Fondation d'entreprise Louis Vuitton

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Fondation Louis Vuitton)
Aller à : navigation, rechercher
Fondation d'entreprise
Louis Vuitton
Vue de la fondation depuis le Jardin d'acclimatation de Paris.
Vue de la fondation depuis le Jardin d'acclimatation de Paris.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 8 Avenue du Mahatma Gandhi,
75116 Paris
Coordonnées 48° 52′ 36″ N 2° 15′ 49″ E / 48.876729, 2.26357448° 52′ 36″ Nord 2° 15′ 49″ Est / 48.876729, 2.263574
Informations générales
Date d’inauguration 27 octobre 2014
Collections Art contemporain
Informations visiteurs
Site web http://www.fondationlouisvuitton.fr

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fondation d'entrepriseLouis Vuitton

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Fondation d'entrepriseLouis Vuitton

La Fondation d'entreprise Louis Vuitton, anciennement Fondation d'entreprise Louis Vuitton pour la création[1], lancée en octobre 2006, a été créée par le groupe LVMH et ses maisons. Elle a pour objectif de promouvoir l’art et la culture et de pérenniser les actions de mécénat engagées depuis 1990 par le groupe.

Le bâtiment, conçu par l'architecte Frank Gehry, est situé au Jardin d'acclimatation, dans le bois de Boulogne à Paris. Ce projet qui se veut une réplique à la fondation Pinault installée à Venise, est l'expression médiatique de la concurrence entre Bernard Arnault, le patron du numéro un mondial du luxe et son rival François Pinault[2].

L'inauguration a eu lieu le [3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

En 2001, Bernard Arnault rencontre Frank Gehry, architecte récompensé par le prix Pritzker en 1989. Il lui confie le projet d’un édifice pour la Fondation Louis Vuitton pour la création, à Paris, au sud du Jardin d'acclimatation, à l’orée du bois de Boulogne.

Frank Gehry visite le jardin et découvre un site exceptionnel[réf. nécessaire] chargé d’histoire. Il imagine alors une architecture de verre inspirée par le Grand Palais, mais aussi par les structures de verre, telles que le Palmarium, qui ornaient le Jardin d’Acclimatation dès 1893[4]. Sous la main de l’architecte, l’édifice en verre prend l’allure d’un voilier aux voiles gonflées par le vent d'ouest, donnant ainsi l'illusion du mouvement. Douze voiles de verre translucides enveloppent l’« iceberg », une succession de formes blanches organiques habillés en béton ductal (décomposés en 19 000 panneaux tous différents et décalés pour créer, selon l'expression de Frank Gehry, un motif en « tremblement de terre ») et portant des terrasses arborées et flottant sur un bassin d'eau. Ces volumes sont séparés par des ouvertures, des failles et des superpositions qui sont refermées par des parois vitrées se décomposant en quarante-six ouvrages de configurations très diverses, si bien qu'il est difficile de distinguer façades et toitures. Chacune de ces voiles, de forme et de courbure différentes, est soutenue par un jeu sophistiqué de poutres en acier et en bois, et est composée de 3 600 panneaux de verre sérigraphié de pastilles qui réfléchissent 50 % de l'énergie lumineuse[5].

Afin d’inscrire au mieux le bâtiment dans l’environnement du Jardin d'acclimatation dont LVMH a obtenu la concession pour une durée de 20 ans le 6 décembre 1995 (le groupe ayant racheté en 1984 le conglomérat Boussac qui avait déjà obtenu en 1952 de la ville de Paris la concession en lieu et place du Jardin zoologique d’acclimatation et qui fut renouvelée en 1995), la fondation a réalisé un plan d’aménagement renouant avec les principes fondateurs des jardins paysagers du XIXe siècle. Il relie l’édifice avec le Jardin d’acclimatation au nord, et avec le bois de Boulogne au sud. L'implantation du bâtiment de la Fondation se réalise dans le cadre d’une convention d’occupation en date du , d’une durée de 55 ans, au terme de laquelle le bâtiment reviendra à la Ville. En contrepartie, la ville perçoit une redevance forfaitaire annuelle de Unité 100000 jusqu’au terme de la convention[6].

