François d'Harcourt

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François d'Harcourt
François d'Harcourt
Portrait de François d'Harcourt

Naissance
Décès (à 60 ans)
Saint-Germain-en-Laye
Origine Drapeau du royaume de France Royaume de France
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 1705-1749
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Guerre de Succession de Pologne
Guerre de Succession d'Autriche
Distinctions Ordre du Saint-Esprit
Autres fonctions Lieutenant-général de la Franche-Comté (1712-1730)
Famille Maison d'Harcourt

François, duc d'Harcourt, né le et mort à Saint-Germain-en-Laye le , est un officier français du XVIIIe siècle. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, il prend part aux guerres de Succession d'Espagne, de Pologne et d'Autriche. Comme son père avant lui, il termine sa carrière militaire avec le grade de lieutenant-général des armées du Roi et la dignité de maréchal de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

François d'Harcourt, est issu de la Maison d'Harcourt, une puissante famille de la noblesse normande dont les origines remontent au XIe siècle. Elle compte en son sein trois maréchaux de France, ainsi qu'un grand nombre d'officiers, d'ambassadeurs et de pairs de France.

Il est le fils aîné d'Henri, 1er duc d’Harcourt (1654 -1718), pair et maréchal de France (en 1703) et de Marie Anne Claude Brulart de Genlis (1669 †1750), dame de Pisy.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Guerre de succession d'Espagne[modifier | modifier le code]

Il est encore au collège lorsqu’il lève, sous le nom de « marquis d'Harcourt », un régiment de cavalerie de son nom (commission du ). En 1706, il sert dans les mousquetaires, et se trouve, la même année, à la bataille de Ramillies. En 1707, il est employé à l'armée de Flandre, avec laquelle il ne fait aucune expédition.

En 1708, il prend le commandement de son régiment, qu'il conduit au combat d'Audenarde le 11 juillet. En 1709, sous les ordres du maréchal d'Harcourt, son père, il marche avec son régiment de l'armée du Rhin et se trouva à l'attaque du moulin de Besval où, avec des piquets de cavalerie, il soutint l’attaque des gardes avancées de l’ennemi. Il servit dans la même armée en 1710 et 1711, et, ayant obtenu le 15 juillet 1710 un ancien régiment de cavalerie, vacant par la mort du marquis de Lesart, il se démit du régiment qu’il avait.

En 1712, il obtint du roi le régiment Dauphin-Cavalerie [1], et se démet de celui dont il était pourvu. Toujours sous les ordres de son père, il sert dans l'armée du Rhin, puis, sur la démission de ce dernier il obtient la lieutenance générale du gouvernement de la Franche-Comté[2]. Il prête serment en cette qualité le . La même année, il se trouva à la prise de Spire, de Worms et de Kaiserslautern – qui ouvrirent leurs portes –, à la défaite du général Vaubonne dans ses retranchements le 20 septembre, et à la prise de Fribourg et de ses châteaux. Il se démit du régiment Dauphin en 1716, et est pourvu, à la démission de son père, de la 5e compagnie française des gardes du corps du roi le , il prête serment le jour même. On le fit alors brigadier[3].

Devenu le deuxième duc d'Harcourt à la mort de son père, le , il en prend alors le titre, et est reçu au parlement de Paris le [4].

En 1728 il achète le marquisat de La Mailleraye, près de Rouen, à Marie Angélique Fabert, la seconde épouse de son grand-père.

Il est fait maréchal de camp le 24 avril et chevalier des Ordres du roi le 16 mai 1728. Il se démet de la lieutenance générale de la Franche-Comté le .

Guerre de Succession de Pologne[modifier | modifier le code]

Employé à l'armée d’Italie[5], il investit Pizzighettone en Lombardie, qui capitule le . Il sert lors de la prise du château de Milan – qui se rend le 29 décembre –, au siège de Novare – qui capitule le –, et combat à Colorno et à Parme. Détaché avec huit escadrons le 12 juillet, il s’empare le lendemain de Reggio et de Rubiera. Promu au grade de lieutenant général le 1er août, il sert en cette qualité à la bataille de Guastalla, le 19 septembre : les ennemis, dont le projet était d’attaquer les Français par la gauche et de pénétrer jusqu’aux retranchements de la tête des ponts, firent avancer la plus grande partie de leur cavalerie dans la plaine entre le et la chaussée. Mais le duc d'Harcourt, secondé par le comte de Châtillon, marche à la tête de la cavalerie de la gauche, charge les cuirassiers impériaux, qui s’étaient avancés en bon ordre et qui ne purent soutenir cette attaque, et les repousse jusqu’à l’entrée d’un bois, au-delà d’une petite plaine où commença l’action générale. La cavalerie française s’étant alors remise en bataille, celle des ennemis reparut aussi dans la plaine, sur une colonne de deux escadrons de front : le duc d'Harcourt la repousse encore, et reçoit alors un coup de fusil dans le bras. À peine est-il guéri de sa blessure, qu’il rejoint l’armée, sous Crémone.

