Charles Baïhaut

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Charles Baïhaut
Charles Baihaut.jpg
Charles Baïhaut vers 1890
Fonctions
Ministre des Travaux publics
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Sous-secrétaire d'État
-
Député
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité

Charles Baïhaut, né à Paris le et mort à Paris le , est un homme politique français ingénieur des mines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Baïhaut à la fin de sa vie.

Fils de Jean Richard Baïhaut et de Pauline Elisabeth Mélanie Sabatault[1], Charles Baïhaut est élève au lycée de Versailles puis à l'école Polytechnique.

Charles Baïhaut épouse en 1873 Marie Detroyes (1849-1883) dont il a 2 enfants : Jeanne Baïhaut (1874-1894) et Andrée Baïhaut (1877-1967). Il épouse en 1888 Anne Berthe Marie Louise Tessié du Motay, fille de Cyprien Tessié du Motay.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élu député de la Haute-Saône de 1877 à 1893, dont il est également conseiller général, il participe à quatre gouvernements sous la Troisième République :

Aux élections du , Charles Baïhaut est réélu dans la 1re circonscription de Lure, par 8 420 voix contre 7 077 au candidat boulangiste. Membre des commissions des douanes, des chemins de fer, du budget, il présente de nombreux rapports, en particulier sur les chemins de fer et les mines. Il assure, en outre, la direction politique de L'Avenir de la Haute-Saône. Le , les électeurs du canton de Champagney l'élisent au Conseil général.

Affaire de Panama[modifier | modifier le code]

Charles Baïhaut est mis en cause dans le scandale de Panama. En , alors qu'il est ministre des travaux publics, Charles Baïhaut a accepté d'un certain Blondin, fondé de pouvoirs au Crédit Lyonnais, de toucher 375 000 francs pour déposer un projet autorisant la Compagnie du canal de Panama à émettre des obligations à lots. Le , il affirme devant la Chambre des députés, qu'il est « de ceux qui ont su défendre leur honneur » mais les déclarations de Charles de Lesseps et de Blondin le condamnent. Arrêté le , il démissionne le de ses mandats électifs.

Il est accusé avec ses collègues parlementaires Emmanuel Arène, Maurice Rouvier, François Thévenet et Jules Roche et traduit devant la cour d'assises de Paris en pour corruption. Il est le seul à être condamné à cinq ans de prison et 750 000 francs d'amende, ses collègues bénéficiant d'un non-lieu[2]. Après un séjour à la prison d'Étampes, il est libéré par grâce présidentielle en 1896[réf. nécessaire]. Il est l'auteur de poésies et de romans écrits après sa libération[3],[4].

L'année suivante, Maurice Barrès s'inspire des infortunes de Baïhaut pour écrire une pièce intitulée Une journée parlementaire[5].

Contrairement à ses collègues, Charles Baïhaut a eu le courage ou le tort d'avouer sa faute. Jean Garrigues dans Ministres devant la Justice, sous la direction de Robert Badinter (Actes Sud) considère qu'il a servi de bouc émissaire dans cette affaire de Panama. Devant la Cour d'Assises de la Seine — car il ne revendique pas la juridiction de la Haute Cour — il fait cette déclaration émouvante : « Je ne puis arriver à comprendre comment j'ai failli. Pendant quinze ans, j'ai servi fidèlement la France et la République. Une seule fois, dans un accès de folie, par un oubli inexplicable de mon passé, des sentiments de l'honneur, de l'avenir qui m'attendait, des êtres qui me sont chers, je suis tombé à l'oubli de mon devoir. J'en demande pardon à mon pays, à la République, si son bon renom pouvait être compromis par des défaillances individuelles ». Cet aveu ne lui vaut aucune circonstance atténuante.

Condamnation[modifier | modifier le code]

Prison d'Étampes. Lettre de Charles Baïhaut à sa belle-mère, Mme Detroyes.

Il est condamné au maximum de la peine : cinq années de détention, dégradation civique, 750 000 francs d'amende, 375 000 francs d'indemnité. Dans ses Impressions cellulaires il se plaint d'avoir été « ce pelé, ce galeux d'où venait tout le mal ». Tandis que de Lesseps et Blondin sont relâchés, il a fallu des interventions de journalistes, des pétitions de ses électeurs de la Haute-Saône pour qu'enfin, sur une requête adressée le au Président de la République sur l'initiative de M. Charles Couyba, conseiller général et signée des quatre députés et des trois sénateurs de la Haute-Saône et après une démarche de Léon Bourgeois, Charles Baïhaut soit libéré le . De nouveau, le , il est arrêté pour dettes envers le Trésor et la Compagnie de Panama et doit subir six mois d'emprisonnement pour contrainte par corps. Réhabilité par la Cour de Paris, en mais ruiné, il consacre la fin de sa vie à la publication d’œuvres romanesques.

Détention[modifier | modifier le code]

Il passe quatre ans en prison, une descente aux enfer pour un homme influent, riche, qui sort ruiné et dégradé de tous ses droits civiques. Il écrit, au jour le jour, son calvaire dans les Impressions cellulaires, récit qu'il décide de publier en . Il ne bénéficie d'aucune indulgence et on lui refuse même d'assister aux obsèques de sa fille aînée, décédée en , alors qu'il est en prison à Étampes.

Publications[modifier | modifier le code]

Dédicace des Impressions cellulaires à sa fille Andrée.

Charles Baïhaut a laissé de nombreux ouvrages et brochures :

  • La République c'est la paix (Belfort en 1875) ;
  • Les élections des sénateurs (Belfort en 1875) ;
  • Lettre de M. Baïhaut à ses concitoyens (15 juin 1876) ;
  • La France vers la République (Belfort, 1877) ;
  • La République c'est la lumière (Belfort en 1879) ;
  • La République vivra (Belfort en 1879) ;
  • L'ancien régime (1880) ;
  • La question des chemins de fer (1882) ;
  • Poésies (sous le nom de Charles de Pomoy) (1885), imprimerie Jouaust et Sigaux ;
  • Lettre de M. Baïhaut, député, ancien Ministre des Travaux publics, aux ouvriers mineurs des houillères du bassin de Ronchamp et Champagny (Belfort, 1889) ;
  • Impressions cellulaires (1897) chez Flammarion ;
  • L'amoureuse foi (1898), roman chez Flammarion ;
  • La vie anxieuse I (Chair à Misère) en 1898, roman chez Flammarion ;
  • La vie anxieuse II (Fini de rire) en 1898, roman chez Flammarion ;
  • L'idée suprême de Galerius Kopf en 1899, roman chez Flammarion.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Charles Baïhaut », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Bibliographie issue d'exemplaires originaux détenus par la descendance.
  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)
  • Archives des descendants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Famille », sur GeneaNet (consulté le 1er octobre 2018)
  2. François Broche, La IIIe République de Thiers à Casimir-Perie, Paris, Pygmalion, coll. « Histoire politique de la France », (1re éd. 1998), 539 p., 24 cm (ISBN 978-2-85704-684-4, OCLC 708549292), p. 498
  3. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/joly/baihaut-charles.asp
  4. Adolphe Robert, Gaston Cougny et Jean Jolly, « Biographie de Charles Baïhaut », sur le site web de l'Assemblée nationale (consulté le 6 avril 2016).
  5. Octave Mirbeau dans Correspondances générales [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]