Frederick Trump

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Frederick Trump
Frederick Trump.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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WoodhavenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Friedrich TrumpVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
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Famille
Père
Christian Johannes Trump (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Parentèle
Donald Trump (petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion

Frederick Trump, né Friedrich Trump le à Kallstadt (royaume de Bavière) et mort le à New York, est un homme d'affaires américain d'origine allemande. Il fait fortune dans les villes champignons de la ruée vers l'or de l'Alaska, en gérant et en faisant construire restaurants et petits hôtels[1].

Il est le père de Fred Trump et de John George Trump et le grand-père de Donald Trump, 45e président des États-Unis.

Naissance en Allemagne[modifier | modifier le code]

Frederick Trump à 18 ans, en 1887.

Friedrich Trump né à Kallstadt, dans la région du Palatinat du royaume de Bavière, de Christian Johannes Trump et Katharina Kober[2], de confession luthérienne. Le plus ancien ancêtre connu de Christian Johannes Trump est un dénommé Hanns Drumpf, juge de profession, premier de la famille Trump à s'installer à Kallstadt en 1608. À l'époque le Palatinat est une région relativement pauvre, dévasté par les troupes françaises lors de la Guerre de Trente Ans, la Guerre de la Ligue d'Augsbourg et celle de la Guerre de Succession d'Espagne. La mère de Trump était issue d'une famille de vignerons[2].

Frederick Trump a deux ans lorsqu'en 1871 le Palatinat intègre avec la Bavière le nouvel Empire allemand de Bismark. Son père, Christian, meurt d'un emphysème pulmonaire six ans plus tard, le 6 juillet 1877. Il a 48 ans et laisse une famille criblée de dettes, contractées pendant ses dix ans de maladie[2].

En 1883, à 14 ans, Frederick Trump est envoyé à la ville voisine de Frankenthal pour apprendre le métier de coiffeur, en tant qu'apprenti. Il travaille sous la conduite d'un certain Friedrich Lang durant un an et demi, puis retourne dans sa ville natale pour y monter son propre salon. Mais Kallstadt est une petite ville de province d'à peine 1 000 habitants, et Frederick peine à faire sa place. L'âge de servir dans l'armée de l'Empire allemand approche, et il décide sur les conseils de sa mère de partir tenter sa chance en Amérique[3].

Émigré en Amérique[modifier | modifier le code]

Registre de l'immigration au nom de Friedr. Trumpf

Frederick Trump a 16 ans, le 7 octobre 1885, lorsqu'il embarque sur le Eider à Brême, en Basse-Saxe[2]. Il débarque 12 jours plus tard à New York, dans le Centre d'Accueil des Émigrants de Castle Clinton. Le registre d'immigration des États-Unis enregistre son patronyme comme « Trumpf », sa dernière ville de résidence comme « Kallstadt », son pays natal comme « Germany » (Allemagne) et sa profession « farmer » (agriculteur)[4]. Il rejoint sa sœur aînée Katharina et son époux Fred Shuster, qui l'avait précédé de deux ans aux États-Unis.

Dès le lendemain il trouve un emploi de coiffeur, qu'il conserve pendant six ans. Il vit au 76 Forsyth Street, dans le quartier Lower East Side de Manhattan, au sein de la communauté des immigrés allemands palatins (en)[2]. Pour réduire leur loyer ils déménagent plus tard au 606, East 17th Street puis au 2012, Deuxième Avenue.

L'appel de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Tramway hyppomobile à Yesler Way, Seattle, 1884

En 1891, il décide de tenter sa chance dans l'Ouest, et se rend à Seattle, dans l'État de Washington. Avec ses petites économies il rachète un restaurant, The Poodle Dog, (en français, Le Caniche) qu'il rebaptise The Dairy Restaurant (Le Restaurant-Laiterie, rapport aux activités pratiquées)[3]. Situé au 208 Washington Street, le Dairy Restaurant est exactement au centre du quartier rouge de Seattle. Washington Street est qualifié de « a hotbed of sex, booze, and money, was the indisputable center of the action in Seattle »[2] (en français : « le repaire du sexe, de l'alcool, de l'argent et le centre névralgique incontesté de Seattle »). Le restaurant de Frederick Trump sert de la nourriture et de l'alcool fort aux aventuriers de tout poils, et annonce sur sa devanture « Rooms for Ladies » (chambres pour filles), euphémisme à peine dissimulé pour bordel[5]. Il est naturalisé en 1892[6] et vote aux élections présidentielles de 1892, la première à se tenir dans l'État de Washington[2].

