Charles-Louis Du Pin

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Charles-Louis Du Pin
de Dupin, Dupin
Charles-Louis Du Pin
Photo du colonel Dupin lors de l'expédition du Mexique.

Surnom La Hyène de Tamaulipas
Naissance
Lasgraisses
Décès (à 53 ans)
Montpellier
Origine France
Arme Infanterie
Grade Colonel
Conflits Conquête de l'Algérie
Guerre de Crimée
Campagne d'Italie
Campagne de Chine
Campagne du Mexique
Distinctions Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Commandeur de la Légion d'honneur

Crimea Medal BAR.svg Médaille de Crimée
Order of the Medjidie lenta.png Ordre du Médjidié
Medaille commemorative de la Campagne d'Italie 1859 ribbon.svg Médaille d'Italie
Valor militare silver medal BAR.svgValore militare
Ufficiale SSML BAR.svg Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Medaille commemorative de l'expedition de Chine ribbon.svg Médaille de Chine
Medaille commemorative de l'expedition du Mexique ribbon.svg Médaille du Mexique
Autres fonctions Chef du service topographique en Chine

Charles-Louis Du Pin (1814-1868), né le à Lasgraisses (Tarn)[Note 1] et décédé le (à 53 ans) à Montpellier (Hérault), est un colonel français, archétype du militaire français intrépide du XIXe siècle avec 19 campagnes et 34 ans de service dont près de 5 au Mexique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Charles Louis Désiré Du Pin, aussi orthographié de Dupin[1], naît le [Note 2] à Lasgraisses (Tarn). Il est le fils de Pierre Paul Charles Louis de Dupin (1769-1823), maire de Lasgraisses de 1814 à 1825, et de Marie-Sophie de Genton de Villefranche qu'il a épousée le 18 juin 1812 à Amarens (Tarn)[2].

Formation[modifier | modifier le code]

Du Pin obtient un baccalauréat littéraire à 17 ans et est envoyé à Paris où il prépare le concours d'entrée à l'École polytechnique. Il est reçu 63e sur 121 au concours de 1834 et sort sous-lieutenant deux ans plus tard avec le même rang. Il parfait son instruction militaire à l'école d'application du Corps royal d'état-major qu'il rejoint le 1er janvier 1837 et après deux ans de cours en sort second[3]. Le 23 janvier 1839 il est nommé lieutenant du corps d'état-major.

Le 4 février suivant, il débute ses stages réglementaires au 18e de ligne. À partir du 1er mars, il est employé aux travaux de la carte de France et devient un des topographes les plus qualifiés de l'armée ; les cartes qu'il dresse en Algérie[4], Chine et Japon font toujours autorité de nos jours. Promu au grade de capitaine le 2 décembre 1842, il poursuit le 20 janvier 1843 ses stages au 33e de ligne.

Campagnes algériennes[modifier | modifier le code]

Le 10 avril 1843, Du Pin s'embarque à 29 ans avec son régiment pour l'Algérie où il participe, le 16 mai 1843, à la prise de la smala d'Abd el-Kader ; il y sauve d'une mort certaine le lieutenant-colonel Morris[5], commandant du 4e régiment de chasseurs d'Afrique. Cet acte de bravoure lui vaut d'être cité par le duc d'Aumale et fait de lui un des personnages du tableau d’Horace Vernet qui immortalise le combat[Note 3],[Note 4].

Du Pin rentre d'Algérie le 20 décembre 1843 et y repart le 20 janvier 1844 pour un séjour de trois ans. Il est cité une seconde fois, par le Maréchal Bugeaud, le 28 octobre 1844, après le combat de Flissas El Bahr. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 27 novembre 1844. Le 5 avril 1845 il est affecté au 2e régiment de cuirassiers et est maintenu dans son poste jusqu'au 28 août suivant ; il passe alors au 1er régiment de chasseurs d'Afrique. Il est cité à l'ordre par le colonel Camon, le 7 mars 1846, après le combat de Ben Nahr, et par le général Yusuf, le 13 mars, après celui de Mengren.

Rentré d'Algérie le 2 avril 1847, Du Pin est affecté, le 11 août suivant, au 8e régiment de chasseurs. Il se fait mettre en disponibilité le 31 mars 1848 et reprend son service le 10 mai suivant, à l'état-major de la 4e division d'infanterie de réserve de l'armée des Alpes. Le 11 novembre 1848, il est nommé aide-de-camp du général Marey-Monge, commandant de la 5e division d'infanterie de l'armée des Alpes.

À nouveau en disponibilité le 20 décembre 1849, il reprend son poste, le 5 février 1850, auprès du général Marey-Monge, qui vient d'être nommé commandant de la 13e division militaire à Clermont-Ferrand. Il est promu au grade de chef d'escadron le 22 décembre 1851, et est maintenu dans son emploi jusqu'au 26 juin 1852. Il est alors détaché auprès du général Lafontaine, inspecteur général d'infanterie pour l'année 1852.

Mis en disponibilité le 31 décembre 1852, il revient en activité le 15 avril 1853 à l'état-major de la 10e division et dès le 21 mai 1853, il est mis à la disposition du gouverneur général de l'Algérie. Sur place, il prend part à l'expédition des zouaves du général Randon et ses états de service lui valent la rosette d'officier de la Légion d'honneur le 29 juillet 1854 et une nouvelle citation, le 13 août 1854.

Campagnes de Crimée et d'Italie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Guerre de Crimée et Campagne d'Italie (1859).

