Thyde Monnier

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Ne pas confondre avec Mathilde Monnier, chorégraphe française
Thyde Monnier
Biographie
Naissance
Décès
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NiceVoir et modifier les données sur Wikidata
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Mathilde MonnierVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Thyde Monnier, nom de plume de Mathilde Monnier, née à Marseille le et morte à Nice le , est une écrivaine et féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Lycée Montgrand à Marseille

Mathilde Monnier naît à Marseille au 36, rue de Rome, où ses parents sont commerçants.

Durant sa scolarité, elle témoigne surtout de l'intérêt à écrire des poèmes et dessiner[1]. Elle est élève au Lycée Montgrand qu'elle quitte en 1897 pour travailler en tant qu'ouvrière dans le magasin Le Corset de Satin (situé dans la maison de Pierre Puget à la rue de Rome à Marseille). Dans ce magasin, qui appartient à sa mère, elle apprend le métier de corsetière. Durant cette période, elle rédige sa première pièce de théâtre intitulée Marie Routier.

L'expérience du mariage[modifier | modifier le code]

Elle ne quitte la boutique familiale qu'à son mariage. Elle se marie en 1910 avec Maurice Pourchier, ami de son frère, qui est mobilisé en 1914. Le couple s'installe à Allauch, village provençal situé à douze kilomètres du centre-ville de Marseille. Lorsque son mari est blessé en 1915 elle part le soigner[1]. Il contracte une pneumonie et elle s’occupe de lui, mais il lui montre peu de reconnaissance. Dès sa guérison, il vit sa passion pour les matchs de football et la délaisse. En 1915 le couple s'installe à Canton Rouge. Elle s'enfuit et quitte le domicile conjugale en 1927 après une violente altercation et divorce.

Débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Elle développe ses idées féministes suite à son expérience du mariage. L'action de son roman La Rue courte se déroule notamment au vieux village d'Allauch, où elle a habité avec son mari. Elle estime qu'il existe dans le mariage une domination du mari qui met l'épouse dans une situation intenable. De ses deux expériences conjugales, elle tire une conclusion féministe, proclamant la nécessité d'une libération qui commence par la libération sexuelle. Deux de ses livres défendent cette position. Leurs titres sont significatifs : De l'homme à la femme[2] et La Dernière Esclave.

Elle obtient sa première récompense littéraire en 1906 (un prix de poésie) pour un sonnet à Mistral. Elle collabore à diverses revues. Elle publie Cette vieille romance en 1924, Mon bel été en 1926. Elle obtient le prix de la poésie libre pour une plaquette Or moi, bateau perdu en 1936, et fait ses débuts de romancière la même année avec La Rue courte (prix Cazes). Ce roman qui dépeint la vie des modestes villageois et villageoises d'Allauch lui vaut la célébrité en 1937, et une rue du village d'Allauch porte son nom[1].

Son œuvre la plus connue est le roman-cycle intitulé Les Desmichels, dont un des sept volumes, Nans le berger, reçoit le prix de La Guilde du Livre en 1941 ; il fera l’objet d’une adaptation télévisée. Thyde Monnier écrit également de nombreux essais, des mémoires, Moi, en quatre tomes et une pièce de théâtre.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la seconde guerre mondiale, elle demande officiellement par écrit la libération de Jean Giono, son ami, qui est emprisonné pour pacifisme au fort Saint Laurent. Elle lui envoie également un avocat pour le faire libérer.

Elle déménage à Cimiez dans la bastide L'oiseau chanteur. Là bas elle reçoit Montherland, Jean Cocteau et d'autres écrivains.

Elle écrit son dernier livre et unique roman historique La ferme des quatre reines à Cimiez.

Elle meurt à Cimiez et est enterrée à Marseille selon ses vœux[1].

Plusieurs distinctions lui sont décernées, notamment le prix Victor-Margueritte et le Prix de l'Académie française. Sollicitée pour succéder à Colette à l'Académie Goncourt, elle refuse, préférant rester à Nice, où elle meurt le .

Un Grand Prix Thyde-Monnier est décerné depuis 1975 par la Société des gens de lettres lors de sa session d'automne.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après son mariage et son divorce avec Maurice Pourchier, elle fait la connaissance d'un ami de sa sœur, jeune homme de 25 ans (elle en a alors 40). Elle l'épouse en 1932 et ils s'installent à Saint-Raphaël et à Bandol. Ils voyagent ensuite dans la France entière durant une longue période. Elle divorce de lui en 1940.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Cycle Les Desmichels[modifier | modifier le code]

