Ed Gein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ed Gein
Tueur en série
Image illustrative de l'article Ed Gein
Information
Nom de naissance Edward Theodore Gein
Naissance
La Crosse, Wisconsin (États-Unis)
Décès (à 77 ans)
Madison, Wisconsin (États-Unis)
Surnom Le Boucher de Plainfield
Cause du décès Cancer
Sentence Internement en hôpital psychiatrique
Meurtres
Victimes 2
Pays États-Unis
États Wisconsin
Arrestation 1957

Edward Theodore Gein est un tueur en série nécrophile et voleur de cadavres américain, né le à La Crosse, dans le Wisconsin, et mort d'une insuffisance respiratoire le à Madison, dans le Wisconsin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, George Philip Gein (1873-1940) étant alcoolique, Ed Gein est élevé en compagnie de son frère ainé Henry (1901-1944), par sa mère, Augusta Wilhelmine (née Lehrke en 1878) une luthérienne très fanatique qui répétait que les femmes étaient toutes les « récipients du pêché » et des créatures immorales[1]. Elle s'ingénie alors à décourager tout désir sexuel chez ses fils, de peur que ceux-ci aillent en enfer… Femme dure et dominatrice, Augusta ne trouve aucune difficulté à imposer ses croyances par la force, tant à ses fils qu’à son mari qui n’a pas son mot à dire dans l’éducation des garçons. En réalité, Augusta méprise profondément son époux, allant jusqu'à prier chaque jour pour que celui-ci meure et demandant même à ses fils de l’accompagner dans ses suppliques. George Gein se met à battre sa femme.

Mais Augusta méprise tout autant ses fils et les insulte souvent, persuadée qu’ils vont devenir des ratés, « comme leur père ». Durant leur adolescence et le début de l’âge adulte, Augusta prive Henry et Edward de tout contact avec les enfants de leur âge. Néanmoins, la seule femme à laquelle Ed Gein s’attache est… sa mère, le jeune garçon lui vouant même un véritable culte, tandis que Henry, qui ne partage pas cette adoration, mène une vie plus normale.

En 1906, l'année même de la naissance d'Edward, sa mère ouvre une épicerie à La Crosse, petite ville du Wisconsin à la frontière du Minnesota. Le commerce permet de faire vivre la famille confortablement. En 1914, les Gein s'installent dans une ferme de près de 80 hectares située à 9 km de Plainfield (en), petite bourgade d'environ 640 habitants, se trouvant au centre du Wisconsin à environ 150 km au nord-est de La Crosse.

Alors qu'il est âgé de 13 ans, Edward est retiré de l'école par sa mère qui prend prétexte d'avoir besoin de lui pour les travaux de la ferme. Élève moyen, il est cependant excellent en lecture. Néanmoins, on ne lui connait pas d'amis de son âge. D'un caractère timide et efféminé, il est victime des railleries de ses camarades de classe qui se moquent de lui.

Le , son frère Henry met le feu à un marais sur la propriété[2]. L'incendie échappe à tout contrôle et les pompiers locaux sont appelés pour éteindre le sinistre et protéger la ferme familiale des flammes. En fin de journée, le feu est maîtrisé, les hommes sont retournés chez eux avant que l'on s’aperçoive qu'Henry n'est pas revenu avec les autres. Un groupe part à sa recherche, avec des lanternes et lampes de poche. Après plusieurs heures, on retrouve le cadavre d'Henry Gein couché face contre terre sur la zone brûlée[3]. Apparemment, le décès de l'homme remonte à un certain temps, et la mort serait due à une crise cardiaque, car son corps ne porte pas de trace de brûlure. Il a été rapporté plus tard, et peut-être embelli dans la biographie d'Ed Gein, Déviants par Harold Schechter, que Henry présentait des ecchymoses sur la tête[4]. La police rejette la possibilité d'un acte criminel par asphyxie, bien que le médecin légiste du comté l'ait officiellement répertorié comme étant une cause de la mort. Bien que certains enquêteurs soupçonnent Ed Gein d'avoir tué son frère, aucune accusation n'est portée contre lui.

