Hibakusha

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Toyoko Kugata, Hibakusha de 22 ans, recevant des traitements à l'hôpital de la Croix-Rouge de Hiroshima, 6 octobre 1945

Hibakusha (被爆者/被曝者, hi 被 «affecté» + baku 爆 «bombe» ou 曝 «exposition » + sha 者 « personne »?, soit « personne affectée par la bombe » ou « personne affectée par l'exposition »)[1],[2] est un emprunt linguistique d'origine japonaise qui désigne généralement les victimes des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki les 6 et sous les ordres de Harry S. Truman.

Définition[modifier | modifier le code]

Le terme « Hibakusha » est un emprunt linguistique japonais, originalement écrit en kanji. Si le terme Hibakusha 被爆者 (hi 被 « affecté » + baku  爆 « bombe » + sha 者 « personne ») a pu être utilisé précédemment en japonais pour toute victime de bombe, sa démocratisation mondiale a conduit à une définition concernant les victimes des bombes nucléaires larguées au Japon par l'armée américaine les 6 et . Les victimes des bombes nucléaires à Hiroshima et Nagasaki ayant été les premières victimes de telles armes, le terme en japonais a été repris pour les désigner spécifiquement mais définit aussi d'autres victimes de bombes nucléaires, telles que celles des essais nucléaires de Bikini, d'Algérie, du Tibet, au Kazakhstan et dans le Xinjiang et celles d'armes à uranium appauvri, dont celle probable de Fallujah en 2004[3].

Les mouvements et associations anti-nucléaires, et notamment celles d'hibakushas, ont élargi le terme pour désigner toute victime directe de désastre nucléaire, et notamment celles de la centrale nucléaire de Fukushima,[4]. Il leur est donc préféré l'écriture 被曝者 (hi 被 « affecté » + baku 曝 « exposition » + sha 者 « personne »), soit « personne affectée par l'exposition », sous-entendu « personne affectée par l'exposition nucléaire »[5]. Cette définition tend depuis 2011 à être reprise[6],[7].

Le statut juridique de Hibakusha est reconnu à certaines personnes, principalement par le gouvernement japonais.

L'écrivaine Svetlana Aleksievitch, prix Nobel de littérature 2015, reprend le terme hibakushi dans son essais La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse (1997) : «Avez-vous entendu parler des hibakushi de Hiroshima ? Les survivants de l'explosion. Ils ne peuvent se marier qu'entre eux. On n'en parle pas, chez nous. On n'écrit rien à ce sujet. Mais nous existons, nous autres, les hibakushi de Tchernobyl»[8].

Chiffres[modifier | modifier le code]

Le gouvernement japonais a reconnu le statut de Hibakusha à environ 650 000 personnes.

En , il y avait 372 264 hibakushas en vie reconnus par le gouvernement japonais[9]. En , ils étaient 266 598[10]. Au , 154 859 étaient encore en vie, principalement au Japon[11].

Les mémoriaux à Hiroshima et Nagasaki (en) contiennent la liste des noms hibakushas reconnus et décédés depuis les bombardements. Ils sont mis à jour annuellement à l'anniversaire des bombardements. En , les mémoriaux contenaient les noms de 495 000 hibakusha; 314 118 à Hiroshima[12] et 179 226 à Nagasaki[13].

Le nombre de personnes tuées par l'explosion, la chaleur et la tempête de feu consécutive, est difficile à déterminer et seules des estimations sont disponibles. Le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) reprend les données de l'Enquête de Bombardements Stratégiques des États-Unis (United States Strategic Bombing Survey ou USSBS) et avance les nombres de 70 000 personnes pour Hiroshima et de 40 000 personnes pour Nagasaki. Pour sa part, le musée du mémorial pour la paix d'Hiroshima avance le nombre de 140 000 morts, pour la seule ville d'Hiroshima 6. Selon l'historien Howard Zinn, le nombre de victimes atteint 250 000 7. À celles-ci s'ajoutent les morts causées ultérieurement par divers types de cancers (334 cancers et 231 leucémies sur la population suivie recensés par l'ABCC, moins de 2 000 au total selon une source américaine) et de pathologies, alors que selon d'autres estimations, le nombre de victimes dues au syndrome d'irradiation aiguë est largement supérieur 8,9,10.

