Dian Fossey

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Dian Fossey

Naissance
San Francisco, Californie (États-Unis)
Décès (à 53 ans)
Parc national des Volcans (Rwanda)
Nationalité Américaine
Champs Éthologie, primatologie
Institutions Karisoke Research Center
Université Cornell
Diplôme Université d'État de San José (BA d'ergothérapie, 1954)
Université de Cambridge (PhD de zoologie, 1974)
Renommée pour Étude et protection du gorille des montagnes

Compléments

Influencée par Jane Goodall, Louis Leakey et George Schaller

Dian Fossey (, San Francisco, Californie, montagnes des Virunga, Rwanda) est une éthologue américaine, spécialisée dans l'étude du comportement des gorilles[1]. Elle les a étudiés régulièrement dans les forêts de montagne du Rwanda, encouragée à l'époque par le célèbre archéologue Louis Leakey. Cet engagement lui coûtera la vie. Elle est assassinée en 1985. Son assassin est toujours inconnu à ce jour[2]. Reconnue comme une des plus grandes primatologues de son vivant avec Goodall et Biruté Galdikas, elle fait partie des « Leakey's Angels » (« les anges de Leakey »), un groupe de trois éminentes chercheuses sur les primates (Fossey sur les gorilles, Goodall sur les chimpanzés et Galdikas sur les orang-outans) envoyées par l'archéologue Louis Leakey à l'étude des grands singes dans leur milieu naturel[3],[4].

Découvertes scientifiques[modifier | modifier le code]

Dian Fossey fait plusieurs découvertes sur les gorilles comme les changements de groupes par les femelles gorilles, sur la façon dont le mâle à dos argenté d'un groupe tue les petits en bas âge afin que les femelles puissent porter ses propres enfants, et comment les gorilles recyclent des substances nutritives[5].

Ses recherches sont financées par la fondation de Louis Leakey, elle-même financée par le National Geographic[6].

En janvier 1970, son portrait, photographié par Bob Campbell, paraît en couverture du National Geographic. Elle devient alors une célébrité mondiale, promouvant la protection des gorilles et montrant cette espèce au public sous un nouveau jour, bien loin des caricatures dépeintes dans les films et les livres. La photographie montrant le gorille « Peanuts » touchant la main de Dian est la première révélant un contact paisible entre un être humain et un gorille sauvage.

En 1980, Fossey est reconnue comme la principale chercheuse mondiale sur la physiologie et le comportement des gorilles de montagne, les définissant comme étant « dignes, très sociables, doux, avec des personnalités individuelles, et des relations familiales fortes. »

Fossey enseigne en tant que professeur à l'université Cornell de 1981 à 1983. Son best-seller Gorilles dans la brume est salué par Nikolaas Tinbergen, éthologue et ornithologue hollandais lauréat du prix Nobel 1973 de physiologie. Son livre reste la référence sur les gorilles[7].

Combat contre le braconnage[modifier | modifier le code]

Bien que le braconnage soit illégal dans le parc national des Volcans du Rwanda depuis les années 1920, la loi est à l'époque rarement appliquée par les restaurateurs du parc, qui gagnent un salaire inférieur au propre personnel africain de Fossey et qui sont souvent soudoyés par les braconniers[7]. Dian écrit même qu'à trois reprises, elle constate que les propriétaires du parc, le lendemain d'une capture de gorilles, les proposent aux zoos. Et comme les gorilles se battent jusqu'à la mort pour protéger leurs petits, les enlèvements se traduisent souvent par la mort d'une dizaine de gorilles adultes[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Née d'un père d' origine anglaise et d'une mère américaine, Dian Fossey voit le jour le à San Francisco. Ses parents divorcent lorsqu'elle n'a que 6 ans. Sa mère se remarie alors avec un certain Richard Price. Ce dernier interdit à Dian Fossey de revoir son père George Fossey, devenu alcoolique et violent. Elle ne revoit pratiquement plus jamais son père, seule une brève correspondance est entretenue lorsqu'elle étudie les gorilles, bien plus tard au Rwanda.

Les relations entre Dian Fossey et son beau-père sont mauvaises car c'est un homme à poigne, trop sévère. Aucun des deux ne fait jamais un effort d'adaptation vis-à-vis de l'autre. Toute son enfance, elle subit les excès d'autorité de son beau-père qui va jusqu'à lui interdire de manger à la table familiale. Elle mange dès lors à la cuisine en compagnie de la servante. Petite fille solitaire et renfermée, elle se passionne ensuite pour la nature et le monde animal. Elle va déverser tout son amour sur le seul animal autorisé dans la maison : un poisson rouge. Déjà toute petite, elle est convaincue qu'elle vivra entourée d'animaux.

À 17 ans, elle entame des études de comptabilité dont elle se sent rapidement prisonnière. Un an plus tard, elle décide d'entreprendre des études de vétérinaire, mais elle finit par échouer, en raison de son manque de compréhension dans des matières comme la physique et la chimie.

