of Imitating Adidas' Sneaker », sur le site « FashionTimes.com »,‎ (consulté le 22 novembre 2015).
  7. (en) TFL, « Did Isabel Marant Copy Adidas? », sur le site « TheFashionLaw.com »,‎ (consulté le 22 novembre 2015).
  8. a et b (es) Javier Brandoli, « Las indígenas Tlahuitoltepec acusan a la diseñadora francesa Isabel Marant de plagiar su blusa típica », sur le site du quotidien El Mundo,‎ (consulté le 21 novembre 2015).
  9. (en) Naomi Larsson, « Inspiration or plagiarism? Mexicans seek reparations for French designer’s look-alike blouse », sur le site du quotidien The Guardian,‎ (consulté le 21 novembre 2015).
  10. Julianna McDermott, « La designer Isabel Marant accusée d'avoir copié le design d'une robe mexicaine ancestrale », sur le site Le Huffington Post Québec,‎ (consulté le 21 novembre 2015).
  11. Gaël Grilhot, « Mexique : à Tlahuitoltepec, « la parole fleurie » contre l’abandon », sur le site « Grotius.fr, Médias & humanitaire »,‎ (consulté le 18 novembre 2015).
  12. (es) « Tlahuitoltepec : contra la apropiación de un Patrimonio Cultural », sur le site « Tlahuitoltepec.com »,‎ (consulté le 18 novembre 2015) : « Pronunciamiento del presidente municipal de Tlahuitoltepec », p. 3.
  13. a et b (es) Pronunciamiento de Santa María Tlahuitoltepec Mixe contra plagio de su patrimonio cultural sur YouTube.
  14. (es) Mayra Martínez, « Emprenderá Tlahuitoltpec, defensa legal de su blusa, plagiada por diseñadora francesa Isabel Marant », sur le site « NSS Oaxaca »,‎ (consulté le 22 novembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Reportage[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]