Hiroshima - Little Boy[modifier | modifier le code]

Écolière hibakusha non-identifiée, Hôpital de la Croix-Rouge de Hiroshima,

Le nombre des victimes ne sera sans doute jamais connu car les circonstances (ville en partie évacuée, présence de réfugiés venant d'autres villes, destruction des archives d'état civil, disparition simultanée de tous les membres d’une même famille, crémations de masse, censure suivie) rendent toute comptabilité exacte impossible, en particulier des morts survenues dans les premières heures :

  • d’après une estimation de l'Enquête de Bombardements Stratégiques des États-Unis en 1946 (durant l'occupation), la population au moment de l’attaque aurait été de 245 000 habitants, de 70 000 à 80 000 d’entre eux auraient été tués et autant blessés59 ;
  • d’après une estimation du Département de l'Énergie des États-Unis en 1956, sur une population de 256 300 personnes, 68 000 d’entre elles furent tuées et 76 000 blessées 60 ;
  • d’après une estimation de la Fondation de Recherche sur les Effets de la Radiation (Radiation Effects Research Foundation ou RERF, succédant à l'ABCC), sur une population de 310 000 personnes, de 90 000 à 140 000 d’entre elles furent tuées 61 ;
  • d'après le maire d'Hiroshima Tadatoshi Akiba lors d'un discours en 2005, le nombre total des morts le jour-même s’élèverait à 237 06262.

D'après une étude réalisée par échantillonnage en (durant l'occupation alliée) par la faculté de médecine de l'université impériale de Tokyo, 73,5 % des victimes seraient décédées dès le bombardement ou le jour même63. 11,3 % des victimes auraient décédé avant la fin de la première semaine, et 3,4 % au cours de la deuxième semaine ; dans l'ensemble, près des neuf dixièmes des victimes (88,3 %) seraient décédées dans cette première période de deux semaines. Le reste aurait décédé majoritairement (9,9 % des victimes) après trois à huit semaines, et quelques-uns encore (1,4 % des victimes) après trois à quatre mois.

D'après la même étude, mais sur un échantillon différent, 26,2 % des victimes moururent le premier jour de causes inconnues, 45,5 % moururent de causes « mécaniques » consécutives au souffle de l'explosion et aux incendies (écrasements, traumatismes, brûlures) ; 16,3 % de brûlures dues au « flash thermique » de l'explosion nucléaire ; et 12,0 % des suites de l'irradiation. Si l'on considère que les causes inconnues sont essentiellement des causes « mécaniques », cette catégorie serait donc à l'origine de plus de 70 % des décès.

Mémorial de la paix d'Hiroshima. Au 1er plan, flamme de la Paix à l'emplacement de l'hypocentre de "Litlle boy", au 2e plan cénotaphe des Hibakushas, au 3e plan musée de la Paix.

Nagasaki - Fat Man[modifier | modifier le code]

Brûlures thermiques profondes d'un Hibakusha.

De même qu'à Hiroshima, le nombre des victimes à Nagasaki a fait l'objet de plusieurs estimations. Selon les mêmes sources :

  • d’après l’estimation de 1946 : 35 000 personnes auraient été tuées et un peu plus blessées ;
  • d’après celle de 1956 : sur une population de 173 800 habitants, 38 000 furent tués et 21 000 blessés ;
  • d’après la plus récente : sur une population de 250 000 habitants, 60 000 à 80 000 d’entre eux furent tués.

Il existe à Nagasaki quelques particularités par rapport à Hiroshima :

  • l’arme utilisée étant plus puissante (une puissance équivalente à environ 20 000 tonnes de TNT) les dommages proches de l’hypocentre semblent avoir été plus importants ;
  • grâce aux collines, les destructions ont été moins étendues car le relief a protégé certains quartiers ;
  • l’habitat étant plus diffus, la violence des incendies fut plus limitée, ils mirent deux heures pour prendre des proportions importantes, avec une durée de quelques heures et il n'y eut pas de conflagration généralisée ;
  • l’arme étant d’un modèle différent (bombe à plutonium au lieu d’une bombe à uranium) la répartition du rayonnement γ et neutrons a été différente, ce qui semble avoir modifié la fréquence des types de leucémies observées.
Mémorial de l'hypocentre de l'explosion de Fat Man, Nagasaki

Classification[modifier | modifier le code]

Brûlure de Hibakusha symptomatique du rayonnement thermique. Les motifs foncés du vêtement porté au moment du « flash ».

Certains hôpitaux japonais et le centre de recherches, d'études et d'expérimentations militaires américain (l'Atomic Bomb Casualty Commission (en) ou ABCC[14]) ont classé et analysé les répercussions des bombes nucléaires sur le corps et pour les hôpitaux éventuellement traiter les séquelles des Hibakushas, dans des situations encore inconnues jusqu'alors. Leurs traitements se perfectionnèrent dans un contexte expérimental[14].

