Collection Pinault

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La collection Pinault est l'appellation donnée à la collection d'art contemporain appartenant à l’homme d'affaire François Pinault. Elle est gérée au travers d'une société commerciale, Pinault Collection. La société a été créée en 1999 s'appelait initialement Artemis 9 et a pour objet social le négoce d’œuvres d'art. Celle-ci devient par la suite Artis puis Pinault Collection à partir de 2013. Cette société de négoce en œuvres d'art est dirigée par François Pinault et Jean-Jacques Aillagon en est le directeur général.

Pinault Collection[modifier | modifier le code]

Pinault Collection est une société par actions simplifiée à associé unique de droit français au capital de 273 millions d'euros (en 2018). Elle est dirigée par François Pinault, Président et Jean-Jacques Aillagon, Directeur général. Son actif est composé d'un total de 2800 œuvres d'art comptabilisées au bilan 2016 de la société pour un montant de 826 millions d'euros[1].

Le fantasme de la fondation[modifier | modifier le code]

Le milieu des marchands d'art et les médias ont longtemps cru que François Pinault allait créer une fondation en France, et que les sites de Venise étaient gérés par une fondation ; François Pinault ne les a pas détrompés. Mais la plus grande partie de sa collection d'art moderne a toujours été hébergée par une société commerciale détenue par la holding faîtière de l'empire familial Artemis : un dispositif qui renseigne sur la vocation entrepreneuriale de la démarche artistique plutôt que sur une supposée démarche philanthropique[note 1],[2].

« Il a laissé dire car la fondation à but non lucratif donne une image de philanthrope mais elle impose des contraintes administratives et complique la revente d’œuvres[3] »

— Jean-Michel Tobelem

Pour l'installation prévue sur l'île Séguin, tous les médias s'enflamment sur l'ouverture prochaine d'une fondation Pinault. Mais aucune structure de type fondation n'est créée et le projet échoue finalement en 2004.

La seule structure à but non lucratif que François Pinault créera sera la stichting (nl) "François Pinault Foundation" : une fondation de droit néerlandais, immatriculée en 2006 à Amsterdam. Si la terminologie entretient l’ambiguïté, Jean-Jacques Aillagon est catégorique : l'objectif de cette structure était de faciliter le transit des œuvres prêtées par Artis pour des expositions et à y apposer le label "Pinault". Depuis l'existence de multiples sociétés labellisées Pinault Collection, cette fondation néerlandaise n'a plus grande utilité et son activité est en voie d'extinction[1].

Les différents sites d'exposition[modifier | modifier le code]

Venise : Palais Grassi, Punta della Dogana, et Teatrino[modifier | modifier le code]

Le palais Grassi.

La collection hébergée en Italie au Palais Grassi est gérée au travers de la filiale italienne de Pinault Collection, Palazzo Grassi SPA. François Pinault détient 80% des parts de la société Palazzo Grassi SPA propriétaire du Palais Grassi. C'est la municipalité de Venise qui a racheté le Palazzo Grassi à la famille Agnelli, ancien propriétaire des lieux[1]. La mairie de Venise détient toujours 20% des parts de Palazzo Grassi SPA via sa filiale Casinò Municipale Venezia spa[4].

Deux sites de présentation de la collection se situent à Venise : le palais Grassi d’une part, acquis en 2005 et inauguré en 2006, et Punta della Dogana d’autre part, ouverte en 2009. Ces espaces ont été restaurés et aménagés par l’architecte japonais Tadao Andō[5].

Le Teatrino, réalisé par Tadao Ando et ouvert en 2013[6], propose un programme culturel et pédagogique.[réf. nécessaire]

La société Palazzo Grassi SPA a été dirigée par Jean-Jacques Aillagon puis par Monique Veaute et par Martin Béthenod à partir de 2010[7].

Paris : Bourse de commerce[modifier | modifier le code]

La Bourse de commerce.

Pour gérer la collection qui sera hébergée à la Bourse de Commerce de Paris, François Pinault a créé une nouvelle structure nommée Collection Pinault-Paris. Société créée en 2014, au capital social de 130 millions d'euros, elle est dirigée par François Pinault (président) et Martin Béthenod (directeur général)[1].

Le projet de création d'un site destiné à présenter la collection d'art contemporain de François Pinault est annoncé en 2000. À l'époque, François Pinault souhaite construire un musée sur l'ancien site des usines Renault, sur l'Île Seguin, située dans l'ouest parisien[5],[8]. En 2005, l'appel d'offres pour la construction est lancé, mais François Pinault argue de lenteurs administratives, et s'appuie sur le risque d'un environnement en chantier pour se retirer du projet en avril de la même année[5] ; il se tourne alors vers l'Italie, faisant le choix de montrer sa collection à Venise, au Palazzo Grassi, acquis en avril 2005 et rénové en 2006. Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, est alors responsable de la collection Pinault. À ce premier lieu d'exposition viennent s'ajouter la Pointe de la Douane (2009) et le Teatrino (2013), toujours à Venise[6].