Du Pin est attaché à l'état-major général du camp du Midi le 29 juillet 1854 et passe le 9 novembre suivant à l'état-major de la 1re division d'infanterie du camp du Midi, devenue ensuite 7e division puis 4e division du 2e corps de l'armée d'Orient avec laquelle il part en Crimée. Il y exerce successivement les fonctions de chef d'état-major de la 1re division du 2e corps de l'armée d'Orient (4 août 1855), chef d'état-major de la 1re division du 3e corps de l'armée d'Orient (28 août 1855), chef d'état-major de la 1re division du 4e corps de l'armée d'Orient (8 septembre 1855), chef d'état-major de la 7e division d'infanterie du 2e corps de l'armée d'Orient (20 octobre 1855) ; le 19 septembre 1855, à l'âge de 40 ans, il est promu au grade de lieutenant-colonel.

Rentré de Crimée, il est nommé le 20 juin 1856 chef d'état-major de la 3e division d'infanterie de l'armée de Lyon, mais, à la suite d'une accumulation de dettes dans des mess, maisons de jeu ou établissements spéciaux, il est muté en Corse comme chef d'état-major de la 17e division militaire (29 novembre 1856).

À partir du 27 avril 1859, Du Pin prend part à la campagne d'Italie comme chef d'état-major de la division de cavalerie du 1er corps de l'armée d'Italie.

Campagne de Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde guerre de l'opium.

De retour en France, Du Pin devient chef d'état-major de la 7e division à Besançon (8 septembre1859). Il est nommé le 17 novembre 1859 chef du service topographique du corps expéditionnaire de Chine[Note 5] et embarque le 5 décembre pour la Chine ; il est cité par le général de Montauban pour la prise des forts du Peï-Ho le 21 août 1860.

Prise des forts du Peï-Ho le 21 août 1860
Pillage de l'ancien palais d'été par les troupes franco-britanniques en 1860 durant la seconde guerre de l'opium.

Le 6 octobre 1860, il escalade les murs du palais d'été de Pékin, avec quelques hommes, permettant ainsi aux alliés d'entrer sans combat. Il est promu au grade de colonel le 7 novembre 1860. En janvier 1861, il obtient l'autorisation de se rendre au Japon où il voyage pendant quatre mois en compagnie du journaliste Antoine Fauchery[6] ; de ce séjour, il tire un livre publié en 1868 Le Japon : mœurs, coutumes, description, géographie, rapport avec les Européens[7],[Note 6].

De retour en France, il est confirmé colonel le 4 janvier 1861 et affecté provisoirement au dépôt de la guerre à Paris le 7 août 1861. Il se heurte fortement au chef d'état-major du corps expéditionnaire de Chine et est même soupçonné d'avoir fourni, au retour, des documents officiels à Paul Varin pour son ouvrage Expédition de Chine[8],[Note 7] qui présente une analyse foncièrement différente du rapport officiel rédigé six mois plus tôt. Aussi, le 11 janvier 1862, il est muté disciplinairement comme chef d’état-major du 4e corps d'armée à Lyon.

Du Pin y fait à nouveau parler de lui pour une sombre affaire de vente d'objets chinois. En effet, il a rapporté de nombreux objets de la mise à sac du Palais d'été, à Pékin, par les troupes franco-britanniques[9]. Mais, amateur de femmes, grand buveur et joueur, il doit vendre cette collection pour payer ses dettes ; l'annonce de la vente publique à l'hôtel Drouot[10], qu'il fait paraître dans les journaux au moment où des accusations de pillages sont portées contre le général de Montauban, cause un tel scandale que Napoléon III en personne, à qui le ministre de la Guerre soumet le dossier, décide de le placer en non activité par retrait d'emploi, le 17 février 1862[Note 5],[Note 8].

Campagnes du Mexique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expédition du Mexique.
Colonel Charles Du Pin, commandant des contre-guérillas

Du Pin n'est pas homme à s'apitoyer sur son sort alors que la France se lance dans une expédition au Mexique. Usant de ses relations, il obtient, sur décision ministérielle du 15 août 1862, d'être rappelé à l'activité et détaché auprès du général Almonte, chargé de l'organisation de l'armée impériale mexicaine ; le 25 août, il s'embarque à Cherbourg. Désœuvré du fait du total désintérêt que porte ce général à l'organisation de l'armée, Du Pin fait le siège de ses camarades qui composent l'état-major du général Forey, commandant en chef du corps expéditionnaire, à Orizaba.

Au même moment, la guérilla prend corps et le corps expéditionnaire tient difficilement le terrain entre la côte et le point clé de la route de Mexico que représente Puebla ; une contre-guérilla, d'origine privée et de recrutement international, s'organise et parvient à assurer la sécurité extérieure du port de Veracruz. Ses succès militaires sont pourtant inexploitables par manque de coordination entre son chef, le suisse Charles de Stoëcklin[11],[Note 9], et les officiers français responsables de la région. Cette situation conduit le général Forey à rechercher un officier français capable de développer, d'unifier et de coordonner les différentes contre-guérillas existantes dans le cadre du dispositif de sûreté des approvisionnements du corps expéditionnaire.

Le général Forey est séduit par la personnalité et l'efficacité du colonel Du Pin et lui confie le commandement de la contre-guérilla dans les Terres chaudes (Tierra caliente), zone comprise entre la Soledad (es) à l'Ouest et Veracruz à l'Est avec mission de « poursuivre à outrance les bandits des Terres chaudes et purger le pays »[Note 10]. Le 20 février 1863, Du Pin rejoint son quartier-général à Medellin (es) et prend le commandement de sa troupe, unité semi-régulière comprenant une centaine d'hommes de onze nationalités différentes, équipés et payés par l'armée française[Note 11]. Il la réorganise totalement en faisant passer l'effectif à 650 hommes, ce qui lui permet d'opérer avec deux colonnes mixtes de 250 hommes chacune, tout en assurant la sûreté de son cantonnement[Note 12].

