Château d'Eu

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Château d'Eu
Image illustrative de l'article Château d'Eu
La façade du château.
Début construction XVIe siècle
Fin construction XVIIe siècle - et rénovation à la fin du XIXe siècle
Destination actuelle Mairie et musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1985)
 Inscrit MH (1983)
Coordonnées 50° 02′ 58″ nord, 1° 25′ 02″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Eu

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château d'Eu

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

(Voir situation sur carte : Seine-Maritime)
Château d'Eu

Situé en Normandie, dans le nord de la Seine-Maritime, le château d'Eu accueille à la fois la mairie d’Eu et le musée Louis-Philippe (labellisé « musée de France »). Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le et d'une inscription depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En décembre 1430, Jeanne d'Arc, prisonnière des Anglais, séjourna dans la prison du château.

Le bâtiment actuel fut commencé en 1578 par Henri de Guise et Catherine de Clèves, puis terminé en 1665 par la Grande Mademoiselle, cousine germaine du roi Louis XIV.

Il se compose d'un corps de logis prolongé à chacune de ses extrémités, par deux pavillons. La partie centrale est presque rectiligne, les pavillons des extrémités étant en retrait côté cour et en saillie côté parc. L'ensemble est édifié en brique et pierre.

en 1681, le domaine d'Eu devient la propriété de Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), avec lequel il entre dans la descendance du Roi Louis XIV et de la marquise de Montespan.

Il passe, après lui, à son fils, autre Louis Auguste de Bourbon, comte d'Eu (1700-1755), puis au frère de celui-ci, Louis Charles de Bourbon, également comte d'Eu (1701-1775)..

Mort sans descendance, Louis Charles de Bourbon laisse pour héritier son cousin-germain, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre.

A la Révolution, le duc de Penthièvre n'émigre pas et meurt en 1793. Il laisse une fille unique, Marie Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, qui doit s'exiler en 1797 et reprend possession d'Eu à son retour en France, sous la première Restauration, en 1814. La duchesse d'Orléans meurt en 1821 et a pour successeur à Eu son fils, Louis-Philippe d'Orléans.

Devenu en 1830 le Roi des Français, Louis-Philippe fait du château d'Eu l'une de ses résidences.

Pendant son règne, jusqu'en 1848, il y reçoit à deux reprises la reine Victoria d'Angleterre en 1843 et 1845, initiant ainsi l'Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni.

Après la Révolution de 1848, la Maison d'Orléans doit s'exiler et se retire outre-Manche, jusqu'en 1871. Rentré alors en France, Philippe d'Orléans, comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, reprend possession de son château d'Eu, où il fait faire d'importants travaux, dirigés par l'architecte Eugène Viollet le Duc, de 1872 à 1886.

En 1886, une nouvelle loi d'exil oblige le comte de Paris à quitter à nouveau la France, jusqu'à sa mort, en 1894.

Après celle-ci, son fils, Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, vend le château d'Eu à son cousin-germain, Gaston d'Orléans, à qui son grand-père, Louis-Philippe, avait attribué le titre de comte d'Eu.

Le château d'Eu devient alors l'habitation des prétendants au trône impérial du Brésil, Gaston d'Orléans, jusqu'à sa mort en 1922, et son épouse, Isabelle de Bragance, héritière du trône impérial du Brésil, puis leur fils Pierre d'Alcantara d'Orléans Bragance, mort en 1940, et sa famille.

En novembre 1902, la plus grande partie du corps de logis central et l'aile sud du château d'Eu subissent un incendie, qui n'en laisse que les murs. L'aile nord est épargnée.

L'édifice est ensuite restauré, à l'exception d'une partie des décors intérieurs.

A cette époque, la famille d'Orléans conserve aussi la Forêt d'Eu, d'une superficie de 9.300 hectares. En 1913, cet important domaine lui est acheté par l'Etat (pour 9/10) et par le département de la Seine Inférieure (pour 1/10) [3].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent le château.

En 1954, la famille d'Orléans vend le château, dont, après de multiples péripéties, la ville d’Eu se porte acquéreur en 1964.

En 1973, la municipalité y installe sa mairie, dans la partie sud, alors que le Musée Louis-Philippe est créé dans la partie nord.

A l'intérieur du château, on remarque en particulier la Galerie des Guise, au décor entièrement reconstitué, au début du XXIème siècle, pour servir d'écrin à une exceptionnelle collection de 141 portraits représentant des personnages liés à l'histoire du château. La restauration de cette galerie a été inaugurée en 2014.

Le Musée Louis-Philippe du château d'Eu conserve, en outre, de nombreux souvenirs de la Maison d'Orléans.

Une partie de l’ancien domaine du château reste privée, et s'est transmise aux héritiers d'Isabelle d'Orléans-Bragance, comtesse de Paris, née à Eu en 1911, ses fils Michel et Jacques d'Orléans, ainsi qu'un de ses petits-fils, Robert d'Orléans, fils du défunt prince Thibault (†1983).

En 1987, le parc et les dépendances de l'ancien domaine royal, situés sur le territoire de la ville d'Eu, sont classés.


Souvenir de la table royale

Un service de déjeuner en porcelaine dure de Sèvres (vers 1844) comprenant un grand plateau ovale à décor de vues du château et de son parc, et les autres pièces ornées de portraits peints "en camée" de membres la famille d'Orléans a été présenté lors de l'exposition intitulée "Napoléon Ier et Sèvres - L'art de la porcelaine au service de l'Empire" (200 pièces) à la galerie Aveline à Paris en septembre - octobre 2016 (éléments du service reproduits en couleur dans "La Gazette Drouot" n° 31 du 16/09/2016, p.148).

Description[modifier | modifier le code]

Côté sud[modifier | modifier le code]

Carlo Marochetti, Monument au duc d'Orléans, château d'Eu.
  • Monument à Ferdinand-Philippe, prince royal (fils aîné du roi Louis-Philippe) et duc d'Orléans, par Carlo Marochetti, érigé devant la grille de la cour. Une réplique du monument est installée sur la place du duc d'Orléans à Neuilly-sur-Seine (elle se trouvait à l'origine à Alger).

Côté Nord[modifier | modifier le code]

Le talus de la rue des Fontaines.

Au Nord, l'édifice, la cour et le jardin surplombent la rue des Fontaines ; au sommet d'un talus assez raide, court un mur de brique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alban Duparc, Histoire d’une restauration, Viollet-le-Duc et le château d’Eu 5Abbeville : Leclerc Imprimerie, 2014°;
  • Alexia Brossaus, Voyage en terre littéraire, Plongée dans les collections de la bibliothèque du château d’Eu (Alençon, Bemo Graphic, 2014);
  • Alban Duparc, Donation Albert Court (Abbeville : Leclerc Imprimerie, 2013);
  • François Terrade, Visite de la Reine Victoria au Roi Louis-Philippe au château d'Eu (Eu : Association des Amis du Musée Louis-Philippe, 2013);
  • Xavier Dufestel, Les villages de Liberté d'Isabelle (Eu, Bulletin des Amys du vieil Eu, 1999).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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