Le rapport par le comité japonais donna des données détaillées et décrit différents stades des effets sur les survivants peu après la Bombe :

  • Stade 1 : « blessures causées par commotion, blessures externes, brûlures causées par la chaleur… » avec un taux de mortalité atteignant 80 % dans un cercle d'1 km en dessous de l'hypocentre, ainsi que "des symptômes variés dus aux blessures radioactives: hémorragie des muqueuses, fièvre douloureuse, nausées, hémorragies du système respiratoire et du système digestif.
  • Stade 2 : « période environ 1 mois et demi après la bombe durant de la 3e à la 8e semaine, […] symptômes tels que la perte de cheveux, hémorragies sous une différente forme comme une légère hémorragie de la peau » [15]
  • Stade 3 : Les survivants commençaient à récupérer dans le 3e ou 4e mois après le bombardement, variant selon le nombre de globules blancs présents.
  • Stade 4, futur : les scientifiques avaient noté des différences de capacités reproductives mais demandaient plus d'investigation. Cette partie décrivait ce qui sera plus tard appelé le syndrome d'irradiation aiguë [16]

L'ABCC a créé une typologie en quatre types de victimes de la Bombe :

  • ceux qui étaient présents à quelques kilomètres de l'épicentre des explosions quand elles ont eu lieu ;
  • ceux qui ont été à moins de 2 km d'un épicentre pendant les deux semaines qui ont suivi une des explosions ;
  • ceux qui ont été exposés aux radiations des retombées ;
  • Les bébés qui étaient dans le ventre de leur mère à la déflagration entrent également dans l'une trois catégories précédentes tout en constituant une catégorie propre.

Affections médicales spécifiques à long-terme[modifier | modifier le code]

Si l'immense majorité des victimes des bombes nucléaires est décédée dans l'année qui a suivi les déflagrations, les Hibakusha ayant survécu à long terme sont principalement sensibles à certaines maladies :

  • Les leucémies : selon les analyses de l'ABCC à partir de 1947, une augmentation de l’incidence des leucémies a été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum serait atteint en 1951, ensuite cette incidence aurait décliné[17] pour "disparaître" en 1985. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été reconnu 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations[18] ;
  • les cancers « solides » : L'étude des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l’incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations[19] ;
  • effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l'homme), d’une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5 % à 1 %)[20].

Acquis sociaux[modifier | modifier le code]

Scène de rue le lendemain de Fat Man (), 1,1 km de l'hypocentre, Nagasaki. Yōsuke Yamahata

Les bombes nucléaires ayant presque entièrement rasé les deux villes de Hiroshima et Nagasaki, le personnel médical ayant aussi subi de nombreuses pertes et le gouvernement n'étant pas préparé à une telle catastrophe humanitaire ajouté à la peur des radiations, les survivants aux conséquences directes de la bombe ont pour la majorité souffert d'extrême précarité, de famine, de manque d'accès aux soins médicaux et de sans-abrisme[21],[22]. Le manque de connaissance sur les radiations a aggravé leur situation.

Mis à part le groupe de Hibakushas japonaises, connu sous l'appellation « Hiroshima Maidens », qui a gagné gain de cause en 1955 pour bénéficier de chirurgie esthétique afin de limiter les défigurations qu'elles avaient subies à la suite de la Bombe, aucune aide ni allocation n'a jamais été allouée par les États-Unis. L'aide médicale ainsi que les allocations sont uniquement dispensées par le gouvernement japonais.

La plupart des droits sociaux acquis pour les Hibakushas a été poussée par l'organisation de Hibakushas Nihon Hidankyo, formée en 1956 et regroupant les victimes des Bombes A et H à la suite de « Castle Bravo ». À la suite de leur pression, le premier hôpital spécialement destiné aux Hibakushas a ouvert à Hiroshima en 1956, date à laquelle a commencé leur recensement, soit 11 ans après les bombardements[23]. L'immense majorité des Hibakushas est donc décédée sans aucun recensement, aucune reconnaissance légale, juridique ni aide médicale spécialisée.

Avant midi, . Une mère et son fils reçoivent des boules de riz (onigiri) d'une équipe de secours d'urgence. 1,5 km au sud-est de l'hypocentre, Nagasaki. Yosuke Yamahata

Fin 1956, le parlement japonais passa la loi sur l'assistance médicale des victimes de la bombe A, donnant accès à une prise en charge médicale gratuite pour les Hibakushas dans les centres spécialisés. Pour obtenir le statut de Hibakusha, il faut une preuve certifiée de son emplacement exact au moment de la déflagration, deux témoins (ce qui est difficile à trouver étant donné le nombre de pertes) et éventuellement un rapport clinique et des tests sanguins, ce qui fut difficile à procurer (voir discriminations). Cependant, dès la première année du programme, 200 984 personnes ont demandé le statut de Hibakusha[24].