Cette nouvelle organisation tactique permet à la contre-guérilla, initialement cantonnée dans un rôle de couverture de Veracruz face au Sud, de prendre une part active à la sécurité des convois dans les Terres chaudes. En mars 1863, partant de Medellin avec un escadron mixte, Du Pin parvient à surprendre le centre de guérilla de Tlaliscoya (es) à 80 kilomètres de sa base, après deux jours de marche. Après la destruction de la compagnie Danjou à Camerone le 30 avril 1863, Du Pin tient garnison à la Soledad et relève le régiment étranger dans une partie de sa mission. Implanté dans la zone la plus exposée aux raids des guérillas coordonnés par le colonel Milán et de la garde nationale de Jalapa du colonel Camacho, il parvient même, en juin 1863, à occuper temporairement Huatusco (es), une des bases des guérillas. Le 28 juin 1863, ses hommes mettent en déroute les troupes mexicaines ayant participé à l’assaut de Camerone et Du Pin est considéré par la Légion comme le « vengeur de Camerone »[Note 13].

Contre-guérilla - Expédition de Vera Cruz 1864

En décembre 1863 et malgré quelques coups d'éclat comme l'attaque du convoi du colonel Ferrerer, les guérillas mexicaines sont obligées d'abandonner aux troupes françaises ou mexicaines alliées les Terres chaudes de Veracruz. Auréolé de ces premiers succès, Du Pin est nommé, le 6 avril 1864, gouverneur de Tampico et de la province côtière du Tamaulipas. Le 11 avril, il sort de la ville pour affronter les brigades des généraux Pavon et Carvajal, lesquelles fortes de 1 200 hommes mènent le siège de Temapache (es) tenu par le colonel Llorente et ses 300 mexicains alliés de la France[Note 14]. Bien que faible numériquement, la colonne de contre-guérilla par son arrivée pousse Pavon et Carvajal à lever le siège et à se retrancher dans le village de San Antonio. Le 18 avril, Du Pin déloge par un assaut frontal les mexicains et disperse par la force les deux brigades[12],[Note 15]. Ce succès lui vaut d'être cité par le général Bazaine pour sa belle attitude au combat de San Antonio[Note 16].

La région sud du Tamaulipas pacifiée, Du Pin peut achever la réorganisation de sa contre-guérilla dont il parvient à porter l'effectif à 1 000 hommes et plus de 500 irréguliers. Les troupes de Juarez qui craignent sa redoutable efficacité en surnomment les hommes Los diablos colorados (les diables de couleur rouge) en raison de la couleur rouge des dolmans des cavaliers du 1er escadron ou Los camiceros colorados (les bouchers de couleur rouge).

Deux mois plus tard, Du Pin monte une nouvelle opération contre les guérillas à l'ouest et au nord de Tampico. Il écrase les guérillas du général Casado et du lieutenant-colonel Perez, ainsi que les débris de la brigade Pavon aux ordres du colonel Mascarenas au cours de deux engagements aux Planteadores le 7 juillet 1864 et à Tantima (es) le 30 juillet. En août, celles du Nord subissent le même sort si bien qu'en quatre mois, il parvient à soumettre et à contrôler un territoire de plus de 10 000 kilomètres carrés avec moins de 1 500 hommes grâce à la légèreté de ses colonnes de plus en plus aguerries.

Pour s'éviter la garde de trop nombreux points permanents, Du Pin complète l'organisation de son unité par le recrutement, ou l'organisation, d'unités mexicaines placées sous son commandement, en marge de sa propre contre-guérilla, auxquelles il confie la garde de ses garnisons successives et dont il emmène les meilleurs éléments dans certaines opérations. Ainsi à Tampico en mai 1864, il confie au colonel mexicain Prieto une contre-guérilla locale forte de deux escadrons et de deux compagnies de 123 hommes chacune.

Au grand dam des généraux, il ne dépend que du commandant en chef qui lui a donné carte blanche. S'estimant libre de son action, il rétablit les circuits économiques et contrôle la route commerciale de la partie centrale du Tamaulipas, ce qui gêne considérablement les affaires illicites de certaines sociétés bordelaises, comme des livraisons de poudres et de capsules de fusils. Une première campagne dans la presse française, conduite à partir de l'été 1864 à l'instigation de sociétés de commerce relayant des accusations déjà portées par la presse mexicaine met en cause son action. Localement maître du terrain, jamais inspecté par aucune autorité pendant tout son temps de commandement à Tampico, Du Pin se laisse aller à son penchant naturel pour l'autonomie, ce qui lui attire des jalousies dans le corps expéditionnaire français.

Contre-guérilleros français - Mexique 1865-1867

Il emploie dans sa troupe comme auxiliaires de nombreux Indiens chargés du « nettoyage » et les exactions de son escadron provoquent l’indignation tant des Mexicains que des Français. Certains de ses hommes sont enterrés vivants, la tête seule dépassant, les Mexicains faisant charger leur cavalerie sur eux. Sa bande de soldats-brigands qui lui sont tout dévoués et lui-même avec sa grande barbe, son uniforme mexicano-hongrois éclatant et bizarre et son pistolet dans la ceinture, sont bientôt connus de toute l'armée, et ses colonnes infernales, redoutées des libéraux. Sur les territoires qu'il contrôle, il signe les décrets « gouverneur Charles Du Pin »[13],[Note 17].

