Fabrice Di Vizio

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Fabrice Di Vizio
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Militant anti-vaccins (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Fabrice Di Vizio, né le , est un avocat français spécialisé en droit public.

Médiatisé pour ses prises de position lors de la pandémie de Covid-19, notamment en assurant la défense de Didier Raoult et du collectif de soignants C19, et devient l'une des figures populaires des antivax et du mouvement contre le passe sanitaire et vaccinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fabrice Di Vizio est d'origine italienne[2]. Il étudie à l'université Panthéon-Assas, dont il ressort diplômé en philosophie et en droit public science administrative[Quand ?][3].

Diplômé du Barreau de Paris en 2003, Di Vizio devient le collaborateur d'un avocat au conseil d'État, puis part s'installer professionnellement à Tours[4].

En 2006, il entame un « tour de France des médecins » afin de rédiger un rapport pour les candidats à l’élection présidentielle[Lesquels ?][3]. Lors de ce tour, il se sensibilise à la désertification médicale des campagnes ainsi qu’au contrôle judiciaire de l’activité médicale[4].

En 2011, dans le cadre de l'affaire du Mediator, Di Vizio défend la Fédération des médecins de France (FMF) dans sa plainte contre l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) pour « manquement à l'obligation d'information », la FMF estimant que les médecins ne sont pas protégés d'éventuelles plaintes de victimes du Mediator[5].

En 2016, il est l’avocat de Jacques Furlan, médecin accusé d’escroquerie à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et d’avoir alimenté un trafic de Subutex entre la Moselle et l’Allemagne[6]. Son client est condamné en appel à deux ans de prison avec sursis, 50 000 € d’amende et une interdiction d’exercer la médecine pendant deux ans[7].

Propos et actions durant la pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

Fabrice Di Vizio est considéré comme une figure principale de la contestation au passe sanitaire et à la désinformation autour du Covid-19[8],[9],[10]. Il se fait connaître du grand public lors de la pandémie de Covid-19, durant laquelle il assure la défense de Didier Raoult[11] ainsi que du collectif de soignants C19, pour lequel il dépose plainte contre plusieurs membres du gouvernement français dans le cadre de leur implication dans la gestion de la pandémie. Il tente également de nombreux recours, notamment pour la suspension du port du masque en extérieur et pour faciliter la prescription de l'hydroxychloroquine[4]. Militant contre l'instauration du passe et d'une vaccination obligatoire durant la pandémie de Covid-19, il compare la vaccination obligatoire à un « viol, car c'est un acte fait sous la contrainte. [...] On vous force à porter atteinte à l'intégrité de votre corps »[12].

En juin 2021, il crée l'Association d'information et de défense de la santé publique et environnementale (ADSPE), afin de « fournir les outils de la résistance à ceux qui refusent de voir leurs libertés individuelles bafouées »[13]. Elle est financée par la vente de modèles de plaintes contre le gouvernement[14],[13]. Di Vizio dissout l’association en septembre 2021[15]. En janvier 2022, près de 20 000 de ces plaintes sont classées sans suite[16].

Le 13 septembre 2021, Fabrice Di Vizio provoque une polémique en faisant part de son intention de licencier une de ses collaboratrices après qu'elle a été vaccinée dans le cadre d'un voyage professionnel[12],[17]. Deux jours plus tard, il annonce quitter sa fonction d'avocat en déclarant la mise en vente des parts qu'il détient dans son cabinet[12]. Le lendemain, France Info annonce qu'il est visé par une enquête déontologique du Conseil de l'Ordre du Barreau de Paris[18],[12],[19].

En , l'avocat évoque une intervention de « brigades armées » de la gendarmerie pour contrôler les passes sanitaires au cours d’une séance de cinéma à Bergerac, et diffuse cette fausse information dans une vidéo sur les réseaux sociaux. Il corrige par la suite, indiquant qu'il avait confondu avec une affaire s'étant déroulée à Chateaubriand[20],[21]. En , l’avocat anti-vaccin déclare au cours d’une émission de Touche pas à mon poste ! qu’il y aurait une augmentation brutale de la mortalité dans les pays vaccinés, ce qui est faux[22].

