Quentin Meillassoux

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Quentin Meillassoux
Quentin Meillassoux.jpg
Naissance
1967, Paris
Paris +
Nationalité
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
corrélationisme, ancestralité, précarité/contingence, factualité, surchaos
Influencé par
A influencé

Quentin Meillassoux (1967-) est un philosophe français. Normalien, agrégé de philosophie, il est en 2015 maître de conférences à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, après avoir été agrégé-répétiteur à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'anthropologue Claude Meillassoux, Quentin Meillassoux naît à Paris en 1967. Il intègre l'École normale en 1988, obtient l'agrégation 1991 et passe son doctorat en 1997 sous la direction de Bernard Bourgeois sur L’Inexistence divine. Essai sur le dieu virtuel. Pendant son temps à l'École normale, il a participé avec Alain Badiou et Yves Duroux à la création du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (Ciepfc)[1].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Dans son premier ouvrage publié, Après la finitude, Meillassoux affirme que la philosophie post-kantienne est dominée par ce qu'il appelle le postulat du corrélationisme, c'est-à-dire l'idée selon laquelle nous ne pouvons pas penser les choses de façon absolue, mais toujours relativement aux conditions de la donation de l'objet dans une conscience présente. Le propos de ce livre est de démontrer la possibilité d'échapper au corrélationnisme, à partir d'un argument appelé par Meillassoux "principe de factualité", et dont la caractéristique est de se fonder sur les mêmes prémisses que le corrélationnisme fort : la contingence de toutes choses.

Le deuxième ouvrage de Quentin Meillassoux, Le nombre et la sirène, est une proposition de décryptage du poème Un coup de dés jamais n'abolira le hasard, de Stéphane Mallarmé. Meillassoux critique les lectures contemporaines de ce poème qui refusent d'y voir un cryptage pour se concentrer sur une analyse auto-référentielle du texte[2]. En maintenant l'idée d'un cryptage contre ces lectures esthétisantes, Meillassoux veut rendre justice au projet de Mallarmé : non pas seulement écrire un beau poème, mais fonder une nouvelle religion par le biais d'une poésie capable de faire accéder à une intuition de l'absolu. Le dispositif complexe de cryptage qu'il décrit dans son livre est justement censé permettre cet accès. La continuité entre les deux premiers ouvrages publiés de Meillassoux pose quelques problèmes d'interprétation[3].

Le livre Métaphysique et fiction des mondes hors-science est la reprise d'une conférence donnée à l'École normale supérieure en 2006[4]. Il apporte donc moins de nouveauté par rapport à Après la finitude que Le nombre et la sirène.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Dans sa préface à Après la finitude (2006), Alain Badiou, dont Quentin Meillassoux est encore le collègue à l'École normale, dit de sa philosophie qu'elle introduit une nouvelle voie dans la pensée contemporaine, qui dépasserait l'antinomie kantienne entre scepticisme et dogmatisme. Après la finitude, son premier livre publié en français, a été aussitôt traduit en anglais par le philosophe Ray Brassier. Avec Graham Harman et Iain Hamilton Grant (en), Quentin Meillassoux et Ray Brassier sont considérés comme appartenant au mouvement philosophique du réalisme spéculatif (en). Par réalisme spéculatif, il faut entendre que pour Meillassoux, la philosophie ne doit pas penser ce qui est, mais ce qui peut être : « la réalité qui le préoccupe n’implique pas tant les choses telles qu’elles sont, que la possibilité qu’elles puissent toujours être autrement[5] », c'est ce à quoi permet d'accéder la « spéculation ».

Dans un article consacré au réalisme spéculatif (en) et à d’autres formes contemporaines de réalisme, le philosophe Pascal Engel est revenu de manière critique sur ce qu’il juge être des « réalismes kitsch »[6]. Analysant l’argumentation mise en œuvre par Quentin Meillassoux dans Après la finitude (argumentation qu’Engel juge, comme celles déployées par d’autres « nouveaux réalistes », « pompeu[se], obscur[e], et surtout très largement autoréférentielle »), Pascal Engel relève que Q. Meillassoux adopte un style de type « grand seigneur ». Ce style « autoréférentiel » permettrait à Q. Meillassoux de « défini[r] lui-même les positions auxquelles il entend s’opposer, [de] postule[r] le sens qu’il entend donner aux concepts, [d’]avance[r] des arguments qu’il juge imparables, et [de] parv[enir] ainsi brillamment à se convaincre de la vérité inéluctable de conclusions dont on ne cesse de proclamer l’audace »[6]. Pascal Engel souligne en ce sens que « Meillassoux parle sans cesse de corrélation, mais il ne nous dit jamais en quoi consiste la relation en question. C’est une relation entre les choses et la pensée, et on pourrait penser qu’il s’agit de la vérité, définie traditionnellement comme correspondance. Mais Meillassoux se garde bien de discuter la notion de vérité, et encore moins les termes de cette relation […]. En fait le corrélationnisme semble être chez lui simplement un autre nom du criticisme kantien, dont toutes les pensées ultérieures ne seraient que des variantes ». Et Pascal Engel de conclure son analyse critique en indiquant que « ce à quoi on aboutit, dans Après la finitude, est bien plus proche d’une forme d’idéalisme absolu qu’une forme quelconque de réalisme »[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Autour[modifier | modifier le code]

Études critiques[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]