Gwenaëlle Aubry

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Gwenaëlle Aubry
Gwenaëlle Aubry (2018).jpg
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Pensionnaire de la villa Médicis (d)
Prix Femina ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Gwenaëlle Aubry, née le , est une romancière et philosophe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancienne élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, qu'elle intègre à dix-huit ans (en 1989) après deux années de classes préparatoires au lycée Henri-IV à Paris, elle est reçue en 1992 à l'agrégation de philosophie. Lauréate du Knox Scolarship de Trinity College (Cambridge), elle obtient un M.Phil. en philosophie et soutient en 1999 sa thèse de doctorat en philosophie à l'université Paris-Sorbonne[1].

Elle a été maître de conférences à l'université Nancy-II. Elle est directrice de recherche au CNRS (2018, Centre Jean Pépin[2]) et membre associé du Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine (ENS-Ulm)[3]. Elle est mariée au philosophe Quentin Meillassoux[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Elle publie son premier roman, Le Diable détacheur, en 1999.

En 2002 paraît L'Isolée, inspiré par la figure de Florence Rey, repris et prolongé en 2003 par un bref récit, L'Isolement.

En 2007, après un séjour comme pensionnaire à la Villa Médicis[5], elle publie Notre vie s'use en transfigurations, dont des extraits ont été portés à la scène par Sarah Oppenheim pour le spectacle «Donnez-moi donc un corps!» créé en 2017 au Théâtre du Soleil[6].

En 2009, Gwenaëlle Aubry reçoit le prix Femina pour Personne, un roman-abécédaire, «portrait en vingt-six angles et au centre absent» d'un mélancolique[7],[8],[9]. Le livre figurait également sur la dernière sélection des prix Médicis et de l'Académie française et sur la liste des prix Novembre et de Flore. Il a été traduit dans une dizaine de langues et a paru aux États-Unis avec une préface de Rick Moody[10]. Il a donné lieu à des lectures musicales avec Theo Hakola et Marcial Di Fonzo Bo.

En 2012 paraît Partages, un « livre des hantises », qui dispose en miroir, parfois dans une alternance page à page, les voix de deux jeunes filles, l’une juive, l’autre palestinienne, en Israël pendant la seconde Intifada. Sélectionné pour le prix Goncourt, ce roman a été finaliste du prix de l’Académie française.

En 2015, elle publie, dans le collectif L'Une et l'autre, Lazare mon amour, un portrait au prisme de Sylvia Plath, qu'elle adapte pour la scène et qui fait l'objet, en 2016, d'une réédition séparée[11].

En 2016, paraît Perséphone 2014[12], « un livre charnel et violent, qui creuse l'espace et le temps, "crypte dans l'anonymat du mythe" le matériau autobiographique pour ouvrir de nouveaux territoires »[13]. Performé par l'auteure accompagné du guitariste Sébastien Martel, le texte est aussi mis en scène par Anne Monfort à l'occasion de la dixième édition du Festival de caves[14].

Gwenaëlle Aubry a réalisé pour France Culture une adaptation radiophonique de La mort de Virgile (de) d'Hermann Broch et écrit des études littéraires sur Yves Bonnefoy, W.G. Sebald et Georges Perec, ainsi que des textes brefs parus en revue, notamment dans la La Nouvelle Revue française. Elle est l'auteur de plusieurs livres et de nombreux articles sur la philosophie antique et ses réceptions contemporaines, ainsi que de traductions du grec ancien (Plotin, Porphyre, Proclus). En 2018 paraît Genèse du Dieu souverain. Archéologie de la puissance 2, le second volet du diptyque ouvert par Dieu sans la puissance[15],[16],[17].

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Le Diable détacheur, Actes Sud, 1999 ; réédition Mercure de France, 2012, lauréat de la bourse Cino Del Duca
  • L'Isolée, Stock, 2002
  • L'Isolement, Stock, 2003 (L'isolée/L'isolement, rééd. Mercure de France, 2010, Folio no 5201)
  • Notre vie s'use en transfigurations, Actes Sud, 2007
  • Personne, Mercure de France, 2009, Folio no 5200. Prix Femina
  • Partages, Mercure de France, 2012 ; Le Livre de poche, 2013.
  • Lazare mon amour, L'Iconoclaste, 2016
  • Perséphone 2014, Mercure de France, 2016
  • La Folie Elisa, Mercure de France, 2018

Philosophie[modifier | modifier le code]

  • Plotin. Traité 53 (I, 1), Introduction, traduction, commentaire et notes, Éditions du Cerf, 2004
  • Dieu sans la puissance : Dunamis et Energeia chez Aristote et chez Plotin, Vrin, 2007
  • G. Aubry et F. Ildefonse (dir.), Le moi et l'intériorité, Vrin, 2008
  • G. Aubry (dir.), « L'impuissance de Dieu », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, no 3, juillet-septembre 2010.
  • Genèse du Dieu souverain. Archéologie de la puissance II, Vrin, 2018.