En 1967 fut adoptée une loi assurant une prise en charge complète pour les hibakushas affectés de maladies graves ou handicaps physiques à la suite de la Bombe A ou H[4]. Durant les années 1970, les Hibakushas non-japonais ayant souffert des attaques atomiques demandèrent à pouvoir également avoir accès à ces soins et la possibilité de rester au Japon pour raisons médicales. Cette loi a été votée et appliquée par la cour suprême japonaise en 1978 [1][2]. Cependant, si les Hibakushas Sud-Coréens ont pu tardivement recevoir une compensation par le gouvernement japonais, ceux Nord-Coréens n'en ont jamais reçu, le Japon n'entretenant aucune relation diplomatique avec la Corée du Nord[25].

L'État japonais garantit depuis 1995 à tous les Hibakushas reconnus une allocation à hauteur de 100 000 yens (environ 700 euros)[26]. Parmi eux, ceux reconnus comme étant atteints de maladies liées aux radiations reçoivent une allocation de santé spéciale depuis juin 2001.

La Haute Cour d'Hiroshima a ordonné en 2005 à l'État japonais de verser 48 millions de yens (380 000 euros) de compensations à quarante survivants Sud-Coréens amenés à Hiroshima avant 1945 comme travailleurs forcés[26].

Le , Tsutomu Yamaguchi fut le premier Hibakusha reconnu comme victime des deux bombardements atomiques[27]. Il succomba à un cancer de l'estomac le lundi [28].

Discrimination[modifier | modifier le code]

Outre la grande précarité physique, médicale et financière, les Hibakusha ont été victimes de fortes discriminations.

Rejet par la population japonaise[modifier | modifier le code]

Les hibakushas ont été et seraient encore victimes de fortes discriminations dû au manque de connaissances et la peur des maladies liées à l'irradiation, certaines personnes pensant que ce sont des maladies congénitales ou que leur radiation serait contagieuse et selon certaines sources à cause de leur association avec la défaite du Japon à la guerre ou la peur que le fait de leur venir en aide ait pu être considéré comme de l'antiaméricanisme durant l'occupation post-guerre[29],[30],[31],[14]. 80 % des hibakushas ayant survécu à long terme et n'ayant pas eu de séquelles visibles auraient caché leur statut d'Hibakusha[5].

On notera que les descendants d'Hibakushas ont tendance à être également victimes de discrimination si connus comme tel, alors même que la recherche n'a pas permis d'observer une augmentation des malformations ou des troubles génétiques de ces derniers sauf chez ceux ayant été dans le ventre de leur mère durant ou peu après la Bombe (et considérés alors eux-mêmes comme Hibakusha) [32],[4].

Les Hibakushas ont notamment souvent eu de grandes difficultés ou impossibilité à obtenir un emploi, à se marier et avoir une famille, à avoir droit à un logement et une assurance ou simplement à entrer dans un onsen[26]. En 1975, le taux de chômage des Hibakusha était 70 % plus élevé que le reste de la population[33]. Les femmes ont particulièrement été discriminées et ont eu des difficultés à se marier, la belle-famille pensant souvent qu'elles allaient donner naissance à des enfants difformes. Ce rejet a causé outre les morts prématurées dues aux radiations un fort taux de suicide des Hibakushas, leur stress post-traumatique n'ayant pas été pris suffisamment en compte, devant souvent cacher leur statut de victime, n'ayant souvent plus aucune ressource, souvent laissés handicapés, dû à la mort de nombreux membres de leur propre famille et face au désespoir d'une mort souvent proche.

Si une loi a été adoptée en leur faveur en 1968, ce n'est qu'en 1995 que le Japon a fini par octroyer une compensation à ces victimes, à hauteur de 100 000 yens (700 euros), et leur assurance de prise en charge médicale complète n'est entrée en vigueur qu'en [26].

Censure de l'occupation, CCD 1945-1952[modifier | modifier le code]

Le détachement de censure civile ("Civil Censorship Detachment", ou CCD) était une branche de la section d'intelligence civile (Civil Intelligence Section, CIS). Il fut installé comme organisme de censure à la fin de la seconde guerre mondiale par l'occupation alliée, essentiellement américaine. Son but était de « supprimer la circulation de quelconque matériel portant atteinte aux objectifs de l'occupation » et collecter des informations personnelles, lettres, appels, écrits, censurer les journaux et les rapports médicaux [34]. Si les bombes atomiques n'étaient pas un sujet censuré en soi, les travaux littéraires, journalistiques ou les données personnelles à ce sujet le furent, ceci dans le but de ne pas « alarmer la population », ne pas laisser la possibilité aux Japonais de demander un statut de victime ou d'impliquer les États-Unis dans un jugement pour crimes de guerre ou crime contre l'humanité, durant la guerre ou l'occupation.

