Hypaspistes

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Hypaspiste par Johnny Shumate

Les hypaspistes, ou « porte-boucliers », sont une troupe d'infanterie d'élite dans l'armée macédonienne sous Philippe II et Alexandre le Grand et à l'époque des monarchies séleucide (305 à 64 av. J.-C.) et antigonide (277 à 168 av. J.-C.).

Au temps de Philippe II et d'Alexandre[modifier | modifier le code]

Leur nom complet est ὑπασπισταὶ τῶν ἑταίρων / hupaspistaì tỗn hetaírôn (« les Porte-boucliers des Compagnons »). Il s'agit en effet à l'origine des valets d'armes des phalangites. Cependant Philippe II, afin de réduire le train de vie de ces derniers, les oblige à porter eux-mêmes leurs armes et leurs vivres. À la suite de cette réforme, les hypaspistes, recrutés parmi les jeunes nobles macédoniens, forment une unité d'environ 3 000 hommes divisée en 6 loches (bataillons). Ils sont commandés jusqu'en 331 av. J.-C. par Nicanor, fils de Parménion et frère de Philotas qui trouve la mort à Gaugamèles.

Leur armement est au départ assez similaire à celui des peltastes grecs. Comme les phalangites, ils ne portent pas de cuirasse, excepté peut-être les officiers. Ils sont équipés d'un bouclier rond d'environ 75 cm de diamètre, d'un casque de type thrace orné de deux plumes, d'une épée en fer et d'une lance courte (la doratia) plus maniable que la sarisse. Les hypaspistes forment donc avec les peltastes, frondeurs, javeliniers et archers, l'infanterie légère ; mais leur puissance de choc les apparente plutôt à des phalangites en plus mobiles.

Les hypaspistes du premier bataillon, sélectionnés en fonction de leur taille, forment l'agèma (garde) royale ; ils sont connus sous l'appellation de basilikoi hypaspistai (« porteurs de bouclier royaux »). Les hypaspistes royaux gardent les appartements du roi et occupent une place d'honneur dans l'ordre de bataille. Il s'agit donc d'une unité d'infanterie d'élite qu'il convient de ne pas confondre avec les sômatophylaques, gardes du corps du roi.

Sur le champ de bataille, le rôle des hypaspistes est de servir de chaînon entre les cavaliers et les fantassins de la phalange. Ils protègent le flanc droit de la phalange, ce qui est une position honorifique puisque traditionnellement l'armée macédonienne lance sur ce flanc l'assaut décisif. Ainsi quand la cavalerie s'avance, c'est aux hypaspistes d'occuper rapidement le terrain en précédant l'infanterie lourde. À la fin du règne d'Alexandre, durant la campagne d'Inde, les hypaspistes vétérans prennent le nom d'Argyraspides (« Boucliers d'argent »).

Sous les Antigonides[modifier | modifier le code]

Les hypaspistes disparaissent en tant qu'unité combattante puisqu'ils sont désormais reconnus sous le terme d'Argyraspides. Dans le royaume antigonide, le terme « hypaspistes » ne renvoie maintenant qu'aux seuls gardes du corps directs du roi. On rencontre ainsi une de ces unités à la fin de la bataille de Cynoscéphales racontée par Polybe[réf. nécessaire] : un hypaspiste est chargé par Philippe V d'aller brûler les archives royales à Larissa. Pour autant un contingent de 2 000 à 3 000 fantassins d'élite constitue la Garde royale (ou agèma) sur le modèle des hypaspistes. Ils sont appelés peltastes par Polybe et Tite-Live probablement parce qu'ils utilisent une péltê.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Foulon, « Hypaspistes, peltastes, chrysaspides, argyraspides, chalcaspides », Revue des Études Anciennes, n°98 (1996), p. 53-63 ;
  • E.M Anson, « Alexander's Hypaspists and the Argyraspids », Historia, n°30 (1981), p.117-120 ;

Articles connexes[modifier | modifier le code]