Cependant elle finit par décrocher un diplôme d'ergothérapie, à l'âge de 22 ans. Une fois son diplôme en poche, elle décide de partir le plus loin possible de San Francisco et pose ses valises dans le Kentucky. Elle est alors engagée au Korsair Children's Hospital, un hôpital religieux où elle dirige le département d'ergothérapie. Elle se sent inapte à ce travail, mais finit tout de même par s'habituer et finalement par y prendre goût. Elle s'occupe alors d'enfants en difficulté.

C'est dans cet hôpital qu'elle rencontre Mary White, une secrétaire avec qui elle se lie d'amitié. C'est une femme fantasque et rêveuse, ce qui lui plaît beaucoup. Début 1960, Mary White projette un voyage safari au Kenya, et propose à Dian Fossey de l'accompagner. Et c'est avec une grande peine que cette dernière refuse par manque d'argent.

Une première occasion de partir pour ce continent auquel elle a toujours rêvé et qui la passionne, depuis si jeune, s'est envolée.

Trois ans plus tard, bien décidée à partir pour l'Afrique, elle emprunte l'équivalent de trois ans de son salaire pour y faire un voyage touristique de 6 mois.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Diplômée de l'Université d'État de San José en 1954, elle commence à envisager son œuvre future dès 1957. Il lui faut toutefois attendre 1963 pour son premier séjour au Rwanda. Ses séjours aux États-Unis se raréfient à mesure qu'elle assouvit sa vocation scientifique. En 1967, elle crée le Karisoke Research Center, dans les montagnes Virunga, dans la province de Ruhengeri au Rwanda.

En 1974, elle obtient un doctorat en zoologie de l'Université de Cambridge.

Il est indéniable que son travail a permis la préservation de l’espèce dans cette région. Dian Fossey raconte son expérience d'observations des groupes de gorilles dans un livre de mémoires, Gorilles dans la brume (Gorillas in the Mist), qui fait en 1988 l'objet d'une adaptation cinématographique (Gorilles dans la brume), tourné dans le parc national des Volcans. Sigourney Weaver y interprète son rôle. Le film connut un grand succès et sensibilisa l'opinion au sort des derniers gorilles des montagnes.

Son décès intervient alors que de grands projets d’exploitations touristiques font miroiter de substantiels revenus.

Décès[modifier | modifier le code]

Gorilles des montagnes dans le parc national des Volcans.

Fossey est découverte assassinée dans la chambre de sa hutte dans les montagnes des Virunga, au Rwanda, le 27 décembre 1985. Son crâne a été fendu en deux par six coups d'une machette qu'elle avait placée chez elle comme objet de décoration. Des traces de lutte étaient visibles dans la hutte. Son pistolet est retrouvé sous elle, inutilisé car les munitions ne s'adaptaient pas à son arme. Le meurtrier a démonté une plaque en tôle de la cabane qui menait directement à sa chambre à coucher, ce qui laisse supposer que ce n'était pas un braconnier mais un acte prémédité par une personne qui connaissait les lieux. De plus, aucun objet appartenant à Fossey n'est dérobé (des milliers de dollars en traveler's cheques, tout son équipement photo)[8].

Après sa mort, tous les membres de son équipe, y compris Rwelekana, un traqueur qu'elle avait renvoyé quelques mois auparavant, ont été arrêtés. Tous, sauf Rwelekana qui a été retrouvé pendu dans sa prison, ont été libérés. Les principaux suspects sont les braconniers avec qui elle était en guerre ouverte, les éleveurs qui faisaient entrer dans le parc pour faire paître leur troupeau et y chasser et Protais Zigiranyirazo, soupçonné d'être à la tête d'un trafic de bébés gorilles et d'être le commanditaire du meurtre, préfet de région à cette époque et ayant dirigé l'enquête sur la mort de Dian Fossey[8].

Elle est enterrée dans le cimetière qu'elle avait fait construire pour les gorilles à Karisoke, selon ses propres souhaits. Elle avait en effet déclaré à un journaliste un mois avant son assassinat : « Je veux être enterrée ici, dans le cimetière où reposent mes gorilles »[9].

Quelques jours après son assassinat, l'officier de police Fabrice Martinez fonde l'association Gorilla destinée à la défense des grands singes.

Son travail de recherche a été repris après sa mort par la biologiste Katie Fawcett, dont l'équipe comptait 120 personnes en 2011.

