Histoire des CRS

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Les Compagnies républicaines de sécurité, également connues sous le sigle CRS, forment un corps spécialisé de la police nationale en France. Leur domaine d'intervention est le maintien ou le rétablissement de l'ordre public et la sécurité générale mais elles participent également à la sécurité routière, au secours en montagne ou sur les plages ainsi qu'à la plupart des missions de la Police nationale.

Fourgon CRS - années 50 - musée des CRS
Véhicule CRS - années 60 - musée des CRS
Casques de CRS - musée des CRS
Casques de CRS - musée des CRS

Les CRS ont été créées par un décret du 8 décembre 1944 confirmé par une ordonnance du 7 mars 1945 signée par le général de Gaulle à la suite de la dissolution des Groupes mobiles de réserve (GMR) créés par le régime de Vichy[1]. Contrairement aux gendarmes, les CRS forment un corps civil.

Initialement destinées à un emploi régional, et même menacées de disparition dans les années de l'immédiat après-guerre, les CRS ont acquis une nouvelle raison d'être comme forces de réserve générale de police à vocation nationale la suite des grèves et émeutes de 1947 (décret du 26 mars 1948 pris en application de la loi du 27 décembre 1947)[1].

Trois détachements de CRS sont créés en Guadeloupe en Martinique et la Réunion. Le détachement de Martinique seront dissous en 1960 mais ceux de Guadeloupe et de la Réunion deviendront des compagnies qui seront dissoutes dans les années 80[2].

Leurs missions se sont diversifiées et des unités spécialisées ont été créées en fonction de nouveaux besoins apparus au cours des années 50[3]:

  • interventions en montagne dès 1947 (mais la création officielle des premières sections de montagne date de 1957
  • unités motocyclistes à partir de 1950
  • surveillance des plages à partir de 1958

Les compagnies métropolitaines sont engagées dans le conflit d'Algérie. 16 compagnies sont créées localement puis dissoutes lors de l'indépendance[2].

Les CRS sont également engagés dans les conflits sociaux et sociétaux de la fin du XXe siècle (Mai 68, LIP, centrales nucléaires, marins-pêcheurs, viticulteurs etc.). Les matériels sont améliorés (protection) et personnalisés (apparition des bandes jaunes sur le casque et de l'écusson sur les uniformes à la suite des événements de 1968 dans le but de différencier les CRS des autres forces de l'ordre).

La loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI) du 29 août 2002 sur l'emploi des forces mobiles a fait évoluer la doctrine d'emploi vers une réelle déconcentration en conciliant les exigences de sécurité générale avec celles du maintien de l'ordre. Désormais, le préfet de zone de défense devient l'autorité d'emploi des unités disponibles implantées dans son ressort.

La tactique d'emploi des unités est également revue afin de faciliter le passage sans rupture des missions de sécurisation et de luttes contre les violences urbaines à celles de maintien de l'ordre.

Des réductions d’effectif affectent les CRS au début des années 2010 dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Toutefois, les projets de dissolution de deux compagnies sont annulés à la suite d'une forte réaction syndicale[4]. et l'application de la RGPP se traduit par des diminutions d'effectifs au sein des compagnies.

Il existe un musée des CRS, situé sur le site des CRS no 1 et no 61 à Vélizy-Villacoublay (78).

Le Peloton motocycliste d'acrobatie de la CRS 01 a été dissous en 2009.[réf. nécessaire]

Avant les CRS[modifier | modifier le code]

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Les Groupes mobiles de réserve[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Groupe mobile de réserve.

Les Groupes mobiles de réserve, souvent abrégés en GMR, étaient des unités créées au sein de la police nationale par le gouvernement de Vichy.

Les GMR étaient conçus comme une force de maintien de l'ordre, sur le modèle de la Garde républicaine mobile, qui avait été supprimée selon les exigences allemandes lors de l'armistice et partiellement remplacée par la Garde, une nouvelle organisation rattachée initialement à l'armée d'armistice. Contrairement aux gardes, les GMR étant policiers, avaient un statut civil.

Rattachés au service régional de la Sécurité publique et dépendant de l’intendant de police (institué par la loi du ) sous l'autorité du préfet régional, les GMR furent constitués en « zone libre » dès l'automne 1941 et déployés dans toute la France occupée fin 1942. La loi du établit, à l’échelon central, une direction des Groupes mobiles de réserve, et, à l’échelon régional, des commandements régionaux des Groupes mobiles de réserve. Cette force civile paramilitaire, prévue à l'origine pour maintenir l'ordre en milieu urbain, fut engagée, à partir de l'automne 1943, dans les opérations de répression de la Résistance.

Après la Libération, le , les GMR furent dissous[5] et une partie des effectifs fusionnée, après épuration, avec des éléments issus des FFI pour créer, le 8 décembre[5], les Compagnies républicaines de sécurité (CRS)[6].