Un an et demi plus tard, le , alors qu'il a 39 ans, le décès de sa mère constitue pour lui une catastrophe. Livré à lui-même pour la première fois de sa vie, il refuse cette mort et tente tout pour la faire revivre, en commençant par des incantations devant sa tombe. Il se met alors à déterrer des cadavres et découpe leurs peaux pour se faire un « habit humain » de femme riche.

Le , Bernice Worden, une femme de 58 ans, propriétaire d’un magasin à Plainfield, disparaît dans les mêmes circonstances que Mary Hogan, la tenancière d’une taverne de Pine Grove (en) dans le comté voisin, près de trois ans auparavant. Un témoin ayant aperçu Ed Gein rôder autour du magasin de la victime à l'heure de sa disparition, les policiers se rendent à la ferme de ce dernier. Ils y découvrent une vision d'horreur : ainsi on trouva des abat-jours, rideaux, gants, draps, etc. en peau humaine, ainsi que des cadavres et certains morceaux humains dans des bocaux notamment. Le corps de Bernice Worden, pendu par les pieds à la poutre, a été décapité, éventré et vidé de ses entrailles. On retrouve également la tête de Mary Hogan dans un sac en papier.

Arrêté le jour même, celui que l'on surnomme désormais « le boucher de Plainfield », est accusé d'avoir assassiné deux femmes, et mutilé plusieurs cadavres qu'il a déterrés. En fait, il a beaucoup plus de victimes à son actif car on retrouve chez lui les visages et ossements provenant de quinze corps attribués aux violations de sépultures dont il avoue s'être rendu coupable. Mais son procès est limité par souci d'économie, le Comté de Waushara dont dépend Plainfield n'étant pas très riche et ne pouvant s'offrir un procès à plusieurs millions de dollars. Même s'il est dit tueur en série nécrophile, il n'a officiellement tué « que » deux femmes, comme il l'a avoué, prétendant pour les treize autres femmes qu'ils proviennent de vol de cadavres. Le district attorney refuse cependant d'ouvrir les tombes pour ne pas traumatiser les familles.

Le 22 novembre 1957, s'ouvre son procès. Plaidant la folie, le district attorney accepte l'ouverture de deux tombes qui s'avèrent vides. Il est déclaré aliéné au moment du crime mais les experts psychiatres, pour calmer les esprits, estiment qu'un procès est envisageable dans quelques années, selon son évolution psychiatrique[5].

Dix ans plus tard, en novembre 1968, la justice décide finalement que Gein est sain d’esprit et peut être jugé. Les preuves étant nombreuses, il ne faut qu’une semaine pour boucler le procès et obtenir un verdict. Gein est déclaré coupable de meurtre avec préméditation. Lors d'un troisième procès, il est déclaré non coupable car mentalement irresponsable, et finalement acquitté.

Il est interné dans un hôpital psychiatrique pour les psychotiques criminels, l’hôpital central d’état situé au sein de la prison de Dodge (en) à Waupun dans le Wisconsin, où il sera diagnostiqué schizophrène. En 1978, Gein est transféré au service de gériatrie de l'Institut de santé mentale Mendota (en) de Madison, la capitale de l'État. Il y meurt en 1984 d'une insuffisance respiratoire à l'âge de 77 ans.

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Son histoire inspira certains éléments de quelques films :

Adaptation à la télévision[modifier | modifier le code]

  • Le tueur Bloody Face, apparaissant dans la saison 2 de la série American Horror Story (Asylum) en est directement inspiré.
  • Bates Motel, l'adaptation en série TV du film Psychose, diffusée depuis le 18 mars 2013.
  • Zak Bagans, enquêteur paranormal et aussi présentateur de l'émission Deadly Posse

Adaptation en bande dessinée[modifier | modifier le code]

La bande dessinée Ed Gein parue en avril 2009 chez Soleil Productions (par Dobbs et Nespolino) retrace la biographie de l'homme à travers sa rencontre avec un journaliste qui l'a connu dans sa jeunesse, le tout dans un style old school proche de ce que faisait EC Comic à la grande époque des Horror comics.

Émissions de télévisions[modifier | modifier le code]

Dans l'émission Deadly Possessions, présentée par Zak Bagans (Ghost Adventures). Dans la Saison 1 Episode 05, Zak interview l'ancien propriétaire du chaudron que Ed Gein utilisait pour cuisiner ses victimes.