Le 11 mai 2022, le Canard enchaîné rapporte que Fabrice Di Vizio est accusé d’avoir ralenti un protocole de sédation d’un jeune homme souffrant d’une infection respiratoire incurable qu'il attribuait à la vaccination contre la Covid-19. L'article précise qu'en réalité le patient a été victime d’un accident vasculaire cérébral dû à son traitement contre la schizophrénie. En réaction, l'avocat indique vouloir porter plainte contre l'hebdomadaire satirique pour diffamation[23]. Le 12 mai suivant, dans l'émission Touche pas à mon poste ! , Fabrice Di Vizio affirme face au père qui l'accuse d'avoir « prolongé le calvaire » de son fils que la vidéo partagée sur Twitter ne parlait pas de la même personne[24].

Démêlés et condamnations par l'Ordre des avocats de Paris[modifier | modifier le code]

En 2015, il est condamné en appel à six mois avec sursis d'interdiction d'exercice de la profession d'avocat par le conseil de discipline du barreau de Paris, pour avoir présenté une collaboratrice comme avocate alors qu'elle ne l’était pas encore, et pour ne pas avoir averti le bâtonnier de son activité en Italie[13].

En 2022, une procédure est lancée par le conseil de l'Ordre des avocats qui lui reproche d'avoir eu sur un plateau de télévision des mots « grossiers, vulgaires, offensants », estimant qu’il s’agit d’un « registre excessivement impétueux » susceptible de porter atteinte à l’image de la profession. Il est aussi accusé d'avoir exprimé publiquement sa volonté de renvoyer une collaboratrice car cette dernière s'était fait vacciner contre le COVID-19[25]. Fabrice Di Vizio est condamné à six mois d’interdiction d’exercer avec sursis en novembre 2022[26],[27],[28].

Activités politiques[modifier | modifier le code]

En 2005, il rencontre Christine Boutin et rejoint son parti, le Forum des républicains sociaux[13]. En 2006, il devient le secrétaire national justice du FRS[3] et en 2007, délégué départemental du parti en Seine-et-Marne[29]. Di Vizio quitte le parti après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et la nomination de Christine Boutin en tant que ministre du Logement et de la Ville, qu'il reçoit comme une « blessure politique »[4].

Après une pause dans ses activités politiques, il devient en 2021 selon le JDD le « défenseur des anti-passe et des antivax, la star des cortèges de Florian Philippot, le patron du parti d'extrême droite Les Patriotes, dont il est désormais le référent santé publique »[13],[30].

Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2022, il prend position publiquement pour appeler à une « union sacrée » contre Emmanuel Macron en faveur de Marine Le Pen [31],[32].

Activités médiatiques[modifier | modifier le code]

Par son implication juridique dans la pandémie de Covid-19, Fabrice Di Vizio devient particulièrement médiatisé, il est invité régulièrement sur la chaîne CNews ou dans l'émission Touche pas à mon poste ![33] (TPMP). Il devient chroniqueur de la rubrique « Les Flingueurs du PAF » de TPMP à la rentrée 2021[13],[34],[35].