Ses méthodes sont expéditives. Il multiplie les coups de main, exécute les prisonniers, brûle les villages soupçonnés de connivence avec les juaristes, élimine les civils suspects. Il ne fait pas de quartier et les actes de cruauté ne le rebutent pas[Note 18]. Sa tête est mise à prix pour 100 000 francs, en vain. Dans le même temps, il écrit de tendres lettres à sa nièce qui aurait voulu l'épouser si seulement ses parents y avaient consenti, et il dira lui-même « J'ai fait une guerre atroce »[13]. Mis en cause par l'empereur Maximilien, et par ses pairs, au choix le « monstre des Terres chaudes »[13], le « diable rouge »[13],[Note 19], la « hyène de Tamaulipas »[Note 20] ou encore « le tigre des tropiques »[Note 21], est renvoyé en France en avril 1865[Note 22], et remplacé un temps par le capitaine Ney d'Elchingen. Il est alors commandeur de la Légion d'honneur depuis le 26 décembre 1864.

Une enquête le lave des accusations de détournements de fonds portées contre lui[Note 23] et il revient au Mexique en janvier 1866[Note 24]. Le général Bazaine refuse cette fois de céder à Maximilien, furieux de son retour[Note 25], et déclare à l'intéressé « Je serais trop heureux d'avoir beaucoup d'officiers de votre trempe »[13]. Mais le conflit entre l'empereur du Mexique et le colonel fait grand bruit, et met en évidence les conditions pénibles et les moyens discutables de l'intervention. Du Pin finit par être remplacé, définitivement cette fois, à la tête de la contre-guérilla par De Galliffet qui ne change pas de méthode.

Mis en disponibilité le 25 mars 1867, il est nommé en récompense[13], le 16 août suivant, chef d'état-major de la division de cavalerie du 4e corps, puis, le 27 août, chef d'état-major de la 10e division militaire, à Montpellier (Hérault). Usé par ses campagnes et les excès de toutes sortes[Note 26], il décède avant ses cinquante-quatre ans, célibataire et dans le dénuement, d'une méningite le 3 octobre 1868 à l'Hôtel-Dieu Saint-Éloi de la ville[Note 27],[Note 28].

Le général Du Barail, dans Mes Souvenirs, le surnomme le « condotiere »[Note 29], le « mercenaire » de nos jours. Écrivain[7],[Note 30], photographe[Note 6], savant, mondain et guerrier, une vie privée tumultueuse[Note 5] l'a empêché d'accéder aux plus hautes fonctions militaires.

Distinction et hommages[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le colonel Du Pin arborant ses décorations

Il est nommé le 26 décembre 1864 commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur à titre militaire et a reçu les décorations étrangères suivantes :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Charles Blanchot, L'intervention française au Mexique : mémoires, vol. Tome I, Paris, Émile Nourry, 1911/a, 420 p. (lire en ligne)
  • Charles Blanchot, L'intervention française au Mexique : mémoires, vol. Tome II, Paris, Émile Nourry, 1911/b, 372 p. (lire en ligne). 
  • Charles Blanchot, L'intervention française au Mexique : mémoires, vol. Tome III, Paris, Émile Nourry, 1911/c, 520 p. (lire en ligne). 
  • Michaël Bourlet, La formation d'un officier atypique au XIXe siècle : Le colonel Charles Louis Désiré Du Pin, Riveneuve éditions, , 395 p. 
  • Victor Daran, Le Général Miguel Miramon : Notes sur l'histoire du Mexique, Rome, Edoardo Perino, , 156 p. (lire en ligne). 
  • (en) Sebastian Dobson, Charles-Louis Du Pin : A French Photographer in Japan, vol. N°15, Vienne, European Society for the History of Photography (en), (lire en ligne).  (ISSN 0958-2606)
  • François-Charles Du Barail, Mes souvenirs, vol. Tome I, E. Plon, Nourrit, , 452 p. (lire en ligne)
  • François-Charles Du Barail, Mes souvenirs, vol. Tome II, E. Plon, Nourrit, , 516 p. (lire en ligne). 
  • François-Charles Du Barail, Mes souvenirs, vol. Tome III, E. Plon, Nourrit, , 612 p. (lire en ligne)
  • Charles-Louis-Désiré Du Pin, Le Japon : mœurs, coutumes, description, géographie, rapports avec les Européens, A. Bertrand, , 140 p. (lire en ligne). 
  • Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice, De Québec à Mexico, souvenirs de voyage, de garnison, de combat et de bivouac : Le Colonel Du Pin, Montréal, Duvernay, Frères et Dansereau, , 529 p. (lire en ligne), p.231-242. 
  • Léonce Grandin, Mémoires d'un chef de partisans de Vera-Cruz à Mazatlan, Paris, Tolra, , 372 p. 
  • Philippe Guyot, La contre-guérilla du colonel Du Pin au Mexique : une approche du concept de forces spéciales, Cahiers du CEHD, . 
  • Émile de Kératry, La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes (2e édition), Paris, Librairie internationale, , 313 p. (lire en ligne). 
  • Émile de Kératry, La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes, vol. Tome 59, Paris, Revue des Deux Mondes, , 1056 p. (lire en ligne), p. 691-737
  • Émile de Kératry, La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes, vol. Tome 61, Paris, Revue des Deux Mondes, , 1072 p. (lire en ligne), p. 738-775, 966-1011. 
  • Émile de Kératry, La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes, Wikisource (lire en ligne)
  • Gérard Mignard, L’expédition au Mexique : le colonel Charles-Louis Du Pin (1814-1868), un intellectuel baroudeur, vol. N°2, Le Briquet, (lire en ligne). 
  • Gustave Léon Niox, Expédition du Mexique, 1861-1867 : récit politique et militaire, Paris, J. Dumaine, , 770 p. (lire en ligne). 
  • Yves Salkin, La contre-guérilla du colonel Du Pin au Mexique (1863-1865), vol. N°1, Revue historique des Armées, , p. 29-40. 
  • Jean Tulard, Dictionnaire du Second Empire : DU PIN (Charles Louis Désiré), 1814-1868, colonel, Paris, Fayard, , 1347 p. (ISBN 2-213-59281-0), p. 460. 
  • Jean Tulard, Dictionnaire du Second Empire : MEXIQUE (l'expédition du), Paris, Fayard, , 1347 p. (ISBN 2-213-59281-0), p. 814-821. 
  • Paul Varin, Expédition de Chine, Paris, Lévy frères, , 318 p. (lire en ligne). 
  • Charles Paul Zédé, Carnet de la Sabretache : Souvenirs de ma vie (1837-1908), vol. N°374, Paris, Berger-Levrault & Cie, , 529 p. (lire en ligne), p.33-74. 