Une censure médicale fut aussi mise en place pour deux raisons: que l'armée américaine fut en contrôle des informations existantes et collecter des informations sur les effets des bombes atomiques (par l'ABCC) pour après pouvoir supprimer le système de collecte d'informations. « Rien ne devrait être imprimé qui pourrait, directement ou indirectement, déranger la tranquillité du public » était la ligne d'interprétation de censure, ce qui laissait carte blanche au CDD[35].

Dans la censure liée aux bombes atomiques, on voit que les États-Unis ont justifié leur usage de la bombe atomique, notamment dans le système scolaire. Les enfants Hibakushas, certains ayant perdu leur famille entière ainsi que leur foyer, dont ceux qui décéderont les mois et années suivants des radiations, étudièrent les bienfaits ou le « mal nécessaire » de la Bombe nucléaire. L'occupation a également empêché les citoyens japonais de parler de leurs expériences de Hibakusha. Cela a mené à limiter la possibilité de pouvoir témoigner et digérer l'expérience et pour les Hibakusha a limité leur possibilité d'organisation et d'aide pour les problèmes qu'ils rencontraient dû aux bombes[36],[37]. Les Hibakusha se sont également vu confisquer toute donnée personnelle liée à la Bombe (photographies, carnet intime et autres), et ne pouvaient que difficilement communiquer avec l'extérieur, leurs communications étant très largement censurées.

La politique en place était d'« éliminer toute critique flagrante des pouvoirs alliés », exceptée celle de l'URSS en regard de l'avancée de la Guerre Froide[34],[38].Les ouvrages sur Hiroshima et Nagasaki nécessitaient plusieurs validations par différentes agences, notamment pour ne pas divulguer d'informations sur les bombes à des forces étrangères et « ne pas alarmer le public », mais également pour ne pas ternir l'image de l'utilisation de la bombe atomique[39]. Plusieurs passages des Cloches de Nagasaki ont par exemple été censurés, et des dialogues ont été ajoutés afin de ne pas remettre en cause l'utilisation de la bombe nucléaire par l'armée américaine et donc la justifier en discutant des crimes de l'armée japonaise[40],[41].

Ce n'est que sept ans après la guerre que la situation à Hiroshima et Nagasaki put être communiquée et que les publications puissent être à nouveau libres, sans que les confiscations soient rendues. Certains Japonais n'apprirent la situation qu'alors. Jusque-là, les Hibakusha et leur situation étaient murés dans le silence [42].

L'ABCC et les examens médicaux[modifier | modifier le code]

Logo de l'ABCC

L' Atomic Bomb Casualty Commission (ABCC, 1946-1975) récoltait des informations sur les effets médicaux de la bombe nucléaire sur les Hibakushas sans donner quelque soin ou soulagement médical ou compensation financière pour les études qui pouvaient durer la journée entière pour une population déjà largement paupérisée. Même s'il ne s'agissait pas d'un organisme même de l'occupation, c'était un appareil de collection d'informations pour les États-Unis. Si des médecins japonais et américains travaillaient pour le projet, les États-Unis prirent finalement possession de toutes les données de recherche, études, photographies et spécimens (dont des parties du corps, prélevées parfois sans consentement de la famille) collectées et sont encore aujourd'hui pour beaucoup aux États-Unis. Les informations récoltées par les médecins n'avaient pas le droit d'être publiées ou partagées au Japon durant l'occupation. Celles-ci comportent des rapports médicaux et des autopsies d'hibakushas[43]. La majorité des rapports sur les conséquences humanitaires de la Bombe fut suspendue, aux États-Unis comme au Japon. Une propagande a également été mise en place pour contredire les résultats médicaux, et notamment les effets de la radiation, dans la presse américaine[44]. Si les médecins japonais ont soigné et collecté des informations sur les patients en créant des dossiers, les rapports ont par la suite été collectés par les États-Unis et non-autorisés à la publication et restent encore difficiles d'accès aux archives nationales du Maryland[45]. Certains spécimens humains et des records cliniques prélevés furent gardés aux États-Unis jusqu'en mai 1973, au détriment des familles Hibakusha[46].

Etude Américaine des conséquences des brûlures thermiques sur les Hibakushas, notamment les chéloïdes et les handicaps physiques induits.

