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CAN/CSA Z243.200

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(Redirigé depuis CAN/CSA Z243.200-92)
Figure 1: Un clavier utilisant la disposition CAN/CSA Z243.200, niveau de conformité B (groupes 1 et 2a). Le standard SGQRI-001 comprend également la ligature Œ avec la lettre E.

La norme nationale canadienne de disposition des touches des claviers informatiques pour l’anglais et le français CAN/CSA Z243.200, intitulée Claviers canadiens pour le français et l'anglais, a été publiée en 1992 par l’Association canadienne de normalisation. Elle définit une disposition de type QWERTY destinée à faciliter la saisie de l’ensemble des caractères couramment requis pour l'écriture du français et de l'anglais, notamment les lettres diacritées.

Les claviers utilisant cette disposition sont désignés par divers appellations, notamment clavier CSA, clavier ACNOR, clavier canadien multilingue ou clavier canadien standard. La variante utilisée dans la fonction publique québécoise (SGQRI-001) est également appelée clavier normalisé[1], clavier québécois ou clavier LaBonté.[2],[3].

Objet et portée de la norme

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La norme s'intéresse à la disposition des caractères sur la partie alphanumérique du clavier à 48 touches et à 47 touches, dans la deuxième édition de 1992. Elle est l'aboutissement d'expérimentations ayant eu cours durant deux ans, afin de réviser la norme préliminaire de 1988. La norme canadienne CAN CSA Z243.200-92 énonce un certain nombre d'exigences relatives aux claviers d'ordinateur au Canada. Elle est composée d'une disposition de base, facilitant la saisie de caractères fréquemment utilisés au Canada et permettant d'écrire dans les deux langues officielles. Une disposition complémentaire est également normalisée. Celle-ci, combinée à la disposition de base, permet d'étendre le support aux caractères de l'Alphabet latin no 1 défini par la norme d'encodage à 1 octet ISO/CEI 8859-1, en incluant les caractères du groupe 2a ou de l'Alphabet latin défini par la norme d'encodage ISO/CEI 6937, par l'ajout des caractères du groupe 2a et 2b. Elle est en outre conforme aux parties 1, 2 et 3 et 7 de la norme ISO/CEI 9995[4].

La norme ne vise pas à déterminer ou choisir un jeu de caractères codés ou un quelconque protocole de communication particulier. De plus, elle ne traite pas des éléments suivants :

a) méthode ou mécanisme d'affichage;

b) les aspects techniques fonctionnels de sa mise en œuvre;

c) les fontes et polices de caractère;

d) l'emplacement et la représentation des symboles graphiques sur les touches;

e) la forme, la dimension et la couleur des touches de saisie sur le clavier

f) le mécanisme de saisie des caractères de commande[4].

Principes généraux du clavier normalisé

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La norme a subi quelques évolutions, mais demeure axée sur le principe de l’élimination des touches mortes dans la mesure du possible; par exemple, le signe diacritique cédille des claviers français canadiens (IBM ID-058) a été remplacée dans le groupe primaire par une touche permettant de taper directement un c cédille ‹ Ç/ç , puisque c’est la seule lettre en français avec ce signe diacritique. On peut se passer complètement de l'accent grave puisque les trois seules lettres françaises qui les utilisent sont le À/à, le È/è et le Ù/ù, accessibles directement en minuscule et en majuscule avec ce clavier[5]. La signe diacritique accent grave demeure cependant présente dans la disposition de base (groupe primaire), afin de taper les caractères Ù/ù sur un clavier 47 touches qui ne contient pas de touche à gauche de la touche Z (B01). La lettre majuscule latine e accent aigu ‹ É › et la lettre minuscule latine e accent aigu ‹ é › présents dans la disposition IBM ID-058, par une saisie directe, sans recourir au signe diacritique accent aigu, sont reconduits dans le clavier normalisé.

Clavier normalisé pour le français et l'anglais (Canada)
Figure 2 : Disposition des touches du clavier informatique canadien pour le français et l’anglais (CAN/CSA Z243.200-92). Les caractères au niveau 3 sont représentés en rouge et les caractères du groupe secondaire (2a et 2b) sont étiquetés en bleu. Les caractères du niveau 1 et 2 présents dans le groupe primaire sont représentés en noir. Dans la norme canadienne, il y a 3 niveaux dans le groupe primaire et 2 niveaux dans le groupe secondaire.

La Figure 2 permet de mieux visualiser les caractères qui peuvent être activés dans le groupe primaire avec la touche de sélection du niveau 3, représentée en rouge avec deux flèches superposées, à la manière d'un sapin de Noël. La saisie du chevron droit ‹ > › sur la touche B09 est un exemple de caractère. Le caractère ‹ · › (point milieu), situé dans le groupe secondaire, au premier niveau, s'active par la touche de sélection du groupe 2, représentée par une flèche bleue pointant vers la droite. La combinaison de la touche de sélection du groupe 2 avec celle de sélection du niveau 2, représentée par une flèche noire, permet la saisie du symbole division ‹ ÷ ›. L'activation de la touche de sélection du niveau 2 permet la saisie du guillemet double droit ‹ " › dans le groupe primaire. Finalement, pour saisir directement un caractère dans le groupe primaire (groupe 1) au niveau 1, il suffit de taper directement la touche, par exemple ‹ . › (point), toujours sur la touche B09.

Représentation du niveau et du groupe sur un clavier normalisé CAN/CSA Z243.200:92 sur la touche B09
Groupe 1 Groupe 2
Niveau 2 (Shift) " ÷
Niveau 1 . (point) · (point médian)
Niveau 3 (AltGr) >

Notes : Le groupe primaire est composé de trois niveaux alors que le groupe secondaire en contient deux seulement, pour une possibilité maximale de cinq (5) combinaisons par touche.

Historique et contexte

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CAN/CSA Z243.200:F92 succède à une norme préliminaire publiée en 1988. Cette dernière repose sur les travaux ayant mené à l'élaboration de la norme CSA/CAN3-Z243.19-85 sur la disposition des touches des machines à écrire utilisées pour le français et l'anglais[4]. La conception de ce clavier est l’œuvre d’Alain LaBonté, informaticien-conseil au gouvernement du Québec, aussi auteur de différents ouvrages qui ont contribué à faciliter l’usage international du français en informatique[6],[7],[8].

Certains choix d'emplacement de caractères sur les touches, non optimaux, ne respectent pas le concept original[2],[9]. Par exemple, dans la version définitive de la norme, le gouvernement du Canada avait négocié un compromis à huis clos avec le gouvernement du Québec, pour que certaines touches du clavier français canadien IBM ID-058 soient reconduites dans la norme canadienne — notamment l'absence d'une exigence de quelque caractère pouvant représenter une apostrophe au niveau 1 de la disposition, ce qui est un inconvénient remarquable en français, inconvénient que toutes les dispositions de claviers francophones implantées au Canada ont en commun. En contrepartie, il a été convenu que l’on ne toucherait pas au concept général élaboré par M. LaBonté. On a également fait la promesse que ce clavier deviendrait une exigence dans les appels d'offres publics canadiens[10].

Au début des années 1990, on a sondé des francophones au Québec et ailleurs au Canada et 71 % mentionnaient une préférence marquée pour un clavier utilisant moins de touches mortes qu'on doit presser en combinaison d'un second caractère (‹ ` + E › pour le ‹ È › par exemple), donnant raison à l'initiative d'Alain LaBonté et confirmant son travail sur les comités de normalisation[5].

Description technique

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Figure 3 : Norme canadienne CAN/CSA Z243.200-92. Représentation graphique des caractères de saisie du groupe 1 ou primaire (noir). Les caractères du groupe 2a (mauve) et 2b (vert) font partie du groupe secondaire.

Le standard canadien définit trois niveaux de conformité explicites et un niveau implicite :

  1. Le niveau de conformité A comprend les caractères du groupe 1 (ou groupe primaire) pour l'écriture en français et en anglais, à l'exception des symboles œ Œ Ÿ du groupe 2b qui ne sont pas supportés par la norme ISO/CEI 8859-1[4],[2] (en noir sur la Figure 3).
  2. Le niveau de conformité B doit inclure les caractères du groupe 2a (représenté en mauve sur la Figure 3), en plus de ceux du groupe 1 (en noir), se limitant à l'écriture de l'ensemble des caractères de la norme ISO/CEI 8859-1. Les caractères du groupe 2b vont au-delà du niveau de conformité B de la norme nationale.
  3. Le niveau de conformité C correspond à la version intégrale (groupes 1, 2a et 2b), permettant d'étendre le support à l'ensemble des caractères de la norme ISO/CEI 6937, strictement. Le niveau de conformité C de la norme nécessite un pilote personnalisé qui intègre l'ensemble des caractères exigés.
  4. Finalement, la norme canadienne avait prévu un niveau de conformité dit « implicite » qui ne se conforme pas aux niveaux de conformité précédents. Dans une telle situation, la norme stipule qu'il s'agit du niveau de conformité A. Un clavier normalisé conforme à la norme ISO/CEI 8859-15, par exemple, aurait nécessité d'enlever certains caractères dans le groupe 2a comme les fractions ¼½¾, afin d'inclure les ligatures œ/Œ et le Ÿ (majuscule) qui sont dans le groupe 2b. La version à 47 touches est conforme uniquement au niveau de conformité A de la norme nationale, puisque la barre verticale discontinue, faisant partie du groupe 2a, est absente. En effet, seuls les claviers à 48 touches permettent d'atteindre le niveau de conformité B et C.

La norme québécoise SGQRI-001 inclut également l'e-dans-l’o (la ligature ‹ Œ ›) depuis 2006, en plus des caractères du groupe 1 et 2a, allant au-delà du niveau de conformité B de la norme canadienne. La présence de ce caractère s'inscrit comme un sous-groupe se conformant à ISO/CEI 9995-3 (groupe secondaire commun périmé). Les caractères en vert (groupe 2b sur la Figure 3) n'étaient pas intégrés à la plupart des claviers et aux pilotes[5],[11], en partie à cause de la limitation de l'encodage ISO/CEI 8859-1 et de la plus faible disponibilité du jeu de caractères Unicode sur les ordinateurs[5] jusqu'au début des années 2000.

Le rond-en-chef seul ‹ ˚ ›, qu'on ne doit pas confondre avec le signe degré ‹ ° › et l'indicateur ordinal ‹ º ›, fait partie du groupe 2b alors que les caractères Å/å du suédois, produits par la combinaison du rond-en-chef et du A/a sont dans le groupe 2a. Pour le macron ‹ ¯ ›, le caractère seul (avec un espacement) fait partie du groupe 2a mais les caractères accentués comme le Ā/ā sont considérés comme des lettres savantes (groupe 2b) qui vont au-delà du niveau de conformité B (groupe 1/2a)[2]. Ces caractères sont présents dans la norme ISO/IEC 6937 mais pas dans la norme ISO/CEI 8859-1. En effet, l'utilisation de ce caractère comme signe diacritique permet d'écrire uniquement dans une langue autre que les 14 qui sont officiellement supportées sur les claviers respectant le niveau de conformité B (albanais, allemand, anglais, catalan, danois, espagnol, finnois, français, italien, islandais, néerlandais, norvégien, portugais, suédois)[12]. Le caractère du macron seul est intégré dans la norme ISO/CEI 8859-1. Sur la Figure 3, ces deux symboles (le macron et le rond-en-chef) sont colorés en mauve, parce qu'ils permettent d'accéder au moins à un caractère dans le groupe 2a. Le symbole ‹ Ÿ ›, produit avec la combinaison du tréma (groupe 1) et du Y (groupe 1), est dans le groupe 2b alors que le ‹ ÿ › (minuscule), produit avec la combinaison du tréma (groupe 1) et du ‹ y › (groupe 1) est dans le groupe 1[4]. Pour plus de précisions, le document officiel comprend la liste détaillée des caractères du groupe 1, 2a et 2b[4].

Sur l'image présentée (Figure 3), les rectangles permettent de repérer un signe diacritique, conformément à la norme ISO/CEI 9995-10 (2012)[13].

Intégration des normes ISO/CEI 8859-1, ISO/CEI 8859-15 et ISO/CEI 6937

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À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la plupart des micro-ordinateurs utilisaient des encodages de caractères « à un octet » (SBCS), où un caractère courant est représenté par une valeur sur 8 bits. Ce choix était cohérent avec les contraintes matérielles et logicielles de l’époque (mémoire et stockage limités, traitement du texte centré sur l’octet) et prolongeait l’ASCII en réservant des positions pour des caractères supplémentaires, selon des familles d’encodages (p. ex. ISO/CEI 8859, variantes nationales et pages de codes). L’adoption progressive d’Unicode a ensuite réduit ces divergences, mais les normes et implémentations antérieures expliquent certaines décisions historiques de la norme CAN/CSA Z243.200[4][8][9].

L'alphabet latin no 1 contient 191 caractères, 127 sont présents dans la disposition de base (groupe 1) et 64 dans la disposition supplémentaire (groupe 2a) de la norme CAN/CSA Z23.200-92[12].

L'intégration de l'e-dans-l’o (minuscule et majuscule) dans le jeu de caractères à un octet ISO/CEI 8859-1, limité à 256 caractères, sera écartée de la norme internationale. Selon Alain LaBonté, cette situation est due en partie au blocage de la délégation française et plus particulièrement des employés de l'entreprise Bull, représentant l'Association française de normalisation (AFNOR) sur les comités de normalisation[8]. Ceux-ci argumentaient en 1987 que ces caractères n'étaient pas essentiels pour l'écriture en français et constituaient des artifices peu pertinents. Les deux ligatures œ/Œ devaient prendre la position des signes ‹ × › et ‹ ÷ › à l'origine. La position canadienne était défendue à l'époque par des anglophones, peu outillés pour répondre aux attaques et pour défendre l'intégration de celles-ci. Les représentants canadiens n'ont pas eu l'influence nécessaire pour faire entendre leur point[9]. Pour cette raison, les deux caractères ont pris du temps avant d'être intégrés au standard québécois SGQRI-001 (2006), se basant d'abord sur l'Alphabet Latin-1 (ISO/CEI 8859-1) et non sur l'ensemble des caractères de la norme ISO/CEI 6937[2]. En résumé, les choix dans l'implantation de la norme de 1992 reflètent les limitations des ordinateurs de l'époque et des jeux de pouvoirs des pays membres sur ces comités de normalisation, afin de faire passer leurs positions respectives.

Le caractère Ÿ (majuscule) était également absent de la norme ISO/CEI 8859-1 à l'origine, bien que celui-ci soit beaucoup plus rare en français, réservé en partie à des noms de communes en France comme L'Haÿ-les-Roses.

Malgré que la lettre majuscule latine d barré ‹ Đ › (U0110) soit dans le groupe 2a de la norme CSA, le caractère n'est pas présent dans l'Alphabet Latin-1 (ISO/CEI 8859-1), substitué par la lettre majuscule latine ed ‹ Ð › (U00D0), pour un meilleur support de l'islandais.

La norme ISO/CEI 8859-1 (Alphabet Latin-1) et ISO/CEI 8859-15 (Alphabet Latin-9)

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ISO/CEI 8859-1
  x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x7 x8 x9 xA xB xC xD xE xF
0x positions inutilisées
1x
2x SP ! " # $ % & ' ( ) * + , - . /
3x 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 : ; < = > ?
4x @ A B C D E F G H I J K L M N O
5x P Q R S T U V W X Y Z [ \ ] ^ _
6x ` a b c d e f g h i j k l m n o
7x p q r s t u v w x y z { | } ~
8x positions inutilisées
9x
Ax NBSP ¡ ¢ £ ¤ ¥ ¦ § ¨ © ª « ¬ - ® ¯
Bx ° ± ² ³ ´ µ · ¸ ¹ º » ¼ ½ ¾ ¿
Cx À Á Â Ã Ä Å Æ Ç È É Ê Ë Ì Í Î Ï
Dx Ð Ñ Ò Ó Ô Õ Ö × Ø Ù Ú Û Ü Ý Þ ß
Ex à á â ã ä å æ ç è é ê ë ì í î ï
Fx ð ñ ò ó ô õ ö ÷ ø ù ú û ü ý þ ÿ

Notes : Pour l'écriture du français soigné, œ/Œ et Ÿ (majuscule) sont absents. Les caractères diagramme soudé minuscule latin oe ‹ œ › et diagramme soudé majuscule latin oe ‹ Œ › devaient prendre la place du signe division ‹ ÷ › et du signe multiplication ‹ × › à l'origine.[8]

Différences ISO/CEI 8859-15 — ISO/CEI 8859-1
Position 0xA4 0xA6 0xA8 0xB4 0xB8 0xBC 0xBD 0xBE
8859-1 ¤ ¦ ¨ ´ ¸ ¼ ½ ¾
8859-15 Š š Ž ž Œ œ Ÿ

En comparaison, la norme ISO/CEI 8859-15 (Alphabet Latin n°9) est venue ajouter certains caractères manquant dans la norme ISO/CEI 8859-1 pour le français soigné (œ/Œ/Ÿ), le finnois pour les noms d'emprunts (ž/Ž/š/Š) et le symbole de l'euro ‹ € ›. L'ajout de ces caractères dans le standard s'est fait en remplaçant d'autres caractères qui ont été enlevés. La norme n'a cependant jamais été en mesure de s'imposer. En effet, elle a été rapidement supplantée par la norme d'encodage ISO/CEI 10646, dépassant largement les limitations des normes d'encodage à un octet.

La norme ISO/CEI 6937

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ISO/CEI 6937 est un jeu de caractères destiné à la communication textuelle (principalement pour les langues utilisant l’alphabet latin) conçu à une époque où l’échange de texte se faisait surtout en environnements 8 bits. Plutôt que d’attribuer un code distinct à chaque lettre accentuée, la norme prévoit notamment des diacritiques non espacés combinés à une lettre de base, ce qui permet de représenter efficacement un large éventail de caractères accentués avec un répertoire limité. Cette approche a été reprise ou référencée dans plusieurs standards de télécommunications et de diffusion, notamment dans des spécifications ETSI liées au télétexte et à la signalisation DVB[14], où des tables de caractères s’appuient explicitement sur ISO/CEI 6937 (parfois avec des extensions).

Les caractères de la disposition de base (groupe primaire), combinés à ceux du groupe secondaire 2a et 2b, permettent de supporter l'ensemble du jeu de caractères de la norme ISO/CEI 6937.

Légende :

  • Alphabétique
  • Caractère de contrôle
  • Chiffre
  • Ponctuation
  • Ponctuation étendue
  • Charactère graphique
  • International
  • Non défini

ISO/IEC 6937 (Latin)
_0 _1 _2 _3 _4 _5 _6 _7 _8 _9 _A _B _C _D _E _F
 
0_
 


0


1


2


3


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5


6


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1_
 


16


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21


21


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28


29


30


31
 
2_
 
SP
0020
32
!
0021
33
"
0022
34
#
0023
35
$
0024
36
%
0025
37
&
0026
38
'
0027
39
(
0028
40
)
0029
41
*
002A
42
+
002B
43
,
002C
44
-
002D
45
.
002E
46
/
002F
47
 
3_
 
0
0030
48
1
0031
49
2
0032
50
3
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4
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5
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53
6
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54
7
0037
55
8
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56
9
0039
57
:
003A
58
;
003B
59
<
003C
60
=
003D
61
>
003E
62
?
003F
63
 
4_
 
@
0040
64
A
0041
65
B
0042
66
C
0043
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D
0044
68
E
0045
69
F
0046
70
G
0047
71
H
0048
72
I
0049
73
J
004A
74
K
004B
75
L
004C
76
M
004D
77
N
004E
78
O
004F
79
 
5_
 
P
0050
80
Q
0051
81
R
0052
82
S
0053
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T
0054
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U
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W
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X
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Y
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Z
005A
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[
005B
91
\
005C
92
]
005D
93
^
005E
94
_
005F
95
 
6_
 
`
0060
96
a
0061
97
b
0062
98
c
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0064
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g
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103
h
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i
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105
j
006A
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k
006B
107
l
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108
m
006D
109
n
006E
110
o
006F
111
 
7_
 
p
0070
112
q
0071
113
r
0072
114
s
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t
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u
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117
v
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118
w
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x
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y
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z
007A
122
{
007B
123
|
007C
124
}
007D
125
~
007E
126
DEL
007F
127
 
8_
 


128


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9_
 


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A_
 
NBSP
00A0
160
¡
00A1
161
¢
00A2
162
£
00A3
163

20AC
164
¥
00A5
165


166
§
00A7
167
¤
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168

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169

201C
170
«
00AB
171

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172

2191
173

2192
174

2193
175
 
B_
 
°
00B0
176
±
00B1
177
²
00B2
178
³
00B3
179
×
00D7
180
µ
00B5
181

00B6
182
·
00B7
183
÷
00F7
184

2019
185

201D
186
»
00BB
187
¼
00BC
188
½
00BD
189
¾
00BE
190
¿
00BF
191
 
C_
 


192
̀
0300
193
́
0301
194
̂
0302
195
̃
0303
196
̄
0304
197
̆
0306
198
̇
0307
199
̈
0308
200


201
̊
030A
202
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0327
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204
̋
030B
205
̨
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207
 
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208
¹
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209
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266A
213
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214
¦
00A6
215


216


217


218


219

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220

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221

215D
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215E
223
 
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Ω
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224
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226
ª
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227
Ħ
0126
228


229
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0132
230
Ŀ
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231
Ł
0141
232
Ø
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233
Œ
0152
234
º
00BA
235
Þ
00DE
236
Ŧ
0166
237
Ŋ
014A
238
ʼn
0149
239
 
F_
 
ĸ
0138
240
æ
00E6
241
đ
0111
242
ð
00F0
243
ħ
0127
244
ı
0131
245
ij
0133
246
ŀ
0140
247
ł
0142
248
ø
00F8
249
œ
0153
250
ß
00DF
251
þ
00FE
252
ŧ
0167
253
ŋ
014B
254
SHY
00AD
255
_0 _1 _2 _3 _4 _5 _6 _7 _8 _9 _A _B _C _D _E _F

La combinaison d'une lettre alphabétique à un caractère graphique (signe diacritique) permet dans cette norme d'inclure davantage de caractères codés sur deux octets.

Caractères précomposés d’ISO/CEI 6937 encodés sur deux octets
Diacritique Code hexadécimal figurant en premier Caractères possibles comme 2e octet Caractères précomposés résultants
Accent grave 0xC1 AEIOUaeiou ÀÈÌÒÙàèìòù
Accent aigu 0xC2 ACEILNORSUYZacegilnorsuyz ÁĆÉÍĹŃÓŔŚÚÝŹáćéģíĺńóŕśúýź
Accent circonflexe 0xC3 ACEGHIJOSUWYaceghijosuwy ÂĈÊĜĤÎĴÔŜÛŴŶâĉêĝĥîĵôŝûŵŷ
Tilde 0xC4 AINOUainou ÃĨÑÕŨãĩñõũ
Macron 0xC5 AEIOUaeiou ĀĒĪŌŪāēīōū
Brève 0xC6 AGUagu ĂĞŬăğŭ
Point en chef 0xC7 CEGIZcegz ĊĖĠİŻċėġż
Tréma 0xC8 AEIOUYaeiouy ÄËÏÖÜŸäëïöüÿ
Rond en chef 0xCA AUau ÅŮåů
Cédille 0xCB CGKLNRSTc(voir aigu)klnrst[pas clair] ÇĢĶĻŅŖŞŢç(voir aigu)ķļņŗşţ[pas clair]
Double accent aigu 0xCD OUou ŐŰőű
Ogonek 0xCE AEIUaeiu ĄĘĮŲąęįų
Háček (“Caron”) 0xCF CDELNRSTZcdelnrstz ČĎĚĽŇŘŠŤŽčďěľňřšťž

Notes : Sous certaines implantations logicielles, il faut saisir la cédille et non l'accent aigu avant la lettre ‹ g ›, pour afficher la lettre minuscule latine g avec cédille ‹ ģ ›.

Intégration à la norme ISO 9995

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Le standard canadien CSA Z243.200-92 s'appuie sur les parties 1, 2 et 3 de la norme ISO/CEI 9995. La partie 7 concerne l'utilisation des pictogrammes pour l'étiquetage des touches de fonction, répondant aux exigences de la norme québécoise SGQRI 001 (2006) et anciennement TBITS-5 du gouvernement fédéral (abrogée en 2020)[10]. Le symbole représentant l'espace insécable sur la barre d'espacement, présent dans la norme ISO/CEI 9995-7, est intégré aux caractères du groupe 1 de la norme CSA. La fonction de ce caractère est activée par la combinaison de la touche de sélection du niveau 3 et de la barre d'espace.

Figure 4 : ISO/CEI 9995-1 - Modules et zones, et grille de référencement. Légende : vert : zone alphanumérique ; bleu : zones de fonctions ; rouge : module numérique, dont : rouge foncé : zone numérique ; rouge clair : zone de fonctions. Tout le reste (en gris) correspond au module d’édition et de fonctions, dont : gris foncé : zone des touches de curseur ; gris clair : zone de fonctions d’édition.

La norme ISO/CEI 9995-1 concerne le positionnement des touches sur le clavier (ex. D03 pour la lettre E).

La norme ISO/CEI 9995-2 stipule l'emplacement des touches de fonction. La touche de sélection du niveau 2, par exemple, doit se situer à gauche du Ù (B00) ou du Z (B01) et à droite du É (B10). La touche de sélection du niveau 3 (AltGr) doit se situer à gauche de la touche de sélection du groupe 2.

Groupe secondaire ISO 9995-3 périmé
Figure 5 : Norme ISO 9995-3:2010 (troisième édition), Groupe secondaire commun périmé[15], supporté pour des raisons de comptabilité avec des configurations antérieures à 2010, tel que le CAN/CSA Z243.200-92 normalisé au début des années 90.

La norme ISO/CEI 9995-3 stipule l'emplacement des caractères du groupe secondaire commun périmé (Figure 5). La norme peut servir de référence pour inclure un sous-groupe de caractères dans une composition qui va au-delà du niveau de conformité décrit par le standard national canadien CSA Z243.200-92. On peut inclure certains caractères du groupe 2b ou d'autres non-intégrés dans la norme CSA, à l'instar du symbole euro ‹ € ›, en s'y référant comme sous-groupe de la norme ISO/CEI 9995-3, en plus du niveau de conformité supporté[2].

Dans la partie 7 de la norme ISO/CEI 9995-7, les pictogrammes standardisés offrent un étiquetage neutre et efficace, évitant d'avoir à retranscrire des légendes à la fois en français et en anglais. Ces symboles sont également, pour la plupart, intégrés au jeu de caractères Unicode depuis plusieurs années. Le standard gouvernemental de la fonction publique québécoise SGQRI-001 exige lors de ses appels d'offres l'utilisation de pictogrammes standardisés suivant la norme ISO/CEI 9995-7 ou un étiquetage des touches de fonction uniquement en français. La norme de la fonction publique canadienne TBITS-5 recommandait également, avant d'être abrogée, l'usage de ces pictogrammes[10]. Le standard CAN/CSA Z243.200-92 de son côté n'exige pas l'utilisation des pictogrammes pour l'étiquetage des touches de fonction, sauf la barre d'espace insécable, mentionnée dans le document officiel.

L'étiquetage des lettres mortes avec des rectangles et du trait d'union virtuel entre parenthèses ‹ (-) ›, sur les Figures 2, 3 et 5, intégré dans la version la plus récente de la norme ISO/CEI 9995-10[13], va au-delà des normes canadiennes et québécoises.

Notes : Numéro du pictogramme correspondant à la norme ISO/CEI 9995-7, suivi en ordre de sa définition, du numéro ISO 7000 ou CEI 417 et du caractère Unicode permettant sa saisie à l'ordinateur. Certains pictogrammes nécessitent l'installation d'une police de caractère compatible.

Implémentations informatiques

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Figure 6 : Les deux premières touches à partir de la gauche représentent graphiquement l'emplacement du symbole euro sur le clavier canadien multilingue standard (CMS) de Microsoft Windows et Canadien (CSA) de Linux. La touche à droite représente l'emplacement du caractère sur la configuration Français (Canada) ― CSA de l'environnement macOS.

À partir de 1999, les implémentations Microsoft Windows, macOS d'Apple et Linux de la norme ont ajouté le symbole euro ‹ € , conformément à l'évolution de la norme ISO/CEI 9995-3.

Sous Microsoft Windows, l'implantation de la norme, Canadien multilingue standard (CMS), diffère légèrement du standard canadien au niveau de l'emplacement des lettres mortes (point milieu ‹ · ›, tilde ‹ ~ [3]), de l'inclusion du symbole euro ‹ € › et de l'absence de quelques caractères, dont la lettre minuscule latine d barré ‹ đ ›, la fraction un huitième ‹ ⅛ › et le point-en-chef ‹ ˙ ›. La lettre majuscule latine ed ‹ Ð › (U00D0) est utilisée, en substitution à la lettre majuscule latine D barrée ‹ Đ › (U0110).

Les systèmes Microsoft Windows 3/NT/95/98 ont intégré la version préliminaire du standard (1988) sous le nom de « clavier canadien multilingue ». Les versions plus modernes succédant à Windows XP la désignent comme clavier canadien français hérité[1],[11].

La version d'Apple, Français (Canada)[1],[16], ne supporte pas le groupe secondaire de la norme canadienne officiellement, limitant l'usage pour l'écriture du français et de l'anglais seulement. Le signe euro ‹ € › est situé au niveau 3 du groupe primaire, avec la touche 4 (E04), sous l'implantation macOS, bien que le caractère ne soit pas imprimé physiquement sur le clavier.

Lorsqu'on utilise un système Linux sous un environnement graphique, il faut sélectionner la configuration Canadien (CSA), se rapprochant de la norme officielle, à l'exclusion de la lettre minuscule latine d barré ‹ đ ›, la fraction un huitième ‹ ⅛ ›, de la substitution du symbole ohm (U+2126) par la lettre majuscule grecque omega (U+03A9) et de l'ajout du symbole euro ‹ € ›, sur les touches 4 (E04) et E (D03). La lettre majuscule latine ed ‹ Ð › (U00D0) est également utilisée, en substitution à la lettre majuscule latine D barrée ‹ Đ › (U0110), comme dans la version Windows[17].

Sur le système AIX d'IBM, l'accès se fait à l'aide de la combinaison de alt et niveau 2 (shift) gauche, afin d'activer la touche de blocage du groupe 2. Ensuite, on peut relâcher les deux touches et saisir le ou les caractères secondaires. Pour revenir au groupe primaire on doit, toujours sous ce système, presser la combinaison des touches alt et niveau 2 (shift) droit. Le clavier normalisé d'IBM a les identifiants 445 (Groupe Primaire) et 501 (Groupe Secondaire 2a)[18]. Dans le groupe secondaire (501), la lettre majuscule latine d barré ‹ Đ › (U+0110) est absente. Seule la lettre minuscule latine ed ‹ ð › est présente dans la documentation[18].

Une version développée pour le système Solaris a également vu le jour.

Réception, usage et controverses

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Rôle des pouvoirs publics dans la promotion du standard

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Le Commissariat aux langues officielles du Canada a recommandé, en 2005, « que les institutions fédérales profitent de la mise à jour de leurs ordinateurs pour assurer la mise en place de claviers CAN/CSA-Z243.200 dans l’ensemble des établissements fédéraux et des points de service au public[19] ». La norme TBITS-5 qui s'appliquait dans les zones bilingues pour l'approvisionnement dans la fonction publique fédérale a été abrogée quelques années plus tard, en 2020[10].

De son côté, le gouvernement du Québec a été historiquement beaucoup plus pro-actif dans la défense de ce standard et il continue de l'exiger dans ses appels d'offres aujourd'hui[2]. Les critères d'approvisionnement demeurent limités à la fonction publique, écartant le réseau de l'Éducation, les centres universitaires, le réseau de la santé, et les sociétés d'État comme Hydro-Québec.

Dans le secteur de l'Éducation, dans les années 1990 et jusqu'au milieu des années 2000, Apple était beaucoup plus présent, rendant le standard du clavier CSA plus accessible, parce qu'il s'agit du seul grand manufacturier à offrir la configuration CSA par default pour les francophones. La migration des parcs d'ordinateurs sur PC dans les laboratoires informatiques par la suite n'a pas engendré d'obligations dans les appels d'offres de recourir au clavier normalisé.

La promotion de la norme a été associée par Pauline Marois, alors cheffe de l'opposition officielle à la fin des années 2000, comme une mesure symbolisant l’inefficacité à défendre le français par le gouvernement du Québec, en recourant à un bouquet de mesures jugées « ridicules », incluant l'achat de claviers normalisés dans la fonction publique[20].

En octobre 2023, un peu plus d'un an après le décès d'Alain LaBonté, en août 2022[21], la page traitant du clavier québécois (normalisé) a été retirée du site du Conseil du Trésor[2].

En ce qui concerne la promotion du standard, au début des années 2000, il y avait sur le portail de l'Office québécois de la langue française (OQLF) une liste des fournisseurs offrant ce standard et un banc d'essai pour tester le produit[22],[1]. L'organisme gouvernemental réservait des espaces publicitaires dans les journaux pour en vanter les mérites[23]. Le Rapport annuel de gestion 2017–2018 de l'OQLF est l'un derniers auquel on fait mention explicite de la volonté de favoriser l'offre du clavier normalisé et sa promotion dans les organismes publics, par un projet « d’intégration du standard sur le clavier québécois à la Loi sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du gouvernement »[24]. Dans le rapport de 2016–2017, une année auparavant, l'office avait réitéré son engagement « au maintien de l'offre d'un clavier normalisé »[25]. Dans les rapports annuels succédant à 2018, aucune mention du clavier normalisé n'est repérée[26]. L'organisme a retiré la page faisant sa promotion en juin 2022, lors de la refonte du site internet.

Adoption difficile chez les manufacturiers

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Du côté des manufacturiers, on tend à imposer aux francophones peu à peu une version ANSI à 47 touches regroupant les caractères à la fois du clavier américain et une partie de ceux du clavier canadien français IBM ID-058, comme stratégie de réduction des coûts de leurs produits informatiques[27]. Cette disposition, en plus de rentrer en compétition avec le clavier normalisé, fonctionne beaucoup moins bien dans la configuration ANSI à 47 touches, car elle ne comporte ni les ligatures, ni les guillemets français. Le clavier normalisé de son côté a été conçu à la fois pour les claviers ISO (48 touches) et ANSI (47 touches)[4], sans perdre des fonctionnalités essentielles à l'écriture du français soigné. On peut se procurer des autocollants, par exemple, et convertir son clavier américain à la norme nationale canadienne[28].

Situation actuelle

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En date de , le symbole euro ‹ € › n’a toujours pas été officiellement intégré à la norme CAN/CSA Z243.200. Il a été ajouté à la fin des années 1990 sur Windows, suivant la recommandation de la norme ISO/CEI 9995-3, dans le groupe secondaire commun périmé (touche E04) et sur la touche E (touche D03). L’euro sur le E est présent sur plusieurs autres claviers européens, dont l'AZERTY français, suivant la norme CEN/TC 304[29].

Aujourd'hui, le jeu de caractères de la norme ISO/CEI 10646, reposant sur l'encodage à plusieurs octets UTF-8, permet de supporter au niveau logiciel l'ensemble du groupe secondaire (2a et 2b) en plus de l'euro ‹ € ›. Par conséquent, les limites de la partie logicielle à l'intégration de ces caractères ont désormais disparu. L'omniprésence de la norme Unicode et ISO/CEI 10646 sur internet (98,9 % des sites internet utilisent UTF-8 comme norme d'encodage en décembre 2025)[30] pose des questionnements sur la pertinence à se baser sur la norme d'encodage à 1 octet ISO/CEI 8859-1 qui n'est pratiquement plus utilisée. La très grande majorité des fabricants se limitent encore aujourd'hui à inscrire seulement les caractères du groupe 1 et 2a pour des raisons de compatibilité avec cette norme et également parce que le gouvernement du Québec n'exige pas d'aller au-delà du niveau de conformité B (groupe 1 et 2a) et de l'intégration de la ligature Œ dans les appels d'offres[2]. De plus, l'absence de support de certains caractères du groupe 2b dans l'implantation de la norme, sous Microsoft Windows, n'encourage pas les fabricants à développer un clavier respectant intégralement le niveau de conformité C. Toujours sur la configuration Microsoft Windows, la présence d'un symbole qui agit à la fois comme point médian ‹ · › lorsqu'il est saisi avec un espace ou comme point-en-chef avec les caractères cegzCEIGZ (ċėġżĊĖİĠŻ) pose certains problèmes pour l'étiquetage des signes diacritiques sur le clavier, se distanciant du standard officiel. La même critique peut être posée pour le tilde ‹ ~ ›, qui ne devrait pas se retrouver comme signe diacritique dans le groupe primaire[15],[3]. Cette dernière critique est explicitement mentionnée dans la norme ISO/CEI 9995-3[15].

Également, certains caractères dans le groupe 2b ne semblent plus recommandés pour l'usage. Par exemple, la lettre minuscule n précédée d'une apostrophe ‹ ʼn ›, utilisée en afrikaans, est aujourd'hui considérée « obsolète » et fortement déconseillée[31]. L'utilisation du ‹ n › précédé d'un aposrophe ‹ ’ ›, en deux caractères, est recommandée. La lettre minuscule latine l point médian ‹ ŀ › et la lettre majuscule latine l point médian ‹ Ŀ ›, utilisées dans le catalan, sont supportées à des fins de compatibilité, bien que la saisie en deux caractères par l'utilisation du point médian ‹ · › suivant le l/L soit aujourd'hui recommandée dans les usages[31]. De plus, l'utilisation de la lettre grecque majuscule oméga Ω › (U+03A9) semble à ce jour préférée à l'utilisation du symbole ohm Ω › (U+2126), supporté dans la norme canadienne et la norme internationale ISO/CEI 6937[32].

D'autres symboles allant au-delà de la norme canadienne et des normes internationales ISO/CEI 8859-1 et ISO/CEI 6937 gagneraient à être intégrés dans les années à venir. En effet, un nouveau standard reposant sur le jeux de caractères Unicode (ISO/CEI 10646) et le nouveau groupe commun secondaire courant (ISO/CEI 9995-3:2010)[33] permettrait d'intégrer beaucoup plus de symboles, comme certains caractères utilisant des enchaînements de lettres diacritées pour l'écriture du Vietnamien, par exemple. L'emplacement des caractères du groupe 2a (en mauve sur la figure 3), sur le clavier normalisé actuel, est similaire à ce qui est indiqué dans le nouveau groupe secondaire commun courant.

Bibliographie

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Notes et références

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  1. a b c et d Office québécois de la langue française, « Votre clavier est-il normalisé? » (consulté le )
  2. a b c d e f g h et i « Standard sur le clavier québécois (SGQRI 001) - Secrétariat du Conseil du trésor », sur www.tresor.gouv.qc.ca (consulté le )
  3. a b et c « Démystification du clavier québécois - FAQ », sur archive.wikiwix.com (consulté le )
  4. a b c d e f g et h Groupe CSA, CAN/CSA Z243.200:92, (lire en ligne)
  5. a b c et d Gouvernement du Québec, « Foire aux questions sur le clavier québécois (SGQRI 001) », sur www.tresor.gouv.qc.ca
  6. Alain LaBonté, « Règles du classement alphabétique en langue française et procédure informatisée pour le tri » [PDF], sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 1987; version revue et corrigée en 1998 (consulté le )
  7. Alain LaBonté, SGQRI 004 – Tri alphabétique et recherche de chaînes de caractères, Québec, Gouvernement du Québec, (lire en ligne)
  8. a b c et d Alain LaBonté, « Guide conceptuel pour la réalisation technique des logiciels de langue française à portée multilingue » [PDF], sur Publications du Gouvernement du Canada, (consulté le )
  9. a b et c Jacques André, « ISO-Latin-1, norme de codage des caractères européens ? trois caractères français en sont absents ! », Cahiers GUTenberg, no 25,‎ , p. 65–77 (lire en ligne, consulté le )
  10. a b c et d Treasury Board of Canada Secretariat, « Rescinded [2020-11-02] - TBITS 05 : Canadian Government Keyboard Standard for Information Technology Equipment - Implementation Criteria », sur www.tbs-sct.canada.ca, (consulté le )
  11. a et b (en-US) jowilco, « Canadian French (Legacy) Keyboard - Globalization », sur learn.microsoft.com, (consulté le )
  12. a et b Office québécois de la langue française, « Clavier normalisé » [PDF] (consulté le )
  13. a et b (en) Organisation internationale de normalisation, « Proposal to incorporate the symbols of ISO/IEC 9995-7:2009 and its Amendment 1 and of ISO/IEC 9995-10:2013 into the UCS » [PDF]
  14. (en) Enhanced Teletext specification, Valbonne, FRANCE, European Telecommunications Standards Institute, , 162 p. (ISBN 2-7437-1488-3, lire en ligne)
  15. a b et c (en-US) « CAN/CSA-ISO/IEC 9995-3:13 (R2022) Information technology - Keyboard layouts for text and office systems - Part 3: Complementary layouts of the alphanumeric zone of the alphanumeric section », sur CSA Group (consulté le )
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  21. « Avis de décès d’Alain LaBonté », (consulté le )
  22. Bétel-OQLF, « Évaluation du clavier normalisé conformément aux normes CAN/CSA Z243.200-1992 et ISO/CEI 9995-7 »
  23. OQLF, « Le clavier de votre ordinateur est-il normalisé? [La Presse] », sur Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ), (consulté le )
  24. OQLF, Rapport annuel de gestion 2017-2018, (lire en ligne)
  25. OQLF, Rapport annuel de gestion 2016-2017, (lire en ligne)
  26. OQLF, « Rapport annuel 2018-2019 » Accès libre, (consulté le )
  27. « Reddit - Le cœur d’Internet », sur www.reddit.com (consulté le )
  28. « Clavier québécois », sur accentuez.mon.nom.free.fr (consulté le )
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  30. « Usage Survey of Character Encodings broken down by Ranking », sur w3techs.com (consulté le )
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Liens externes

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  • Alexandre Bouvier, « Pour un clavier québécois normalisé et accessible », Le Devoir,‎ (lire en ligne)