À la suite de l'appel à projet Réinventer Paris lancé en 2014 par la Ville de Paris, la mairie de Paris initie à la fin de l'été 2015 les négociations avec la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Paris-Ile-de-France pour obtenir la cession de la Bourse du Commerce, bâtiment[8] qui lui avait été cédé en 1949 par la Ville de Paris pour un franc symbolique[9]. La Bourse de commerce nécessitant des coûts d'entretien élevés, la Chambre de Commerce et d'Industrie se montre dans un premier temps réceptive au projet, sans pour autant juger les conditions de rachat de l'édifice satisfaisantes[10]. La vente à la mairie de Paris est finalement conclue pour un montant de 86 millions d'euros[11].

L'annonce officielle de l'installation de la collection d'art contemporain de François Pinault à la Bourse de Commerce de Paris a lieu le 27 avril à l'Hôtel de Ville de Paris en présence d'Anne Hidalgo, maire de la ville[12]. Le partenariat conclu entre la Mairie de Paris et François Pinault accorde à ce dernier un bail emphytéotique de cinquante ans pour l'exploitation de la Bourse de Commerce de Paris[13].

Construit au XVIIIe siècle, le bâtiment circulaire de la Halle aux Grains est transformé au cours du XIXe siècle à la suite d'un incendie, puis devient la Bourse de Commerce. Classé Monument historique, la Bourse du Commerce abrite un patrimoine artistique notoire, dont trois sculptures allégoriques d'Aristide Croisy sur le fronton, ainsi qu'une monumentale peinture marouflée d'Evariste-Vital Luminais, de Georges Clairin, d'Hippolyte Lucas, d'Alexis-Joseph Mazerolle et de Désiré François Laugée évoquant les échanges entre les différents continents[14].

Le futur site de présentation abrite 3 000 m2 de surface d'exposition[14].

Le montant des travaux de remise aux normes et de rénovation est estimé à 108 millions d'euros, entièrement à la charge de François Pinault et de sa famille, le contrat de location étant établi entre la Ville de Paris et la holding familiale de François Pinault[14].

Pour conduire les travaux de rénovation, quatre architectes ont été choisis par François Pinault, dont Tadao Ando, architecte japonais, déjà sollicité lors du projet de construction sur l'Île Seguin en 2005 et signataire des réhabilitations du Palais Grassi et de la Punta Della Dogana. A ses côtés, Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques, mais également Lucie Niney et Thibault Marca, architectes français officiant pour l'agence NeM. Le groupe Setec a été désigné pour se charger du volet technique des travaux[14].

L'ouverture au public est prévue en 2019[15].

La collection Pinault - Paris n'est pas une fondation mais une société privée, filiale de la holding Artemis, financée à 100 % par la famille Pinault[16].

Le modèle économique[modifier | modifier le code]

Les expositions hors-les-murs[modifier | modifier le code]

Les œuvres de la collection font régulièrement l’objet d’expositions à travers le monde. Elles ont ainsi été présentées à Paris, Moscou, Monaco, Séoul, Lille, Dinard, Dunkerque, Essen… et, en juin 2017, à Stockholm, au Fotografiska Museet. Sollicitée par des institutions publiques et privées du monde entier, la collection Pinault mène également une politique soutenue de prêts de ses œuvres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Jean-Michel Tobelem est un universitaire français (Professeur Associé à l'université de Panthéon Sorbonne) spécialiste des institutions culturelles

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d David Bensoussan, « Révélations sur les finances de Pinault collectionneur », Challenges, (consulté le 18 juin 2018)
  2. David Bensoussan, « François Pinault, le parrain de l'art contemporain », Challenges, (consulté le 25 juin 2018)
  3. Jean-Michel Tobelem, La gestion des institutions culturelles, Armand Collin, (lire en ligne)
  4. (it) « Palazzo Grassi spa entrano Zuin e Ceron », La Nuova di Venezzia, (consulté le 20 juin 2018)
  5. a b et c Elsa Vivant, « Inconstance du collectionneur ou calcul de l’entrepreneur ? », Politix, no 88,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Après Venise, François Pinault au cœur de Paris pour sa collection d'art, Le Point, 27 avril 2016
  7. « Martin Bethenod prend la direction du Palazzo Grassi à Venise », Le Point, (consulté le 20 juin 2018)
  8. a et b La Collection Pinault va s’installer à la Bourse du Commerce, c’est confirmé !, MetroNews, 27 avril 2016
  9. François Pinault ouvrira son musée à la Bourse du commerce, La Croix, 27 avril 2016
  10. La Fondation Pinault donnée gagnante à la Bourse du Commerce de Paris, Le Figaro, 18 avril 2016
  11. « Musée Pinault: la Mairie de Paris débourse 86 millions d'euros », sur lefigaro.fr,
  12. ANNE HIDALGO : «JAMAIS LA COLLECTION PINAULT N'AURAIT DÛ ÉCHAPPER À LA FRANCE», Libération, 27 avril 2016
  13. La Fondation Pinault, un joli coup pour la Ville de Paris, Le Monde, 27 avril 2016
  14. a b c et d François Pinault investit la Bourse, Le Monde, 27 avril 2016
  15. « Collection Pinault à la Bourse de Commerce : une ouverture pour 2019 », sur www.exponaute.com,
  16. François Pinault s'offre son musée d'art contemporain au cœur de Paris, Télérama, 27 juin 2017

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens Externes[modifier | modifier le code]

collectionpinaultparis.com