Beaucoup de hibakushas ont témoigné de l'humiliation de devoir se montrer nus des heures durant et être photographiés, filmés et examinés comme cobayes par l'ABCC, montrer sa calvitie très gênante, faire des prises de sang et des prélèvements sans aucun soutien quel qu'il soit[47],[25]. Les victimes ont décrit un harcèlement de la part de l'ABCC, qui rappelait régulièrement pour des examens, voire allait chercher les enfants devant l'école sans le consentement (ou même malgré la protestation) des parents[48],[49]. Les nombreuses heures passées à être étudiés étaient de plus une difficulté supplémentaire pour les Hibakushas à la discrimination qui leur rendait difficile l'accès à un emploi, sans aucune compensation ni pécuniaire ni en collation, alors qu'une majorité de Hibakusha fut réduite à l'extrême précarité. L'ABCC a également pratiqué de nombreuses autopsies, à hauteur de 500 par an, avec des prélèvements de tissus et parties du corps, souvent sans l'accord des familles, pour être envoyés aux États-Unis[50]. Ces autopsies étaient souvent pratiquées sur les corps juste après la mort, ce qui était difficile pour la famille. Les survivants ont donc eu droit à un harcèlement sans aucune contrepartie, les morts, même des enfants, avaient droit à la dissection.

Locaux de l'ABCC, 1955

Si la plupart des femmes survivantes enceintes au moment de la Bombe ont fait des fausses-couches, les bébés ayant survécu ont présenté des microcéphalies, maladies cardiaques, de sévères retards mentaux et de développement en résultat aux fortes expositions aux radiations in utero. Les femmes furent informées que c'était à cause du stress et de la malnutrition, ce qui les culpabilisait de leur propre situation. Les résultats médicaux sur les radiations ne leur étant pas divulgués par censure, les survivantes n'ont découvert que plus tard les vraies raisons des anomalies[51],[52]. Sans donnée disponible, aucune conclusion ne pouvait être atteinte et empêchait quelconque publication sur les hibakushas. Étant donné que les rapports étaient censurés, peu savaient les conséquences des radiations, ce qui a mené aux morts de ceux restés exposés à la radioactivité et aux discriminations dû à l'incompréhension de leur situation inédite. Pour les Hibakushas décédés, le prélèvement de leurs organes sans consentement était une violation des souhaits de la famille, mais pour les survivants ce sont leurs dossiers médicaux, dont les survivants à long terme ont eu besoin pour prouver leur statut de Hibakusha et obtenir une aide médicale adéquate, qui disparaissaient[53]. Quand les rapports médicaux furent finalement accessibles, il était trop tard pour beaucoup de hibakushas[54]. Quand les hibakushas eurent droit à une aide médicale de l'État japonais, ils durent fournir de la documentation pour prouver leur statut. Étant donné que plus de 23 000 données, incluant des rapports cliniques, des restes humains et autres étaient conservés en secret défense aux États-Unis jusqu'en mai 1973, beaucoup de Hibakushas ont eu des difficultés à prouver leur statut [55],[56].

Hibakushas de Nagasaki durant la cérémonie de commémoration de la bombe atomique chantant « Never Again », en 2012

Commémoration[modifier | modifier le code]

Les mémoriaux de Hiroshima et Nagasaki[57] comportent plusieurs cénotaphes, tombes, tertres funéraires et monuments aux morts à la mémoire des Hibakushas, dont ceux dédiés aux populations étrangères Hibakusha condamnées aux travaux forcés. Chacun des mémoriaux appelle à la Paix.

Toro- nagashi défilant sur la rivière Ōta proche de l'hypocentre de la bombe nucléaire, tous les 6 août, en commémoration aux Hibakushas décédés ce jour en 1945. Chaque Toro représente une vie. Hiroshima, 2012

À l'anniversaire de chacun des bombardements, une cérémonie est organisée aux mémoriaux en hommage aux victimes et pour la Paix, souvent associé à un discours anti-nucléaire. Une minute de silence est observée à l'heure exacte du largage de la Bombe (8h15 à Hiroshima, 11h02 à Nagasaki).

Les Hibakushas sont depuis des dizaines d'années invités d'honneur aux cérémonies annuelles de commémoration de la bombe nucléaire les 6 août à Hiroshima et 9 à Nagasaki, qui laissent généralement la place à au moins un témoignage ou discours de l'un d'entre eux, à des chants et autres performances.

La ville de Hiroshima organise à l'anniversaire de la Bombe une cérémonie de Toro-Nagashi retransmise à la télévision à partir du crépuscule, où, après un discours, les civils peuvent mettre à l'eau un Toro sur la rivière passant à côté de l'hypocentre de la Bombe, où beaucoup de Hibakusha sont décédés le jour-même. Chaque Toro représente une personne étant décédée des causes de Little Boy.

Terumi Tanaka (en), secrétaire général de Hidankyo et hibakusha, témoignant de son expérience de la bombe nucléaire en conférence à Vienne à l'AIEA dans le cadre de la sensibilisation pour le TNPN, 2007.

