Charles Baïhaut

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Charles Baïhaut
Baihaut, Charles.jpg
Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Formation
Activité
Charles Baïhaut élève à l'école Polytechnique.

Charles Baïhaut, né à Paris le , mort à Paris le , ingénieur des mines et homme politique français.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élu député de la Haute-Saône de 1877 à 1893, dont il est également conseiller général, il participe à quatre gouvernements sous la Troisième République :

Mise en cause dans le scandale de Panama, il doit démissionner de ses mandats électifs le . Il est accusé avec ses collègues parlementaires Emmanuel Arène, Maurice Rouvier, François Thévenet et Jules Roche et traduit devant la cour d'assises de Paris en pour corruption. Il sera le seul à être condamné à cinq ans de prison et 750 000 francs d'amende, ses collègues bénéficiant d'un non-lieu[1]. Après un séjour à la prison d'Étampes, il est libéré par grâce présidentielle en 1896[réf. nécessaire]. Il est l'auteur de poésies et de romans écrits après sa libération[2],[3].

L'année suivante, Maurice Barrès s'inspirera des infortunes de Baïhaut pour écrire une pièce intitulée Une journée parlementaire[4].

Contrairement à ses collègues, Charles Baïhaut eut le courage ou le tort d'avouer sa faute. Jean Garrigues dans Ministres devant la Justice, sous la direction de Robert Badinter (Actes Sud) considère qu'il a servi de bouc émissaire dans cette affaire de Panama.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève au lycée de Versailles puis à l'école Polytechnique.

Député de la Haute-Saône de 1877 à 1893. Sous-Secrétaire d'État aux Travaux publics du 10 août 1882 au 30 mars 1885 et Ministre des Travaux publics du 7 janvier 1886 au 31 octobre 1886.

Aux élections du 22 septembre 1889, Charles Baïhaut fut réélu dans la 1re circonscription de Lure, par 8 420 voix contre 7 077 au candidat boulangiste. Membre des Commissions des douanes, des chemins de fer, du budget, il présenta de nombreux rapports, en particulier sur les chemins de fer et les mines. Il assurait, en outre, la direction politique de L'avenir de la Haute-Saône. Le 13 mars 1892, les électeurs du canton de Champagny l'élirent au Conseil général.

Mais bientôt le scandale de Panama éclatait. En juin 1886, alors qu'il était Ministre des Travaux publics, Charles Baïhaut avait accepté d'un certain Blondin, fondé de pouvoirs au Crédit Lyonnais, de toucher 375 000 francs pour déposer un projet autorisant la Compagnie du canal de Panama à émettre des obligations à lots. Il affirma, le , devant la Chambre des Députés, qu'il était « de ceux qui ont su défendre leur honneur ». Mais les déclarations de Charles de Lesseps et de Blondin le condamnèrent. Arrêté le , il démissionna le 17 janvier de ses mandats électifs.

Devant la Cour d'Assises de la Seine - car il ne revendiqua pas la juridiction de la Haute Cour - il fit cette déclaration émouvante :

Charles Baïhaut vers 1890

« Je ne puis arriver à comprendre comment j'ai failli. Pendant quinze ans, j'ai servi fidèlement la France et la République. Une seule fois, dans un accès de folie, par un oubli inexplicable de mon passé, des sentiments de l'honneur, de l'avenir qui m'attendait, des êtres qui me sont chers, je suis tombé à l'oubli de mon devoir. J'en demande pardon à mon pays, à la République, si son bon renom pouvait être compromis par des défaillances individuelles. »

Cet aveu ne lui valut aucune circonstance atténuante. Il fut condamné au maximum de la peine : cinq années de détention, dégradation civique, 750 000 francs d'amende, 375 000 francs d'indemnité. Dans ses Impressions cellulaires il se plaindra d'avoir été « ce pelé, ce galeux d'où venait tout le mal ». Tandis que de Lesseps et Blondin étaient relâchés, il fallut des interventions de journalistes, des pétitions de ses électeurs de la Haute-Saône pour qu'enfin, sur une requête adressée, le , au Président de la République sur l'initiative de M. Charles Couyba, conseiller générale et signée des quatre députés et des trois sénateurs de la Haute-Saône et après une démarche de Léon Bourgeois, Charles Baïhaut fût libéré le . Mais de nouveau, le , il était arrêté pour dettes envers le Trésor et la Compagnie de Panama et devait subir six mois d'emprisonnement pour contrainte par corps.

Réhabilité par la Cour de Paris, en juin 1905, mais ruiné, il consacra la fin de sa vie à la publication d’œuvres romanesques.

Charles Baïhaut à la fin de sa vie.

Charles Baïhaut a laissé de nombreux ouvrages et brochures :

La République c'est la paix (Belfort, 1875), Les élections des sénateurs (Belfort, 1875), Lettre de M. Baïhaut à ses concitoyens (15 juin 1876), La France vers la République (Belfort, 1877), La République c'est la lumière (Belfort, 1879), La République vivra (Belfort, 1879), L'ancien régime (1880), La question des chemins de fer (1882), Lettre de M. Baïhaut, député, ancien Ministre des Travaux publics, aux ouvriers mineurs des houillères du bassin de Ronchamp et Champagny (Belfort, 1889).

Sa détention[modifier | modifier le code]

Prison d'Étampes. Lettre de Charles Baïhaut à sa belle-mère, Mme Detroyes.

Il aura passé quatre ans en prison, une descente aux enfer pour un homme influent, riche, qui sortira ruiné et dégradé de tous ses droits civiques. Il écrira, au jour le jour, son calvaire dans les Impressions cellulaires, récit qu'il décide de publier en novembre 1897. Il ne bénéficiera d'aucune indulgence, et on lui refusera, même, d'assister aux obsèques de sa fille aînée, décédée en janvier 1894, alors qu'il était à la prison d'Étampes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dédicace des  Impressions cellulaires à sa fille Andrée.
  1. Poésies (sous le nom de Charles de Pomoy) 1885. Imp. Jouaust et Sigaux
  2. Impressions cellulaires. 1897. Flammarion
  3. L'amoureuse foi 1898. Roman, Flammarion
  4. La vie anxieuse I (Chair à Misère) 1898. Roman, Flammarion
  5. La vie anxieuse II (Fini de rire) 1898. Roman, Flammarion
  6. L'idée suprême de Galerius Kopf 1899.  Roman, Flammarion

Descendance[modifier | modifier le code]

Charles Baïhaut épouse en 1873 Marie Detroyes (1849-1883) dont 2 enfants,

  • Jeanne Baïhaut (1874-1894)
  • Andrée Baïhaut (1877-1967) dont descendance.

Charles Baïhaut épouse en 1888 Anne Berthe Marie Louise Téssié du Motay.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Charles Baïhaut », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]
  • Bibliographie issue d' exemplaires originaux détenus par la descendance.
  • Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)
  • Archives des descendants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Broche, La IIIe République de Thiers à Casimir-Perie, Paris, Pygmalion, coll. « Histoire politique de la France », (1re éd. 1998), 539 p., 24 cm (ISBN 978-2-85704-684-4, OCLC 708549292), p. 498
  2. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/joly/baihaut-charles.asp
  3. Adolphe Robert, Gaston Cougny et Jean Jolly, « Biographie de Charles Baïhaut », sur le site web de l'Assemblée nationale (consulté le 6 avril 2016).
  4. Octave Mirbeau dans Correspondances générales [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]