Pendant l’hiver, on le charge de la défense du duché de Parme, Plaisance et Guastalla. En 1735, il participe aux sièges et à la prise des châteaux de Gonzague, de Riggiolo et de Réveré. En , il obtient le gouvernement général de la principauté de Sedan et de ses dépendances[6], à la démission du maréchal de Coigny qui passe au gouvernement d’Alsace.

Guerre de Succession d'Autriche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession d'Autriche.

Employé dans l'armée de Bavière en 1742[7], il la commande jusqu’à sa jonction avec celle du marquis de Ravignan. Dans cet intervalle de temps, il chasse, le 26 mars, les ennemis des débouchés qu’ils occupaient dans les montagnes de Souabe, ainsi que des postes d’Öhringen, de Langenau et de Lavingen. Il repousse jusqu’à l’Iser les troupes autrichiennes qui étaient cantonnées près d’Ulm, les éloigne d’Ingolstadt et les chasse enfin de Kellen, où il se joint au marquis de Ravignan. De concert, ils font lever le siège de Straubing par les ennemis le 9 avril. Le marquis de Ravignan étant mort, le duc d'Harcourt, seul au commandement des troupes, s’empare de Kindorff, facilite aux Bavarois le rétablissement de leurs ponts sur l’Iser, et occupe ensuite le camp de Niederalteich, où il se maintint pendant cinq mois, à la vue des ennemis qui, bien que supérieurs en forces, n'osent pas l'attaquer. Le comte Maurice de Saxe ayant été nommé pour prendre le commandement des troupes, le duc d'Harcourt rejoint alors l’armée aux ordres du maréchal de Maillebois. Il en est détaché le 21 septembre pour aller s’emparer de la ville de Plan, et y fait 400 prisonniers de guerre. Employé dans l'armée du Rhin sous le maréchal de Noailles à partir du , il en commande le flanc droit au Bataille de Dettingen, le 27 juin. Au cours de ce combat, il marche à la tête de la maison du roi, enfonce trois fois l’infanterie et la cavalerie ennemis, et est blessé d’un coup de fusil à l’épaule.

Nommé commandant l'armée de la Moselle en [8], il la conduit devant Valenciennes au mois de mai, et revient sur la Meuse au mois de juillet. Lorsque le prince Charles de Lorraine eut repassé le Rhin, le duc d'Harcourt s'avance en Alsace, où il favorise la retraite de la garnison de Saverne et empêche les ennemis de pénétrer en Lorraine. Le 13 août, il entreprend de chasser 12 000 hommes placés à Saverne sous les ordres du comte de Nadasti: à cet effet, il attaque de front et par les revers les retranchements élevés sur la hauteur de Saverne, qui étaient gardés par des Pandours et des Croates. Les ayant emportés, l'épée à la main, il poursuit les fuyards jusqu’à Saverne, où il entre en même temps qu’eux. Les ennemis sont obligés d'abandonner ce poste, et le duc d'Harcourt, les repousse encore jusqu'à une demi-lieue de là, avant de reprendre le combat. Toute l’aile droite de l’armée du prince Charles se détache alors pour secourir le comte de Nadasti, mais, à l'approche des troupes ennemies – très supérieures en nombre –, décide le duc d'Harcourt à ramener ses soldats dans son camp, pratiquement sans pertes. Les Autrichiens perdent lors de ces combats environ 1 200 hommes, les Français seulement 71. Dans la nuit du 15 au 16 août, le prince Charles repasse la Sorne et abandonne Saverne, que le duc d'Harcourt fait occuper. Après cette expédition, il rejoint l’armée du Rhin et y sert au siège de Fribourg et de ses châteaux, qui capitulèrent les 6 et 25 novembre. Employé à l’armée de Flandre sous le roi (lettres du 1er avril 1745), il investit Tournai le 26 avril et y ouvrit la tranchée le 30. Les ennemis, voulant secourir cette place, attaquèrent les Français à Fontenoy le 11 mai, et dans cette journée, le duc d'Harcourt commanda la droite de l’armée française.

