François II de Lorraine

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François II, duc de Lorraine et de Bar, né à Nancy le , mort le , est le troisième fils du duc Charles III et de Claude de France.

Influencé par son fils le co-duc Charles IV de Lorraine, il fut amené à se faire proclamer duc de Lorraine et de Bar brièvement du 21 au 26 novembre 1625.

Un cadet talentueux[modifier | modifier le code]

Sixième enfant et troisième fils du duc Charles III et de Claude de France, il fut d'abord titré comte de Vaudémont.

Confronté à la faiblesse de son héritier, son père le nomma lieutenant général des états ducaux pendant les voyages qui le menaient en France, en 1594 afin de conclure la paix avec le roi Henri IV de France. La paix avec la France permit au jeune prince de devenir gouverneur et lieutenant général du roi de France dans les villes sous protectorat Français de fait depuis 1552,Toul et Verdun.

Il fut un temps généralissime de la république de Venise et demanda en vain la main de la nièce du grand-duc de Toscane, Marie de Médicis (qui épousa Henri IV de France).

De retour dans les duchés, il y épousa en 1597 Christine, comtesse héritière de Salm qui lui apportait en dot la souveraineté du comté de Salm et une fortune considérable et lui donna six enfants.

De septembre à octobre 1606, il effectua également pour son père un voyage diplomatique en Angleterre.

La mort du père[modifier | modifier le code]

En 1608, le duc Charles III s'éteignit laissant le trône à son fils aîné Henri II. En 1608, également naquit Nicole de Lorraine, première enfant viable du duc Henri. François et ses enfants n'étaient plus héritiers des trônes ducaux.

L'Héritière de Lorraine[modifier | modifier le code]

Déjà, le puissant roi de France songeait à marier la future duchesse de Lorraine et de Bar à son fils le futur Louis XIII afin que Lorraine et Barrois soient naturellement et légitimement à la couronne de France. Le roi de France fut assassiné en 1610 et sa veuve Marie de Médicis dont François avait en vain convoité la main, assumant la régence, délaissa l'alliance Lorraine pour l'alliance Espagnole.

François espérait que la future duchesse épouserait son fils aîné Charles, le plus proche héritier en ligne masculine.

Or le duc Henri II songeait à marier sa fille qui avait 13 ans. Il fixa son choix son choix sur son favori, le talentueux baron d'Ancerville. Malgré les nombreux talents du baron et bien qu'il soit apparenté à la Maison de Lorraine, le choix du duc heurtait les membres de la famille ducale, de la noblesse Lorraine et de la cour souveraine; en effet, le baron, fils adultérin du défunt cardinal de Guise, n'était pas un prince légitime.

En 1621, brouillé avec son frère et pour montrer sa désapprobation à l'Europe entière, le comte de Vaudémont et sa famille quittèrent les duchés et demandèrent sa protection à l'empereur.

Il rejoignit l'armée impériale et combat les Protestants allemands. Son fils aîné, Charles, âgé d'à peine 16 ans, se distinguera à la Bataille de la Montagne Blanche.

Un accord fut conclu entre les deux frères: la fille du duc épousait son cousin Charles, fils de François, tandis que le favori du duc épousait Henriette, fille de François qui recevait les principautés de Phalsbourg et de Lixheim.

Charles s'engageait à régner avec Nicole mais reconnaissait qu'il tenait ses pouvoirs de son épouse.

Fils de duc, père de duc, duc[modifier | modifier le code]

Le duc Henri II mourut le 31 juillet 1624, et, n'ayant pas de fils, il avait désigné pour lui succéder sa fille Nicole de Lorraine, mariée à Charles de Vaudémont, le fils aîné de François, en précisant que Charles tenait son autorité de sa femme.

Une nouvelle dynastie était censée naître de mariage : la Maison de Lorraine-Vaudémont mais l'héritier tardait à venir.

Ainsi défini, commença le règne des co-souverains, une duchesse de 16 ans et son mari de 20 ans. La jeune souveraine signait les décrets, son jeune époux les contresignait. Les pièces de monnaies montraient de profil au premier plan la souveraine, au second le co-duc.