Militantisme et engagement politique[modifier | modifier le code]

Le fut formé Nihon Hidankyo, la confédération des victimes des bombes A et H[58]. Tous ses membres, hibakushas, ont poussé le gouvernement japonais et succédé à obtenir les lois sur la prise en charge médicale des victimes de la bombe A (1956) et celle sur les mesures spéciales des souffrants (1967)[4]. L'association est depuis sa création très active contre toute forme d'utilisation nucléaire, plaide régulièrement à l'ONU, organise des manifestations et marche en tête des mouvements pacifistes[58].

Plusieurs Hibakushas (Setsuko Thurlow, Sunao Tsuboi (en), Terumi Tanaka (en), Shuntaro Hida, Sumiteru Taniguchi, Kiyoshi Tanimoto parmi d'autres) se sont engagés et sont ou ont été souvent amenés à témoigner de leur expérience de l'utilisation nucléaire à des fins militaires afin de sensibiliser à l'aspect unique de ces armes et leur dangerosité, notamment à l'ONU. Ils sont souvent invités et ont une place prépondérante dans les discours et organisations anti-nucléaires, anti-militaristes et pacifistes[59],[60],[61],[62],[63].

L'association Gensuikin, le congrès japonais contre les bombes A et H formé en 1965, comporte de nombreux membres hibakushas et travaille en collaboration avec leurs associations [64].

En 1969, Sadako Kurihara, hibakusha, poétesse et militante anti-nucléaire, fonda la Gensuikin Hiroshima Haha no Kai (« Mères de Hiroshima », groupe contre les bombes A et H et de soutien aux mères hibakushas.

Certains Hibakushas ont été particulièrement critiques à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima et au discours du 44e président des États-Unis Barack Obama au mémorial de Hiroshima en 2016[65],[66].

Makoto Takahara, Hibakusha, rencontrant le secrétaire exécutif de OTICE Lassina Zerbo avec Takemi Chiku, coordinatrice des relations légales et externes.

Setsuko Thurlow, militante hibakusha anti-nucléaire, ambassadrice et membre fondateur de la campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires ICAN, délivra le discours de réception du Prix Nobel de la Paix décerné à ce mouvement en 2017[67],[68]. Rare Hibakusha anglophone, elle a permis par le biais de nombreuses associations et conférences à sensibiliser au traumatisme nucléaire.

Hibakushas célèbres[modifier | modifier le code]

Setsuko Thurlow, Hibakusha de Hiroshima, ambassadrice d'ICAN ayant délivré le discours de réception du prix Nobel de la Paix de ICAN en 2017.

Hiroshima[modifier | modifier le code]

  • Hashizume Bun, Hibakusha de Hiroshima à 14 ans, auteure de Le jour où le soleil est tombé - J'avais 14 ans à Hiroshima, 2007
  • Ikuo Hirayama, Hibakusha à 15 ans, peintre
  • Isao Harimoto[69], Hibakusha de Hiroshima à 5 ans, joueur professionnel de Baseball.
  • Issey Miyake, Hibakusha de Hiroshima à 7 ans, designer.
  • Keiji Nakazawa, Hibakusha de Hiroshima à 6 ans, mangaka et auteur de Gen d'Hiroshima (はだしのゲン, Hadashi no Gen)
  • Ken Naganuma, Hibakusha de Hiroshima à 14 ans, joueur professionnel de football
  • Kiyoshi Tanimoto, Hibakusha à 36 ans, pasteur méthodiste, militant anti-nucléaire, ayant aidé les Hiroshima Maidens et à l'acquisition de droits pour les Hibakushas. Prix de la Paix à son nom.
  • Koko Kondo (en), Hibakusha de Hiroshima à 1 an, activiste pacifiste
  • Masaru Kawasaki (en), Hibakusha de Hiroshima à 19 ans, compositeur et chef d'orchestre, a composé la marche funèbre jouée à l'anniversaire de la bombe nucléaire à Hiroshima depuis 1975
  • Michihiko Hachiya (en), Hibakusha de Hiroshima à 42 ans, médecin et soignant des Hibakusha, auteur de Journal d'Hiroshima : 6 août-30 septembre 1945.
  • Mitoyo Kawate, Hibakusha de Hiroshima à 56 ans, doyenne de l'Humanité du 31 octobre au 13 novembre 2003
  • Sadako Kurihara, Hibakusha de Hiroshima à 32 ans, poétesse, militante anti-nucléaire et fondatrice de Gensuikin Hiroshima Haha no Kai (« Mères de Hiroshima », groupe contre les bombes A et H)
Statue de Sadako Sasaki portant un origami de grue, au Mémorial de la Paix d'Hiroshima
  • Sadako Sasaki, Hibakusha de Hiroshima à 2 ans, atteinte à 11 ans d'une leucémie aiguë due aux radiations, a essayé de faire 1 000 origamis de grue selon la légende que cela lui permettrait de réaliser un vœu et donc, pour elle, de survivre. Meurt à 12 ans après avoir réalisé 644 grues. Les origamis de grue et elle sont devenus des symboles de la Paix et de la bombe nucléaire.
Origamis de grue, symbole pacifiste et anti-nucléaire en référence à Sadako