Construction[modifier | modifier le code]

Vue depuis la Tour Eiffel de la fondation émergeant du bois de Boulogne.

« La construction d’une fondation au sein de laquelle pourrait se cristalliser une partie du mécénat s’imposait. Un espace nouveau qui ouvre le dialogue avec un large public et offre aux artistes et intellectuels une plateforme de débats et de réflexion », telle était l'ambition, selon les mots de Bernard Arnault lors de la présentation officielle du projet.

La réalisation de ce projet sans précédent, assurée par VINCI construction[7], a nécessité des développements technologiques extrêmement innovants[réf. nécessaire], dès la phase de conception, en 2008, avec l’utilisation d’un logiciel de conception 3D, Digital Project. Toutes les équipes de la maîtrise d’œuvre ont travaillé simultanément sur le même modèle numérique afin que les spécialistes puissent échanger leurs informations en temps réel.

Le bâtiment, construit à la place d'un ancien bowling, d'une billetterie et d'un restaurant, a une surface de 11 700 m2 et dépasse les 40 mètres de haut : rez-de-chaussée de neuf mètres de haut, zone technique de six mètres de haut, un étage de neuf mètres de haut surmonté des volumes des puits de lumière de neuf mètres, entourés des verrières qui lui permettent d'atteindre cette hauteur et de doubler son volume[8]. L'infrastructure est constituée d'une boîte étanche en sous-sol, formée d'un radier en béton étanche qui résiste aux surpressions hydrostatiques et, pour gagner encore du volume, d'un bassin aquatique alimenté par une cascade en pente douce et entouré d'une paroi moulée périphérique en console de 7 mètres[9].

Au total, la construction du bâtiment aura nécessité le travail conjoint d'ingénieurs et de plus de 700 ouvriers. Une trentaine de brevets ont également été créés, notamment pour les accroches des voiles de verre soumises à une forte prise au vent[10]. La géométrie complexe du bâtiment requiert de multiples études en soufflerie au CSTB de Nantes, dont les résultats ont permis aux ingénieurs SETEC Bâtiment et RFR de concevoir et dimensionner la structure du bâtiment[11].

Opposée à cet édifice, une association de défense du parc, la Coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne, a saisi la justice administrative, en attaquant, avec succès, à la fois l'autorisation foncière délivrée par une délibération du conseil de Paris et le permis de construire, finalement annulé le 20 janvier 2011[12]. Pour sauvegarder le projet de musée, la ville de Paris a, sur le premier point, modifié son règlement d'urbanisme. Sur le permis de construire, la ville et la Fondation Louis Vuitton ont obtenu en avril 2011 de pouvoir continuer les travaux.

Par ailleurs, dans le cadre d'un projet de loi sur le prix du livre numérique le 15 février 2011, a été glissé un cavalier législatif consolidant le permis de construire. L'association a alors saisi le Conseil constitutionnel en déposant une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Celle-ci visait ce « cavalier » législatif. Le 24 février 2012, elle a été repoussée par le Conseil constitutionnel parce que la disposition visée « répond à un but d'intérêt général suffisant[13]. »

En 2012, la construction de l’édifice aborde une étape déterminante avec l’installation des voiles de verre. Ces voiles sont constituées de 3 600 panneaux de verre, tous uniques et courbés spécifiquement pour épouser les formes dessinées par l’architecte. Les verrières, soutenues par des poutres de bois et de fer, recouvrent au total 13 500 mètres carrés[14]. Les équipes participant à la construction du bâtiment de la Fondation ont été récompensées par plusieurs prix d’architecture en France[15] et aux États-Unis[16].

Le coût de la construction, initialement estimé à 100 millions d'euros n'a pas été rendu public[17]. Il pourrait avoir atteint 500 millions d'euros en raison de la mise au point de panneaux de verre innovants[18].

