Psycho (film, 1998)

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Psycho
Description de cette image, également commentée ci-après
L'hôtel Bates, décor des studios Universal (2006)[1]
Titre québécois Psychose
Titre original Psycho
Réalisation Gus Van Sant
Scénario Joseph Stefano
Acteurs principaux
Sociétés de production Universal Pictures
Imagine Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Thriller
Durée 105 minutes
Sortie 1998

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Psycho est un thriller américain réalisé par Gus Van Sant, sorti en 1998. Il s'agit du remake — quasiment littéral — du célèbre film d'Alfred Hitchcock datant de 1960.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychose (film).

Le synopsis est exactement le même que celui du film d'Hitchcock, sauf que l'action se déroule le 11 décembre 1998, comme indiqué à l'écran dans le premier plan séquence qui suit le générique.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (V. F.) sur AlloDoublage[4]

Production[modifier | modifier le code]

Interprété par Anne Heche, Vince Vaughn, Julianne Moore, William H. Macy et Viggo Mortensen, le film reçoit un accueil critique très mitigé, désorientant un certain nombre de spécialistes de Gus van Sant ; certains reconnaissent sa capacité à expérimenter[5]. Au box office, le film équilibre son budget brut mais ne fait aucun profit : il est même déficitaire.

C'est après avoir achevé Drugstore Cowboy, son deuxième long métrage, sorti en 1989, que Gus Van Sant tente pour la première fois de faire un remake d'Alfred Hitchcock avec Psychose[6]. Drugstore Cowboy ayant eu du succès, il est approché par Universal qui lui propose de choisir un film de son catalogue pour en faire un remake[6]. Le cinéaste n'aime pas l'idée de prendre un film peu connu pour, en se détachant du travail effectué par le réalisateur, « refaire le film à sa propre sauce[6]. » Il propose donc de prendre le célèbre film d'Alfred Hitchcock pour le refaire en couleur et plan par plan[6]. L'idée parait ridicule à la production qui en reste là[6]. Ce concept n'est pourtant pas fondamentalement inédit : Brian de Palma, admirateur d'Hitchcock, avait déjà précédemment rendu hommage au maître avec Body Double (1984) qui est un mix entre trois films du maître.

Par la suite Gus Van Sant essaye à peu près tous les deux ans de réaliser ce projet, mais la production ne s'intéresse pas à cette idée tandis le cinéaste refuse toute autre proposition[6].

En 1997, c'est grâce au succès de son nouveau film, Will Hunting, que son projet de « remake » de Psychose peut enfin voir le jour : Will Hunting étant nommé aux Oscars du cinéma, plusieurs grands studio sollicitent le cinéaste dans la semaine qui précède la cérémonie afin qu'il s'engage dans un projet avec eux[6]. Parmi ces studios se trouve Universal à qui Gus Van Sant soumet de nouveau son idée très particulière de remake, pour laquelle la production se montre cette fois enthousiaste[6].

Un remake ou une copie expérimentale ?[modifier | modifier le code]

Cette version reprend le scénario écrit par Joseph Stefano pour Hitchcock, ou plus exactement le story-board incluant donc les dialogues et les modifications opérés par celui-ci, ainsi que son découpage et montage —, et elle est tournée en respectant le déroulé du séquencier, plan par plan, la différence visuelle la plus frappante concernant le passage à la couleur. Gus Van Sant va jusqu'à respecter ici l'apparition caméo du cinéaste. Cependant, Gus Van Sant souhaitait utiliser le storyboard original, mais celui-ci resta introuvable dans les archives d'Universal[7].

Outre la couleur, le casting, l'époque, des éléments de décor ou d'accessoires, des problématiques d'adaptation liées à la contingence matérielle — par exemple, la somme volée est dix fois plus élevée —, les différences d'un point de vue séquentiel sont les suivantes : le plan-séquence aérien d'ouverture n'est pas réglé de la même façon, la caméra pénétrant dans la chambre, apparemment sans coupe ; juste après, lors de la scène des amants, on voit que Sam est totalement nu ; durant la scène de voyeurisme à travers le trou dans le mur, la bande son suggère que Norman Bates se masturbe ; durant la scène de la douche, deux inserts représentants des ciels couverts apparaissent, de plus on voit les fesses de Marion ; durant l'assassinat du détective, deux inserts apparaissent (une femme en Vénus portant un loup, une vache au milieu d'une route)[8] ; durant la visite de la maison par Lila Crane, elle va dans la chambre de Norman et trouve un magazine porno ; enfin le générique de fin est bien plus long et prolonge la séquence de la voiture extraite du marais par un nouveau plan d'ensemble sur les policiers puis la mare.

N'ayant rien d'un pastiche, ni d'une parodie, mais tenant plutôt d'un décalque littéral, d'une copie au sens classique de l'histoire de la peinture, d'une tentative de refaire, après un certains laps de temps, ce qui a déjà été fait tel l'artisan qui s'approprie/redécouvre un ensemble de savoirs et de techniques, ce film est aussi considéré comme un véritable travail expérimental, on parle à son sujet de « re-appropriation », ce qui, en dehors des considérations esthétiques, peut soulever de nombreux problèmes à la fois purement juridique et moraux, mais surtout questionne la définition même de l'œuvre artistique du point de vue de sa valeur[9].

Le film est à la fin dédié à Alfred Hitchcock et remercie la fille de celui-ci pour son autorisation de tournage.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

C'est à ce jour l'un des rares remakes refait quasiment plan par plan, jusqu'en 2007, quand Michael Haneke fit Funny Games US, remake de son propre film de 1997. Lorsqu'il fut interrogé sur le remake de Van Sant, Haneke déclara que c'est un travail d'étude sur le film d'Hitchcock, tandis que le cinéaste autrichien voulait faire découvrir le film aux publics américains, ce qui constitue une démarche différente[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce n'est pas le décor dans lequel le film de Gus van Sant a été tourné.
  2. a et b Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. (en) Box office/business for Psycho (1998) sur l'Internet Movie Database. (Consulté le 25 juin 2008)
  4. « Fiche de doublage V. F. du film » sur AlloDoublage, consulté le 6 février 2013
  5. (en) Psycho (1998) – Gus Van Sant, Ain't It Entertaining?, 23 septembre 2012.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Bouquet et Lalanne, p. 107-108.
  7. Cirylle Giraud (trad. Sandra Vo-Anh), « Psycho, un copieur sachant copier : interview de Gus Van Sant », Mad Movies, no 117,‎ .
  8. http://www.cineclubdecaen.com/realisat/vansant/psycho.htm
  9. (en) « What Value is there in Gus Van Sant’s Psycho », par James MacDowell, Off Screen, juillet 2005.
  10. Razzie Awards (1999) sur IMDb.com
  11. Michael Haneke, Michel Cieutat et Philippe Rouyer, Haneke par Haneke, Stock, coll. « Essais - Documents », , 352 p. (ISBN 978-2234064850), p. 190

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]