Loïc Prigent

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Loïc Prigent
Naissance (48 ans)
Plouescat
Profession Journaliste
Spécialité Mode
Autres activités Documentariste
Médias
Presse écrite Libération
Vogue Paris
Télévision Arte, Canal+, TF1

Loïc Prigent, né le [1] à Plouescat, est un journaliste et un documentariste français[2] spécialisé dans la mode ainsi que fondateur de la société de production Deralf. Arrivant de Bretagne, il couvre tout d’abord la mode à Paris pour Libération ou Canal +.

Biographie[modifier | modifier le code]

Journalisme[modifier | modifier le code]

Loïc Prigent commence à créer des fanzines[3]. Il lit i-D, The Face, Interview, Actuel ou Globe[4]. Au lycée, il rencontre Gildas Loaëc[5], créateur de la maison Kitsuné, avec qui il restera ami[4]. Durant les années SIDA, il est militant à Act Up-Paris avec Pascal Loubet[6]. Ils créent ensemble le fanzine Têtu, consacré à la musique électro, qui sera repris plus tard par Pierre Bergé et deviendra le magazine phare de la communauté gay[7].

Après sa rencontre avec Michel Cressole[4], il devient journaliste-pigiste[5] à Libération où il intègre la rubrique Mode aux côtés de Marie Colmant et Gérard Lefort[4]. C’est pour le quotidien qu’il se retrouve pour la première fois à un défilé, avec pour mission d'écrire sur le show ; « J'avais piqué un carton » précise-t-il[8]. Plutôt qu’un simple compte rendu, il rapporte l'ambiance des coulisses, les potins des shows avec un humour décalé : « Je ne suis pas une rédactrice de mode » explique t-il[4]. Dans une interview accordée au magazine Paulette, il précise : « Je ne suis pas sûr que ce soit un choix, c’est ma vision du monde en général. Je vis la mode comme ça, je l’aime comme ça. Je suis quelqu’un qui rit sur de nombreux sujets sans cynisme ». Ceci marquera le début de ce qui est appelé le « ton Loïc Prigent » plein d'humour[9].

Repéré par le directeur de l'agence CAPA qui l'introduit à Canal+[4], il rejoint l'émission Nulle part ailleurs à la fin des années 1990[8],[10].

Loïc Prigent accède à la notoriété en 2005 en réalisant son documentaire sur la maison Chanel, intitulé Signé Chanel. Ce documentaire, feuilleton en cinq épisodes sur une collection haute couture Chanel, est produit par Mademoiselle Agnès pour la chaîne franco-allemande Arte. La première diffusion réalise un record d'audience sur sa case horaire. Le documentaire est ensuite acheté dans le monde entier, notamment par la chaîne britannique BBC et l'américaine Sundance Channel. L’idée du film lui était venue lors d’une soirée mondaine, quand il entendit une femme se réjouir de ce que les couturiers aient passé 3 000 heures à travailler sur sa robe. Loïc Prigent veut montrer comment se crée une collection de A à Z[11]. Pour ce projet, Loïc Prigent bénéficiait de l’accord de la maison Chanel, ainsi que de celui de Karl Lagerfeld qui le surnomme « le Mediapart de la mode »[5].

En 2008, il démarre le tournage, sur plusieurs années, d'une série de documentaires pour Arte intitulés Le jour d'avant sur les coulisses de certaines maisons de couture[12],[4]. Il est l'un des premiers à filmer la création, le travail, l'entourage et les à-côtés de la mode, de l'atelier ou du défilé[13]. Vers la même époque, il a également une émission intitulée Prêt-à-porter tout de suite chaque semaine sur Stylia[4]. Par la suite, il débute avec Mademoiselle Agnès sa série sarcastique de reportages Habillées pour… diffusés sur Canal+[4], reportages décalés tournés durant les Semaines de la mode à Paris tous les six mois[14] et dont le but est de « s’infiltrer dans le tumulte des défilés »[10].

En 2011, il répond au site Internet Pose Mag qui l’interroge sur ce qu’est selon lui la mode : « La mode c’est l’hystérie, le léger, le futile, le sens, le non-sens, la fureur de vivre, l’inconscience de tout, l’égoïsme, la futilité, la conscience de tout, l’énergie constamment renouvelée, la narration, l’oubli et la mémoire, c’est un sacré moteur et un sacré révélateur ».

Il dirige le magazine hebdomadaire Metropolis d'ARTE.

Depuis 2012, il signe, avec son compère Willy Papa, la rubrique « Sexy Demain » dans l’émission hebdomadaire présentée par Maïtena Biraben, Le Supplément, sur Canal+[5].