En 1894, il revend The Dairy Restaurant et se rend à Monte Cristo, où de l'or a été découvert en 1889. Plutôt que de prospecter comme mineur, il achète du bois de construction et érige un nouvel hôtel-restaurant sur le modèle de celui de Seattle. La biographe de la famille Trump, Gwenda Blair, décrit Frederick Trump comme « mining the miners », (en français, « mineur de mineurs ») : bien que les mineurs ne trouvent jamais la moindre pépite d'or, ils ont tout de même besoin d'un lieu où dormir[2]. En 1896, Frederick Trump est élu à 32 contre 5 juge de paix[2].

Passeport de Frederick Trump, 1896.

Après des années de vaine prospection, Rockfeller provoque une crise dans la région en retirant tous ses investissements majeurs en 1896. Au printemps 1896, la plupart des mineurs sont déjà parti tenter leur chance ailleurs. Frederick Trump, un des seuls à faire des affaires à Monte Cristo, se rend compte bientôt qu'il doit lui aussi plier bagage. Mais en juillet 1897 des bateaux remplis d'or débarquent à San Francisco et Seattle. Ils viennent de la région du Yukon, dans l'extrême nord glacé du Canada. Immédiatement, des milliers de personnes prennent la route du Yukon ; Frederick Trump revend sa propriété de Monte Cristo et quelques semaines plus tard, il est de retour à Seattle[2].

Port de Seattle, Washington durant la Ruée vers l'or du Klondike, en 1897.

Dans la « Queen City » (« la Ville Reine du Pacifique »[7]), Frederick Trump ouvre de nouveau un restaurant. Bien situé, au 207 Cherry Street, il rembourse l'emprunt en quatre semaines. Les rumeurs de découverte d'or dans les affluents de la rivière Klondike s'amplifient, accroissant l'intérêt de Frederick Trump. Il finance le voyage de deux mineurs, à charge pour eux de lui réserver des exploitations d'or (en). Il reçoit des nouvelles le 7 juillet : après avoir payé 15$ au Land Office pour enregistrer leur exploitation, ils en revendent la moitié dès le lendemain, pour 400$. Une semaine plus tard, un autre mineur revend le terrain pour 1000$[2]. Le 20 septembre, ils prennent une nouvelle exploitation, à Deadwood Cree. Une moitié est vendu le mois suivant pour 150$, et l'autre moitié deux mois plus tard pour 2 000$. À la fin de 1898, Frederick Trump a reçu assez de dollars pour aller lui-même dans le Yukon[2]. Il achète l'équipement nécessaire, vend ses dernières propriétés de Monte Cristo et de Seattle, et transfère à sa sœur Louise un terrain de 20 hectares près du lac Pine, à 30 km à l'est de Seattle. Acheté 200$ en 1894, elle en tirera 2504$ en 1900[2]. Dans les années qui suivent son départ de Monte Cristo Rockfeller annule des plans de construction d'un train vers la ville, et elle subit les pires avalanches et inondations de son histoire. Monte Cristo est aujourd'hui une ville fantôme, qui n'accueille plus que les randonneurs[8].

La ruée vers l'or du Yukon[modifier | modifier le code]

La route du col White en 1899.
Article détaillé : Ruée vers l'or du Klondike.

Frederick Trump ouvre un restaurant sous tente sur le chemin du Yukon. La route du col White, connu pour son chemin du Cheval Mort est une des plus utilisées par les trappeurs du Grand Nord. Dans son restaurant itinérant, tenu avec un autre mineur nommé Ernest Levin, Blair écrit qu'« un des plats fréquents était de la viande fraîchement abattue et surgelée de cheval » [2]!