Une telle situation gênait le fringant jeune homme peu fait pour le métier de prince consort et préférait régner seul. François se résolut à lui permettre d'arriver à ses fins.

Un testament du duc René II, le glorieux vainqueur du Téméraire - daté de 1506 et retrouvé fort à propos - spécifiait que les duchés ne pouvaient se transmettre qu'en lignée masculine. La cour souveraine, favorable au comte de Vaudémont, attesta de l'authenticité du document et le prince François se trouva être le véritable héritier des duchés au détriment de sa nièce.

En novembre 1625, François de Vaudémont, s'appuyant sur ledit testament de René II, revendiqua les duchés. Les États Généraux de Lorraine estimèrent sa requête légitime. La duchesse Nicole et le duc Charles abdiquèrent et François de Vaudémont devint duc le 21 novembre 1625. Il quitta le comté de Salm et sa capitale Badonviller où il avait soutenu la politique pro-catholique du rhingrave Othon-Henri, récemment converti, pour Nancy.

Il en profita pour rembourser ses dettes avec les finances ducales. Cinq jours plus tard, il abdiqua en faveur de son fils, qui devint le duc Charles IV.

Celui-ci en profita pour se séparer de son épouse Nicole, principale victime de cette conjuration politico-familiale. Il tenta en vain de faire annuler son mariage par le pape. A bout d'argument, il alla jusqu'à prétendre que le baptême de Nicole n'était pas valide et fit condamner pour sorcellerie et brûler vif le prêtre qui avait baptisé la princesse.

Une retraite dorée[modifier | modifier le code]

François, qui perdit son épouse en 1627, se consacra à la gestion de ses comtés de Vaudémont et de Salm.

Il protégea le compositeur Nicolas Signac, qui lui dédia son recueil de psaumes publié en 1630, et peut-être également son troisième livre d'airs à quatre parties de 1625.

En 1632, les intrigues de son fils et sa politique étrangère désastreuse ayant indisposé le puissant voisin Français, celui-ci fit envahir les duchés par son armée. L'occupation étrangère dura jusqu'à la fin du siècle et les populations des duchés souffrirent grandement des ravages de la guerre de Trente Ans.

La même année, l'ex-duc François II de Lorraine et de Bar, comte de Vaudémont, marquis de Hattonchattel, comte de Salm, de Chaligny, baron de Viviers, Ruppes, Brandebourg, Turquestein et Monthureux-sur-Saône, s'éteignit paisiblement dans son château de Badonviller à l'âge de 60 ans. Dans son testament, il précisait qu'il n'avait « jamais eu l'ambition de porter la couronne en ce monde »,

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

N'ayant pu épouser la richissime Marie de Médicis, il fit néanmoins un mariage lucratif en épousant le 12 mars 1597 la très riche Christine de Salm, fille de Paul de Salm et de Marie Le Veneur de Thilières (1575 † 1627).

Ils eurent :

  • Henri (1602 † 1611), marquis de Hattonchâtel
  • Charles IV (1604 † 1675), épouse
    • en 1621 sa cousine Nicole Ire, duchesse de Lorraine et de Bar (1608-1657) fille de Henri II, duc de Lorraine et de Bar dont il cherche très vite à se séparer. Le pape ayant refusé d'annuler ce premier mariage, il répudia sous divers prétextes son épouse légitime pour épouser en 1637 (mariage non valide) puis
    • en 1663 Béatrice de Cusance (1614+1663), veuve du prince de Cantecroix dont il eut deux enfants (légitimés mais non dynastes). Excommunié en 1642 pour cause de bigamie, il dut se séparer de Béatrix. Celle-ci exigea le mariage par procuration après la mort de la duchesse Nicole afin de légitimer ses enfants.
    • enfin en 1665 Marie-Louise d'Apremont (1651-1693) sa cadette de 47 ans (sans postérité)
    • #en 1621 à Louis de Guise († 1631), prince de Phalsbourg et Lixheim,
    • #puis en 1643 à Charles Guasco marquis de Sallerio
    • # et en 1652 à François Grimaldi († 1693)
  • Christine (1621 † 1622)

Voir également[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]