Nagasaki[modifier | modifier le code]

Photo célèbre de Sumiteru Taniguchi après la déflagration de Nagasaki prise par un marine de l'armée américaine, janvier 1946
  • Sumiteru Taniguchi, Hibakusha de Nagasaki à 16 ans, connu pour une photo de lui le dos dépecé prise par un G.I., militant pacifiste anti-nucléaire, président du conseil de la bombe A de Nagasaki, coprésident de Nihon Hidankyo en 2010.
Barack Obama, 44e président des EUA, serrant Shigeaki Mori (en), Hibakusha. Assis à gauche, Sunao Tsuboi (en), 27 mai 2016.

Hiroshima et Nagasaki[modifier | modifier le code]

  • Tsutomu Yamaguchi, le seul hibakusha reconnu officiellement comme ayant subi les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki.

Représentations artistiques et documentaires[modifier | modifier le code]

Littérature (原爆文学 Genbaku bungaku)[modifier | modifier le code]

La littérature de la bombe (原爆文学 Genbaku bungaku) est considérée comme un genre littéraire à part entière au Japon.

Littérature Hibakusha[modifier | modifier le code]

Si beaucoup d’œuvres d'Hibakushas sont considérées comme des oeuvres majeures au Japon, beaucoup n'ont pas été traduites en Français. La majorité des oeuvres écrites entre 1945 et 1952 ont d'abord été publiées sur le marché noir.

  • Hiroshima, fleurs d'été (夏の花 Natsu no hana), Tamiki Hara, 1946
  • Des Ruines, (Haikyou kara), Tamiki Hara, 1947
  • Prélude à l'annihilation, (Kaimetsu no joukyoku), Tamiki Hara, 1949
  • La ville des cadavres (屍の街 Shikabane no machi), Yōko Ōta, 1948
  • Lambeaux humains (人間襤褸 Ningen Ranru), Yōko Ōta, 1951
  • Pénitence (Sange), Shinoe Shōda, 1947
  • Arrivée d’une nouvelle vie (Umashimenkana), Sadako Kurihara, 1946,
  • Témoin de Hiroshima (Watashi wa Hiroshima wo shogen suru), Sadako Kurihara, 1967
  • Documents sur Hiroshima 24 ans plus tard (Dokyumento Hiroshima 24 nen), Sadako Kurihara, 1970
  • Rituel de mort (Matsuri no ba), Kyôko Hayashi, 1975
  • Poèmes de la bombe atomique (Genbaku shishu), Sankichi Toge, 1951
  • Les cloches de Nagasaki (長崎の鐘, Nagasaki no Kane), Takashi Nagai, 1949
  • Little boy: Récit des jours d'Hiroshima, Shuntaro Hida, Quintette, 1984
  • Le jour où le soleil est tombé - J'avais 14 ans à Hiroshima, Hashizume Bun, 2007, Ed. Cénacle de France, 219 p.
  • Yoko’s Diary: The Life of a Young Girl in Hiroshima During World War II, Yoko Hosokawa
  • Journal d'Hiroshima : 6 août-30 septembre 1945, Michihiko Hachiya (en)
  • Il y a un an Hiroshima (Genshi bakudan kaiko), Hisashi Tôhara, 1946

Littérature non-Hibakusha[modifier | modifier le code]

Mangas et animés[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Arts plastiques[modifier | modifier le code]

Beaucoup d’œuvres plastiques ont été réalisées par des Hibakushas sur la Bombe et ses effets, souvent anonymes.

  • Hiroshima shohenzu (広島生変図, L'holocauste d'Hiroshima), Ikuo Hirayama
  • Exposition « Hibakusha - Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki » accueillie par le Centre Joë Bousquet et son temps à la Maison des Mémoires, 30 Juin au 28 Octobre 2017 [70]
  • Carl Randall (artiste britannique ayant peint des portraits de Hibakusha à Hiroshima, 2006/09)

Arts de la scène[modifier | modifier le code]

  • Même s'il n'est pas directement lié aux événements, les origines du Butō sont souvent liées aux bombes nucléaires et aux Hibakushas.

Documentaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]