Son activité professionnelle consiste également à réaliser des films « institutionnels » ou publicitaires pour les marques[5]. Loïc Prigent collabore également, à ses débuts, au magazine Depeche Mode, puis à Numéro, Madame Figaro, L'Express, ainsi que Vogue Paris[5] et le Vanity Fair français.

Il réalise Jean Paul Gaultier travaille diffusé au printemps 2015[15].

Depuis , il est chroniqueur dans l'émission Stupéfiant !, présentée par Léa Salamé[16] et publie à la fin de l'année J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste, « un livre qui rassemble mes meilleurs tweets » précise-t-il[17],[18].

Chaîne Youtube[modifier | modifier le code]

Loïc Prigent lance une chaine YouTube, au début du mois d', afin de publier les backstages des derniers défilés haute couture, en restant fidèle à son ton habituel[9],[19]. Le journaliste comptabilise 2 mois après le lancement de sa chaine plus de 28 000 abonnés, qu'il « plonge en immersion dans les coulisses » du milieu de la mode[20] chaque dimanche matin.

Loïc Prigent permet, aux amateurs de mode, d'avoir un accès intime aux backstages de grandes marques. Il part donc aussi à la rencontre de différents invités du défilé, des rédacteurs, mannequins ou acteurs mais aussi les organisateurs de défilé, comme Alexandre de Betak, directeur artistique.

Dans les coulisses de la Fashion Week[modifier | modifier le code]

En 2010, Loïc Prigent dirige l’exposition L’homme par Loïc Prigent au Bon Marché, à Paris. L’idée est de représenter l’homme sans trop de stéréotype. L’exposition allie une sélection hétéroclites de livres (Maigret, Norman Mailer et Madame Bovary), de photographies (Pascal Loubet dont il compare l'œuvre à celle du photographe américain Bruce Weber) et la diffusion de trois petits films inédits (sur les défilés Lanvin, Dior Homme et Dries Van Noten). L'année suivante il préface l'ouvrage sur Delphine Manivet.

Il est l’auteur de la rubrique « La Phrase entendue », dans un humour caustique, qui devient rapidement culte. Le , il migre sur Twitter et c’est désormais sur les réseaux sociaux qu’il tacle les fashionistas[21]. Sarcastiques ou cyniques sur l'univers de la mode, ces messages quotidiens sont remarqués par les médias[5]. Il précise entendre ces « petites phrases » lui même ou les recevoir d'autres personnes : « […] il faut venir aux évènements Dior ou Balmain et assister au spectacle se déroulant… devant l'entrée. Entre les stars et les influenceuses qui créent des émeutes, les rédactrices de mode aux looks incroyables, les mannequins ou les photographes, c'est plus amusant que le Festival de Cannes[22] ! »

Publications[modifier | modifier le code]

  • J’adore la mode mais c'est tout ce que je déteste, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2016, 280 p. (ISBN 978-2-246-86289-5)
  • Passe-moi le champagne, j'ai un chat dans la gorge, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2019.

Exposition[modifier | modifier le code]

Entendu au Bon Marché par Loïc Prigent, le Bon Marché, février-[23]

Discographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Velvet 99, 1996
  • La vraie vie des blondes, 1998
  • Yves Saint Laurent, 2001[5]
  • Hollywood, le règne des séries, 2005
  • Signé Chanel, 2005
  • Les voix de la France, 2007
  • Louis Vuitton & Marc Jacobs, 2007
  • Série Le jour d'avant[10], volume 1 :
    • Sonia Rykiel
    • Jean Paul Gaultier
    • Proenza Schouler
    • Fendi
  • Série Le jour d'avant, volume 2 :
    • Donatella Versace
    • Diane Von Fustenberg
    • Nina Ricci
    • Narciso Rodriguez
    • Jeremy Scott
    • Alexander Wang
    • Lanvin
    • Isabel Marant
  • Karl Lagerfeld se dessine, 2013
  • Inside The Mothership, 2014[24]
  • La mode des années 1990, 2014, Arte, 6 X 9 minutes[25],[26]
  • La ligne Balmain, 2014[13],[27]
  • Série Habillé(e)s pour…, Canal+ :
    • Habillé(e)s pour l'été, 2012[4]
    • Habillé(e)s pour l'été, 2013[28]
    • Habillé(e)s pour l'hiver, 2013-2014[14]
    • Habillé(e)s pour l'hiver, 2014-2015[29]
    • Habillé(e)s pour l'été, 2015[30]
  • Le testament d'Alexander McQueen, 2015
  • Scandales de la mode, documentaire coproduit par Arte Geie, Deralf, Bangumi, 2016[31]
  • Qu'est-ce que la haute couture?, documentaire coproduit par Arte Geie, Deralf, Bangumi, 2016
  • British Style, 2017
  • 52 minutes de mode, 2018
  • Des hommes stylés, 2018
  • Les dessins de Christian Dior, 2018
  • Je t'aime encore (Yelle), 2020