Iconographie[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une Place du Colonel-Dupin où se situe la mairie et une plaque apposée sur sa maison natale face à l'église rappellent sa naissance à Lasgraisses le 28 décembre 1814.
  2. Son patronyme est orthographié de Dupin sur son acte de naissance. Une mention marginale précise : « Par jugement du Tribunal civil de Gaillac en date du dix-huit novembre mil huit cent soixante-cinq, enregistré, l'acte de naissance ci-contre a été rectifié en ce sens que le nom de Du Pin sera substitué à celui de de Dupin. » [lire en ligne]
  3. « ... le colonel Dupin. Je l'avais beaucoup connu en Afrique où il était venu faire son stage, comme capitaine d'état-major, dans le 4e de chasseurs d'Afrique. Il était à la prise de la Smala, et, sur le fameux tableau d'Horace Vernet qui représente ce guerrier épisode, il figure au premier plan, dans une situation un peu idéalisée par l'imagination féconde du grand peintre militaire. » in Mes souvenirs [lire en ligne]
  4. a et b Du Pin est mis en scène à l'extrême gauche de la composition, pistolet au poing [lire en ligne]
  5. a b et c « Il (Dupin) ne pouvait pas laisser faire l'expédition de Chine sans lui. Il y alla, comme chef du service topographique, dans l'état-major du général de Montauban, et, la veille de Palikao, il faillit se faire enlever par les Chinois, avec quelques autres officiers qui périrent dans d'atroces tourments. II rapporta du pillage du Palais d'été beaucoup de précieux souvenirs dont il ne fit pas mystère, car de nombreux amateurs, admis à visiter sa collection d'objets d'art, admirèrent le goût artistique qui avait présidé à sa formation. Mais ce soldat avait des défauts soldatesques assez nombreux. Il était comme les compagnons de Robert le Diable à l'Opéra ; il aurait pu chanter avec eux « Le vin... le vin, le vin, le jeu, les belles. Voilà... voilà... voilà mes seules amours ». Il ne pouvait pas résister à la vue d'une carte, et ce défaut mignon le jetait dans des alternatives de bonne et de mauvaise fortune ; tant et si bien qu'un jour, il eut l'idée de réaliser sa collection et l'inconscience d'en faire annoncer la vente par les journaux. Ce fut un scandale énorme dont on profita pour représenter comme de simples pillards les conquérants de Pékin. Et, sous la pression irrésistible de l'opinion publique, Dupin fut mis en retrait d'emploi. » in Mes souvenirs [lire en ligne]
  6. a et b Du Pin est un photographe amateur qui prend des photographies dès son arrivée en Chine. Ce sont des paysages et des portraits pris en 1860 à Shanghai, Chefoo (Yantai), Tientsin (Tianjin), Tung-Chow (Tongzhou) et Pékin (Beijing). Une trentaine environ sont publiées par la société Ferrier & Soulier (cs) en images stéréoscopiques sur verre et sur papier en 1861. [lire en ligne] Quand bien même le Rijksmuseum les attribuent à un photographe anonyme, ces photos éditées pareillement par Ferrier & Soulier ont vraisemblablement comme auteur Du Pin ; les photographes équipés d’un appareil stéréoscopique ne devaient pas en effet être légion en 1860 et surtout en Chine ! [lire en ligne]
  7. « Sous le pseudonyme de Paul Varin, Du Pin publie un important ouvrage sur la Campagne de Chine (avec quatre cartes qui auraient dû rester secrètes) en 1862. C'est un auto-panégyrique de Du Pin qui y est présent, quasiment toutes les deux pages. » in Le Lieutenant-Colonel Du Pin pendant la campagne de Chine [lire en ligne]
  8. « Mais le pire survient le jour de son départ pour sa nouvelle affectation à Lyon, au 4e corps d'armée. Des journaux, dont Le Moniteur du 11 février 1862, annoncent la vente aux enchères publiques (qui dureront quatre jours, tant le nombre d'objets à vendre est important) à l'hôtel Drouot, « d'objets d'art provenant en partie du Palais d'Été, composant le Musée de Monsieur le colonel Du Pin ». Quelle inconscience ! Parmi ces trésors, il y a une pièce unique : un album peint sur soie représentant 40 vues du Palais impérial détruit par les Anglais. Le maréchal Niel avertit Randon « de l'effet déplorable qu'une telle vente peut avoir sur l'opinion publique ». Un épais dossier est adressé à Napoléon III, en personne : « Il ne faut pas qu'on puisse penser, en Europe, que des vues intéressées et des calculs de lucre entrent dans l'ardeur qui motive les officiers de l'armée française... Un officier ne doit pas s'approprier les objets de valeur, les rapporter sur un bâtiment de l'État et en tirer profit... Je vous prie donc, Majesté, de décider de la sanction ». De sa main, Napoléon III écrit en bas du dossier : « en retrait d'emploi ». » in Le Lieutenant-Colonel Du Pin pendant la campagne de Chine [lire en ligne]
  9. « La contre-guérilla avait eu pour premier chef un homme d'une grande audace ; le succès de M. de Stœklin eût été assuré, s'il avait eu l'entente des opérations militaires. » in La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes (2e édition) [lire en ligne]