Revues, collectifs[modifier | modifier le code]

  • «Personne n'y marcherait comme sur terre étrangère: présences de Plotin chez Yves Bonnefoy», dans D. Lançon et P. Née (éd.), Yves Bonnefoy. Poésie, recherche et savoirs, Actes du colloque de Cerisy, Hermann, 2007.
  • «Le journal», dans Le roman: tout dire?, Actes des Assises du roman 2010, éd. Christian Bourgois, 2010.
  • «Abécédaire de l'absence. Personne et le pronom manquant» La Trame n° 3, 2010, p. 13-22.
  • «Le page blanc», dans WGS. Face à Sebald, Éditions Inculte, 2011.
  • L'extase de l'archive, dans «Le lieu de l'archive» (Supplément à la Lettre de l'IMEC), 2012.
  • «Court traité des fantômes familiers», Des fantômes, NRF no 602, octobre 2012.
  • «Le moi multiple, le il absolu et le sujet de l'écriture», dans S. Crinquand et P. Bravo (éd.), L'intime à ses frontières, Bruxelles, E.M.E., 2012, p. 153-169.
  • «La trace de l'informe : à propos de Personne », dans V. Montémont et C. Viollet (éd.), Archives familiales : modes d’emploi. Récits de genèse, Academia-L’Harmattan, 2013, p. 81-89.
  • « Modifier les distances », Décapages no 46, hiver-printemps 2013.
  • «Nager», dans De la tête aux pieds, NRF no 608, avril 2014.
  • «Nommer la foule des soldats», L'Orient littéraire no 100, octobre 2014.
  • «Traquer la même proie», dans L'art de bien choisir ses amis (50 ans de la GF-50 écrivains s'engagent pour les classiques), GF, 2015.
  • «Lazare mon amour», dans L'Une et l'autre, éd. L'Iconoclaste, 2015.
  • «Composer/Consoler», dans C. Burgelin, M. Heck et C. Reggiani (éd.), Les Cahiers de l'Herne: Perec, 2016.
  • «Get in get out», Possession immédiate, vol. VII, 2017.
  • «La place du mort», dans M. Pic et J. Ritte (éds), W.G. Sebald. Littérature et éthique documentaire- Colloque de Cerisy, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2017.
  • «Désir et sidération: sur quelques images, et les livres qui en sont nés», dans L'Image événement intérieur, Les Carnets du BAL 08, 2017.

Lectures-concerts, performances[modifier | modifier le code]

Personne, texte lu par l'auteur avec Marcial di Fonzo Bo (voix) et Theo Hakola (guitare et chant), lecture musicale créée au CENTQUATRE, festival «Paris en toutes lettres», juin 2010, reprise au musée des Beaux-Arts de Besançon pour le festival «Les Petites Fugues».[1]

Lazare mon amour, texte lu par l'auteur avec Theo Hakola (piano et chant), Léopoldine Hummel (voix, chant), Bastien Lallemant (guitare et chant), Maëva Le Berre (violoncelle), lecture-concert créée à la Maison de la Poésie en novembre 2014, reprise en 2015-2016 notamment à la MC 93 Bobigny (festival Hors Limites), à Manosque (festival «Correspondances»), à Rennes (Champs-libres), à Lille, Gare Saint-Sauveur, festival «Escales hivernales», à Lagrasse, en ouverture du Banquet du livre.[2]

Perséphone 2014, performance de l'auteur accompagnée par Seb Martel (guitare, chant), créée au TnBA-Escale du Livre, Bordeaux, en avril 2016, reprise à la Maison de la Poésie et à Montélimar, festival «Cafés littéraires»[3].

La taille de nos âmes, trio performé avec la chorégraphe Julie Nioche et la compositrice Sir Alice, créé pour l'édition 2018 du festival «Concordan(s)e»[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice de la thèse dans le catalogue du Sudoc
  2. [http://umr8230.vjf.cnrs.fr/
  3. « CV de Gwenaëlle Aubry », sur umr8230.vjf.cnrs.fr/spip.php?article26 (consulté le 19 février 2017)
  4. (en) Graham Harman, Quentin Meillassoux: Philosophy in the Making, Edinburgh, Edinburg University Press, (lire en ligne), p. 161
  5. (it) « Villa medici », sur www.villamedici.it (consulté le 15 avril 2017)
  6. « Donnez-moi donc un corps! Une création du Bal Rebondissant mise en scène de Sarah Oppenheim »,
  7. Christine Rousseau, Gwenaëlle Aubry obtient le Femina avec "Personne", Le Monde, 9 novembre 2009
  8. Marie-Laure Delorme, Gwenaëlle Aubry: Au nom du père, Le Journal du Dimanche, 9 novembre 2009
  9. Claire Devarrieux, « «Pour le prix Femina "Personne" est parfait" », Libération,‎
  10. « Gwenaëlle Aubry in Conversation with Rick Moody », sur Cultural Services French Embassy,
  11. Francine de Martinoir, « Le désir, la mort, l'écriture », La Croix,‎
  12. Florence Bouchy, « Gwenaëlle Aubry, mythomane », Le Monde des livres,‎
  13. Sophie Joubert, « Le ravissement de Perséphone », L'Humanité,‎
  14. « Le Festival de caves fête ses dix ans »
  15. « Librairie Philosophique J. Vrin-Genèse du Dieu souverain, AUBRY »
  16. « HAL-SHS-Sciences de l'Homme et de la Société- «Puissance, sujet, souveraineté: Mémoire de synthèse proposé pour l'Habilitation à diriger des recherches». »
  17. « Genesis of the Violent God-Cornell Cast- Cornell University », sur CornellCast
  18. « Numéro 31. Marcher en dansant dans la ville-France Culture »

Annexes[modifier | modifier le code]

Études critiques sur Gwenaëlle Aubry[modifier | modifier le code]

  • « Défigurations du réel », Entretien pour Le Matricule des anges, juillet-août 2011.
  • L. Amanieux, « Le récit siamois dans Personne de Gwenaëlle Aubry », dans Damlé et Rye (éd.), Aventures et expériences littéraires: écritures des femmes au début du vingt-et-unième siècle, Rodopi 2014.
  • S. Abroug, Quête du passé, quête du sens : Pierre Bergougnioux, Pierre Michon, Gwenaëlle Aubry, Michel Del Castillo, thèse de troisième cycle sous la direction de Guy Laroux.
  • M. Vanderhyden, «Writing Memory, Writing the Self: Autofiction in Aubry's No One», AGNIOnline, Boston University, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]