Il anime également sa propre chaîne YouTube[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maxime Macé et Pierre Plottu, « Fabrice Di Vizio, passion du Christ et complotisme », sur Libération (consulté le )
  2. « Portrait de l'avocat du Pr Raoult », sur lesgeneralistes-csmf.fr (consulté le )
  3. a b et c Louise Claereboudt, « "Si je n'avais pas été là, qui aurait défendu les médecins ?" : portrait de l'avocat du Pr Raoult », sur egora.fr, (consulté le )
  4. a b c et d Ronan Tésorière, « Qui est Fabrice Di Vizio, l’avocat porte-voix des médecins libéraux qui secoue les plateaux télé ? », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  5. « Mediator : un syndicat de médecins s'apprête à porter plainte contre l'Afssaps », sur lepoint.fr, (consulté le )
  6. Alain Morvan, « Procès du subutex : médecin humaniste ou escroc ? », sur republicain-lorrain.fr, (consulté le )
  7. Alain Morvan, « Subutex : le Dr Furlan condamné en appel », sur republicain-lorrain.fr, (consulté le )
  8. Maxime Macé et Pierre Plottu, « Fabrice Di Vizio, passion du Christ et complotisme », sur Libération (consulté le )
  9. « L’avocat polémique des anti-vax, Fabrice Di Vizio, annonce quitter la vie publique », sur Ouest-France, (consulté le )
  10. « COVID-19 : les acteurs de la désinformation en France », sur Fact & Furious, (consulté le )
  11. « Fabrice Di Vizio, l’avocat anti-pass qui divise » Accès payant, sur L'Obs, (consulté le )
  12. a b c et d Jean-Loup Adenor, « Visé par une enquête, l'avocat antivax Fabrice Di Vizio quitte la robe pour "prendre le large" », sur www.marianne.net, (consulté le )
  13. a b c d e et f Emmanuelle Souffi, « Plaintes groupées, 25.000 euros par mois... Les coulisses du business de Di Vizio, l'avocat des anti-passe » Accès payant, sur lejdd.fr, (consulté le )
  14. « VRAI OU FAKE. Qui est Fabrice Di Vizio, fervent anti-pass sanitaire et avocat ? », sur Franceinfo, (consulté le )
  15. « L’avocat polémique des anti-vax, Fabrice Di Vizio, annonce quitter la vie publique », sur Ouest France,
  16. Joan Tilouine, « Covid-19 : la Cour de justice de la République rejette une série de près de 20 000 plaintes contre le gouvernement », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  17. « L’avocat des anti-pass Fabrice Di Vizio menace une collaboratrice de renvoi pour s’être fait vacciner », sur L'Obs, (consulté le )
  18. Sacha Nelken, « L’avocat anti-pass sanitaire Fabrice Di Vizio dit quitter la vie médiatique », sur Libération, (consulté le )
  19. « L'avocat anti-pass sanitaire Fabrice Di Vizio visé par une enquête du Conseil de l'ordre », sur Franceinfo, (consulté le )
  20. « L'avocat F. Di Vizio invente des "brigades armées" au cinéma de Bergerac, l'exploitant envisage une plainte », sur France Bleu, (consulté le )
  21. Mathilde Roche, « Des gendarmes armés ont-ils interrompu des séances de cinéma pour contrôler les pass sanitaires? », sur Libération, (consulté le )
  22. « Covid-19 : observe-t-on une "augmentation brutale de la mortalité" dans les pays très vaccinés ? », sur LCI.fr, (consulté le )
  23. Par Le Parisien Le 11 mai 2022 à 17h00 et Modifié Le 12 Mai 2022 À 06h20, « «Fabrice Di Vizio a prolongé le calvaire de mon fils» : une figure anti-vaccin accusée d’avoir ralenti un protocole de sédation », sur leparisien.fr, (consulté le )
  24. F. R-G, « L'avocat Di Vizio à la chasse au "Canard" », Canard Enchaîné,‎ , Page 4 (lire en ligne Accès payant [PDF])
  25. Pierre Bienvault, « Covid-19 : l’avocat des « anti-vaccins » Fabrice Di Vizio jugé par ses pairs », sur La Croix,
  26. Le Parisien, « Fabrice Di Vizio, l’avocat des antivax, condamné à six mois d’interdiction d’exercer avec sursis », sur leparisien.fr, (consulté le )
  27. Lou Fritel, « L'avocat des antivax Fabrice Di Vizio condamné à six mois avec sursis d'interdiction d'exercer », sur www.marianne.net, 2022-11-02utc16:27:25+0100 (consulté le )
  28. Pierre Plottu et Maxime Macé, « Fabrice Di Vizio sanctionné par l’ordre des avocats pour ses propos outranciers », sur Libération (consulté le )
  29. « Les républicains sociaux passent à l'action José Bové a des amis en Seine-et-Marne DSK fait son marché à Coulommiers », sur leparisien.fr, (consulté le )
  30. « ENQUÊTE FRANCEINFO. Les pratiques de Fabrice Di Vizio, l'avocat des antivaccins, sont-elles "réglos" ? », sur Franceinfo, (consulté le )
  31. Pierre Plottu et Maxime Macé, « Présidentielle: les complotistes votent Marine Le Pen », sur Libération (consulté le )
  32. Vincent Glad, Antivax, Gilets jaunes, complotistes… La sphère antisystème vote Marine Le Pen, Le JDD, 17 avril 2022.
  33. Laura Carreno-Muller, « Qui est Fabrice Di Vizio, avocat souvent remonté sur les plateaux télé ? », sur gala.fr, (consulté le )
  34. « Fabrice Di Vizio, l'avocat antivax, rejoint TPMP », sur Journaldesfemmes.fr, (consulté le ).
  35. Telestar.fr, « Fabrice Di Vizio : l'avocat antivax confirme son retour dans TPMP à la rentrée », sur Telestar.fr, (consulté le ).
  36. Étienne Girard, « Revenus, condamnation, Hanouna... Enquête sur Fabrice Di Vizio, l'avocat anti-passe sanitaire », sur lexpress.fr, (consulté le )

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]