  10. « Le commandement et l'organisation de cette phalange d'aventuriers réguliers furent confiés à un homme qui était unique pour remplir ce double rôle : c'était le colonel Dupin. Des officiers des corps d'infanterie et de cavalerie qui avaient, eux aussi, été appelés à former les cadres des nouvelles troupes en formation lui furent adjoints. La contre-guérilla, dite Dupin, prit alors une grande importance et ne tarda pas à écrire, dans l'histoire du corps expéditionnaire du Mexique, des pages extraordinaires dans lesquelles on trouve les faits d'armes les plus héroïques, les raids les plus invraisemblables, les aventures les plus romanesques, les anecdotes les plus singulières, des actes de dévouement, d'audaces les plus remarquables, aussi même des scènes de carnage et de boucherie stupéfiantes, mais qu'exigeait la répression implacable des crimes commis par les brigands sanguinaires que la contre-guérilla avait pour unique mission de rechercher, de combattre, de détruire principalement. » in L'intervention française au Mexique : mémoires [lire en ligne]
  11. « Un an plus tard (6 août 1863), dans une charge où il fut abandonné des Mexicains qu'il menait au feu, M. de Stœklin tomba criblé de blessures et mourut en brave. Le 20 février, le colonel Du Pin arrivait à Medellin pour prendre possession de son nouveau commandement. » in La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes (2e édition) [lire en ligne]
  12. « Officiers et hommes de troupe, tout le monde était volontaire, le colonel nommait à tous les grades et emplois ; le commandant du bataillon d'infanterie était un lieutenant de la Légion et les officiers sous ses ordres des sous-officiers de l'armée détachés sur leur demande. Les commandants des deux escadrons étaient des sous-lieutenants de chasseurs d'Afrique. On qualifiait de postiches tous les grades de la contre-guérilla parce qu'ils n'avaient pas de valeur en dehors. La troupe se recrutait parmi les libérés de l'armée du Mexique qui avaient, pris goût au pays ; les anciens soldats de la Légion y étaient en majorité. Il s'y trouvait aussi des gens assez extraordinaires par exemple un navire négrier poursuivi par les Anglais s'étant jeté à la côte près de Tuxpan, on engagea tout l'équipage et le capitaine, un grec nommé Hayanos, fut fait sergent. La discipline était assurée avec une sévérité terrible par une cour martiale composée d'un lieutenant et de deux sons-officiers ; elle jugeait sans appel et ses arrêts étaient exécutés aussitôt que rendus.
    En principe il n'était pas fait de distributions de vivres ni de fourrages, chacun devait pourvoir à sa subsistance et à celle de son cheval avec sa solde, qui était d'ailleurs fort élevée. »
    in Souvenirs de ma vie [lire en ligne]
  13. « Dupin, le commandant de la contre-guérilla, est effondré. Il se sent responsable de la mort de Danjou et des autres puisque le combat s'est déroulé dans une zone qu'il est chargé de contrôler. Pendant trois semaines, il va traquer les troupes de Milan, avec la fureur d'un vengeur. Mais Milan manœuvre habilement. Son armée file entre les mailles du filet tendu par Dupin. Trois semaines d'embuscades vaines, de poursuites négatives, de marches forcées pour arriver toujours trop tard, après que Milan a eu donné l'ordre de lever le camp. Un matin, pourtant, Dupin les surprend enfin. Il fond immédiatement sur l'arrière-garde et se bat comme un démon. Ses soldats, pensant à leurs camarades de Camerone, ne font pas de quartier et hachent littéralement les unités mexicaines les unes après les autres. Un colonel est capturé vivant. Il sera échangé plus tard contre les douze survivants de la troisième compagnie. » in Le sacrifice de Camerone : Les Grandes Énigmes du temps jadis [lire en ligne]
  14. « A peine le colonel mexicain don Manuel Llorente en avait-il pris possession au nom de la régence de Mexico, que le général Carbajal, attaché à la cause républicaine, réunissant à lui toutes les troupes disponibles, était accouru pour l'en chasser. Le colonel Llorente, poursuivi sans trêve, s'était réfugié, avec trois cents hommes restés fidèles à son drapeau, dans Temapache, village de la Huasteca. » in La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes [lire en ligne]
  15. « Le 18 avril, à six heures du matin, lorsque la contre-guérilla sonna la marche, ses éclaireurs fouillaient déjà San-Bartolillo, que l'ennemi venait d'évacuer. ... La contre-guérilla s'était élevée lentement au faîte d'un mamelon ; sur l'autre versant, le terrain changea brusquement d'aspect. C'était une petite plaine boisée; au bout de la plaine, sur un plateau aride aux pentes blanchâtres et ravinées, se groupaient les maisons du village de San-Antonio. ... Tel était le champ de bataille choisi par Carbajal. ... Le colonel Du Pin, suivi d'un groupe de cavaliers, franchit Yarroyo et monta directement vers l'église; mais l'église, les maisons et les jardins vomirent aussitôt le feu par toutes les ouvertures ; les projectiles mexicains, dirigés avec une précision inouïe, balayèrent la route où s'était avancé le colonel. ... On forma deux colonnes serrées. L'artillerie redoubla ses ravages, et la contre-guérilla se lança à l'assaut en faisant un suprême effort. Le cri de « Vive la France » fut poussé par bien des poitrines ; pour plusieurs, c'était l'adieu à la patrie. ... À l'entrée du cimetière était étendu le cheval de bataille de Carbajal : sa seconde monture était au pouvoir du colonel Du Pin. A la selle, on trouva suspendu un long poignard dont le manche en acier portait cette devise en espagnol ; « Carbajal. Libre ou mourir ». » in La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes [lire en ligne]