  • tome I : Grand-Cap, Grasset, 1937 ; réédition, J'ai lu no 206, 1964 ; réédition, Presses pocket no 1431, 1977
  • tome II : Le Pain des pauvres, Grasset, 1938 ; réédition, J'ai lu no 210-211, 1965 ; réédition, Presses pocket no 1432, 1977
  • tome III: Nans le berger, La Guilde du Livre, 1942 ; réédition, J'ai lu no 218-219, 1965 ; réédition, Presses pocket no 1433, 1977 - Prix Lucien Tisserant (1944) de l'Académie française[3].
  • tome IV : La Demoiselle, Julliard, 1944 ; réédition, J'ai lu no 222-223, 1965 ; réédition, Presses pocket no 1434, 1977
  • tome V : Travaux, Julliard, 1945 ; réédition, J'ai lu no 231-232, 1965 ; réédition, Presses pocket no 1435, 1977
  • tome VI : Le Figuier stérile, Julliard, 1947 ; réédition, J'ai lu no 237-238, 1965 ; réédition, Presses pocket no 1436, 1977
  • tome VII : Les Forces vives, Julliard, 1948 ; réédition, Presses pocket no 1437, 1977

Cycle Petites destinées[modifier | modifier le code]

  • tome I : La Rue courte, Grasset, 1937 ; réédition, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 2278, 1967 ; réédition, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges » no 267, 1998
  • tome II : Annonciata, Grasset, 1939
  • tome III : Cœur, Plon, 1951 ; réédition, Dites, coll. « J'ai lu » no 46, 1959

Cycle Pierre Pacaud[modifier | modifier le code]

  • tome I : Fleuve, Éditions du Milieu du Monde, 1942 ; réédition, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 143-144, 1955
  • tome II : Barrage d'Arvillard, Éditions du Milieu du Monde, 1946
  • tome III : Pourriture de l'homme, Éditions du Milieu du Monde, 1949
  • tome IV : Largo, Éditions du Milieu du Monde, 1954

Cycle Moi[modifier | modifier le code]

  • tome I : Faux départ, Éditions du Rocher, 1949
  • tome II : La Saison des amours, Éditions du Rocher, 1950
  • tome III : Sur la corde raide, Éditions du Rocher, 1951
  • tome IV : Jetée aux bêtes, Éditions du Rocher, 1955

Cycle L'Huile vierge[modifier | modifier le code]

  • tome I : L'Huile vierge, Arthème Fayard, 1952
  • tome II : Le Déjeuner sur l'herbe, Arthème Fayard, 1953
  • tome III : Retour aux îles, Arthème Fayard, 1954

Cycle Les Franches Montagnes[modifier | modifier le code]

  • tome I : La Combe, Plon, 1949
  • tome II : Ingrattière, Plon, 1950
  • tome III : Le Grand Courbe, Plon, 1954
  • tome IV : Image du parfait bonheur, Plon, 1954
  • tome V : Éternellement, Plon, 1956
Les Franches Montagnes est réédité en 2 tomes sous le titre Filles du feu
  • tome I : Elle sème le vent, Plon, 1967
  • tome II : Elle récolte la tempête, Plon, 1967

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • La Veuve aux yeux verts (roman policier), Éditions Gutenberg, 1945
  • Le Vin et le Sang, Julliard, coll. « Sequana », 1946
  • Permission d'être heureux, Gallimard, 1952
  • La Désirade, Arthème Fayard, 1956
  • La Dernière Esclave, Éditions de la Fontaine, 1956
  • Madame Roman, Arthème Fayard, 1957
  • Je ne suis pas des vôtres, Arthème Fayard, 1958
  • Les Cinq Doigts de la main, Arthème Fayard, 1959
  • La Graine, Bernard Grasset, 1962
  • La Ferme des quatre reines (roman historique), Plon, 1963
  • J'ai joué le jeu, Julliard, 1963

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Cette vieille romance, Éditions des Tablettes, 1923
  • Or moi, bateau perdu..., Albert Messein, 1936
  • Amour de la vie, avec lithographies de Jean Cassarini, 1948

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Il n'y a plus d'harmonicas, Éditions des Quatre Vents, 1946

Ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Histoires de Mamé (contes pour enfants), illustré par Jo Roux, Éditions Gutenberg, 1946
  • Brin d'avoine (roman pour enfants), illustré par Otomasi, Éditions Gutenberg, 1946
  • Ki Ki T'San, fétiche, Éditions des Deux-Rives, 1947

Essai[modifier | modifier le code]

  • De l'homme à la femme : essai sur les contacts sociaux, sexuels, affectifs de l'homme et de la femme, André Martel, 1954

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Le Jour vert : chronique champêtre, Bernard Grasset, 1960
  • Entre parenthèses, extrait de journal, Bernard Grasset, 1961

Hommage[modifier | modifier le code]

Une rue du 11e arrondissement de Marseille porte le nom de Thyde Monnier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Dray-Bensousan, Renée., Dictionnaire des Marseillaises, Gaussen, (ISBN 9782356980496 et 2356980490, OCLC 822017986, lire en ligne)
  2. « Review of DE L'HOMME A LA FEMME », Revue des Deux Mondes (1829-1971),‎ (lire en ligne)
  3. « Prix Lucien Tisserant », sur Académie française (consulté le 26 août 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dans son récit autobiographique intitulé Un monstre sacré (Denoël, 2004), Pierre Magnan évoque sa relation avec Thyde Monnier.
  • La notice de Patricia Dupuy sur l'autrice dans Marseillaises, 26 siècles d’histoire, Edisud, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]