En mai 1898, Trump et Levin s'installent à Bennett (Colombie-Britannique), une ville connue des prospecteurs d'or pour ses constructions de bateaux, permettant de rejoindre Dawson City, à l'époque capitale du Yukon. Ils ouvrent le Artic Restaurant and Hotel, qui offre le gîte et le couvert sous une mer de tentes[2],[9]. LArtic prospère et devient un bâtiment à deux étages. Le Yukon Sun publie un article décrivant la pension : « Pour des hommes seul, l'Artic est à la fois un hébergement excellent et le meilleur restaurant de Bennett, mais je ne le conseillerais pas à une femme respectable pour dormir ; elles seraient susceptible d'entendre de ces choses qui répugnent à leur sensibilité - exprimées malheureusement aussi par des débauchées de leur propre sexe. »[2] LArtic House est l'un des restaurants de la région de Klondike le plus grand et le plus décadent, offrant en plus de l'usuelle viande de cheval et perdrix et des fruits frais[9]. Il est ouvert 24h/24h, et dispose de balances pour mesurer les pépites d'or. La police montée de la région, les Red Coats, est connue pour fermer les yeux au vice tant qu'il n'y a pas de débordements.

Mine entre deux écluses, Bonanza Creek, Yukon, 1899

En 1900, est achevée la route du Col White Pass et du Yukon, qui relie sur 111 miles (environ 180 km) Skagway, Alaska et Whitehorse. Trump établit le White Horse Restaurant and Inn à Whitehorse[2],[10]. L'édifice, transbordé par barge, est opérationnel dès juin sur Front Street. Le restaurant possède le plus grand fourneau de la région et prépare quotidiennement plus de 3 000 repas. Frederick Trump en profite pour y ouvrir un casino, où se ruinent les mineurs. Mais son associé, Ernest Levin, devient alcoolique en dépit de l'énorme succès financier. Ils se brouillent et brisent leurs relations professionnelles en février 1901. Ils sont réconciliés dès le mois d'avril, mais entre-temps le gouvernement local a décrété la prohibition de la prostitution, des jeux d'argent et des spiritueux. Encore une fois, Frederick Trump sent le vent tourner, il vend ses parts du restaurant à Levin et abandonne le Yukon[2],[3]. Quelques mois plus tard, Levin est arrêté pour ébriété publique et envoyé en prison. À Bennett, l'Artic Restaurant est saisi par les Red Coats[2]. La ville de Whitehorse subit un terrible incendie en 1905, qui réduit en cendre le restaurant-casino[11]. Blair écrit ainsi qu'« une fois encore, dans une situation qui créa tant de perdants (losers), Trump parvint à s'en sortir comme un gagnant (winner) »[2].

Mariage à Kallstadt[modifier | modifier le code]

Elisabeth Christ et Frederick Trump, vers 1918.

Frederick Trump rentre à Kallstadt, Empire allemand. Il est maintenant un homme riche, et demande à la famille voisine des Christs la main de leur fille, Elisabeth, qui n'avait que de 5 ans lorsqu'il embarqua la première fois pour le nouveau monde[12],[13]. Malgré les objections de sa mère, qui estime que son fils self-made-man, qui a réalisé son rêve américain, pourrait trouver une fiancée mieux nantie, ils se marient le 26 août 19021. Elle a 22 ans, lui 32. Le couple s'installe à New York, 1006 Westchester Avenue, dans le quartier allemand de Morrisania, Bronx[2].

Leur premier enfant naît le 20 avril 1904. Ils la baptisent Elizabeth, du nom de sa mère. La famille retourne à Kallstadt cette même année, après avoir vendu tous leurs biens en Amérique. Son passeport daté d'avril 1904 indique comme profession « hotelkeeper », (« gérant d'hôtel »)[14]. À son arrivée, il dépose à la banque 80 000 marks, équivalent à 476 700 euros de 2016

Les autorités soupçonnent bientôt Frederick d'avoir quitté l'Allemagne pour échapper au service militaire dans l'Armée impériale, et son dossier est classé comme insoumis. Le 24 décembre 1904, le Département de l'Intérieur annonce une enquête pour expulser Frederick Trump du pays. Officiellement, il a violé la résolution no 9916 de 1886 de l'Office impérial de l'Intérieur (Reichsamt des Innern), qui retire sa nationalité à tout Allemand émigrant vers l'Amérique du Nord dans le but d'échapper à ses obligations militaires[2]. Durant plusieurs mois, Trump demande en vain au ministère de réviser sa position et de lui permettre de rester dans son pays natal.

Retour à New York[modifier | modifier le code]

Le Woolworth Building, plus haut gratte-ciel du monde jusqu'en 1930, ici en 1913.

La famille Trump décide de retourner aux États-Unis fin juin 19051. Elizabeth met au monde un nouvel enfant le 11 octobre 1905, baptisé Frederick "Fred", du nom de son père. Ils résident alors au no 539 East 177th Street, dans le Bronx. Après la naissance de son troisième enfant, John George, le 21 août 1907, la famille déménage dans un quartier de classe moyenne du Queens, Woodhaven, où Frederick a commencé à développer des affaires dans l'immobilier. Il ouvre un salon de coiffure au no 60 Wall Street, dans Manhattan[2].

En 1908, Trump investit dans l'immobilier sur Jamaica Avenue, à Woodhaven. Deux ans plus tard, il y déménage avec sa famille et loue plusieurs chambres. Il est gérant du Medaillon Hotel sur la Sixième Avenue et la 23e rue[2]. Durant la Première Guerre mondiale il souhaite développer ses investissements, mais ses origines allemandes lui attirent la suspicion des autorités et la famille Trump fait profil bas.

Mort[modifier | modifier le code]

Un jour de mai 1918 où il se promène avec son fils Fred, il se sent soudainement très faible et doit être transporté rapidement dans son lit. Il meurt le lendemain, le 27 mai 1918, qui se trouve être aussi le Memorial Day. Ce qui est tout d'abord diagnostiqué comme une pneumonie aiguë s'avèrera être l'un des premiers cas de la grippe espagnole en 1918. Il a 49 ans.

Il laisse son épouse Elizabeth seule avec ses trois enfants. Mais aussi une fortune de 4 000$, avec 36 000$ d'actions, 2 appartements, 7 chambres dans le Queens et 14 prêts hypothécaires. Au total, 31 359 $ (soit 497 700 $, environ 470 000  de 2016). Elizabeth Christ Trump et son fils Fred Trump poursuivent ses projets d'investissements immobiliers à New York et fondent la société Elizabeth Trump & Son, qui deviendra dans les années 1980 The Trump Organization, dirigée par Donald Trump.

Portrait de la famille Trump. De gauche à droite Fred, Frederick, Elizabeth, Elizabeth Christ et John.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « How a Canadian adventure helped create the Donald Trump family story », CBC News,‎ (lire en ligne)
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w et x (en) Gwenda Blair, The Trumps: Three Generations That Built an Empire, Simon and Schuster, (ISBN 9780743210799, lire en ligne)
  3. a b et c (en) http://www.politico.com/magazine/story/2015/08/the-man-who-made-trump-who-he-is-121647.
  4. U.S. Immigration records, 19 octobre 1885, consultable en ligne sur https://commons.wikimedia.org/wiki/File:U.S._Immigration_records_mentioning_Friedr_Trumpf.jpg
  5. (en) « How the Trumps struck Klondike gold: Donald's grandfather gave birth to family's glittering empire with seedy restaurant catering to loose-moralled men and women seeking their fortune », sur Daly Mail, .
  6. (en) « Ancestry of Donald Trump  », William Addams Reitwiesner Genealogical Services.
  7. « Seattle receives epithet Queen City in 1869. - HistoryLink.org », sur www.historylink.org (consulté le 25 novembre 2016)
  8. « Monte Cristo -- Thumbnail History - HistoryLink.org », sur www.historylink.org (consulté le 25 novembre 2016)
  9. a et b « How the Trumps struck Klondike gold: Donald's grandfather gave birth to family's glittering empire with seedy restaurant catering to loose-moralled men and women seeking their fortune », Mail Online,‎ (lire en ligne)
  10. Tracie Rozhon, « Fred C. Trump, Postwar Master Builder of Housing for Middle Class, Dies at 93 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  11. (en-US) « Inside the wild Canadian past of the Trump family - Macleans.ca », Macleans.ca,‎ (lire en ligne)
  12. « Elisabeth Trump », sur geni_family_tree (consulté le 25 novembre 2016)
  13. « Ancestry of Donald Trump », sur www.wargs.com (consulté le 25 novembre 2016)
  14. US Passport Applications: Fred Trump U.S. Passport Applications 1904-1905, Fred Trump, Roll 653, 25 May 1904-31 May 1904

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]