  16. « Le général en chef adressa au colonel Du Pin des compliments mérités, et signala par un brillant ordre à l'armée la journée de San-Antonio. » in La contre-guérilla française au Mexique : souvenirs des Terres chaudes [lire en ligne]
  17. « Le maréchal confia la garde des Etats de Nuevo Léon et de Coahuila et du district de Matamoros à la division Mejia ; le colonel Dupin fut nommé gouverneur du Tamaulipas ; quant au général de Castagny, il reçut l'ordre de transporter son quartier général à Durango, pour relever la brigade l'Hériller qui devait prochainement rentrer en France. » in Expédition du Mexique, 1861-1867 : récit politique et militaire [lire en ligne]
  18. « Des philosophes en chambre trouveront que ces procédés sont excessifs et que la civilisation doit tendre la joue droite, quand la barbarie a frappé celle de gauche. Cela est bon à dire quand on n'est pas obligé de présenter son visage à des sauvages, à des bêtes féroces. Des philanthropes rêveurs, apôtres quand même de la paix universelle, prêcheront bien un jour à la civilisation de répondre par des oranges et des cantaloups aux boulets et aux bombes que leur projettera la barbarie. Ils ne referont pas l'espèce humaine et ne supprimeront pas les circonstances où, les passions étant déchaînées, on ne reconnaît plus qu'un principe efficace : « Dent pour dent ; œil pour œil. » Et c'est grâce à son application que le colonel Dupin et sa contre-guérilla avaient purifié les Terres Chaudes jusqu'alors empoisonnées. » in L'intervention française au Mexique : mémoires [lire en ligne]
  19. « Diable rouge » en raison de la couleur rouge de son dolman
  20. Une lettre du colonel Pedro Martinez datée du 22 mai 1866 traite Du Pin de « hyène de Tamaulipas » (en) [lire en ligne]
  21. Un article du Chicago Tribune daté du 5 novembre 1872) traite Du Pin de « tigre des tropiques » (en) [lire en ligne]
  22. Du Pin entreprend alors les démarches auprès du Tribunal civil de Gaillac pour faire modifier son patronyme de naissance de Dupin en Du Pin ainsi que le précise la mention marginale inscrite sur l'acte de naissance: « Par jugement du Tribunal civil de Gaillac en date du dix-huit novembre mil huit cent soixante-cinq, enregistré, l'acte de naissance ci-contre a été rectifié en ce sens que le nom de Du Pin sera substitué à celui de de Dupin. » [lire en ligne]
  23. « Rien ne lui eût été plus facile que de faire fortune au Mexique ; il avait à sa disposition des sommes énormes pour l'entretien de son corps ; on a parlé de détournements ; mais il est incontestable que Du Pin est revenu du Mexique sans fortune. Voulant par tous les moyen, effacer la tache que la Chine avait, à tort ou à raison, faite à son uniforme, sachant qu'il lui fallait se réhabiliter aux yeux de ses propres officiers, il s'efforçait de donner à ses soldats l'exemple du désintéressement le plus complet. Ainsi à Santa Yuiquita, il fit pendre un libéral qui avait offert cinq mille piastres comptant au maréchal-des-logis chargé de la garde d'un prisonnier.
    Il le fit pendre avec les cinq mille piastres en disant qu'il ferait fusiller le soldat qui prendrait seulement un sou dans la poche du supplicié. Le lendemain, avant de quitter le village, le colonel Du Pin vérifia l'argent. Il ne manquait rien à la somme. Il abandonna le cadavre et les cinq mille piastres aux Indiens qui, pour témoigner leur allégresse, se mirent à danser autour du pendu. Une autre fois encore, voyant qu'il ne pouvait empêcher la troupe de piller un débit d'eau-de-vie malgré ses ordres, il mit lui-même le feu à la maison pour empêcher le pillage. »
    in De Québec à Mexico : souvenirs de voyage, de garnison, de combat et de bivouac [lire en ligne]
  24. « Or, dans le courant de 1865, le colonel Dupin était rentré en France, muni d'un congé, pour se reposer du dur métier qu'il avait fait pendant si longtemps dans un climat meurtrier. Il fut remplacé dans son commandement par le lieutenant-colonel de Gallifet, si mes souvenirs sont exacts. Une fois réconforté, Dupin, toujours passionné pour la vie active mais encore en non-activité dans l'armée française, demanda à l'Empereur Napoléon de le renvoyer au Mexique. Comme ce pays paraissait plus que jamais avoir besoin d'hommes énergiques, le Souverain le remit à la disposition du maréchal Bazaine, sans, naturellement, consulter celui-ci, ni affecter d'emploi au colonel Dupin. Finalement, au commencement de janvier 1866, l'homme terrible débarqua à Vera-Cruz et se rendit à Mexico, ayant repris sa tenue pittoresque et redoutable de Fra Diavolo. » in L'intervention française au Mexique : mémoires [lire en ligne]