Il investit Dendermonde le 7 août, s’empare le lendemain, des maisons à portée de la redoute la plus avancée, sur la chaussée de Malines. Le 9 août, il attaque et prend cette redoute, et fait 1 300 prisonniers de guerre. Dendermonde capitule le 12 août, et l’un des articles de la capitulation porte que la garnison ne ferait aucune sorte de service militaire pendant 18 mois. On trouve dans la place 50 000 munitions, 70 000 sachets de poudre, 20 000 bombes et boulets, 8 mortiers en fer et 40 pièces de canon. Employé dans la même armée en 1746[9], le duc d'Harcourt combat à la bataille de Rocourt, le 11 octobre.

Il est fait maréchal de France à Fontainebleau, le , prête serment le , et fait enregistrer son état à la connétablie le .

Décès et descendance[modifier | modifier le code]

Il meurt à Saint-Germain-en-Laye, le , à l’âge de 60 ans, sans laisser de postérité mâle. Son frère, Louis Abraham d'Harcourt, prêtre, lui succède comme 3e duc d'Harcourt jusqu'à son décès, le 27 septembre 1750 et a pour successeur comme 4e duc d'Harcourt leur frère, Anne Pierre d'Harcourt.

François d'Harcourt épouse à Paris, paroisse Saint Roch, le 14 janvier 1716, Marguerite-Louise-Sophie de Neufville-Villeroy, fille de Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, pair de France, et de Marguerite Le Tellier de Louvois. Elle meurt le 4 juin 1716, sans postérité.

Il se remarie à Paris, paroisse Saint Sulpice, le 31 mai 1717, avec une cousine germaine de sa première épouse, Marie-Madeleine Le Tellier de Barbezieux, fille de Louis François Marie Le Tellier, marquis de Barbezieux, ministre et secrétaire d'Etat à la Guerre, chancelier de l'Ordre du Saint Esprit, et de Marie Thérèse Delphine d'Alègre. De ce dernier mariage sont issus :

  • Françoise-Claire d'Harcourt (12 mai 1718 - 9 mai 1751), mariée à La Mailleraye le 6 juillet 1738 avec Emmanuel-Dieudonné de Hautefort, marquis de Hautefort et de Surville, seigneur de Champien, ambassadeur du Roi Louis XV près la Cour d'Autriche, à Vienne. Tous deux sont les grands-parents maternels du duc de Richelieu par leur fille Adélaïde-Gabrielle, épouse de Louis-Antoine duc de Richelieu ; et d'Anne-Adélaïde de Mailly par leur fille Adélaïde-Julie, épouse de Louis-Joseph-Augustin de Mailly-Nesle-Rubempré-Montcavrel : d'où une postérité illustre, Anne-Adélaïde de Mailly épousant le prince Louis-Marie d'Arenberg, fils puîné du duc Charles-Marie-Raymond, d'où Amélie-Louise d'Arenberg mariée avec le duc en Bavière Pie-Auguste (Amélie-Louise et Pie-Auguste sont les grands-parents de l'impératrice d'Autriche Sissi et les arrière-grands-parents de la reine Elisabeth de Belgique) ;
  • Angélique-Adélaïde d'Harcourt (30 août 1719 - 7 septembre 1744), mariée le 18 février 1741 avec Emmanuel de Croÿ, prince de Croÿ-Solre ;
  • Gabrielle-Lydie d'Harcourt (21 décembre 1722 - 1801), mariée le 3 mai 1740 avec Claude-Louis-François de Régnier, comte de Guerchy et marquis de Nangis ;
  • Louis François d'Harcourt, capitaine des Gardes du corps (1743), puis mestre de camp du régiment de Pons cavalerie (1745). Né le 6 octobre 1728, il meurt le 15 mars 1748, avant son père, sans alliance.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commission du .
  2. Provisions données à Fontainebleau le
  3. Brevet du
  4. Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), Paris, Maisonneuve & Larose, , 1218 p. (ISBN 2 7068 1219 2), p. 649-651
  5. Lettres du
  6. Provisions du
  7. Lettres du
  8. Lettres du
  9. Lettres du

Pages connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Chronologie militaire, t. III, page 363
  • Mémoires du temps, Gazette de France
  • Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), 1996, Paris, Maisonneuve & Larose, 1018 p. p. 649-651.