Références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Leclerc-Mougne, « Loïc Prigent : Réalisateur et documentariste », Stylist, Groupe Marie Claire, no 15,‎ , p. 74 (ISSN 2266-8306)
  2. « Loïc Prigent - IMDb », sur IMDb (consulté le ).
  3. http://www.pose-mag.fr/2011/01/rencontre-virtuelle-avec-loic-prigent/
  4. a b c d e f g h i et j « Loïc Prigent: "Je rêverais d'être une caméra de surveillance" », Mode, sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le )
  5. a b c d e f g et h « Loïc Prigent, l'homme qui taillait la mode », Mode, sur lemonde.fr, Le Monde,
  6. Jérémy Piette, « Le graphisme des années sida, du virus au viral », sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
  7. « Loïc Prigent: "Je rêverais d'être une caméra de surveillance" », sur LExpress.fr, (consulté le )
  8. a et b Emilie Gavoille, « “La mode des années 90” passée en revue façon Loïc Prigent », sur telerama.fr, Télérama, (consulté le )
  9. a et b Charlotte Brunel et Caroline Rousseau, « La mode a-t-elle encore le sens de l'humour », L'Express Styles, no 3217,‎ , p. 147
  10. a b et c Article et interview in :« Loïc Prigent, l'interview », sur Les Inrocks, (consulté le )
  11. http://www.arte.tv/fr/signe-chanel/799550.html
  12. Emilie Gavoille, « Les documentaires cousus main de Loïc Prigent », sur telerama.fr, Télérama,
  13. a et b Joseph Ghosn, « De Balmain à Louboutin : filmer la mode », Le Nouvel Observateur, no 2603,‎ , p. 118 (ISSN 0029-4713)
  14. a et b « Loïc Prigent: «Mademoiselle Agnès est un passeport ambulant» », sur 20minutes.fr, 20 minutes, (consulté le )
  15. Pierre Groppo, « Le complice de Vogue : Loïc Prigent », Vogue Paris, no 956,‎ , p. 44 (ISSN 0750-3628)
  16. Rémi Jacob, « Qui est Loïc Prigent, le chroniqueur de Stupéfiant ! (France 2) ? » sur Télé Loisirs, 28 septembre 2016
  17. Mina Soundiram, « #Loïc Prigent », L'Express Styles, no supplément à L'Express n° 3404,‎ , p. 102
  18. « Loïc Prigent épingle la mode, Catherine Deneuve en fait la lecture », sur lepoint.fr (consulté le )
  19. Vanity Fair et Condé Nast Digital France, « Loïc Prigent lance sa chaîne YouTube », sur Vanity Fair, (consulté le )
  20. Madame Figaro, « Le chroniqueur Loïc Prigent fait ses débuts sur YouTube », sur Madame Figaro, (consulté le )
  21. Ophélie Meunier, « Twitter : la Fashion Week sans langue de bois de Loïc Prigent », sur elle.fr, (consulté le ).
  22. Interview de Loïc Prigent in : Clémence Levasseur, « À Paris la mode ne meurt jamais, même en 2020 ! », Le Parisien week-end, no supplément au Parisien n° 23726,‎ , p. 52
  23. “Entendu au Bon Marché”, la nouvelle expo insolente de Loïc Prigent, Les Inrocks, 22 février 2017
  24. Mario Bessière, « Inside Fendi avec Loïc Prigent », sur Madame Figaro, (consulté le )
  25. Géraldine Dormoy, « Prigent passe la mode des années 1990 au shaker », Styles, sur blogs.lexpress.fr, L'Express, (consulté le )
  26. Clément Ghys, « La mode façon rues 90 », sur liberation.fr, (consulté le )
  27. Marie Evenou, « Ce week-end, Arte se met à l’heure de la Fashion Week », Mode, sur mariefrance.fr, Reworld Media, (consulté le )
  28. Marie-Caroline Bougère, « "Habillée pour l'été 2013" ce soir sur Canal Plus », Styles, sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le )
  29. « « Habillées pour l’hiver » : Loïc Prigent et Mademoiselle Agnès nous racontent les dessous de l’émission - Elle », sur elle.fr, Elle, (consulté le )
  30. Laura Cathelineau, « Habillées pour l'hiver 2014-2015 ce soir sur Canal + », Styles, sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le )
  31. À voir : "Scandales de la mode", le documentaire provoc de Loïc Prigent, Vogue, 12 juillet 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]