Le chaudron serait hanté par les esprits des victimes de Ed. Il se trouve actuellement dans le musée de Zak Bagans à Las Vegas.

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le groupe Américain de thrash Slayer a sorti en 1990 une chanson intitulée Dead Skin Mask sur l'album Season in the Abyss à propos du personnage d'Ed Gein, chanson reprise plus tard par le groupe de Black metal Dark Funeral.
  • Un autre groupe Américain, Mudvayne, a sorti une chanson intitulée Nothing to Gein sur leur album L.D. 50
  • Il existe aussi un groupe de Grindcore qui s'appelle lui même Ed Gein.
  • Necrophiliac, un one-man band du Québec fondé par Eric Marsan, a écrit une chanson intitulé Ed Gein, en hommage au tueur.
  • John 5, un autre groupe américain s' en inspire pour le morceau Dead Art In Plainfield.
  • Le groupe suédois Deranged a sorti en 2002 un album intitulé Plainfield Cemetary.
  • Ed Gein est évoqué dans la musique du groupe industriel Combichrist, dans la chanson God Bless (sur l'album Everybody Hates), en compagnie d'autres tueurs.
  • Le rappeur américain Eminem s'est inspiré des évènements du film Le silence des agneaux lui-même relié directement à Ed Gein dans sa chanson Buffalo Bill de son album Relapse: Refill.
  • Un des bassiste du groupe Marilyn Manson a porté le nom de scène de Gidget Gein, tiré du personnage de série TV Gidget et d'Ed Gein.
  • Le groupe américain Blind Melon a composé une chanson intitulée Skinned, qui se retrouve sur le deuxième album du groupe, Soup. La chanson parle de recréer toutes sortes d'objets domestiques (table à café, abat-jour, etc.) à partir de peau et d'ossements humains. La trame débute sur une narration qui mentionne clairement le nom d'Ed Gein.
  • Le groupe Américain de death metal Macabre a sorti en 1987 une chanson intitulée Ed Gein sur l'album Grim Reality.
  • Le groupe de dubstep "Ry Legit" a sorti une chanson du portant son nom, en mixant plusieurs spots télévisuels parlant de lui à l'époque
  • Le groupe "The Meteors" a sorti une chanson intitulée "A very Handy Man indeed" relatant les actes de Ed Gein.

Peinture[modifier | modifier le code]

L'artiste unPOP et ex-bassiste de Marilyn Manson, Gidget Gein, a choisi ce pseudonyme composé en hommage à Gidget un personnage de télévision, et à Ed Gein, qu'il a peint à plusieurs reprises. L'artiste Joe Coleman collectionne des objets lui ayant appartenu et le considère comme un sujet passionnant.

Manga[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans The Elder Scrolls IV:Oblivion le joueur rencontre, pendant les quêtes de la Confrérie Noire, un membre ayant pour but de se venger de la confrérie qui avait tué sa mère au cours d'un contrat (car c'est une confrérie d'assassins). Le protagoniste découvre plus tard, dans sa cave, des objets de culte de magie noire ainsi que la tête de sa mère posée sur un autel. Dans de nombreuses notes qu'il laisse derrière lui et dans lesquelles il dialogue avec sa mère, le tueur mêle sa haine contre elle, qui semblait fortement autoritaire vis-a-vis de son fils, et son désir de la ressusciter.
  • Dans Dofus, Gein est le fils de Sram, le dieu des assassins et des ombres.
  • Outlast : Whistleblower : Eddie Gluskin est directement inspiré de Ed Gein.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Timothy Mark, The "Ed Gein" Story, Lulu, , p. 10.
  2. Judge Robert H. Gollmar, Edward Gein, Pinnacle Books, 1981, p. 85.
  3. Wisconsin Rapids Daily Tribune | Wisconsin Rapids, Wisconsin | Friday, May 19, 1944 | Page 1.
  4. (en) Harold Schechter, Deviant : The Shocking True Story of Ed Gein, the Original Psycho, New York, Simon and Schuster, (ISBN 0671025465), p. 30–31.
  5. (en) Sandra Harrisson Young, Destined for Murder. Profiles of Six Serial Killers with Astrological Commentary, Llewellyn Publications, , p. 17.