Les Forces républicaines de sécurité[modifier | modifier le code]

Les premières années[modifier | modifier le code]

Alors que les sympathisants communistes étaient à l'origine très présents dans ses rangs (dont beaucoup étaient engagés dans la Résistance, et selon certains, animés par une volonté d'entrisme), une épuration a limité leur nombre après que le Parti communiste se fut placé dans l'opposition aux gouvernements d'après-guerre : à la suite d'une manifestation à Marseille (du 12 novembre 1947) à l'appel de la CGT et du PCF, non réprimée[réf. nécessaire] par certains gardiens de CRS proches des idées communistes dont le comportement avait été jugé "douteux", plusieurs compagnies sont dissoutes et les CRS réorganisées de sorte à faire disparaître l'influence communiste en leurs rangs. Pour d'autres, le comportement des CRS communistes n'est pas en cause et a servi de prétexte à une manœuvre politique décidée auparavant en Conseil des ministres[7],[8],[9].

Les CRS en Algérie[modifier | modifier le code]

De Mai 68 à nos jours[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gérard Montigny in Histoire et Dictionnaire de la Police du Moyen Âge à Nos Jours de Michel Aubouin, Arnaud Teyssier et Jean Tulard - Bouquins, Editions Robert Laffont - octobre 2005, (ISBN 2-221-08573-6)
  2. a et b Robert Le Texier Les Compagnies Républicaines de Sécurité Editions Lavauzelle, Paris-Limoges - 1981
  3. CRS - Au service de la Nation. Jean-Louis Courtois. Éditions Crépin-Leblond, Chaumont - 2004
  4. Voir par exemple : http://www.lepoint.fr/societe/mouvement-des-crs-en-colere-entament-une-greve-de-la-faim-30-01-2011-133518_23.php.
  5. a et b « 50 ans des compagnies républicaines de sécurité : organisation et missions », sur archivesdefrance.culture.gouv.fr, Archives de France (consulté le 23 décembre 2013) [PDF].
  6. « Les CRS », sur le site polices.mobiles.free.fr, consulté le 27 janvier 2009.
  7. Maurice Agulhon, Fernand Barrat, CRS à Marseille, 1944-1947, Presses de Sciences Po, , 227 p. (ISBN 2-7246-0299-4)
  8. Pierre François Souyri, « M. Agulhon et F. Barrât, C.R.S. à Marseille, 1944-1947 », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, no 27e année, N. 2,‎ , p. 510-512 (lire en ligne)
  9. René Gallissot, « L'illusion républicaine: socialistes et communistes en 1947. Réflexion sur "CRS à Marseille" et le "journal" de Vincent Auriol », Le Mouvement social,‎ , p. 49–74 (DOI 10.2307/3807105, lire en ligne, consulté le 24 mai 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Textes législatifs[modifier | modifier le code]

Décret du portant création des Compagnies républicaines de sécurité.

  • Article 1er : Il est créé dans l'ensemble du territoire des forces mobiles de police appelées Compagnies républicaines de sécurité. Ces forces sont groupées dans chaque région sous l'autorité d'un commandant régional placé sous les ordres du secrétaire général pour la police de la région.
  • Article 2 : Il est créé vingt commandements régionaux répartis comme suit : un pour l'ensemble des départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, un pour la Moselle, un pour chacun des dix huit commissariats régionaux. Le ministre de l'Intérieur fixera par arrêté l'effectif des commandements régionaux.
  • Article 4 : Les conditions de stationnement et d'emploi des Compagnies républicaines de sécurité feront l'objet d'un arrêté du ministre de l'Intérieur.
  • Article 5 : Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Pinel, Une police de Vichy : les groupes mobiles de réserve (1941-1944), L'Harmattan, coll. « Sécurité et Société », , 400 p. (ISBN 2-7475-6670-6)
    Traite des Groupes mobiles de réserve et de la création des CRS.
  • Robert Le Texier, Les Compagnies Républicaines de Sécurité, éditions Lavauzelle, Paris-Limoges, 1981.
  • Jean-Louis Courtois, CRS au service de la nation, C/O Crepin-Leblond, novembre 2004.
  • Jean -Louis Courtois, les CRS en Algérie : 1952-1962 Mariens éditions, 2010.
  • Christophe Dubois, Au cœur de l'action, Police Nationale, éditions ETAI.
  • Yves Mathieu, Policiers perdus : Les GMR dans la seconde Guerre mondiale, Toulouse, Messages SAS, 2009.
  • Roderic Martin, Sylvain Bongoat, Patrick Castaing: Les CRS en Algérie-1955-1962- Dépôt Légal nr. 20.01-1999-02598.
  • Roderic Martin, le Colonel Pierre Gentien- Premier Chef des CRS- 1944- 02.1947- BNF-D.L. nr. 100000001800186.
  • Roderic Martin, Fabian Gutierrez- MNS des CRS- Un destin-1916-1962- La Tragédie du Grand-Crohot (33) Quintuple noyade le s.21 juillet 1961. (ISBN 9782952207744) BNF- DL déc 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]