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Dian Fossey est connue au Rwanda sous le surnom de Nyiramacibiri (pouvant être traduit plus ou moins fidèlement par « la sorcière »)[10]
  • Le "Frenchy": soigneur au Jardin des plantes depuis 1962, André Lucas rencontre Dian Fossey au camp de Karisoké fin janvier 1976. Il devient son collaborateur pendant plus de huit mois, l'aidant dans sa lutte anti-braconnage et participant à son travail d’étude et de recensement des gorilles. A l'été 1978, il passe de nouveau trois mois parmi les gorilles, mais il doit s'arrêter après une morsure profonde à la cuisse que lui inflige un mâle en colère. Après une carrière de grand reporter et de réalisateur, il entre en 1997 au Muséum national d’histoire naturelle où il devient responsable de la diffusion audiovisuelle[11]. Un documentaire de 55 minutes intitulé "Un amour de gorille" et consacré à l'expérience d'André Lucas au contact de Dian Fossey a été diffusé dimanche 30 mars 2014 par Antenne 2 (Réalisateur : Jean-Christophe de Revière)[12].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Dian Fossey: Gorillas in the Mist, Houghton Mifflin Company, 1983
  • ——: « An amiable giant: Fuertes's gorilla », Living Bird Quarterly 1(summer): 21-22, 1982
  • ——: « Mountain gorilla research, 1974 », Nat. Geogr. Soc. Res. Reps. 14: 243-258, 1982
  • ——: « The imperiled mountain gorilla », National Geographic 159: 501-523, 1981
  • ——: « Mountain gorilla research, 1971-1972 », Nat. Geogr. Soc. Res. Reps. 1971 Projects, 12: 237-255, 1980
  • ——: « Development of the mountain gorilla (Gorilla gorilla beringei) through the first thirty-six months », in The Great Apes 139-186 (D.A. Hamburg & E.R. McCown eds., Benjamin-Cummings), 1979
  • ——: « Mountain gorilla research, 1969-1970 », Nat. Geogr. Soc. Res. Reps. 1969 Projects, 11: 173-176, 1978
  • ——: « His name was Digit », Int. Primate Protection League (IPPL) 5(2): 1-7, 1978
  • ——: « The behaviour of the mountain gorilla », Ph.D. diss. Cambridge University, 1976
  • ——: « Observations on the home range of one group of mountain gorillas (Gorilla gorilla beringei) », Anim. Behav. 22: 568-581, 1974
  • ——: « Vocalizations of the mountain gorilla (Gorilla gorilla beringei) », Anim. Behav. 20: 36-53, 1972
  • ——: « Living with mountain gorillas », in The Marvels of Animal Behavior 208-229 (T.B. Allen ed., National Geographic Society), 1972
  • ——: « More years with mountain gorillas », Nat. Geogr. 140: 574-585, 1971
  • ——: « Making friends with mountain gorillas », Nat. Geogr. 137: 48-67, 1970
  • D. Fossey & A.H. Harcourt: « Feeding ecology of free-ranging mountain gorilla (Gorilla gorilla beringei) », in Primate Ecology: Studies of Feeding and Ranging Behaviour in Lemurs, Monkeys and Apes 415-447 (T.H. Clutton-Brock ed., Academic Press), 1977

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Philippe Noël et Bernard Ciccolini, Dian Fossey, éditions Naïve, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dian Fosey, la femme qui aimait les gorilles !, Le Point, 16 janvier 2014
  2. Notable American Women: A Biographical Dictionary, Volume 5: Completing the Twentieth Century by Susan Ware and Stacy Braukman P. 221, Radcliffe Institute for Advanced Study - (2004) ISBN 0-674-01488-X
  3. (en) Nan Robertson, « Three Who Have Chosen a Life in the Wild », The New York Times,‎ mai 1981, p. 4 (lire en ligne)
  4. (en) Delta Willis, « Some Primates Weren't Meant To Be Trusted », The New York Times,‎ 15 juil. 1990 (lire en ligne)
  5. (en) Sy Montgomery, Walking with the Great Apes, Boston, Houghton Mifflin,‎ 1991 (ISBN 978-0-395-51597-6, LCCN 90048043), p. 149
  6. (en) Farley Mowat, Woman In the Mists, New York, Warner Books,‎ 1987 (ISBN 978-0-446-51360-9, LCCN 87040166), p. 200–1
  7. a, b et c Mowat, Farley. Woman in the Mists: The Story of Dian Fossey and the Mountain Gorillas of Africa. Warner Books, 1987.
  8. a et b (en) Farley Mowat, Woman in the Mists : The Story of Dian Fossey and the Mountain Gorillas of Africa, Warner Books,‎ 1987, 380 p.
  9. « Gorilles dans la brume, de Dian Fossey », sur vegane.blogspot.com, Animalia
  10. http://books.google.fr/books?id=l4imATObUc8C&lpg=PA46&ots=92WKozcSDZ&dq=Nyiramacibiri&hl=fr&pg=PA46#v=onepage&q=Nyiramacibiri&f=false
  11. Voir site du Palais de la Découverte (http://www.palais-decouverte.fr/expos/gorilles2k6/vg-pho-to3.htm]
  12. Voir l'article de Jean-Luc Goudet, dans Futura-Sciences, le 29/03/2014[1]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en)