Le musée[modifier | modifier le code]

Financé par LVMH, le musée est dédié à l'art contemporain. Il comporte 11 galeries sur trois niveaux destinées à présenter différentes collections, expositions, interventions d'artistes ainsi qu'un auditorium aux configurations modulables[19]. L'inauguration est prévue avec le pianiste chinois Lang Lang et le groupe électro allemand Kraftwerk. L'acoustique est assurée par Nagata Acoustics qui a déjà travaillé avec Frank Gehry pour le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles.

La Fondation n'est pas seulement un centre d'art contemporain. Elle est aussi un lieu de débats, de colloques, de séminaires, de master classes et une scène accueillant du spectacle vivant, du cinéma, de la vidéo... L'auditorium permet d'accueillir de 300 places assises à 1 000 places debout grâce aux diverses configurations du gradin. La scénographie de l'auditorium et des espaces annexes a été conçue par l'agence dUCKS scéno[20]. La Fondation est aussi à l'origine de commandes auprès d'artistes. "Nombre de ces musées privés ouverts dans le monde ont souvent de beaux écrins architecturaux mais pas forcément conscience de ce que signifie avoir une institution, avec une vision spécifique, une programmation digne de ce nom, un rôle pédagogique réel. La Fondation Louis Vuitton va être un stimulant positif pour les autres" a précisé Jérôme Sans. Les premières commandes ont été réalisées auprès d'Ellsworth Kelly, Olafur Eliasson, Janet Cardiff et George Bures Miller (avec la participation de Scott Tixier et Tony Tixier), Sarah Morris, Taryn Simon, Cerith. Wyn. Evans et Adrian Villar Rojas.

La Direction artistique de la Fondation Louis Vuitton est assurée par Suzanne Pagé, ancienne directrice du Musée d'art moderne de la ville de Paris.

La collection d'art de la Fondation met en valeur des artistes contemporains, dont Gerhard Richter, Bertrand Lavier, Christian Boltanski, Olafur Eliasson, Thomas Schütte, Pierre Huyghe, entre autres.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal Officiel des Associations n° 20130031 en date du 03/08/2013
  2. « Arnault défie Pinault dans l'art contemporain », sur lexpansion.lexpress.fr,‎
  3. « Soirée prestigieuse à la Fondation Louis Vuitton », sur lefigaro.fr,‎
  4. Histoire du Jardin d'acclimatation.
  5. Mathilde Doiezie, « Fondation Louis Vuitton, un vaisseau de verre dédié à l'art », sur Le Figaro,‎
  6. « Audit du Jardin d'acclimatation », Rapport de l'Inspection Générale de la Mairie de Paris, no 12-11,‎ , p. 3, 26 (lire en ligne)
  7. « Les bâtisseurs », sur Fondation Louis Vuitton
  8. « La Fondation Louis Vuitton sera inaugurée le 20 octobre », sur Le Nouvel Observateur,‎
  9. fiche SETEC
  10. La Fondation Louis Vuitton déploie ses ailes Paris Match, 18 décembre 2013
  11. « Le vent et la soufflerie », sur Fondation Louis Vuitton (consulté le 28 janvier 2015)
  12. « La Fondation LVMH arrêtée en pleins travaux » dans Le Parisien du 22 janvier 2011.
  13. « Le permis de construire du musée LVMH validé par le Conseil constitutionnel » dans Le Point du 24 février 2012.
  14. Projet en cours - Fondation Louis Vuitton, Eiffage
  15. Grand Prix national de l'ingénierie 2012.
  16. BIM Excellence Award for Contributions to Architecture décerné par l'American Institute of Architects.
  17. « Fondation Louis Vuitton. L'incroyable musée inauguré aujourd'hui », sur Ouest-France,‎
  18. « La Fondation Vuitton, c'est maintenant qu'il faut la visiter ! »
  19. Fondation Louis Vuitton : un nouveau temple de l’art à Paris, Le Parisien, 19 décembre 2013
  20. « Fondation Louis Vuitton: Les batisseurs », sur http://www.fondationlouisvuitton.fr (consulté le 2 décembre 15)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :