Pierre d'Orléans-Bragance

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pierre d'Orléans-Bragance (homonymie) et Pierre du Brésil.
Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança
Description de cette image, également commentée ci-après
Le prince Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança

Succession

Prétendant au trône du Brésil


(18 ans, 2 mois et 15 jours)

Nom revendiqué « Pedro III »
Prédécesseur Isabel de Bragança
Successeur Pedro Gastão de Orléans e Bragança
Biographie
Titulature prince impérial
prince d'Orléans-Bragance
prince du Grão-Pará
Dynastie Maison d'Orléans-Bragance
(branche de Pétropolis)
Nom de naissance Pedro de Alcântara Luís Filipe Maria Gastão Miguel Gabriel Rafael Gonzaga de Orléans e Bragança
Naissance
Petrópolis (Brésil)
Décès (à 64 ans)
Petrópolis (Brésil)
Père Gaston d’Orléans
Mère Isabelle du Brésil
Conjoint Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz
Enfants Isabel de Orléans e Bragança
Pedro Gastão de Orléans e Bragança
Francisca de Orléans e Bragança
João de Orléans e Bragança
Teresa de Orléans e Bragança

Description de cette image, également commentée ci-après

Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança (en français : Pierre d'Alcantara Louis Philippe Marie Gaston Michel Gabriel Raphaël Gonzague d'Orléans-Bragance), prince du Grão-Pará, est né le 15 octobre 1875 à Petropolis et est décédé dans cette même ville le 29 janvier 1940. Il était second dans l'ordre de succession au trône impérial brésilien (après sa mère la princesse impériale). Ses descendants constituent la branche aînée, dite branche de Petrópolis, de la maison d'Orléans et Bragance.

Famille[modifier | modifier le code]

Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança est le fils aîné d'Isabelle de Bragance (1846-1921), princesse impériale du Brésil et plusieurs fois régente de son pays, et de son époux Gaston d'Orléans (1842-1922), comte d'Eu. Héritier en second de l'empereur Pierre II, dont il est l'aîné des petits-fils, Pedro de Alcântara porte le titre de prince du Grão-Pará. Après la chute de la monarchie (1889) puis la mort de son grand-père (1891), il prend le titre de courtoisie de prince impérial, tandis que sa mère devient la prétendante au trône.

Le 12 novembre 1908 à Boulogne-Billancourt[1], il épouse (sans l'accord d'Isabelle de Bragance) la comtesse tchèque Elisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz[2] (1875-1951), fille du comte Jean Wenceslas Dobrzensky de Dobrzenicz et de son épouse la comtesse Elisabeth Kottulinsky de Kottulin.

De cette union naissent cinq enfants :

Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança est donc le grand-père de l'actuel comte de Paris, Henri d'Orléans (né en 1933) et de l'actuel duc de Bragance, Duarte de Bragança (né en 1945).

Biographie[modifier | modifier le code]

Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança, alors prince du Grão-Para, passe son enfance au manoir Isabelle (Paço Isabel, actuel palais Guanabara), à Rio de Janeiro, au Brésil. Lui et ses frères cadets, Luiz et Antônio, sont alors entourés d'une nuée de précepteurs, dont le chef est le baron de Ramiz Galvão.

Mais, le 15 novembre 1889, un coup d'État a lieu contre l'empereur Pierre II et sa fille, la régente Isabelle. La république est proclamée et, peu de temps après, les souverains déchus sont condamnés à l'exil en Europe. Le prince Pedro de Alcântara est alors âgé de 14 ans et les événements auxquels il assiste le marquent profondément.

En Europe, l'ancienne famille impériale s'établit d'abord au Portugal, puis en France, au château d'Eu, propriété du prince Gaston. Par la suite, il part faire ses études et son service militaire en Autriche[3]. Comme ses deux frères, Pedro de Alcântara devient lieutenant des hussards de l’Armée impériale et royale et sert à plusieurs reprises l’empereur François-Joseph. C'est là qu'il rencontre celle qui deviendra sa femme, la comtesse tchèque Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz.

Elisabeth n'est pas issue d'une maison souveraine, ce qui déplaît à la princesse Isabelle qui, en tant que chef de la maison impériale, désapprouve ce qu'elle considère comme une mésalliance[4].

La princesse Isabelle décide malgré tout d'autoriser le mariage des deux amoureux. Cependant, elle place une condition à la célébration du mariage : la renonciation de Pedro de Alcântara à ses droits à la couronne du Brésil. Le prince accepte et abdique ses droits dynastiques, en 1908, en faveur de son frère cadet, le prince Luiz[5]. Il est alors décidé que de Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança perdra son titre de prince du Brésil mais conservera son prédicat d'altesse impériale et royale et sa qualité d'aîné de la maison impériale du Brésil. Il recevra en outre le titre de prince d'Orléans-Bragance. Quant à ses enfants à naître, ils porteront le prédicat d'altesse royale[réf. nécessaire] ainsi que le titre de prince ou princesse d'Orléans-Bragance. Il se marie ainsi avec Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz le 14 novembre 1908 en l'Église Notre-Dame de Versailles, et c'est l’évêque de Versailles, Mgr Charles Gibier qui reçoit leurs consentements[6].

Après l'abolition de la loi d'exil par le président de la République Epitácio Pessoa en 1920, Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança réalise plusieurs voyage de chasse dans son pays natal. Accompagné par son secrétaire, le journaliste et photographe autrichien Mario Baldi, il réalise, en 1926-1927, l'un des voyages les plus célèbres de l'époque : un raid automobile de 4 000 km entre la Bolivie et la ville de Rio, sur des routes presque impraticables. De cette expédition, on a conservé plusieurs reportages publiés par Mario Baldi dans des journaux et des revues illustrés brésiliens et européens. De nombreuses photos ont également été prises pendant ce voyage et elles forment aujourd'hui la collection Mario Baldi, du secrétariat à la culture de Teresopolis.

En 1936, Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança repart, pendant plusieurs mois, en expédition dans le sertão avec deux de ses enfants, Pedro Gastão et Francisca, son secrétaire, Mario Baldi, un ami, Jorge Sampaio, et un missionnaire français, le père Hippolyte Chauvelon. Cette fois, le voyage consiste en la découverte des peuplades indigènes du Mato Grosso et la revue A Noite Illustrada publie plusieurs photo-reportages de Mario Baldi.

Dans les années 1930, le prince et sa famille retournent définitivement vivre au Brésil, dans le palais du Grão-Pará, à Petrópolis. Il devient alors une figure incontournable des commémorations et autres cérémonies locales.

C'est dans la ville de Petrópolis que Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança meurt à l'âge de 65 ans. Son corps est d'abord enseveli dans le cimetière local, où il est enterré avec les honneurs d'un chef d'État. Mais, en 1990, ses restes et ceux de son épouse sont transférés dans le mausolée impérial de la cathédrale de São Pedro de Alcântara de Petrópolis. Il repose donc aujourd'hui aux côtés de ses parents et grands-parents.

La question dynastique[modifier | modifier le code]

Bien que Pedro de Alcântara n’ait jamais formellement annulé sa renonciation, il doutait fortement de sa validité juridique et considérait qu'à tout le moins, elle ne s'appliquait qu'à lui et non à ses descendants. Dans une interview[7] au quotidien brésilien Diário da Noite (pt), en 1936, il précisa sa pensée :

« Quand, il y a de nombreuses années, j'ai renoncé au trône impérial – a dit S.A. – en faveur de mon frère le prince dom Luiz, je l'ai fait seulement à titre personnel, sans me conformer aux prescriptions des lois brésiliennes, sans consulter préalablement la nation, sans les protocoles nécessaires qui précèdent les actes de cette nature. En outre, ce ne fut pas une renonciation héréditaire. Plus tard, en m’entretenant en Europe, et au cours de mes voyages au Brésil, avec quelques monarchistes, j’ai constaté que ma renonciation n’était pas valide pour de nombreux motifs, en plus de ceux que je viens de citer. Le conseiller João Alfredo (pt), qui detenait une copie authentique de ma renonciation, m’a donné aussi le même avis. Toutefois, si la restauration monarchique se confirme, il appartient à notre noble peuple de choisir qui doit diriger ses destinées : si c'est moi, qui ai la dévolution héréditaire du trône impérial, ou si c'est mon neveu dom Pedro Henrique, qui détient seulement, avec la mort de mon frère, le prince Luiz, ma renonciation personnelle. »

Son fils aîné, Pedro Gastão, était présent lors de cette entrevue de son père avec le journaliste Caio Júlio César Vieira († 1988), et on voit les trois hommes photographiés ensemble en première page du journal, avec ce grand titre sur cinq colonnes à la une : « Dom Pedro de Alcântara, qui s'estime héritier de la couronne du Brésil, fait l'éloge de l'intégralisme ». Pedro Gastão partageait les vues de son père et revendiqua après la mort de celui-ci ses droits au trône, en tant qu'aîné des descendants de l'empereur Pierre II.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris, Tout m'est bonheur (souvenirs), éd. Robert Laffont, coll. « Vécu », Paris, 1978. 440 p. -[16] p. de pl. ; 24 cm (ISBN 2-221-00107-9)
  • Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris, Les Chemins creux (souvenirs, suite de Tout m'est bonheur), éd. Robert Laffont, coll. « Vécu », Paris, 1981. 274 p. -[16] p. de pl. ; 24 cm (ISBN 2-221-00817-0)
  • Paule-Cécile Minot, Versailles à travers ces grandes familles, Nouvelles Editions Latines, , 228 p. (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte n°505 en date du 12 novembre 1908 - Etat Civil de la Mairie de Boulogne-sur-Seine.
  2. Villon, Victor: Elisabeth Dobrzensky "Empress of Brazil", article en anglais publié dans la revue Royal Digest 3/2008 http://pt.scribd.com/doc/231754509/Elisabeth-Dobrzensky-Von-Dobrzenicz-Empress-of-Brazil-PDF-2
  3. Rappelons qu'en tant que membre de la famille d'Orléans, le prince Pedro de Alcântara était touché, en France, par la loi de 1886 qui interdisait aux membres des familles ayant régné en France d'entrer dans l'armée française.
  4. Bien qu'issu d'une famille fort ancienne, le baron Jean Dobrzensky de Dobrzenicz, père d'Elisabeth, n'a été élevé au rang de comte par l'empereur d'Autriche-Hongrie qu'en 1906, et ce sur la demande expresse de la princesse Isabelle du Brésil.
  5. Le fils aîné du prince Pedro de Alcântara, Pedro Gastão de Orléans e Bragança est revenu sur cette renonciation à la mort de son père et s'est autoproclamé prince impérial du Brésil, considérant la renonciation de son père comme nulle et sans valeur juridique.
  6. Paule-Cécile Minot 1994, p. 33
  7. Caio Júlio César Vieira, “Disputa de Príncipes” : Diário da Noite (pt) du 27 janvier 1936, année VIII, no 2529, 7e édition, p. 1-2, lire en ligne.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Pages connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]