  25. « Dans ce document, daté du 10 janvier, l'Empereur écrivait sèchement : « Le télégraphe m'apprend, à mon extrême surprise, que le colonel Dupin est revenu. Je désire connaître quelles sont les raisons qui ont motivé son retour et empêché l'exécution des instructions que je vous avais données à son sujet dans une conférence spéciale à Mexico. » ... Il est inouï que Maximilien ait cru pouvoir demander au Maréchal (Bazaine) des explications sur une mesure prise par l'Empereur des Français et lui donner des instructions au sujet du choix des officiers de l'armée française ! » in L'intervention française au Mexique : mémoires [lire en ligne]
  26. « On le replaça d'abord en activité hors cadre, et, à la fin de l'expédition, il fut nommé chef d'état-major de la division de Montpellier. Là, je le revis encore ; mais il n'était plus que l'ombre de lui-même. Le climat meurtrier des Terres-Chaudes, dont il n'avait pas songé à combattre les effets terribles par une sage conduite, avait fait son œuvre. Et ce héros, se survivant à lui-même, attendait, en se traînant péniblement, la mort qui allait apparaître. » in Mes souvenirs [lire en ligne]
  27. « ... mais ce qui m'a frappé surtout dans les récits des anciens compagnons d'armes du colonel, c'est qu'il est mort pauvre, qu'il a vécu modestement et qu'il n'a pas rapporté un sou du Mexique. Après sa rentrée en France, Du Pin végétait misérablement à Paris. Au commencement du mois, il s'amusait un brin ; il était de toutes les fêtes et de tous les soupers ; mais il payait par de cruelles privations les deux ou trois folles nuits dont il se gratifiait du 1er au 5. Vers la fin de chaque mois, il dînait souvent d'une tasse de chocolat, n'ayant pas de quoi s'offrir deux plats au restaurant.
    On sait que sur la fin de sa carrière il fut interné à Montpellier. Cet homme d'airain qui, mille fois en se vantant de sa robuste santé, avait dit à ses soldats : « Je suis immortel ; un homme comme moi ne meurt pas », s'est éteint misérablement dans une ville de garnison.
    Ses compagnons d'armes prétendent qu'il est mort de chagrin, la plus cruelle de toutes les agonies. »
    in De Québec à Mexico : souvenirs de voyage, de garnison, de combat et de bivouac [lire en ligne]
  28. Son patronyme est orthographié du Pin sur son acte de décès. [lire en ligne]
  29. « C'était une espèce de condottiere du seizième siècle, un capitaine d'aventures qui aurait fait pousser des cheveux blancs à tous les comptables, mais qui était superbe à la tête de ses enfants perdus, véritables types de brigands qui eussent détroussé le voyageur, s'ils n'avaient pas trouvé plus d'avantages à détrousser ceux qui détroussaient les voyageurs.
    Je le revois encore, dans l'uniforme éclatant et bizarre qu'il avait adopté : un dolman rouge, ouvert, flottant sur la chemise de flanelle et orné des cinq galons d'or de colonel, dont le nœud hongrois recouvrait les deux manches ; une large culotte blanche qui se perdait dans des bottes montant jusqu'au genou, et le sombrero mexicain de feutre gris clair, aux vastes bords plats, historiés comme une mitre d'évêque, garnis de pampilles, dont la coiffe était entourée d'un énorme bourdalou d'or. »
    in Mes souvenirs [lire en ligne]
  30. Son manuscrit intitulé Historique de la contre-guérilla des terres chaudes du Mexique (1865) est conservé au Service historique de la Défense.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guillaume de Tournemire, « Charles Louis Désiré Du Pin », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 2 février 2016).
  2. Union de Dupin x de Genton de Villefranche, 18 juin 1812 à Amarens (Tarn) [lire en ligne]
  3. Dupin, Charles Louis Désiré de (X 1834 ; 1814-1868) [lire en ligne]
  4. Reconnaissance faite par le capitaine Ch. Dupin dans le désert algérien [lire en ligne]
  5. Louis Michel Morris, né le 27 septembre 1803 à Canteleu (Seine-Maritime) [lire en ligne]
  6. Antoine Fauchery (1823-1861), photographe et journaliste par excellence (en) [lire en ligne]
  7. a et b in Le Japon : mœurs, coutumes, description, géographie, rapports avec les Européens
  8. in Expédition de Chine
  9. Le pillage du Palais d'été, Maurice d'Irisson, comte d'Hérisson (1839-1893) [lire en ligne]
  10. Catalogue des objets précieux composant le musée japonais et chinois de M. le colonel Du Pin sur Gallica
  11. Charles Edouard Eugène de Stoëcklin (1834-1863), mort pour la France au champ d'honneur à Jatilpan (Mexique) [lire en ligne]
  12. Opérations aux environs de Tampico in Expédition du Mexique, 1861-1867 : récit politique et militaire [lire en ligne]
  13. a b c d e et f DU PIN (Charles Louis Désiré), 1814-1868, colonel par Jacques Jourquin in Dictionnaire du Second Empire, p. 460