Château de Pierre Scize

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de Pierre Scize
Image illustrative de l'article Château de Pierre Scize
'Une vue du château de Pierre-Scize à Lyon, William Marlow, XVIIIe siècle
Début construction Xe siècle
Destination initiale seigneur archiépiscopal
Destination actuelle disparu
Coordonnées 45° 46′ 00″ nord, 4° 49′ 17″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Lyonnais
Beaujolais
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Métropole Métropole de Lyon
Commune Lyon

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Château de Pierre Scize

Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon

(Voir situation sur carte : métropole de Lyon)
Château de Pierre Scize

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Pierre Scize

Le château de Pierre Scize, également appelé château de Pierre Encise aujourd'hui disparu, était situé sur la commune de Lyon, dans l'actuelle métropole de Lyon. Il occupait une place stratégique, face à la Saône, qui matérialisait la frontière entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique.

Le rocher sur lequel a été édifié le château semble avoir été fendu en deux, d'où son nom, qui signifie pierre fendue.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les origines de la forteresse remontent au Xe siècle. Elle domine la Saône d'une cinquantaine de mètres, à un endroit où la rivière s'engouffre entre la colline de Fourvière et celle de la Croix-Rousse. De cet ensemble assez massif, se détachait une haute tour ronde édifiée au sommet du rocher et tenant lieu de donjon.

On accédait au château par une porte, appelée porte de Pierre Scize, située au bas de la colline, puis par un escalier de plus de 200 marches, taillé dans le roc. Les fortifications médiévales de la ville rejoignaient le château en l’intégrant ainsi dans le système défensif de la cité[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Construction à la frontière de l'Empire[modifier | modifier le code]

Le château est édifié par archevêque Renaud de Forez après des périodes de troubles ; ses successeurs s’installent au château[2].

Pendant la Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

En 1454, Jean d'Aulon, ancien compagnon de Jeanne d'Arc, devient capitaine de Pierre Scize. En 1466, le château est rendu par Louis XI, à l'archevêque Charles II de Bourbon, par les lettres en date d'Orléans le 17 avril, après être resté longtemps entre les mains de Charles VII et Louis XI [3].

En 1468, à la suite du danger menaçant la ville de Lyon, Louis XI ordonne l'occupation de Pierre Assise le 8 mars [4]. Le roi évince les archevêques de Lyon de Pierre Scize. Le château est transformé en prison d'état. En 1476, après plus de trois mois de séjour, Louis XI quitte Lyon, en visitant le château le 16 juillet [5].

Château de Pierre-Scise, 1829, dans Histoire de Lyon : depuis sa fondation jusqu'à nos jours, Pierre Clerjon

Pendant les Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

Armes du duc de Nemours.

En 1562, Pierre Scize est pris par les troupes protestantes; elle tiendront la place pendant plus d'un an. En 1588, le château est assiégé par les Gueux de Lyon. Dans le dernier quart du XVIe siècle, Charles-Emmanuel, duc de Nemours est commandant du lieu.

Un château sur la Saone[modifier | modifier le code]

Au milieu du XVIIIe siècle, le commandant est M. de Bory. À partir de 1780, le commandant de Pierre Scize est Claude Espérance de Regnauld-Alleman, seigneur de Bellescize.

Château de Pierre Scize, Jean-Baptiste Lallemand, XVIIIe siècle.

Démolition pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1791, le château est pris par la foule. En 1793, la forteresse est entièrement démolie. Charles-Ange Boily, de l'Académie des arts de Lyon en grave une médaille commémorative. Le rocher servira ensuite de carrière pour les constructions avoisinantes.

Les prisonniers marquants[modifier | modifier le code]

Citations à propos de Pierre Scize[modifier | modifier le code]

  • Albert Jouvin de Rochefort (c. 1640 - c. 1710 ) : Le château de Pierre Ancise est le plus merveilleux à voir, bien qu’il ne soit pas de grande étendue ; car il n’est que dessus l’échine d’une partie de rocher, qui en est voisin et d’autant plus fort qu’il est escarpé du côté de la rivière, qui lui lave le pied, et de l’autre défendu d’un large espace en façon de fossé du côté de la montagne... On y monte par plusieurs degrés taillés dans le roc, et ce qu’il y a de plus plaisant, c’est une grosse source qui sort du rocher dans le chasteau, où est un donjon couvert de quelques pièces de canon, qui tiennent en défense l’entrée de la rivière de Saône et de la porte de Vèze (= Vaise) (carnets de voyage, 1672)
  • Alfred de Vigny: Parmi les vieux châteaux dont la France se dépouille à regret chaque année, il y en avait un, d’un aspect sombre et sauvage, sur la rive gauche de la Saône… , dans Cinq-Mars
  • Amédée Matagrin: Du puissant château fort, pas même une ruine !

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mémoires de Madame la marquise de Fresne, par Gatien de Courtilz de Sandras (Amsterdam, 1714)
  • Archives historiques et statistiques du département du Rhône

Bibliographie[modifier | modifier le code]

études

  • Le Château de Pierre Scize et ses prisonniers, par E. Cuaz (A. Rey, 1907)
  • Châteaux et maisons bourgeoises dans le Rhône, par C. Pelletier (Horvath , 1980)

roman historique

  • Pierre Virès, Les Gueux de Lyon, 2004, Éditions des Traboules, (ISBN 2-911491-13-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Dallemagne, Les défenses de Lyon : enceintes et fortifications, Lyon, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, , 2e éd. (1re éd. 2006), 255 p. (ISBN 2-84147-177-2, notice BnF no FRBNF42258190)
  2. Bernard Berthod, Jacqueline Boucher, Bruno Galland, Régis Ladous et André Pelletier, Archevêques de Lyon, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 191 p. (ISBN 9782841472284, notice BnF no FRBNF43719523), p. 57.
  3. Archives du département du Rhône, armoire Cham, vol.29, no 9, d'après Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome III, p. 202, note no 1, Librairie Renouard, Paris 1887
  4. Minute, Bibliothèque nationale, Fr.20493, fol.66 : "A nostre ame et feal conseiller Francois Royer, nostre seneschal de Lyon et bailli de Mascon, salut et dilection. Pource que nous avons este informez que nostre tres chier et ame cousin l'arcevesque de Lyon a este conssentant de ce que le sire de Beaujeu et Jehanne de Bourbon, ses frere et seur, s'en sont allez par devers et en la compaignie d'aucuns noz rebelles et desobeissans, et qu'ils ont conspire et machine et conspirent et machinent aucunes choses a l'encontre de nous et de nostre seigneurie, et mesmement contre nostre ville de Lyon, nous, pour ces causes, et pour obvier a ce que inconvenient n'en adviengne a nous ne a nostre dicte ville, vous mandons et commandons et expressement enjoignons, que incontinent et en toute diligence, vous vous transportez en icelle nostre ville de Lyon, et prenez et mectez en nostre main la place de Pierre Assise, et gardez de par nous sans en faire delivrance a quelconque personne que ce soit, jusques a ce que par nous autrement en soit ordonne, ......... Donne aux Monltiz lez Tours, le VIIIe jour de mars, l'an mil CCCC soixante sept (1468, 1467 jusqu'à Pâques, 17 avril), et de nostre regne le septiesme. LOYS." Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome III, p. 380, Librairie Renouard, Paris 1887
  5. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettre de Louis XI, tome XI, p. 163, Librairie Renouard, Paris, 1909
  6. Arthur Kleinclausz, dir., Histoire de Lyon - Tome 1, Des origines à 1595, Librairie Pierre Masson, 1939, Lyon, page 366

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :